X PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
L'ordre adopté Quant à pe lien, nous n'avons pas eu de peine à le trouver.
cet rëciu ëpiqnet ^ous avous adopté et suivi cet ordre commode que les poëtes du
des moyen âge ont eux-mêmes adopté et suivi pour la classification
y et. jjjfjçjig j^ toutes leurs chansons. Nos récits ont donc été divisés
par cycles, et nos lecteurs verront se dérouler sous leurs yeux
cinq séries de narrations épiques auxquelles nous avons dû
donner les titres suivants : €h la Geste du Roi, ii« la Geste
de Guillaume^ 3"* la Geste de Doon de Mayence, 4"* les Petites
GesteSy ou Gestes provinciales, 5^" le Cycle de la Croisade, i
Dans chacun de ces cycles nous avons été, autant que possible, fidèle à Tordre chronologique. C'est ainsi que, dans le récit de la Geste du Roi, nous commençons par rappeler les aventures de Berte, mère de Charlemagne, et finissons par raconter les dernières années et la mort du grand Empereur. Rien ne sera plus aisé que de suivre dans notre livre toute la vie légendaire de chacun de nos héros, depuis sa naissance jusqu'à son dernier soupir. Un seul regard suffira pour embrasser l'ensemble de ces biographies épiques.
€ Mais, nous dira-t-on, vous courez risque, avec une telle classification, de donner le change à vos lecteurs sur l'antiquité et la valeur de vos chansons. Vous tenez compte de la date plus ou moins probable des événements qu*on y raconte : c'est fort bien ; mais vous mettez ainsi sur la même ligne des œuvres qui n'ont ni le même âge, ni la même importance. Par exemple, vous commencez votre Geste du Roi. par Berté ans grans pies, qui est un roman de la décadence, et vous reléguez à la fin de ce cycle la Chanson de Roland, qui est le plus ancien et le plus beaux de nos poèmes. Dans vos récits, une chanson du xi* siècle coudoie un roman du xiv*; un chef-d*œuvre est à côté d'une platitude. M*est-ce pas un inconvénient des plus graves?» Deux lignes nous suffiront pour répondre à cette objection qui ne manque pas de fondement : < Nous avons toujours pris soin d'avertir nos lecteurs du mérite et de Vancienneté de chacun des romans que nous analysons, i Cela fait, l'ordre chronologique ne nous présentait plus que des avantages, et nous ne pouvions pas ne pas l'adopter.
De la fonuc Restait la grande question de la forme qu'il nous fallait donner
^à cet a!u[y«ct"* à CCS aualyscs de nos'Chansons de geste. Deux systèmes s'offraient Yiciu^p!!ënics. à i^otre choix. Nous pouvions résumer nos Épopées françaises en leur empruntant leur propre style, leurs formules, et presque