‹ Bibliographie des mazarinadesChapitre 13 sur 81 · Agréable récit de ce qui s'est passé aux dernières · texte numérisé non relu

Agréable récit de ce qui s'est passé aux dernières

26 BIBLIOGRAPHIE [agréable]

barricades de Paris , décrites en vers burlesques. Paris j Nicolas Bessin, 1649, 23 pages.

L'une des pièces les plus spirituelles et les plus amusantes de la Fronde et aussi l'une des moins rares. Naudé, page 217 du Mascurât, déclare que l'auteur a heureusement suivi et même surpassé le petit Scarron. « Pourquoi ne le dirais-je pas? ajoute-t-il, puisque chacun l'avoue et que l'on disait bien autrefois, en préférant Virgile à Homère : Nescio quid majus nascitur Iliade, »

Il existe bien des éditions de V Agréable récit des barricades, La première est celle dont je viens de transcrire le titre. La seconde , qui contient 24 pages avec l'avis de l'imprimeur au lecteur, ajoute au titre : Revue et corrigée* en êette dernière édition. La troisième porte, après ces mots : ^ dernières barricades de Paris, » faites le 26 août i648j décrites en çers burlesques, revues et augmentées dans cette troisième édition. Elle est aussi de 24 pages. Toutes trois ont été publiées par Nicolas Bessin.

Dans VAuis au lecteur de la seconde édition, Bessin se plaint de contrefaçons qui ont^ dit-il, ajouté des fautes à celles qui existaient déjà. Je n'ai pas rencontré une seule de ces contrefaçons ; mais je comprends difficilement qu'elles puissent être plus incorrectes que les éditions légitimes. Des douze ou quinze exemplaires qui m'ont passé sous les yeux, il n'en est pas un qui ne soit plein de fautes grossières. Si la troisième édition est préférable aux deux premières , c'est qu'elle a été réellement augmentée de quarante vers environ sur la fuite de quelques membres du parlement à ]a barricade de la Croix du Tiroir. Encore conseillerais-je à un amateur de se procurer les trois éditions, afin de les corriger les unes par les autres.

J'ai vu sur le titre d'un exemplaire qui appartient à M. Paulin Paris, écrit à la main, d'une écriture du temps : « par M. de Verderonne. » J'accepterais volontiers cette indication. Le baron de Verderonne était un gentilhomme du duc d'Orléans. Cest lui qui fut envoyé vers l'archiduc Léopold, lorsqu'au mois de ^septembre i650 ee prince fit au duc d'Orléans des propositions de paix auxquelles il n'entendait pas donner suite. A^ l'époque • des J>arri€ades il ne pouvait pas être de la Fronde , puisque son maitrjp tenait pour le parti de la reine et du Mazarii^ L'auteur de V Agréable récit , en effet , n'attaque pas la cour ; il ne prononce i»as unç seule foi» le

[màEHfis] DES MAZÂHINADËS. 27

nom -du cau^idinal. Toutes ses railleries tombent sur les Frondeurs du parlement et de la bourgeoisie.

U Agréable récit des barricades a été réimprimé à Rouen dans un recueil qui contient cinq pièces burlesques du même temps et dont le titre est : « Les dernières barricadés de Paris en vers burlesques avec autres vers envoyés à M, Scarron , par Varrivée d'un ctm»<d à Paris.

57. Agréable (i') remeroîment des enfants sans souci ' aux donneurs d'avis. Paris, 1649, 7 pages.

C'est la réponse à là pièce intitulée : ie Donneur d'avis aux par-^ tisons ^ etc.

58. Alcion (1') des tempêtes de l'État. Paris y 1652, 8 pages.

59. Allarmes (les) de la Fronde et l'insensibilité des Parisiens sur les approches du cardinal Mazarin , où les frondeurs et bons François pourront voir qu'ils ont plus sujet de craindre que si l'archiduc s'avançoit avec une armée de cinquante mille hommes , et que Paris ne sauroit le recevoir qu'avec autant de danger que d'ignominie après l'afFront que ce ministre a reçu dans l'entreprise de Bordeaux , et le dessein qu'il a de se faire gouverneur de Provence. (S. 1.), 1650, 24 pages.

Une des plus mauvaises pièces du pamphlétaire le plu$ fécond de la Fronde, Dubosc Montandré.

On raconte que Montandré reçut des coups de bâton ou, suivant l'expression du P. Lelong , eut le visage écharpé par l'ordre dju pfince de Ckmdé qu'il avait odieusement déchiré dans un libelle. Il jura de se venger , protestant de ne se laisser arrêter par la crainte d'aucun châtiment. Le prince qui. en fut averti , jugea à propos dé l'adoucir par quelque prévenance; et, de ce momeiat, la plume vénale de Montandvé lui fut acquise. Cette anecdote peut être vraie; mais ce qu^ est plus vrai, c'est que le libelle dont le prinee aui'ait si fort ressenti l'injure, est demeuré parfaitement inconnu. On n'en sait pas mémo le titre.

28 BIBUOGRAPiUE [illikmesI

Je crois pItttAl que l'anecdote n'a pas d'antre faDdeineni qu'un rédi ioexact àa cardhul de Sen. (Voir J Monseigncmr Charies de Lorraine, due d'EWeiff, etc.)

Les piëoes nombrenies que Hmitandrê a publiées dans le cours des aimées 1650, 16S1 et 16S2, sont toutes i la louange et pour U défense du prince de CaoAi. On n'rai compte pas moins de cinquante-^rob ; mais il y a des erreurs ÉTidenles. D'abord il faut retnncber de la Uste le Manifeste de l'auteur du moiûfeste Je M. le prince, qui est de Mathieu Du Bos. Les Paradoxes d'État ne sont autre chose que le Tombeau du sens commun , que personne n'attribue à Hontandré et qui n'est pas de lui. La troisième partie de V Aeeu^ement de la France, a été ajoutée par un anonyme que le succès des deux premières avait allédié. Il est fort douteux que Montandré soit l'auteur de V^polape de Messieurs du parlement, qui n'est ni de son style ni dans sa manière. Quand le Manifeste du cardinal de Matarin a paru, la paix était faite sans doute entre le prince de Coudé et les deux chefs de la vieille Fronde; mais malgré cela Hontandré aurait-il bira écrit toutes ces flatteries qui s'adressent à l'orgueil du coadjuteur? Surtout aurait-il attendu de publier la JWte (/uAfnfu/èjfe pour faire l'éloge du prince de Coudé? Bfazanu avait quitté la FVance; Coudé commençait à laisser voir sa répugnance pour le mariage de son frère avec MâdenHÙselle de Chevretue. On peut croire d'ailleurs que le Manifeste et sa Sotte ne sont pas de la même main. Enfin le Plaidoyer de la maison royale est ime réimpression , avec un titre nouveau , du Rapporteur des procès d'Étal, V

Ce sont doBC quatre pièces qu'il faut retrancher certainemenli trois encore trcs-prcdrablement. U en restera quarante-cinq.

Hontandré en avoue trente-quatie. Dans le Courtisan tiésintéressé, il dit qu'il a publié pour la liberté des princes " la Sa^re des satyres, aussitôt leur arrestation ; la Résolution politique, tes Aveu- '^ments de la France et le Discours d'État, après la bataille de Réthel ; le Caractère du Qrran (U Vrai caractère) , les AHarmes 3e la i^>i(fe au retoi^ de Bordeaux*; la Pièce curieuse, le Conseiller d'État (sa^s fourbe), ^ly le transfert au Havre ; les Convulsions de la monarchie (les Dernières convulsions), le Censeur monarchii/ue (les Décisions du) sur la requête de Madame la princesse ; et le Politique royal, n .

Les autres pièces que MoMandrc reconnaît pour lui apparlenii*,

DES HÂZARINADES.

[allarhes]

sont : !• La Franche Marguerite; 2« le Point^ de Vocale; 3* la />ecadence visible de la royauté; 4*» \eTu autem ; 5* \e,Coup de partie ; 6° le Contre^coup du Coup de partie ; 7** V Exorciste de la reine ; 8° le Manuel politique ; 9° l'Excommunication politique; iO°lc/brmulaire d'État; 11* le Caducée d'État; 12' le Coup d'État du par^ lement des Pairs; 13° le Royal au Mauirin; 14* V Avocat général; i^** V Apocalypse de l'État; 16" le Rapporteur des protès d'État; 17* VAnatomie de la politique du coadjuteur; 18* le Dépositaire des secrets d'État; 19* VÉcueilde la royauté; 20* et 21* la Relation et la Seconde relation de ce qui s'est fait et passé au siège d'Artgersy etc. J'ai suivi l'ordre chronologique qui résulte des indications de Montandré lui-même y excepté pour les deux dernières pièces.

Voici comment. Il paraît que les pièces de Montandré avaient un, très-grand succès; au moins se plaint-il plusieurs fois avec colère de ce que l'on usurpe la méthode de ses titres pour tromper la curiosité du public. D'abord il se contente de renier les pièces qu'on lui attribue à tort, comme la Discussion, la Cautèle et le Coton français, dans le Coup de partie. Puis il indique les pamphlets qu'il a composes , par exemple , dans le Formulaire d'État, C'est ainsi que j'ai pu suivre la série de ses publications depuis la Franche Marguerite jusqu'à VÉcueil de la royauté. Cette dernière pièce et le Dépositaire des secrets d'État sont signées D'Orandre,^

Restent douze pièces qui ne sont point avouées et sur lesquelles la controverse est encore ouverte. Ce sont : 1* le Déré^ement de l'État; 2* le Nœud de l'affaire ; 3* le Philosophe d'État qui a paru aussi sous le titre de V Homme d'État; 4* le Discourt,- de l'autorité que les oncles des rois de Frcmce^ etc. ; 5* le Discours important sur l'autorité des ministres; 6* les Pressantes conjurations d'un trèS" dévot exorciste français ; 7* VA^eu^ement des Parisiens ; 8* la Fé~ rite prononçant ses oracles sans flatterie ; 9* la Vérité continuant de pnmoncer ses oracles; 10* V Esprit de vérité représentant nuement la puissance et l'autorité du roi; 11* le Sceptre de France en que^^ nouille; 12* V Esprit de guerre des Parisiens, etc.

Montandré était le pamphlétaire à gages du prince de Condé. C'est lui qui soutint les plus grands efforts de la lutte contre le coadjuteur après la fameuse retraite de ce prélat en lO^i. On sait que cette guerre de plume dura trois ou quatre mois avec beaucoup de chaleur. « Le pauvre Montandré s'était épuisé en injures , dit

30 bibliographe: L^LLiniiEs]

le cardinal de Retz dans ses Mémoirei; et il est constant que la partie n'était pas égale pour l'écriture. ■■ Assurément je ne veux comparer Hontandré ni avec Gondy, ni avec Patni, ni même avec Joly ou Portail ; maïs il ne faut pas croim que le coa^uteur ait constammoit eu les rieurs de son cAté. Ce qu'il y a de plus vrai 1 dire sur cette polémique , c'e&t que les deux partis avaient presque toujours raison dans leurs attaques et presque toujours tort dans leurs défenses. Il est incontestable d'ailleurs que Hontandré qui cite les pères de l'Église , les poètes latins , les contrbversistes , les annalistes de France, est pourtant, suivant l'expression du cardinal de Betz, un méchant écrivain. Son plus grand méritp était d'écrire avec une abondance et une Tadlité déplorables. Le Coup d'État du parlement des Pairs, qui ne compte pas moins de trentedeux pages in-quarto, d'un caractère très-fin, a été composé «i un jour.

Je suis fâché qu'on puisse étaUir avec quelque fondement mie certaine solidarité entre le prince et le libellbte. V Apocalypse de l'État D'est pas seulement un mauvais pamphlet , il est surtout une mauvaise action. H ne convenait pas au prince de Condé qu'on écrivît en son nom les lignes qui suivent, contre la mère du roi : 1 N'accusons pas la reine ; ses inclinations sont débauchées ; ses sentiments sont violentés ; s<m imagination est renversée ; son esprit est troublé; son jugement est ébranlé; ses sens sont tous {tic) effarés; enfin elle est possédée par Hazarin , ■> {l'Exorciste de ta

Monlandré termine la démonstration de chacun des quatre points de 1» Franche Marguerite par cet abominable re&ain : ■ Vive Dieu ! vive le roi ! point de Haiarin ! point de Haaarîns ! point de Mazarines f main basse sur cette maudite engeance I point de quartier ! tue I tue I tue ! ■ Et dans te Point de l'oeale : « Faisons camagesansrespecter ni les grands ni les petits, ni les jeunes niles vieux, ni les mâles ni les femelles, afin que même il n'en reste pas un seul pour en conserver le myn. Allarmons tous les quartiers, tendons les chaînes, renouvelons les barricades, mettons Pépée au vent , tuons , saccageons , brisons , sacrifions à notre vengeance tout ce qui ne se croisera pas pour marquer le parti de la liberté. ■ Les boui^eois de Paris ont dA se rappeler ces paroles atroces le jour de l'incentlie de I'h6tel de ville.

Le pai'Iement s'émut à la publication de ces odieux libelles.

[AU.ARMKS] DES MÂZÀRINADËS. 31

Le 27 mars i65â, la Grande chambre, laToumelle et la chambre de l'édit réunies déclarèrent la Franche Marguerite et le Point de V avale méchants, séditieux, tendants à séditions^ remplis de maximes et discours abominables; en conséquence elles ordon-* nèrent qu'ils seraient brûlés au pied du grand, escalier du palais par l'exécuteur de la haute justice ; ce qui fut exécuté le même jour. Elles firent défense à toutes personnes de les vendre, débiter ou publier à peine de la vie , même de les garder ou retenir sur telles peines qu'au cas appartiendrait

Cet arrêt rendit Montandré un peu plus sage. Je vois même dans le Tu 4iuiem quelques phrases qui sont apparemment des essais de justification; celle-ci, par exemple, qui n'est pas très-claire: « Les séditions n'ont jamais rien valu ; mais les états se sont quel- > quefois bien trouvés de leurs soulèvements. » Et cette autre qui ne laisse pas que d'être ingénieuse : « Si je voulais exhorter le monde à un soulèvement, je n'y voudrais inviter que ceux qui le haïssent le plus , pour empêcher les extrémités auxquelles on se porte pour l'ordinaire lorsqu'on n'y voit que les coquins. »

Il est assez difficile de dire quelle était la politique de Montandré. Pamphlétaire aux gages du prince de Condé , il écrit dans le Point de Vovale : « Voyons que les grands ne sont grands que parce que nous les portons sur nos épaules ; nous n'avons qu'à les secouer pour en joncher la terre. » Dans le Rapporteur des procès d*État il prétend que les piinces sont « les assesseurs essentiels de la royauté. » Au moins cela est dans son rôle.

Après avoir cité les exemples de Pépin et de Hugues Capet qu'il suppose appelés au trône pai* les États généraux , il ajoute : « Voilà le pouvoir des États, et le voilà au-dessus de celui des rois qui ne peuvent avoir que des soumissions et des respects pour les lois fondamentales , cependant que les États peuvent légitimement les enfreindre même par le seul motif de leur passion, puisque Hugues Capet ne fut placé sur le trône qu'ensuite de l'aversion que les François conçurent contre le légitime héritier de leur couronne. . . » (Le Formulaire d'État), C'est la souveraineté du peuple; mais attendez : « Comme la monarchie avoisine le plus la divinité, est-il dit dans la Décadence visible de la royauté , aussi faut-il que tout homme raisonnable la tienne pour la moins illégitime. Les républiques sont des imitations ou des expressions parfaites de la révolte des anges; et ceux qui les favorisent, symbolisent avec les

:tr ' =se-"

rr-^r "T', «11 ■:

i... .' li

î5--^^rr**s«=*-^A "»!

.s-'.aa.

.ai:

Page 1