Courrier (le) du temps, apportant ce qui se passe de
plus secret en la cour des princes de l'Europe. Ârn^
sterdam (Paris), Jean Sansonius, 1649, 32 pages.
Ce sont des lettres, supposées de diverses capitales de l'Europe et de quelques villes de France, contre le cardinal Mazarin. Guy Patin avait un goût particulier pour ce libelle; ce qui peut donner une idée assez exacte de l'âcreté de l'au^ur. 11 écrit à M. F. C. M. D. R. sous la date du 12 août 1649 : ««On n'a rien imprimé ici, depuis quatre mois, de meilleur que le Courrier du temps. Ce sont
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huit cahiers antimazarloiques qui sont fort bons. Si tous ne les avez pas , je vous les offre. »
Le 24 septembre, il écrit à Charles Spon : « U y a quelques honnêtes gens à Paris, tous d'un parti , c'est-à-dire ennemis du cardinal Mazarin , qui envoient et distribuent à leurs amis un nouveau libelle intitulé : le Courrier du temps, apportant des nou^ tf elles de tous les cantons de l'Europe (le titre est inexact). H est en huit demi-feuilles in-4. Je ne doute pas que les imprimeurs ne le contrefassent. Chaque article est contre le Mazarin ; et chaque province dit quelque mal de lui. Ce ministre italien, ayant vu ce libelle, a été fort irrité contre ceux qu'il en soupçonne les auteurs ; nuds de malheur pour lui, il n'a plus de crédit pour s'en pouvoir venger, comme font les Italiens très-volontiers. »
Enfin Guy Patin , écrivant le 8 novembre à M. F. C. M. D. R., dit : « L'auteur du Courrier du temps est un brave et courageux conseiller de la cour , nommé M. Fouquet de Croissy, qui étoit à Munster, durant les traités de paix , avec notre M. d'Avaux , par lequel il fut envoyé en Pologne et vers quelques princes d'Allemagne., n
Il est trop souvent parlé de Fouquet de Croissy, dans l'histoire de la Fronde , pour que j'aie besoin dé rien ajouter à ce qu'en dit Guy Patin. Je rappellerai seulement qu'il fut un des plus ardents et des plus persévérants partisans du prince de Condé.
Je ne sais pas si la prédiction de Guy Patin, sur les contrefaçons du Courrier du temps ^ s'est réalisée ; mais je n'ai rencontré que des exemplaires de la même édition.
Il semble résulter de la lettre écrite par le cardinal Mazarin à Bartet, le 30 juin 1651 {Lettres du cardinal Mazarin publiées par M. Ravenel, page 125), que Croissy aurait composé d'autres pamphlets pour la Fronde; mais je n'en connais aucun.
826. Courrier (le) étranger, contenant la lettre decréance que Tarchiduc Jjéopold a envoyée à messieurs de la cour du parlement de Paris, ensemble ce qui s'est passé en ladite cour sur le même sujet, et la harangue faite par messieurs les gens du roi à Saint-Germain-en- Laye. Paris j Geryais Allyot et Jacques Langlois, 1649, 8 pages. •
Extrait du Journal du parlement , 19 février 1649.
[coDE&iEa] DES MAZAR|NÂDES. 249
827. Courrier (le) extraordinaire, apportant les nouvelles de la réception de messieurs les gens du roi à Saint- Germain*en-Laye et de celle du courrier d'Espagne au palais y avec les harangues qui ont été (ailes, Paris, Rollin de La Haye, 1649, 8 pages.
Se place entre la cinquième et la sixième arrivée du Courrier français,
828. G)urrier (le) extraordinaire de l'univers, rapportant les véritables et plus secrètes nouvelles de tout ce qui s'est passé aux quatre parties de l'Europe. ( S. l. n. d.), 7 pages. •
Lettres insignifiantes de Rome, Londres, Vienne, etc., datées de la seconde moitié de janvier 1651.
829. Courrier (le) extravagant, portapt toutes sortes de nouvelles extravagantes de toutes sortes de lieux , tant de France que des pays étrangers. Paris, Claude Huot, 1649, 11 pages.
Critique peu spirituelle de tous les Courriers.
830. Courrier (le) françois, apportant toutes les nouvelles véritables de ce qui s'est passé depuis l'enlèvement du roi, tant à Paris qu'à Saint-Grermain-en-Laye. Paris ^ Rollinde La Haye, 1649.
Renaudot, obligé de suivre la cour à Saint-Germain pour continuer sa Gazette et en conserver le privilège, laissa ses enfants à Paris, avec recommandation de faire, de leur côté, une gazette du parlement ; c'est le Courrier françois. Il était ainsi à la fois le gazetier du roi et de la Fronde. La spéculation devait être bonne; et elle le fut. Personne ne pouvait entendre aussi bien que ses enfants, qui l'avaient déjà aidé dans la rédaction de sa Gazette, le métier encore très-peu connu de journaliste.
On lui fait dire, dans la Conférence du cardinal Mazarin avec le
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GazetHer: « Pai mes enfants à Paris. . qui font la Gazette pour le parlementa »
Après la paix, quand il put reyenir à Pans, il voulut supprimer le Courrier, qui , d'auxiliaire utile , devenait concurrent dangereux; mais il parait qu'il éprouva quelque résistance et qu'il dut employer les voies judiciaires. Tel est, du moins, le sujet de la pièce intitulée : le Commerce des nouvelles rétabliy etc.
Le blocus venu, la Gazette u se trouva^ dit l'auteur, au bout de son rollet; et ne sachant plus de quel bois faire flèche, fut trop heureuse de se taire et de se retirer. . . son silence fut la marque de son interdiction. »
C'est alors que parut le Courrier français, u Madame l'Histoire instruisit cet homme de toutes les manigances qu'il falloit pratiquer; comme il falloit adoucir et couler les mauvaises nouvelles, exagérer les avantageuses , assurer les douteuses délicatement^ si bien que l'on pût s'en dédire sans contradiction , et faire en sorte de se bien faire venir des puissances , agréer au peuple et n'attirer sur soi la haine ni la malédiction de personne... il est bien vrai qu'il n'étoitpas ignorant. Ses préambules étoiënt toujours farcis de latin; et sa relation avoit bien du style d'un sermon de village. Il savoit les lieux communs, dont il enrichissoit son discours assez à propos; et lorsque les nouvelles n'étoient pas abondantes, il trouvoit le moyen , comme étant de pratique, de tirer et d'allonger la matière pour achever le cayer. ... Le pain ne se vendoit pas mieux que ses papiers. On y couroit comme au feu; on s'assommoit pour en avoir; et les colporteurs donnoient des arrhes dès la veille , afin qu'ils en eussent des premiers. On n'entendoit , les vendredis, crier autre chose que le Courrier français ; et cela rompoi^ le cou à toutes les autres productions d'esprit. »
Enfin après douze courses, la paix étant conclue, le Courrier dut rendre sa place à la Gazette, Il fit pourtant une treizième course et en tenta même une quatorzième ; mais il fut saisi en allant chez l'imprimeur.
Pour trouver les treize courses dont parle l'auteur du Commerce des lettres rétabli, il faut compter le Courrier extraordinaire ^ qui se
' a II n'est pas jusqu'au Gazettier, Père el fils d'un même mestier, Dont Pun à Saint-Germain ne crie ....
Et l'autre en faveur de Paris .... »
[La Guerre civile en vers burlesques.)
[godeeisr] DË8 MAZARINAUES. 251
place entre la cinquième et la sixième. Ce Courriers, été désavoué, il est vrai; mais dans la sixième course, de l'imprimerie de Florimond Bâdier, qui pourrait bien être une contrefaçon. II a été imprimé chez Rollin de La Haye, comme les douze courriers ordinaires; il est de la même forme et du même style; il rend compte du voyage des gens du roi à Saint'-Germain après l'affaire du héraut et la comédie de Penvoyé espagnol , voyage dont le Cour~ fier françois ne parle pas ; enfin là Suite et douzième arrivée du Courrier frtincois a été imprimée, la paix ^tant conclue, ainsi que le dit l'auteur du Commerce des lettres rétabli, puiscju'il y est fait mention de l'entrevue du prince de Condé, du prince de Gonty et de la duchesse de Longueville à Chaillot.
Donc il faut réellement treize numéros du Courrier françois ; et pour être bien complet , on doit y ajouter le Commerce des lettres rétabli f etc.
Il y a des numéros du Courrier françois qui sont sortis de la boutique d'Amould Cottinet , de celle de Florimond Badier, peutêtre d'autres encore , et une réimpression qui a été faite à Rouen par les imprimeurs ordinaires du roi sur l'imprimé à Paris,
En somme, )e Courrier françois est peu intéressant; et il n^st pas rare. Ce qu'on doit y chercher, ce sont des dates. Vpici pourtant un fait qui mérite d'être recueilli : « Le samedi 20 février, les prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris vinrent au parlement, pour avoir l'ordre de la procession générale, faite en conunémoration de la réduction de Paris en l'obéissance de Henri IV. »
J'en ai vu une édition in'i^yJoujcte la copie imprimée à Paris chez Rollin de La Haye, s A. (Rouen), 1649. Les quatre premières Arrivées sont paginées de i à 48 ; ce qui autorise à croire qu'elles ont été imprimées en même temps et seulement après la publication du quatrième Courrier à Paris. La cinquième porte au titre : Sur l'imprimé, à Paris, n Rouen, jouxte la copie imprimée; elle est de 14 pages. La sixième : Sur l'imprimé «r Paris, jouxte la ccpie imprimée à Rouen; et elle compte 44 pages, comme la cinquième. Enfin on lit, sur les titres des septième et huitième, qui sont l'une de 13 pages, l'autre del5 : Jouxte la copie imprimée à Paris, à Rouen, Je ne connais que ces huit Arrivées, Les autres ont-«lles paru?
On sait que le Courrier françois a été traduit en vers burlesques. Voir \e Premier courrier françois , etc.
252 BIBLIOGRAPHIE [goueeiee]
831 . Courrier (le) général, portant les nouvelles de tout ce qui se passe aujourd'hui dans FÉtat. (S. 1.), 1652, 1 6 pages.
Recueil de lettres de différentes villes du royaume : Marseille^ Caen, Bayonne, Dieppe, Bordeaux, Cognac, Rennes, etc.
Mazarin était arrivé à Épemay, allant rejoindre lacour à Poitiers.
Au Mont Saint -Michel , une comète qui s'était éteinte , fut rallumée par un fantôme armé , qui tenait dans sa main un flambeau, brûlant des deux bouts !
832. Courrier (le) plaisant, apportant de plaisantes nouvelles, dédiées aux curieux. Paris , veuve Jean Remy, 1 649, 8 pages.
833. Courrier (le) polonois, apportant toutes les nouvelles de ce qui s'est passé en Tautre monde , depuis Tenlèvement du roi , fait par le cardinal Mazarin à Saint-Germain-en-Laye, jusqu'à présent. Paris, veuve Jean Remy, 1649.
Il devait y avoir trois parties. La troisième a-t-elle paru? U Apparition d'un fantôme à Saint-'Germain, etc., est bien une suite du Courrier polonais ; mais pour qu'elle soit la troisième parde promise, il faudrait qu'elle condnt la réponse du prince de Condé à Caron , qui n'y est pas.
Les deux premières parties sont, chacune, de 8 pages.
834. Courrier (le) provençal sur l'arrivée du duc de Mercœur en Provence. Paris ^ Jacques le Provençal, 1652, 7 pages. Rare.
Par un partisan du comte d'Alais. On comprend que le duc de Mercœur n'y est pas flatté.
835.'' Courrier (le) sousterrain {sic)^ apportant les nouvelles de ce qu'il a vu de plus considérable pendant son séjour au pays bas de l'autre monde. ( S. 1.), 1 649, 12 pages.
Pièce assez plaisante , publiée dans le mois de mars 1649.
[caÉAnoN] DES MAZÂRINÂDES. 253
836. Cours (le) de la Reine ou Promenoir des Parisiens. Paris j Depys Langlois y 1649, 16 pages.
Après la paix de Saint-Germain.
837. Court-bouillon (le) de Mazarin, assaisonné par toutes les bonnes villes de France. Paris, Claude Morlot, (s. d.), 8 pages.
On voit, au recto du titre, un mauvais portrait de Mazarin , gravé sur bois.
838. Courte (la) période à messieurs du parlement. (S. 1. n. d.), 6 pages.
A Koccasioïi de l'arrêt du 29 décembre 1651.
839. Courtisan (le) désintéressé ou le Partisan des oppressés, venant rendre compte, à messieurs les princes, de la constante fidélité qu'il a eue pour ne jamais démordre de leur partie, même en un temps où leurs éloges étoientdes invectives contre les tyrans, où leur défense étoit un crime d'État, et où Ton ne menaçoit que de potences et de gibets ceux que le zèle intéressoit à leur querelle. Paris, 1651 , 12 pages.
Dubosc Montandré fait, ici, parade d'un désintéressement qu'on ne lui a guère reconnu. Il se vante d'avoir refusé une pension de Mazarin. Est-ce bien vrai?
840. Courtisans (les) de Saint-Germain révoltés contre le cardinal Mazarin. Paris, Claude Morlot, 1649, 7 pages.
841 . Création de dix conseillers nouveaux au parlement du Mazarin, séant à Pontoise, et des dix ânes rouges qui se trouvèrent à l'ouverture d'icelui , le mercredi 7 août 1652. (S. 1.), 1652, 7 pages.
254 BIBLIOGRAPHIE [croisade]