Paris, Hérissant puis Onfroy, 1760-1778, 8 vol. in
2. Paris, Bureaux du Spectateur militaire, Dumaine, 1844, in- 8. 3 Rapport au Roi du 14 avril 1839.
4. Le duc d'Orléans s'était vivement intéressé à cette besogne pour laquelle il avait obtenu le conco\irs d'Alexandre Dumas père. Quelques volumes, publiés sous les auspices du Prince royal, sont aujourd'hui parmi les plus recherchés.
5. Histoire de Vancienne infanterie française depuis l'origine de la monarchie jusqu'en 1789. Paris, Corréard, 1849-1853, 3 vol. in-8.
Introduction ix
à de courtes notices dues à la plume de Paul de Leoni. Le succès de cette tentative lui suscita des imitateurs et Ludovic de Loigny reprit en 1868, dans le Moniteur de V armée, l'idée du colonel Brahaut.
Après la guerre franco-allemande de 1870, ces études connurent une activité qu'elle n'avaient encore jamais eue. Au lendemain de la défaite, les travailleurs comprirent la nécessité de ne rien laisser perdre du patrimoine national. Le général de Cissey, par une circulaire du 3 juin 1872^, leur traça la route à suivre. Il invita les généraux à s'efforcer de raffermir et de développer la valeur morale de l'armée, « cette force qui est la plus sûre garantie de notre avenir », et le moyen le plus efficace pour atteindre ce but lui semblait être « d'entretenir dans tous les corps le culte des traditions )>. Cet appel fut entendu. Nos officiers se mirent à l'œuvre. Des initiatives privées, secondées par la Réunion des officiers, les encouragèrent et bientôt beaucoup d'unités furent dotées d'un Mémorial qui leur avait fait défaut jusqu'alors. Quelques années plus tard, le général Boulanger, dans une dépêche du 16 mai 1886, ordonna de réviser, de remanier et de coordonner les travaux entrepris depuis 1872. Cette décision ministérielle aboutit àia confection, pour tous les corps, de journaux historiques dont les manuscrits furent, pour la plupart, déposés aux Archives Historiques de la Guerre. Depuis cette époque, sous l'influence du réveil des études rétrospectives dans l'armée, l'enthousiasme ne s'est pas ralenti. Une simple constatation permettra de s'en rendre compte : en 1884, M. Jules Richard, très averti collectionneur, connaissait seulement l'existence d'une quarantaine de ces volumes ^ !
Les ouvrages cités dans la présente Bibliographie peuvent
1. Bulletin officiel du Ministère de la Guerre. Edition métJiodique, vol. 10, Archives de la Guerre. Paris, Chapelot, 1911, p. 181. — On sait que l'historique sommaire du corps doit être tenu à jour en tête du premier volume de la matricule (Instruction ministérielle du 8 juin 1911).
2. Intermédiaire des chercheurs et des curieux, numéro du 25 octobre 1884, p. 625.
X Introduction
se diviser en deux grandes catégories. Les uns, écrits dans un but de vulgarisation, de propagande patriotique, n'ont aucune prétention scientifique. Ils remplissent néanmoins leur rôle et leur utilité est indéniable. Ils sont en quelque sorte le commentaire du drapeau. A ces titres, ces ojjuscules avaient tous les droits de figurer ici.
Les autres, plus métliodic[uement traités, c[uoique de valeurs très inégales, offrent au travailleur de précieux renseignements. Lorsqu'ils sont rédigés avec soin, ils présentent la physionomie vivante du régiment et aident à pénétrer dans le mécanisme des campagnes. Le genre de services que l'on peut attendre d'eux a été indiqué avec une précision heureuse par M. le capitaine Vidal de la Blache dans un récent article de la Berne crhistoire et nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ses conclusions : « Sous le nom rie : Journaux historic{ues des (( différentes unités, il existe une catégorie de documents qui « n'ont pas toujours la valeur d'une chronique exacte, mais qu'il « est indispensable de consulter. Toute description de détail (( dépend d'eux. Veut-on sonder le mystère des combats de nuit « et des combats sous bois, raconter des combats de localités « qui se sont passés en plein jour, il est impossible de rien entre- « prendre si l'on ne dispose pas de quelques historiques de petites « unités. Il est alors avantageux pour la clarté du récit que les (( historiques d'un seul des adversaires décrivent ces actions de « détail, car, sans être parfaitement d'accord entre eux, ils le « sont plus à coup sûr qu'avec ceux de l'ennemi. Dans le cas le « plus favorable, on pourra décrire et dater approximativement « l'engagement initinl et l'acte final, mais la suite des événe- (( ments au cours de la lutte reste dans une imprécision telle « qu'on ne peut faire mieux que de localiser les épisodes saillants « dans telle ou telle partie du terrain. Il est presque impossible « de les dater. Les descriptions des actions de détail, lorsqu'elles a sont trop minutieusement rédigées d'après les historiques, ne « sont souvent qu'un véritable trompe l'œil où la virtuosité (( tactique de l'auteur apparaît beaucoup plus que sa bonne foi. « De tout temps, les journaux de marche c|ui ont servi à la
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« rédaction des historiques ont été écrits après les périodes « actives de la campagne, de sorte qu'ils ne peuvent même pas « donner toute sécurité quant aux indications de lieux et aux « dates. Les défaillances de la mémoire s'y ajoutent à la faiblesse « de l'observation première. Le grand souci, au milieu des « fatigues de la guerre, est-il de préparer les matériaux de « l'histoire ou de savoir quand on mangera et si l'on mangera ? « Repère-t-on les noms des endroits où l'on passe sous la pluie, « dans la neige ou la grande chaleur, sur le champ de bataille ? « Autre défaut, les historiques modernes ont été conçus comme « des manuels d'éducation morale où domine le souci d'exalter « les actions d'éclat et de passer sous silence celles c£ui ne sont « pas édifiantes. Ce sont des livres de salle d'honneur dans les- « quels chaque corps de troupe met en bonne place ses héros. « Sauf exception, ils accréditent l'histoire convenue au lieu de « la renouveler par des monographies critiques. Ardant du Picci « a cité dans son étude sur le combat des faits concernant la « rencontre de deux infanteries ou de deux cavaleries, dont on (( chercherait en vain la confirmation dans cent historiques ; il « ne s'ensuit pas que ce soit lui qui nous trompe ^. )'
Les Allemands attachent aux historiques régimentaires une imjDortance extrême. Leurs unités sont pourvues d'annales, souvent éditées avec luxe, presque toujours imprimées avec l'appui pécuniaire du gouvernement impérial. L'intérêt porté par nos voisins d'Outre-Rhin à ce genre de documents est tel que, alors que personne en France n'a encore songé à publier un répertoire des publications françaises de cet ordre, M. le docteur Paul Hirsch, bibliothécaire à la Bibliothèque royale de Berlin, a, dès 190G, fait paraître une Bibliographie der franzôsischeîi Trwppen-
1. Revue d'histoire rédigée à V état-major de l'armée (Section Historique), Quelques observations sur Vhistoire militaire, II, Les difficultés de Vhistoire, numéro de juillet 1913, p. 19.
XII Introduction
geschichten ^. Cette bibliographie dénote de sérieuses recherches et une connaissance approfondie, remarquable chez un étranger, de notre production nationale ^. Il est facile sans doute de sourire de quelques bévues échappées à l'auteur : ce dernier a élevé au rang d'ouvrage historique la délicieuse fantaisie de Jules Noriac, Le lOP régiment ; il a mêlé à des sources plus graves une pascpiinade d'Auguste Foubert : Le 39^ d'artillerie. Mais quel érudit, établissant une bibliographie étrangère, ne serait pas exposé à de telles erreurs ^ ? Le docteur Hirsch a dépouillé les listes données par le Journal de la Librairie et n'a omis aucun volume indiqué par ce périodique : il n'a pu personnellement les consulter tous. Il a d'a,utre part ignoré beaucoup des opuscules réfractaires au dépôt légal ; il ne cite que quelques manuscrits et passe sous silence les revues spéciales qui, à diverses reprises, ont occupé leurs lecteurs de ce sujet ; les documents du Ministère de la Cluerre, source infiniment utile, sont restés en dehors de son plan ; enfin, depuis sa publication, le zèle des chercheurs n'a pas diminué. Pour toutes ces raisons, notre dévoué éditeur et ami, Edouard Champion, faisant sienne l'idée de son père, a pensé que, même venant après le travail de M. Hirsch, notre effort ne serait pas vain.
Il nous reste à dire un mot des règles dont nous nous sommes inspirés pour coordonner les résultats de nos recherches.
La présente bibliographie comprend seulement les régiments