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Ambassade de la bonne paix générale, avec un com

[imbissade] des HAZARINADES. 3ô

bat contre ceux qui publient uu faux repos et par conséquent la méchante guerre. (S. I. n. d.), 16 pages.

hefaux repos, c'est la paix <ie Bordeaux. L'auteur engage une polémique très-vive contre ■ la pièce imprimée par Brunet n et les jirticles de la Paix de Bordeaux, publiés chez Sflssier. Il y a entre ces deux pamphlets une différence d'un jour sur l'entrée du roi dans la ville. " Je vous demande , courriers qui vous contrariez si fort en courant , qui peut tous envoyer de cent cinquante lieues pour nous dire que le roi est entré dans Bordeaux le dimanche 1 octobre suivant l'un, lé lundi 3 suivant l'autre, pour le faire imprimer à Paris le mardi 4 et le distribuer le mercredi S ? La poste est-elle venue dans un jour? » Cette observation critique pourrait bien n'être pas très-exacte ; car je vois dans la pièce qu'a publiée Sassier, que la nouvelle delà paix de Bordeaux a été portée au palais d'Orléans par le maréchal de L'Hôpital, gouverneur de Paris , le mardi 4 octobre , jour apparemment où elle a été reçue ; et d'après cette version officielle (Sassier était l'imprimeur privilégié du maréchal) , l'entrée du roi avait eu lieu le dimanche. Mais ce que j'ai voulu constater par ma citation, c^est que V Ambassade de la bonne paix ^nératc est de la première huitaine- d'octobre 1630.

Au reste je dois faire remarquer que les Articles de ta Paix de Bordeaux ont été imprimés par Antoine Estienne. La pièce qui a paru chez Sassier, est intitulée : la Paix véritable accordée par le roi à ses sujets de la ville de Bordeaux, etc. Je trouve encore la Paix accordée par le roi à ses sujets de la fille de Bordeaux, chez Jacques Barlay j mais je ne vois rien qui soit sorti des presses de Brunet.

L'Ambassade de la bonne paix générale se termiije par une addition sur la piété des sojdats anglais qui devient pour l'auteur une occasion de parler des religions concubines, des religions reines, de la religion n qui est toute seule véritable épouse , » du jansénisme, du molinisme, etc.

C'est là que Davenne se révèle clairement. On y reconnaît son esprit ou plutôt sa folie et son style.

François Davenne naquît h Fleurance, petite ville du bas Armagnac, capitale du Comté de Gaure. On ne sait précisément ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. Quelques auteurs qui ont remarqué qu'il ne figurait pas au procès de Simon Morin dont

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il avait étc le disciple , en onl inféré «ju'il avait dû cesser de vivre avant 1663. C'est, comme on le voit, une.sitnpie conjecture; et, j'ajouterai, une conjecture peu solide. Davenne avait, il est vrai, adopté d'abord les extravagances de Simon Morin; mais il parait évidemment par ses pièces qu'à l'époque de la Fronde il s'était érigé à Kon tour en chef de secte , qu'il prêchait une nouvelle religion pour son propre compte et qu'il ne prétendait dans ses prédications à rien moins qu'à remplacer Ixiuis XIV sur le trône de France. Il n'y avait donc pas de raison de le comprendre daoE le procès de son ancien maître. J'ai d'ailleurs vu un livre , daté de 1674 , sur le titi'e duquel un de ses possesseurs avait écrit ; par français Davenne, disciple ilu fameux Simon Morin. Voici comment ce titre était conçu ; le Politique du temps afec des remarques nécessaires à sa parfaite intelligence et une dissertation historique et politique sur l'état présent de la chrétienté. (S. t.), 1674, itt-12- Dans le peu de temps que j'ai eu pour examiner ce volume, j'ai bien cru y reconnaître de grandes analogies avec les ouvrages avoués de François Davenne ; mais , après tout , je ne donne cette indication que pour ce qu'elle vaut ' .

Le premier qui ait signalé l'existence de François Davenne et qui ait pris la peine de recueillir les pièces de ce frondeur étrange, est Châtre de Cangë. Tons les biographes et bibliographes l'ont copié ensuite avec plus ou moins d'intelligence. Ainsi Châtre de Cangé croit que Simon Morin eut une grande part aux pamphlets de Davemie. Les auteurs de la Biographie universelle renversent la proposition et disent que Davenne a travaillé aux Pensées, Requête,

* Debure , le rédacteur du catalogue Mac Carthy, Barbier, M. Brunei alU'ibueDt à Davenne le Politique dit temps Imitant de la paisiarue, autorité el du deroir des princes, dfi divers goavtrntmenlt, jasquei où toa doit supporter la lyrannie, etc. JouKie la copie imprima; à Parii, 1630, petit Id-IS. C'est une erreur évidente; et Nodier , qui a pourtant suivi l'opinion commune, fait remarquer avec raison" qu'on ne retrouve pas la manière de Davenne daus cet opuscnle; le «tyle d'ailleurs n'est pas du xvn* siècle. Le Poliliqae du temps est un pamphlet protestant écrit contre la régence de Catherine de Médicia. Mais de l'erreur de tant de saiaoli bibliographes je conclus deux choses : lu première , que Davenoe a aussi publié un Politique du temps; c'est apparemment celui dont je viens de parier ; la «econde , c'est que ce pamphlet est d'une excessive rareté puisqu'ils ne l'ont jamais vu.

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Discours et Témoignage de Morin. Je ne vois pas de raison d'adopter l'une ou l'autre de ces opinions.

Châtre de Gange a remarqué, ds^s le pamphlet de Davenne, intitulé : Inventaire des pièces y etc., deux blancs dont le second attend incontestablement le nom de Louis XIY . G)nséquent avec lui-même, il remplit le premier du nom de Simon Morin ; mais partout Davenne revendique le trône de France pour lui et non pour personne autre. C'est de lui et de lui seul qu'il parle , quand il s'écrie dans la Hié~ rusalem céleste : « Il est trouve ! il est trouvé ! la France a un François qui la convoite et lequel Dieu, de sa souveraine puissance et autorité royale, élit roi de ses provinces. » Ce mauvais jeu de mots sur'sbn nom de François se retrouve encore à la page 31 de la même pièce où il fait dire à Nostradamus : « J'ai annoncé que le roi d'Angleterre aurait la tête tranchée ; et j'ai prédit que ce François devant Dieu élevé abaissera le roi en la place duquel le Verbe le substitue. » Et pour que le lecteur ne s'y trompe pas, le mot de François est maicqué d'un astérique.

On sait très-peu de choses de la vie de François Davenne. Je lis dans le Factum de la sapience éternelle qu'il avait annoncé vers 1645 la fin ou le renouvellement du monde, suivant qu'il plairait à Dieu, dans un écrit qui paraît avoir été perdu. On peut croire qu'il a été supprimé. Davenne , en effet , fut mis en prison par l'autorité ecclésiastique et retenu par le procureur général au parlement. Puis i'ofQcialité consentit à lui rendre la liberté sous caution; elle s'employa même pour faire lever l'écrou du procureur général. « Il me fut enjoint, dit Davenne, de garder le silence; ce que je fis. »

« Deux ans après, je fus derechef garrotté dans une prison pendant quatre mois, sans savoir pourquoi. » Cette fois ce fut la reine qui le fit sortir.

Et maintenant , s'écrie-t-il enfin dans la même pièce qui est évidemment de 1651, « je suis comme suspendu pour savoir si je préviendrai le Judas qui me trahit, en me rendant captif , ou si je le laisserai attenter sur ma liberté. »

Que fit-il? je l'ignore. Toujours est-il que les registres du parlement nous apprennent que le 17 mars 1651 il était prisonnier en la conciergerie du Palais. Il n'est pas probable qu'il se soit présenté volontairement devant la justice ; car la première chose qu'il fit, ce fut de récuser le Châtelet et d'en appeler au parlement. Sa récusation se fondait précisément sur les motifs invoqués par le Factum :

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« Sur ce enquis , porte l'arrêt da 1 7 mars « a dit qu'il ne peut être ! jug^ P^^ ^^ lieutenant civil parce que Dieu a dicté à lui répondant

f quelque acte intitulé: Conclusions^, qu'il a fait imprimer contre

\ ledit lieutenant civil. >» Et dans le /V7^r«/7i ; «Après mes divers

mouvements, je conclus à ce qu'il plaise à la cour, attendu que \ les principaux du Châtelet sont mes' juges et parties à cause que je

[ les ai particulièrement tancés , de leur interdire la connaissance de

; ma cause et d'ordonner que je serai transféré à la conciergerie du

Palais si, à tout hasard, je suis enfermé dans leurs prisons. »

U résulte de ces faits et aussi du contenu même du Factam que cette pièce a été composée pendant que Davenne , poursuivi par le procureur général , se cachait chez ses amis ou errait parmi les rues, tout absorbé dans Vimpulsion divine , et, comme il le dit luimême , sans savoir où il allait. H en résulte également qu'il était accusé d'avoir publié la Sapience du ciel et non le pamphlet De la Puissance qu'ont les rois sur les peuples et du Pouvoir des peuples sur les rois, comme l'a cru Châtre de Cangé.

Malgré la récusation de Davenne, le parlement ordonna que l'affaire serait jugée par le lieutenant civil ; mais il semble qu'elle en soit bientôt restée là. Au moins est-il certain que, peu après, Davenne publia la Réflexion morale sur la Sapience par laquelle il s'efforce de faire considérer ses pamphlets comme une sorte d'avertissements prophétiques et comme des témoignages d'une sollicitude particulière de Dieu pour le roi et pour la reine régente. Il avait donc encore une fois recouvré sa liberté. Il en profita pour publier la Hiérusalem céleste avant la fin de 1651 et V Inventaire au commencement de 1 652.

L'auteur de la Pierre de touche aux Mazarins explique de la manière suivante la mise en liberté de Davenne : « Ceux qui veillent à la découverte de quelque pièce contre ce pernicieux ministre , sont bien ; récompensés, dit-il page 12, témoin le vàxrsïovtypùk Pacifique qui est

dans la conciergerie et qui a passé par ses mains sans nul hasard après avoir fait la Puissance des rois et le Pouvoir des sujets sur les

* Conclusions proposées par la reine régente, etc. a Le lieutenant en cela incivil , Tardieu , juge plus que criminel , et quelques autres, nourris de chair et de sang et par Conséquent adonnés au carnage , font les bons valets pour assouvir ta bonté ; mais ils feraient mieux de se préparer à recevoir le coup que l'on ordonne à leur malice. i> Page 13,

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lambassàde]

souverains, V Harmonie de la cour (de l'amour, etc. ) et plusieurs autres pièces horribles et détestables, dont le lieutenant civil a connaissance, contre la personne du roi et de Son Altesse Royale. Le garçon de son imprii^eur est mort en prison, imaginez-vous corn* ment , dans deux jours , afin qu'il n'achevât pas de découvrir les pernicieux ouvrages de cet infâme auteur. Cependant le sieur Pac/- Jîque ne reçoit point de châtiment parce que le lieutenant civil prétend qu'il a mérité son pardon en écrivant contre M. le prince. »

Ce pamphlet est daté de 1652. Faut-il conclure du passage que je viens de citer que Davenne était encore en prison à cette époque? Mai^ alors on devrait admettre qu'il £^ écrit la Hiérusalem céleste sous les ven*oux ; car il y apostrophe le roi en ces termes : ft.Roi mineur, voici le roi majeur qui vient te supplanter, » et la majorité du roi a été déclarée le 7 septembre 1651.

Je crois que l'auteur de la Pierre de touche n'a pas connu la date précise de la mise en liberté de Davenne, cjomme il s'est trompé sur les motifs de l'indulgence d(mt le lieutenant civil paraît avoir usé envers son prisonnier. Davenne attaque, il est vrai, le prince de Condé avec beaucoup de violence ; mais pas plus que le parlement, le duc d'Orléans et la régente elle-même. S'il dit du prince « qu'il est sorti d'un père qui est resté treize mois dans le ventre de sa mère , » il dit de la reine « qu'elle a la douceur du tigre et la débonnaireté de la vipère. »> Il a pu écrire avec quelque fondement dans la lettre d'un particulier sur la sortie de messieurs les princes : « Quoique les pièces que j'ai faites à votre justification ne vous flattent point, vos adversaires en ont été choqués plus qu'en nulles aiitres. »

Nous avons vu que Davenne a été emprisonné trois fois. Quatre de ses pièces ont été saisies et probablement supprimées par arrêt : les Soupirs françois contre lapaiœ italienne ^ le Véritable ami dupu^ hlic, \ Harmonie de V amour et de la justice de Dieu^ \a.Sapience du ciel. La troisième est précisément une de celles que dénonce l'auteur de la Pierre de touche. Si Davenne ne fut pas poursuivi personnellement à cette occasion , c'est qu'on ne savait pas qu'il l'eût composée. « On avait ici , dit Guy Patin dans une lettre datée du 16 septembre 1650, page 343 du 1*' vol. des lettres à Spon, on avait mis sous la presse un petit livre in-douze intitulé : V Harmonie, etc. Il était contre le Mazarin, sa vie, sa fortune et son ministère. Il allait même contre l'honneur de la reine; le lieute-

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nant civil l'a découvert, l'a supprimé, et en a fait emprisonner les imprimeurs ; duquel néamnoiiis il n'a jusqu'à présent pu découvrir ni apprendre qui en était l'auteur. L'on m'a dit que Ton eu soupçonnait un jésuite qui était fort passionné pour le parti de M. le prince- ■ Voilà, je p^ise, le lieutenant civil bien justifié sur ce point.

Il est vrai pourtant : la justice a été indulgente pour Davenne; elle avait même renonce à saisir la Hiérmalem céleste qui doit être, à meilleur droit que l'Inventaire, considérée comnle le comble des extravagances de t'autenr. C'est là en effet que Davenne dit de lui : v Parce qu'il s'est bien abaissé, Dieu l'exalte. 11 sera conducteur des peuples d'autant qu'il est parfait comme son père. ■ Et ailleui-s, pour prouver sa mission ; • Appelez le cardinal, la régente, le duc d'Orléans, les princes, Beaufort, le coadjuteur, les partisans et ceux qu'on estime les plus saints dans le monde... Faites allumer une fournaise ; qu'on nous y jette dedans; et celui qui sortira sans lésion de la flamme , comme un phénix renouvelé, celui-là soit estimé le protégé de Dieu et qu'il soit ordonné prince des peuples. »

Puis, comme i) craint que cette épreuve ne soit pas acceptée , Il en propose une autre : « Que le parlement me juge à la mort pour avoir osé dire la vérité aux princes. Qu'on m'exécute ; et si Dieu ne me garantit de leurs mains d'une manière surnaturelle, je veux que ma mémoire soit éteinte, et s'il le fait, qu'on abolisse celle de mes adversaires... Si Dieu ne me préserve des mains des bourreaux , rien ne leur sera fait ; mais si le bras surnaturel m'arrache de leurs griiTes, qu'ils soient sacrifiés à ma place. » l^ntenant on sait pourquoi la justice a élé indulgente ; c'est que Davenne était fou.

Davenne avait pris le surnom de Pacifique parce qu'il avait été élu de Dieu, disait-il , pour donner la paix aux peuples ; el d'abord il devait supplanter Louis XIV, c'est son expression, sur le trône de France. Ses pamphlets ont presque tous pour but de revendiquer la royauté que Dieu lui a attribuée n de sa souveraine puissance et autorité royale. » 11 en a donné Ini-méme dans la Hiérusalem céleste et dans V Inventaire une double liste qu'il faudra compléter, sans doute, mais qu'il est utile de connaître telle qu'il l'a dressée, pour apprécier le caractère de sa polémique. Je prends le texte de la Hiérusalem céleste parce qu'il est le moins long et

DES MAZARINÂDES.

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aussi parce que la publication de chaque pièce y est plus nettes ment motivée.

« J'ai y il y a six ans, averti les États du renouveau avec une voix aussi douce que terrible ; et je vous en fais ressouvenir , ces années, de la même sorte. Pour cela j'ai fait V Harmonie de V amour et de la justice de Dieu y aussi ordonnée en ses osts qu'une armée rangée en bataille ; ensuite j'ai bâti la Puissance des peuples sur les rois et des rois sur les peuples , laquelle semble un escadron de cavalerie ; après j'ai formé les Conclusions proposées au sénat par la Vérité y reine régente du ciel et de là terre , pour servir d'un camp volant afin d'attaquer et surprendre ses adversaires ; je composai une Lettre de cachet ensuite pour les détruire de pied ferme ; j'ai fait VJçis à la reine d^An^eterre afin de faire trembler les méchants monarques par l'exemple de ceux qui les ressemblent; après j'adressai \ Ambassade de la bonne paix à toutes les nations de la terre et particulièrement à cette nouvelle république (l'Angleterre) que Dieu incorporera bientôt dans mon nouveau empire; conséquemment je fabriquai la Balance fixe de la véritable fronde tant pour peser les actions, les œuvres et les paroles que la justice même de ceux qui frondent ; parce qu'un hypocrite, apparemment désiàtéressé , m'attaqua en vers , je me suis défendu pai* une réponse en prose (Réponse aufrondei^r désintéressé) ; ensuite de cela, pour poursuivre les lâches intéressés frondeurs jusqu'au bout de la terre , j'ai fait voiler la vérité vivante de l'ombre d'une princesse décédée {V Ombre de madame la princesse, etc.); après j'ai produit les antéchrists contraires à son verbe et à son évangile {le Jugement et les huit béatitudes de deux cardinaux, etc.); et d'autant que Beaufort a fait transformer d'invisibles malices pour se faire appuyer par ceux qui ont contrefait mon langage, lesquels me prenaient déjà pour un fourbe de cour et par conséquent pour une âme flatteuse , j'ai fait une satyre ( Satyre ou Feu à V épreuve de Veau y etc. ) , pour faire humilier les uns , lescjuds m'ont témérairement jugé , et foudroyer les autres qui en sont la cause ; ensuite j'ai tracé un plan de la Sapience céleste estimée folie des sages du monde y dans lequel ouvertement Dieu me manifeste; mon Factum lui succède, dans lequel je requiers justice autant que la faiblesse, de ma partie inférieure et la force de la supérieure me le peuvent permetti^e ; et pour conclm^e et arborer tout ce que dessus, je présente cette Hiérusalem céleste de laquelle les anges disent :

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■ Qui est cette belle qui vient du désert comme une verge de fumée , faite de myrrhe , d'aromates el d'auti-es parfums aromatiques? »

Il faut jouter, sur les iudications deDavenne, la Tragédie sainte qui est citée dans \' Inventaire , et {'Inventaire même; en tout seiie pièces.

Châtre de Cangé a composé un recueil qui en contient viugltrois; mais en existe-t-il vraiment une qui ait paru sous le titre d' Épttre écrite à Henri III en lui adressant ses Centuries/' personne ne l'a vue , que je sache. Châtre de Caugé a recueilli cette indication à la page 31 de la Hiérusalem céleste. A-t-il bien pris garde que c'est Nostradamus qui parle et qui dit : ■< Lisez mon épître écriteà Henri troisième' en lui adressant mes Centuries; et vous verrez que j'ai prophétisé la rénovation, etc.? » Sans doute Nostradamus n'a pas pu écrire à Henri UI puisqu'il était mort plus de diit ans avant l' avènement de ce prince au troue de France ; mais ne peuton pas supposer une erreur de Davenne ? Et dans tous les cas y a-t-il bien dans la phrase que j'ai citée, une raison suftisante d'affirmer l'existence de l'épîire?

Les autres pièces signalées par Châtre de Cangé , sont : 1° Le Véritable Ami du Public ; 2° les Soupirs français sur la Paix Italienne que l'on attribue quelquefois, mais inexactement, à Jean Duval. Davenne dit, en effet, dans la Lettre pmrticuliére de Cachet: <• Lisez à présent les Soupirs français ; et vous verrez un prophète qui a prédit les malheurs de ce temps. i> Et dans la Sapience du ciel, répmdant à un frondeur désintéressé : « Caquetez contre nous ; vous serez aussi croyable que celui qui fit la i-éfy.tation aux Soupirs français sur la Paix Italienne; » 3" le Journal des délibérations tenues en parlement, toutes les Chambres assemblées à l'Hôtel d'Orléans, etc. ; i" VAvis d'an religieux contre les faiseurs de libelles diffamatoires i S" la lettre d'un particulier sur la Sortie de messieurs les princes ; 6° la Réflexion morale sur la Sapience estimée folie des sages du monde.

VoiciunevingMiuatrièmepièce qui a échappé àChàlre de Cangé; c'est la lettre d'un religieux de Compiègne , etc. Comme VAvis d'un religieux, elle est signée F. D. F. [François DavenUe de Fleurance). Ce sont, avec la Tragédie sainte, les seules sur desquelles Davenne ait apposé ses initiales. Le titre de cette dernière pièce porte : par F. D. P. (François Davenne pacifiqHe et non poëte.

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comme le dit Châtre de Cangé). Le catalogue Mac Carthy en indique une vingt 'cinquième que je n'ai pas rencontrée encore : c'est V Inventaire sommaire d'aucuia passages de l'Éeriture sainte qui font voir que le monde finira en 1656. Enfin si le Politique du temps dont j'ai parlé plus haut, est vraiment de Davenne, il faudra dorénavant compter vin^'t-six pièces.

Les pamphlets de Davenne sont presque Cous rarissimes , même ceux qui ont été imprimés in-i" dans le format ordinaire des Mazarinades. Il n'en existe peut-être pas une seule collection complète.

69. Ambassade (!') des Parisiens envoyés à l'éminence Mazarine pour son retour dans la ville de Paris et rendre compte du mal qu'il a fait. Paris, Nicolas de La Vigne, 1649, 8 pages."

70. Ambassadeur (!') de Savoie envoyé du mandement de son Altesse, par le sénat de Chambérj, à la reine régente, mère du roi. Paris, Claude Morlot, 1649, 8 pages.

71 . Ambassadeur {!') des États de Catalogne envoyé par don Joseph de^Marguerite à la reine régente, mère du roi , touchant les affaires de cette province et la paix particulière et générale. Paris, Claude Morlot, 1649, 8 pages.

Il paraîtrait que les Espagnols auraient voulu profiter des troubles de Paris en jetant des promesses d'amnistie parmi les populations de la Catalogne. Tel est du moins le prétexte de la lettre.

72. Ambassadeur extraordinaire apportant à la reine des Qouvellescertainesdeson royaume et de ce qui s'y passe. Paris, N. Charles , 1649, 7 pages.

73. Ambitieux (!') , ou le Portrait d'OElius Séjanus en la personne dii cardinal Mazarin. Paris, Pierre du Pont, 1649,7 pages.

Ce pamphlet a été écrit peu de jours après ce que les frondeurs

« BIBLIOGRAPHIE [amcse]

appelaient l'enlèrement du roi. Cet événement est en effet le dei^ nier tenne de la comparaison.

Il y a ici un souvenir des paœpbletsconlrele maréchal d'Ancre, souvenir que nous trouvei'ons plus complet dans la pièce intïEulée : le Sesanus romain.

74. Âmbrioa (!') de MaZarin sur sa naissance. Paris, 1651, 8 pages.

Cela est original et rare ; mais quel sens ! et quel esprit 1

75. Ame (1') pécheresse dans la solitude. Paris , Denys Pelé, 1650, 8 pages.

Cet opuscule n'a rien de politique ; mais quand , dans les iatervalles de paix, les pamphlets ne se vendaient plus , les libraires faisaient colporter de petits livrets de piété ou de poésie. C'est ainsi que V Ame, pécheresse se rattache à la Fronde,

76. Amende honorable (!') de Jules Mazarîn des crimes qu'il a commis contre Dieu, contre le roi et contre lui-même. Parts, 1649, 8 pages.

Peu de jours après l'arrêt du 8 janvier.

C'est, je ci'ois, le premier pamphlet où il est parlé de vingt-cinq mille personnes qui auraient été jetées en prison pour n'avoir pas payé la taille, et dont six mille seraient mortes deTaim.

77*. Amnistie accordée au parlement de Bordeaux, et propositions du duc d'Orléans. 1650.

Bib. hist. 23183.

Extrait de la Gazette.

78. Amuse badaud (1') Mazariii, ou l'Intrigue des créatures du Mazarin qui sont dans Paris, pratiquée jeudi ■dernier pour empêchef l'effet de l'assemblée du parletijent qui se devait faire ce jour-là, (S.l. n.d.), 8pag.

L'Amuse badaud , c'est la nouvelle de la levée du siège de Klii-adoux quelesMazarinsavaient fabriquée, dit l'auteur, chez H. de S. (Senneterre), rue Sainl-André-des-Arls.

[iNiGBAiHiiEs] DBS MAZA.RINADES. 45

79. Anagramma acrostychœum in Juliiim Mazaritium. Paris, 1649, 7 pa^es.

Signé A. D. B,

80. Anagrammes sur l'auguste nom de sa majesté trèschrétienne Louis c]uatorzièmedu nom, roi de France et de Navarre, dédiées à la reine par le sieur Douet , écuyer, sieur de Rom Croissant. Paris, François Noël, 1649, 8 pages non chiffrées.

Ce Douet était maitie d'hôtel de Paul Tvon , sieur de La Lcu , oncle de Tallemant des Réaux. « Il a un peu voyage à Maioc et au Levant , cela n'a servi fju'à lui trouBler la cervelle ; car, ît cause de ses voyages, il s'est pris pour un habile homme, et s'est mis à

faire des livres Depuis la mort de son maître, qui lui a laissé

une petite pension , il fait tous les ans une quantité d'anagrammes, imprimées sur le nom du roi , et met tout de suite Zouis quatùTÙème du nom roi de France et de Navarre. Voyez si ce n'est pas une merveille de trouver quelque chose sur un si petit nom ! Je les garde; et c'est un bon meuble pour la bibliothèque ridicule. » Historiette de La Leu, p. 49 du 5' volume.

C'est peut-être beaucoup que de dire que Douet faisait tous les ans une quantité d'anagrammes ; mais il est vrai qu'en 1647 il avait publié Une centurie d'ana^ammes sententieusee sur l'auguste nom de Sa Majesté Trés-chrétienne Louis XIK du nom roi de France et de Navarre , qui pourra servir d'argument à la neuvième et dixième partie de la France guerrière , P^is, Mathurin Hénault, et qu'il a publié , en i 649 , une seconde édition des Anagrammes sous le litre de Trente-cinq anagrammes , etc. Dans la première édition, il n'y en a que quinze.

Je me garderai bien d'ailleiu^ de contredire le j ugement de Tallemant des Réaux. Pourtant je dois ajouter, sur la foi de Douet lui-même, que Te maréchal de Villeroy ayant lu hautement les anagrammes dans le palais Cardinal, « en présence des sieurs de Sourdîs, deRhodez, Vautier et l'anteur, « il dit : « Ces anagrammes sont belles. Dieu veuille qu'elles soient véritables ! »

L'abbé de Marolles a compris le sieur de Rom Croissant dans le déntHnbrement des écrivains qui lui avaient donné leurs livres. Il

[anâtomieI

en avait reçu les Anagrammes au roi. Je lui sais gré de n'avoir loué ni l'ouvrage ni Fauteur.

Pourtant Naudé paraît avoir fait quelque cas de Douet , sinon de ses anagrammes. Voici en effet ce qu'on lit dans le Mascurat, p. 212 de la première édition : « Si le sieur Douet vouloit croire ses amis , il occuperoit son esprit , qui est très-bon , à des matières plus considérables. Jamais homme n'observa mieux que lui beaucoup de petites choses qui causeroient néanmoins de grands biens à ceux qui voudroient les mettre en exécution ; mais je ne sais par quelle vérue il a depuis peu quitté la France guerrière pour ne plus s'amuser qu'à des anagrammes. »

Les éditeurs de Tallemant des Réaux n'ont pas reconnu le maître d'hôtel de La Leu dans le Douet de l'abbé de Marolles et de Naudé.

Douet a publié encore , 1° la Consolation des bons , et la défense de leurs écrits sincères contre les calomniateurs; 2° la Hararbgue faite au roi par le recteur de VUniversité de Pflrâ, etc., qui se ressent du souvenir de ses voyages. Il avait promis M Art de faire des anagrammes , qu'il espérait dédier au roi ; mais je ne saurais dire s'il l'a donné.

81 . Anathème (F) et rexcommùnication d'un ministre d'État étranger, tiré de l'Ecriture sainte. Paris ^ Mathieu Colombel, 1649, 12 pages.

Naudé , p. 208 du Mascurat, range cette pièce entre les bonnes, c'est-à-dire entre celles qui sont composées avec adresse , et dont le raisonnement est ingénieusement aiguisé et proprement assaisonné.

82. Anathème (1') , ou Détestation du tabac. Ode. Paris, Claude Boudeville , 1648, 4 pages.

Assez mauvais pour n'être plus commun.

83. Anatomie (1') de la politique du coadjuteur faite par le vraisemblable sur la conduite du cardinal de Retz , où l'auteur donne à connaître : 1® que le cardinal n'est innocent que parce qu'il soutient que ses crimes sont plus cachés que ceux des autres; 2® que ce prélat n'est

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