‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 5 sur 150 · PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XI

leur langage. C'est ce que M. Guessard a fait avec tant de succès dans ces excellents Sommaires qui ne sont pas le moindre ornement du Recueil des anciens poëies de la France^ et que le savant éditeur ne manque pas de placer en tête de chacun de nos vieux poëmes. Mais nous n'avons pas tardé à nous convaincre que tant d'analyses archaïques, placées à la suile Tune de. Tautre, seraient d'une lecture véritablement pénible et difficilement supportable. Ces Sommaires, nous le savons, ont pour eux l'exactitude scientifique; ils suivent le poëme vers à vers, donnant autant de place au résumé d'événements du premier ordre et au récit d'épisodes sans valeur. Mais nous avons quatre-vingts analyses à écrire; mais, parmi ces quatre-vingts chansons, beaucoup présentent exactement la même action et les mêmes péripéties qu'on ne peut vingt fois faire subir dans les mêmes termes aux mêmes auditeurs; mais, enfin, les formules épiques de nos romans trop souvent répétées, ennuient et rebutent le lecteur le plus courageux. Nous avons dû adopter une autre méthode qui fût moins décourageante, une autre forme qui fût plus littéraire et plus vivante.

Nous avons donc écrit nos résumés épiques sans préoccupation archaïque. Après avoir lu nos Épopées nationales, après les avoir relues avec soin, nous avons fermé les vieux livres et les avons racontées à nos auditeurs. Mais jamais l'exactitude n'a été chez nous sacrifiée à l'élégance. Pas une seule ligne de notre récit n'a été tirée de notre imagination. Nous nous sommes appuyé uniquement sur les textes de nos chansons ; chacune de nos phrases, chacun de nos mots se rapporte exactement à un certain nombre de vers que nous avons eu soin de signaler en note. Et, quel que soit ici notre désir d'échapper au reproche « de faire trop apparaître notre personnalité » dans notre œuvre, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer combien un tel travail nous a coûté de temps et d'études. Beaucoup de nos romans sont inédits, et il nous a fallu les résumer d'après les manuscrits. Dans la seule Geste de Charlemàgne, huit chansons étaient dans ce cas, huit sur vingt-trois !

S'il faut dire ici toute notre pensée, nous voudrions que la lecture de nos résumés pût en quelque manière remplacer celle des textes originaux, dont la lecture est familière aux seuls érudits. Nous prétendons, comme M. de Paulmy au dernier siècle, faire connaître tous nos anciens poëmes; mais nous ne voulons

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