GRAP. XXI
Il PART. LIVA. I.
CHAP. XXI
508 ANALYSE DE LA ClfANSON DE ROLAND.
y> ni de vos promesses. — Mais nos otages? — Charles » leur tranchera la tête, et nos fils mourront. Mais cela
de 1869 (la parlie seulement qui correspond au texte primitif) ; h. par Eugen Kôlbing (1877). Cette dernière édition est purement paléographique. — B. Remaniements.— loManuscrit de Paris. Il a été publié m extenso par Fr. Michel, (Didot, 1869), et en partie par M. Paulin Paris (1855, in-S" : un Tascicule à l'usage des auditeurs de son cours au Collège de France). =2* Manuscrit de Chàteauroux (anciennement connu sous le nom de «manuscrit de Versai lies »). Il a ét<^ publié avec d'étranges libertés par J.-L. Bourdillon (1841 ; Supplément en 1847 et 1850). Les quatre-vingts premiers couplets en ont été publiés par Pr. Michel (Didot, 1869, in-18), pour compléter le texte de Paris. = 3* Manuscrit lorrain. Les 351 vers qui nous en restent ont été publiés par Cénin, à la suite de son édition de Roland d'Oxford (1850). — On nous annonce en ce moment la publication par M. W. Fœrster, à Heilbronn, de deux volumes, dont Tun contiendra in extenso les textes de Paris, de Lyon et de Cambridge, et le second ceux de Venise VU et de Chàteauroux. = Quelques fragments, plus on moins importants, de ces différents manuscrits ont été publiés dans certains recueils. Le lecteur en trouvera le détail aux pages 5 et 6 de la Biblùh graphie de la Chanson de Roland, par Joseph Banquier (Heilbronn, in-16, 1877). Nous devons seulement signaler ici les plus importantes de ces publications partielles. Dan< sa Chrestomalhie de l'ancien français (Leipzig, 1866, in-8*, 1" édition; 1872, in-8% 2* édition), M. Karl Bartsch a publié un fragment du texte d'Oxford correspondant aux vers 1913 et 1910-2396. Dans son Recueil d'an' ciens textes, M. Paul Moyer a publié le texte comparé des cinq manuscrits d'Oxford et de Cambridge, de Paris et de Lyon, et enfin de Versailles (vers correspondant aux vers 2355-2569 de l'édition do Millier), et rien ne saurait être plus instructif que les éléments de cette comparaison. == Telle est, réduite à sa plus simple expression, la nomenclature de toutes les éditions du Roland. Nous allons, pour le texte d'Oxford, revenir en détail sur chacune d'elles. — a. La première édition de M; F. Michel a poui* titre : La Chanson de Roland ou de Ron^ cevauxy du xii' siécley publiée pour la première fois diaprés le maniutcrit de la bihlioUiéque Rodléienne d^Oxford, Paris, Silvcstre, 1837, in-8*, LXix-317. Il est utile, pour comprendre la dat" de certains comptes rendus, de se rappeler que l'impression du livre de M. Michel était achevée dès 1835, et que l'auteur y lit des corrections et des remaniements en 1836 (voy. ci-dessus, et dans la liibliographie de la Chanson de Roland, de Banquier, n* 7, la liste des Ojuiptes rendus dont celte première édition a été l'objet). Le texte en est dressé paléograpliiqucmcnl; mais, comme vient de le prouver M. Stengel (dans son édition de septembre 1878, qui accompagne le fac-similé complet du manuscrit d'Oxford), on y peut relever de regrettables erreurs, dont quelquesunes se sont mallieureusemeiit perpétuées dans les éditions postérieures. = b. En 1850, Génin fit paraître la Chanson de Roland, poème de Théroulde, texte critique, accompagné d'une traduction, dune Introduction et de Notes, Paris, Imprimerie nationale, 1850. in-8', CLXX-566. Œuvre d'un esprit vif et ardent, d'une intelligence militante et volontiers agressive, ce beau livre est celui qui a le plus attiré l'attention du public sur notre Épopée nationale du moyen âgeji Une longue Introduction où Génin entoure de preuves (?) son attribution du Roland à Théroulde, ahbé de Malmcsbury et de Peterborough ; un texte plus pur que celui de Fr. Michel et où l'auteur utilise spirituellement le témoignage du manuscrit de Venise; une traduction agréable et vivante; des notes souvent conjecturales, mais toujours intelligentes; des fragments considérables du manuscrit de Venise mis pour la première fois sous le regard du lecteur, et la publication m exteiiso des 351 vers du manuscrit lorrain, tels
> vaut mieux pour nous que si nous perdions la claire "cilvp."xî:* 3> et belle Espagne. j>
sont les éléments de ce livre étonnant et qui a excité, dans le monde de Téru- * dilion, une si vive et si longue polémique. = c. et (/. L*an d*après, un érudit allemand qui, depuis trente ans, consacre sa vie auliolandy commença à publier le résultat de ses recherches. Theodor Millier donna, en 1851, sa première édition sous ce titre : « La Chanson de lioland », berichtigt und mit einem Glossar verseken^ nebil Beitràgen iur Geschichte der franiôsischen Sprache. Erste Abtheilung. Gôltingen-, Dieterich, 1851, in-8*. Mais lu nouvel éditeur n'ciail pas pour se contenter longtemps de ce premier essai, et, douze ans aprè<, nous donnait cette excellente « deuxième édition » qui est restée, pendant un si long temps, le meilleur instrument de travail à Tusage des érudits {• La Chanson de Roland B^nach derOxforder Handschrift von neuem herausgegeben, erlàutert und mit einem voUstdndigem Glossar versehen. Ersle Hulfle, Gottingen, Dieterich, 1863, in-8*, 274). Pas d'Introduction; mais un texte scrupuleusement exact et où Tauteura Tait entrer d'excellentes variantes, qui sont empruntées aux autres manuscrits du Roland; puis, des notes très-dévcloppécs et où les leçons de Venise IV, de Paris et de Versailles servent à éclairer les leçons d*Oxford. = e. Il est difOciie de saisir comment, de 1863 à 1860, M. Francisque Michel est arrivé à ne pas même connaître Texistence de 1 édition de M. Th. Millier. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il confesse lui-môme celte étrange ignorance dans sa seconde édition, à la fin de son Erratum : « Nous regrettons, dil-il, d'avoir connu trop tard l'édition allemande delà Chanson de Roland pom- pouvoir faire usage des heureuses corrections proposées par l'habile éditeur. » Malgré- cet oubli, qui peut à juste titre passer pour le plus étrange et le plus invraisemblable de tous les oublis, la seconde édition d^e Fr. Michel a son prix (Didot, 186'1, in-18). Sans parler de cet essai de traduction juxt;iliiiéaire que l'éditeur applique seulement aux mots d'une intelligence difficile, nous y trouvons, pour la première fois, le remaniement de Paris imprimé tout au long et complété avec les quatrevingts premières laisses du texte de Versailles. = /. C'est en cette même année que Conrad Hoffmann commt^nça l'impression de son édition critique, qui n'a pas encore paru en 1879. P^ir bonheur, plusieurs exemplaires de cette édition incomplète ont circulé en Allemagne et en France, et nous sommes de ceux qui savent combien sont ingénieuses et utiles les corrections que C. Hofftnanna apportées au texte d'Oxford. Au bas de ce texte, qui est très-ingénieusement redressé, le nouvel éditeur a placé toute la partie antique du manuscrit Tr. IV de Venise, et l'œil du lecteur peut ainsi embrasser d'un seul regard ces deux formes du texte primitif. = g. h. i,j. k. l. C'est de 1872 à 1876 que nous avons nous-même publié nos six premières éditions : nous allons les énumérer, en les distinguant avec suin l'une de l'autre. La première (Name, Tours, i vol. grand in-8% 187â) était une édition « de grand luxe », uniquement destinée à la vulgarisation. Le premier volume, « La Chanson de Roland, texte critique précédé d'une Introduction historii/ue et accompagné d'une traduction », renfe me une Introduction d'environ deux cents pages sous ce titre spécial : Histoire d'un poème national. Le texte, avec la traduction en regard, occupe le reste du volume. Dans le texte, nous nous étions proposé deux buts : 1** Corriger toutes les fautes de notation orthographique et de grammaire que le scribe anglo-normand avait accumulées dans son œuvre. 2* Ramener chaque mot à la môme forme dans toute l'étendue du poëmc. Cette forme unique, nous la choisissions de préférence parmi les mots qui étaient placés en assonance : car nous étions assuré de trouver dans ces mots les furmes les plus correctes. Cependant, nous n'avions pas encore osé introduire dans le
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Cet avis plein d'une diplomatie perfide et barbare est fait pour plaire aux Sarrasins : il est adopté par Marsile.
corps même de notre texte les quatre cents vers que nous nous étions cru en droit d*ajouter au texte d'Oxford, d*aprè8 les manuscrits de Venise, de Paris, . de Versailles et de Lyon ; nous nous permettions seulement de les donner, à leur place, dans notre volume de notes. Gc tome II était intitulé : c La Chanson i$ Roland, ieconde partie, contenant les Notes et les Variantes, le Glossaire et la Table, avec une carte géographique et quime gravures sur bois intercaléis dans le texte » (Tours, Alfred Marne et flls, éditeurs, 1872). Nous j donnions la justiflcation, vers par vers, de toutes les corrections introduites dans le vieux texte, avec une traduction de la Karlamagnus-saga (chap. xxxyii-xli) et de toute la Keiser Karl Magnus's Kronike, Un Glossaire très-complet et une Table des matières très-étendue terminaient ce volume de plus de cinq cents pages. Bien des fautes, néanmoins, étaient encore restées dans notre essai de texte critique, et nous' n^avions pas notamment restitué aux notations ié ei é leurs véritables formes, altérées par le copiste anglo-normand. Le besoin d*jin emh tum se faisait sentir, et c'est cet erratum que nous voulûmes donner sous la forme d'une deuxième édition. Cette seconde édition (Tours, Marne, 1872, 42 pages gr. in-8*, deux colonnes; en dépôt chez A. Larciier, à Paris) est celle où nous avons pour la première fois fait entrer dans le texte les additions empruntées aux autres manuscrits. Les notations e et ie y étaient nettement distinguées Tune de l'autre; d'importantes corrections y étaient introduites. Cependant l'éditeur, devant sans cesse se tenir au courant des plus récents travaux, ne tarda pas à publier sa troisième édition, destinée comme la seconde aux seuls érudits, et où de très-nombreuses corrections avaient trouvé leur place {La Chanson de Roland, texte critique, par Léon Gautier, 3* édition, revue avec soin et précédée d'une nouvelle Préface ; Paris, imprimé par Alfred Marne et fils, avril 1872; en dépôt chez A. Larcher, à Paris). Mais, malgré tout, le but de l'éditeur n'était pas atteint. Par sa grande édition de luxe, il était parvenu à placer le Roland dans une Collection des grands classiques français; dans ses éditions techniques, il avait enfin réalisé un c texte critique ». 11 lui restait à populariser son vieux pocmc. Faire pénétrer le Roland, comme un véritable classique, dans les classos de seconde et de rhétorique, à côté de Virgile et d'Homère, telle avait toujours été notre intention, et nous n'avons jamais cessé d'y travailler. Notre quatrième édition du Roland fut donc une édition à l'usage des classes (La Chanson de Roland, Texte critique, Traduction et Commentaire, Grammaire et Glossaire, par Léon (Gautier ; édition classique, 1875, Tours, Alfred Maine et fils, LVI et 664 pages). Dans ce volume, (qui fut officiellement désigné en 1878 comme l'un des textes classiques dont l'explication devait être exigée, en 1879, des candidats aux deux agrégations des classes supérieures et des classes de grammaire), les jeunes lecteurs purent trouver une Introduction très-rapide où l'on avait condensé pour eux tout ce qu'il est rigoureusement nécessaire de savoir sur la Chanson de Roland : un Texte critique de plus en plus amélioré ; une Traduction également soumise à des corrections incessantes; un Commentaire perpétuel au bas des pages, lequel était souvent accompagné de dessins représentant les principales parties de l'armure auxxi-xii* siècles; des £c/a?rcissemeHf s très-développés sur la Légende de Charlemagne, l'Histoire poétique de Roland, le Costume de guerre et la Géographie du Roland; des Notes pour V éclaircissement du texte, où étaient expliquées une à une toutes \os corrections apportées au manuscrit original; une Phonétique, une Grammaire, une Rhythmiquc, et enfin un (72o.<;saire presque aussi étendu que celui de la première édition. — A côté de cette édition classique, il restait à en publier une autre, beaucoup plus simple et véritable-
Et, voilà qu'un jour sortent de Saragosse des messagers richement vêtus. Ils sont montés sur des mules blanches ;
ment populaire. Ce fut Tobjet de notre cinquième édition, où n'entrent, comme éléments constitutifs, que Vlntroducliotij le Texte critique, la Traduction, le Commentaire et quelques Éclaircissements (La Chanson de Roland, texte critique, trîiduction et commentaire, Tours, Alfred Mame et flls, 1875; petit in-8*, lu et 396 pp.). Quant à la sixième édition (Tours, Mame, petit in-8*, 1876, XL et 3i2 pp.), ce n'est pas (comme l'a dit M. Banquier en sa Biblio-' graphie de la Clianson de Roland) un tirage nouveau de la cinquième édition, mais jine édition absolument nouvelle et où nous avons eu la joie de pouvoir encore perfectionner notre traduction et notre texte. A l'usage des débutants, et même des tout jeunes enfants, nous avons également publié, en 1876, la première feuille d'une édition élémentaire, avec traduction interlinéaire : nous aurons lieu d*y revenir tout à Thcurc. = m. Cependant, dès Tannée 1872, avaitparuTéditiondeM. Edouard hœhmer (Rencesval ; édition cri' tique du texte d^Oxford de la Chanson de Roland, Paris, A. Frank, in-18). Le nouvel éditeur n'avait eu connaissance ni de l'édition d'Hoflfmann, ni des nôtres (à l'exception de la première). Cette édition, pleine de traits intelligents et de hardiesses parfois téméraires, a été vivement défendue par M. Bœhmer contre les attaques de la critique française. Nous en faisons passer un fragment sous les yeux de nos lecteurs. — Cinq ans après, M. Eugen Kulbing publiait le texte paléographique du manuscrit IV de Venise {La Chanson de Roland — Cenauer Abdruck der venelianer Handschrift IV ; Uciibronn, Hcnninger, 1877). Nous ne le citons ici que pour mémoire. == n. Mais Tannée 1878 devait être marquée entre toutes par la double publication de MM. Th. Millier et Stcngel. C'est au commencement de celte année que parut enfln la troisième édition de M. Th. NûUer, que l'on attendait depuis 1863 (• La Chanson de Roland », nach der Oxforder Handschrift herausgegeben, erlautert und mil einem Glossar versehen, von Theodor Muilcr, Profcssor an der Univei-silut zu Giitlingen. Ërster Theil. IZweite vollig umgcarbcitete Auflagc]. Gotlingen, Dietcrich'sche Verlagsbuchhandlung, 1878). Ce qui caractérise cette édition, c'est le soin méticuleux avec lequel Tauteur a relevé jusqu'à la plus petite variante de tous les manuscrits et de Coûtes les éditions; c'est surtout le respect profond et un peu excessif dont M. Th. Millier fait preuve à Tégard du nianuscril d'Oxford. A moins d'erreur évidente, il en préfère le texte à celui de tous les autres manuscrits réunis. Cette réserve, presque craintive, a été critiquée avec quelque sévérité par M. W. Fœrster dans le Zeitschrift fur romane Philologie (1878, pp. 162 et ss.). Nous aurons lieu plus loin d'en dire notre avis, s p. Cependant, avec cette persévérance qui vient à bout de tous les obstacles, M. Stcngel était parvenu à se faire communiquer à Marbourg le manuscrit d'Oxford, et il en avait fait faire une photographie complète, page par page. A ce précieux Album, il a voulu joindre (novembre 1878) une édition « paléographique • du texte de la Bodléiennc, où il a eu lieu de relever les erreurs ou méprises de tous les éditeurs antérieurs. Cette édition sera désormais le vade-mecum de tous les romanistes. = p. Notre septième édition a paru i\ la fln de juillet 1879 (Mame, XLvni-652 pp.*, in-18, portant la date de 1880). C'est une édition classique et qui renferme tous les éléments de la quatrième, mais que nous avons complètement refondue. Le texte y est rigoureusement établi d'après le système critique que nous avons exposé plus haut (pp. 503, 504), et qui consiste principalement à regarder Oxford, Venise IV et Roncevaux comme formant trois gioupes, trois familles distinctes. C'est là, à vrai dire, le caractère spécial de cette édition, qui a été, d'ailleurs, remaniée vers pour vers et mot pour mot. En ce moment même (octobre 1879), nous nous adressons à tous les
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les freins sont d'or et les selles d'argent. Chaque messager porte à la main un grand rameau d'oli>âer « pour signi-
romanistcs de France et d* Allemagne pour leur demander leurs observations sur notre septième édition, et nous en profiterons dans une huitième édition qui contiendra le texte seul de notre vieux poëme et que nous allons mettre sous presse. Nous nous sommes promis à nous-mômede ne point nous rcpoter avant d*avoir publié un texte à peu près parfait. = Il ne nous reste plus qu*à offrir un spécimen des principales éditions du texte d*Oxford. Nous choisirons à cet effet le bel épisode de la mort d*Aude (vers 3705-3722), et ferons passer sous les yeux du lecteur les quatre textes dressés par Fr. Michel*, Bœhmer, Millier' et Gautier (huitième édition, sous presse).