GatUâtrophe (la) Mazarine. (S. 1.)^ 1652, 8 pages
Il n'y a point de catastrophe. Mazarin, au contraire, venait d'entrer en France avec une armée. Plus de violence que d'esprit. L'auteur appelle Mazarin « une éponge à toutes injures. *>
650. Catéchisme (le) de la cour. Paris , Philippe Clément, 1652.
Deux parties de 8 pages chacune. Parodie spirituelle, mais peu décente da catéchisme. Ce pamphlet n'a rien de commun avec le Catéchisme des courtisans^ qui parut en 1649, ou avec celui qui porte la date de 1668, Cologne, petit in-12.
65^. Catéchisme des courtisans de la cour de Mazarin. (S. 1.), 1649, 8 pages.
Ce spirituel pamphlet a un second titre , que je préfère de beaucoup , car il est plus exact : Questions de la cour. C'est assurément l'original du petit in-12 de 1668 :
« Qu'est-ce qu'un procureur ?
— Un homme qui., avec sa langue, sait vuider la poche de sa partie sans y toucher.
— Qu'est-ce qu'un prince ? ^
— Un criminel que l'on n'osé punir.
— Qu'est-ce qu'un homme riche?
— Celui que la fortune flatte pour le perdre.
[catéchisme] des MâZARINADES. 197
— Qu'est-ce que Paris?
< — Le paradis des femmes , le purgatoire des hommes et l'ëâfer des chevaux* »•
Il en a été publié une contrefaçon, sous le titre de : Définition 4ur l'état et condition d'un chacun.
652 . Catéchisme des partisans ou Résolutions théologiqués touchant Timposition , levée et en^ploi des finances , dressé par demandes et par réponses, pour plus grande facilité y par le R* P. D, P. D. S. J. Paris ^ Cardin Besongne, 1649, 32 pages.
Très-remarquable pamphlet. « Aujourd'huy la flatterie met la royattlié en un tel point, l'intérêt, l'ambition et l'avarice s'en forment une idée si étrange que, si Dieu venoit,' non plus dans la vie abjecte de Jésus-Christ, mais dans l'éclat, la splendeur et là vertu d'Vm dé ses séraphins , à peine trouveroit-il place, non pas dans la maison du roij mais parmi les domestiques d'un favori. »
Après la paix de Saint-Germain, il parut ime Suite du Catéchisme
des partisans ou des résolutions théologiques touchant Vimpôty levée
et emploi des Jinanceé-, par '^. J. B. D.T. E. R. Ô. D. P. M.; mais
-^llen'a pas été écrite dan^ la même pensée. Elle n'a ni le même
sens *i le même intérêt.
Les premières initiales sont celles du révérend père dom Pierre de Saint- Joseph. Ce père était de l'Ordre des Feuillants.
65^^ Catéchisme royal. Paris, 1650, 36 pages.
« Maximes pleines de sagesse^ dont il existe plusieurs éditions, dit M. Leber, art. 4471 de son Catalogue. La première est de 1645. »
C'est donc à Richelieu et à Mazarin qu'il est fait allusion dans ce passage : « Un essai de quinze jours seulement a fait voir à nos yeujt, depuis un peu de temps, la différence qu'il y a entre un profès en rairjt de gouv^ner et un novice ei| ce même art, quoique d'ailleurs très-intelligent en toute autre sorte de connoissances. »
L'auteur s'étonne qu^un gentilhomme puisse être impunément
libertin, ivrogne, pillard et qu'il se déshonore s'il est trafiquant. Il
blâme le préjugé qui ne permet pas à un gentilhomme d'être juge.
« Qudi ? s'ècrie-t-il, un soldat en faction fait office de gentilhomme,
et uti chancelier, n'bn !»
« Comme la noblesse tire sa première origine de la vertu , c'est déroger que d'être vicieux.' »> ^
108 BIBLIOGRAPHIB [ému]
Le Catéchisme royal est de Pierre Fortin , sieur de La Hoguette. On le trouve, quelquefois» à la suite du lirre intitulé ! Testament ou Conseils fidèles d'un bon père à ses enfants , notamment dans la jolie édition de 1655, Paris, Antoine Vitré , petit in-8. Le style y est revu et corrigé. Il y a pris des formes cicéroniennes, qui, à mon avis, lui ont fait perdre en force ce qu'il a gagné en abondance.
On lit dans l'édition de 1655 : a Ce fondement posé que la noblesse ait tiré sa première origine de la vertu , je ne sais d'où nous est venue cette fkùsse illusion que ce ne soit pas y déroger que d*étre vicieux. » Est"-ce que la phrase de f 650 ne vaUt pas infiniment mieux ?
J'en dis autant de cet autre passage : « Maintenant un falix brave, n'ayant que l'épée et point de cape, peul-étre en tirant quelque mauvais éclaircissement, ou un soldat en faction à la porle de son capitaine fera acte de gentilhomme ; et un chancelier de France, ^ est l'organe des volontés de votre majesté, et tous vos parlements ensemble, qui jugent souverainement de la vie, des biens et de l'honneur des princes , des pairs de France et généralement de tous vos sujets et des droits même de votre couronne, en faisant ta fonction de leurs charges, ne la feront pas de gentilhomme.» Cest ici l'édition de 1655, Combien est plus vive et plus saisissante la phrase de 1650 ! . ;
654*. Catholicon (le) de Marigny.
Mémoires du cardinal de Retz, p. 369, coll. Micbaud.
A-t-il été publié? Marigny lançait, dans les salons et au milieu du public de la Fronde, beaucoup de vers et de pièces manuscrites dont il ne se souciait guère i
655. Caton (le)françois disant les vérités : 1 . du roi, de la reiae et du Ma2;arin ; 2« des princes ; 3. de& parlements; 4. des peuple». (S. 1., 16 mai 4()52)y 23 pag.
Voici les vérités. l°Du roi : « Il est plus mazarin que (rancis. » 2° De la reine : « Si l'on vouloit m'en croire, on les (la reine et le cardinal) mettroit en état qu'il seroit vrai,* de toutes façons, qu'il n'y anroit rien de si chaud que leur cul. Toute la cour sait que la reine a dit qu'elle oublieroit plutôt Dieu que Maz^rin* £t , p^ là, il semble qu'elle ait rendu véritable la rencontre de son anagramme qui porte qu'elle est Ckérie de Satan ^ »
[avSBS] DES MAZARINADES. 199
3®. Du parlement : « Ces sénateiirs <»it peur de perdre leurs charges, qui leur sont si chères , que beaucoup se soiit ruinés pour les acheter. Que peut-on aussi espérer de personnes qui ont fait, du temple de Dieu ou de la justice, une caverne de brigands et de voleurs?»
4* Des peuples : « Les bourgeois , les marchands sont si lâches qu'après qu'ils ont dit-point de Mazarin , néanmoins ils voudroient recevoir ce ministre, pourvu qu'il leur fît part de ses louis. »
11 fallait que le parti des princes fût bien abandonné. On. s'explique, après un tel pamphlet , l'incendie de l-Hôtel de Ville.
Ce n'était pas assez, pour l'auteur, de cette prose brutale.. Il a voulu 7 aijouter des vers. En voici quelques-uns *.
« Encore un peu plus outre, et votre heure c|8t venue. Rien n^ voussauroit garantir ; Et la foudre qui va partir, Toute prête à crever la nue , Ne peut plus être retenue Par l'attente du repentir. »
C'est au roi que cela s'adresse I
•Un siècle et demi plus tard, Lebruii exprimait, presque devant rinstrument du supplice de Louis XYI , la même pensée dans son Ode patriotique sur les éçénements de Vannée i 792 , depuis le 10 août jusqu'au 13 novembre :
ff II pouvait régner sur les ccBQrs, Ce monarque faible. . . et parjure , Il prétend régner sur des morts !
Vainement la pitié murînure.
Le ciel veut plus que des remords. »
n faut ccmvenir que le pamphlétaire inconnu de la Fronde à tous les avantages sur le Pindare de la Révolution.
Le titre de ce pamphlet est emprunté à une pièce de 1614; mais le titre seulement.
656. Causes de récusation contre monsieur le premier président , monsieur de Gkamplâtrèux, son fils , leurs parents et alliés au degré de Tordonnance. (S. K ,
C'est pour ce pamphlet que le président de Mesmes fut frondé
200 BlBLIOGRÂPmE [causes]
par les Enquêtes. Il y en a une autre édition, dont le titre est singulièrement amplifié :
656 bis. Causes de récusation proposées par M. le due de Beaufort , messire Jean-François-Paul de Gondy, archevêque de Corinthé et coadjuteur de Paris , M. de Brousse! ^ conseiller en la cour, M. Charton j président aux requêtes du palais et autres , contre messire Mathieu Mole, premier président au parlement de Paris, M, Mole de Champlâtreux , son fils , conseiller honoraire en ladite cour, et leurs parents et alliés au degré de Tordonnance. (S. 1. n. d.), 15 pages.
657. Causes (les) du retardement de la paix entre le roi d'une part, le roi d'Espagne et l'empereur d'autre, et les remèdes qui s'y peuvent apporter. Paris , Nicolas Bessin, 1649, 8 pages.
Exposition nette et précise de Pétat des négociations. Évidemment elle a dû être publiée une première fois, tout ait plus tard en 1648^ , puisquei le traité de paix avec l'empereur est du mois d'octobre de cette année.
Il y a eu en 1649 plusieurs réimpressions de ce genre; par exemple le Discours d*État ou Féritable déclaration, des motifs qui obligèrent Jjouis le Juste.,, à rompre la pidx, qui fut faite en 1596 entre Henry IF,,, et PlUlippe II, etc.; le Traité de paix entre Sa Majesté Catholique et les sieurs États généraux des Provinces'JJnies des Pays-Bas; la Copie de la très^humble remontrance que les États de Flandre ont faite, depuis peu, à Sa Majesté Catholique sur les nécessités de leurs affaires présentes; la Hitrangue de M' Serviens (sic) , faite aux Hollandois sur le sujet de leur traité de paix açec l'Espagne; la Lettre de M, Servien à Messieurs les médiateurs ; la Lettre écrite de Munster à Monsieur le nonce du pape sur le sujet de la peux.
Je crois que toutes ces publications sont postérieures à la paix de Saint-Germain. C'était la justification de Mazarin contre Taccasation^ si souvent répétée dans les libelles et dans les délibérations du parlement , qu'il avait pu faire la paix avec l'Espagne et qu'il ne l'avait p^s voulu.
[GAVALIEE] DES MAZARINADES. m
658. Causes et moyens d'appel proposées (^/c) parle pro* cureur du roy au Çhastelet contre Bernard de Bautru , avocat au parlement et es conseils du roy, accusé, avec les responses auxdites causes et moyens d'appel. (S. 1., 1649), 7 pages.
Voir le Factum pour M. Bernard de Bauhu, etc.
659. Cautèles (les) de la paix, faisant voir: 1. si la. paix, avant rexécution des arrêts et de la déclaration contre le cardinal Mazarin, seroit plus préjudiciable que la guerre ; 2. si le soupçon qu'on a d'un traité secret de la cour avec les princes, est injuste; 3. la sincérité des intentions du roi et de la reine de la Grande-Bretagne ; 4. ce que la ville de Paris peut et doit faire en cas de trahison. (S. 1. n. d.), 23 pages.
i65â, après la députatioh dés cours souveraines à Saint-Germain. « La plupart estiment que le foi et la reine d'Angleterre sont plutôt ma;zarins que frondeurs. Quels qu'ils puissent êti*e, on a violé le respect qui leur est dû ^ d'avoir reproché à ce jeune prince, dans son carrosse ,, d'être cause que le roi est venu à Saint-Germain. »
Malgré la netteté de ce blâme, l'auteur n'en reste pas moins un frondeur très-entêté. Il ne veut pas de Passislance des Anglais, à cause de la différence des religions. « Mais s'ils prétendoient seule^ ment donner du secours aux peuples qui sont opprimés sous le joug d'une rude tyrannie , leur zèle seroit louable, quand même leur dessein seroit plus grand que leurs forces. »
II conseille, en cas de trahison des princes, « de chasser premièrement tous ceux qui seront soupçonnés d'être mazarins, et, pour ceux qui le sont ouvertement, de les dépêcher sans remise et sans pitié. »