‹ Bibliographie des mazarinades (volume 3)Chapitre 14 sur 17 · PARALLÈLE] DES MAZARINADES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE] DES MAZARINADES

une Lettre à la reine pour la cause publique. Prose niaise et vers détestables.

2677. Paradoxes (les) d'État, servant d'entretien aux bons esprits et faisant voir: 1 . qu'il falloit absolument que monseigneur le Prince fût emprisonné, parce qu'il étoit innocent; 2. qu'il est nécessaire que Mazarin revienne; 3. que le mauvais gouvernemenrt du Mazarin a été très-avantageux à l'Etat ; 4. que la reine a ruiné la fortune du Mazarin; 5. qu'il est nécessaire qu'on fasse de nouvelles impositions pour soulager le peuple; 6. que le ministère d'Etat n'est point un degré digne d'être brigué par un homme de cœur; 7. qu'il étoit nécessaire que les jansénistes et les molinistes s'entr'accusâssent d'erreur. (S. 1.), 1651, 44 pages.

C'est la même pièce que le Tombeau du sens commun , etc.

2678. Paradoxes (les) de l'éloignement de Mazarin pour savoir : 1 . s'il se tiendra toujours loin de la cour, ou si son retour se fera dans peu de jours, comme on le croit; 2/ si nous devons nous réjouir ou nous affliger de son départ; 3. si son éloignement nous produira la paix ou la guerre; 4. et si nous trouverons la fin de nos maux en ce bien tant souhaité , avec un curieux examen de la conduite et des intentions de messieurs les princes et du coadjuteur. Paris, 1652, 40 pages.

2679. Parallèle de monsieur le duc de Beaufort avec le roi David. Saûl percussit mille ; Dai^id autem decem milliayquiamanusDominieratcùm illo. Paris, 1 649, 1 5 pages.

Mercier.

2680. Parallèle des plus pernicieux et abominables

324 BIBLIOGRAPHIE [parallèle]

tyrans que la nature réprouvée ait jamais su créer en forme d'hommes , ou Véritable parangon des mœurs, humeurs, conditions et maximes de Jules Mazarin avec celles d'Œlius Séjanus, l'un et l'autre générale* ment reçus de tout l'univers pour les plus illustres coryphées de toute la doctrine machiavélique, 4édié à monseigneur le Prince. Saûl percussit mille; David autem decem milliay quia manus Domini erat cùm i/lo. Paris, 1652.

Deux pièces , l'une de trente-cinq, Pautre de quarante pages. Uépître dédicatoire est signée S. P. P.

2681 . Parallèle (le) politique chrétien du Jansénisme et du Molinisme avec le Mazarinisme et la Fronde, tiré 1. de leurs prétentions communes, 2. de leur naissance, 3. de leur créance et politique , 4. de leur disposition pour le mal, 5. de l'alliance qu'ils ont avec les hérétiques et rebelles , 6* de leurs desseins , 7. de la condition de leurs partisans, 8. de la façon de professer leurs maximes, 9. et de leurs effets; avec le procès de tous les quatre partis et l'arrêt de leur condamnation, si toutefois ils refusent de consentir à la réunion, par le moyen d'une simplicité de créance dont les Jansénistes et les Molinistes ont besoin, et d'une obéissance aveugle que je prescris aux Mazarins et aux Frondeurs, pour se soumettre à la religion et au rôi, les premiers sous le seul titre de catholiques romains, les seconds sous la très-glorieuse qualité de fidèles sujets du roi. (S. 1.), 1651, 40 pages.

« Mazarin veut élever l'autorité du roi à une certaine indépendance despotique qui la rende souveraine de nos vies et de nos biens sans aucune restriction. »

« Les Frondeurs croient qu'ils soutiendront plus avantageusement

[PÀftAPULÂZE] DES MAZARINADES. 3i5

le parti du roi s'ils lui conservent la possession d'une autorité raisonnable et dépendante des lois. >

Voici donc les termes de la comparaison : jansénistes et mazarins, molinistes et frondeurs.

Mais l'auteur était frondeur lui-même ; et en £ût , les jansénistes étaient du parti de la Fronde.

2682. Parallèles (les) l'oyales, prophétiques et saintes {sic) présentées à Leurs Majestés par le sieur B. de P. (S. 1.), 1650, 8 pages.

L'auteur compare la naissance de Louis XIV à celles de Philippe-Auguste , de Samuel y d'Isaac et même de la sainte Vierge ! Son pamphlet n'es*^^ pas commun.

2683. Paranymphe (le) aromatique, dédié à monseigneur le duc de Beaufort. Paris j veuve d'Anthoine Coulon, 1 650, 6 pages.

Détestables stances , dont le refrain est :

a D'un sang royal Beaufort aromatique. »

Il y règne je ne sais quel parfum d'alchymie et de magie qui ne les rend pas moins curieuses que rares.

2684. Paranymphe (le) du roi par Nicolas Jamin, Tourangeau. Paris, Nicolas Gasse, 1649, 11 pages.

C'est ici la première pièce de Jamin, qui dit en termes exprès que la poésie lui était inconnue auparavant.

a Tous les princes du monde iront à ton école; Tu seras désormais Tarbitre des humains ; Tu tiendras et la guerre et la paix en tes mains. »

Cela n'est pas trop mal rencontré.

2685. Paranymphe (le) mazarinique. (S. 1.), 1651, 1 pages.

Fort médiocre, mais peu commun.

2686*. Paraphraze de Marigny sur les glands.

Mém. du C. de Retz y p. 85. Coll., Michaud.

326 BIBLIOGRAPHIE [paus]

2687. Paraphraze sur le bref de Sa Sainteté, envoyé à la reine régente, mère du roi, touchant sa réconciliation avec plusieurs des plus signalés de son royaume et le soulagement de ses peuples, en vers burlesques. Paris, Claude Morlot, 1 649, 8 pages.

L'auteur dit que Mazarin est poëte, et que

a II seroit bon orateur

S*il n'étoit pas si grand menteur. »

2688. Parfait (le) repos de la France, ou Moyens assurés pour rendre la France tranquille, heureuse et iavincible. Paris ^ 1652, 16 pages.

Il faut remédier à deux maux : la dépravation des mœurs et la diversité des religions.

Pour le premier, « il est nécessaire que chacun s'applique dès sa jeunesse à des occupations légitimes ; les petits aux arts et métiers; les médiocres aux sciences et aux négoces ; et les gentilshommes aux professions qui leur sont convenables , comme les charges de l'une et l'autre robe , l'étude des belles lettres , de la politique et des morales , l'art militaire , les fortifications , la fadirique des monnoies , de l'artillerie , des poudres et salpêtres , et des verres, l'escrime , l'art de monter à cheval , la peinture et l'agriculture. »

Pour le second , la tolérance.

Ce pamphlet a été réimprimé , moins le premier paragraphe, sous le titre de : le François désabusé , etc.

2689. Parfaite (la) description du coquin du temps, métamorphosé en partisan. Paris j (1649), 11 pages.

2690. Paris aux pieds du roi Louis XIV. Paris, Antoine Estienne, 1652, 8 pages.

Même pièce que Paris sous la figure d'une reine, etc.

2691 . Paris burlesque, par le sieur Berthod, ou est contenu [sic) les filouteries du Pont-Neuf, les discours de la galerie du palais, l'entretien de la grande salle, le

[paris] des MAZARINADES. 327

désordre des embarras devant le palais , une rue en rumeur contre un homme qu'on prend pour un autre, le haut style des secrétaires de saint Innocent, l'adresse des servantes qui ferrent la mule, l'inventaire de la friperie, l'éloquence des harengères de la halle, et quantité d'autres choses de cette nature. Paris , veuve Guillaume et Jean-Baptiste Loyson , \ 652 , 98 pages.

Le privilège est du 5 août 1650.

Cette pièce a paru aussi sous un autre titre : la Fille de Paris en vers burlesques , même année.

On y trouve quelques noms de peintres du temps , par exemple Final y qui était chargé des peintures du palais de Mazarin.

M. Leber qui a placé cette pièce dans sa collection de Mazarinades , fait cependant observer avec raison qu'elle n'a aucun rapport aux événements politiques (Art. 4602 de son Catalogue),

2692. Paris débloqué, ou les Passages ouverts, en vers burlesques. Paris, Claude^ Huot, 1649, 10 pages.

« Tu sais que j^ai fait maint poëme , ^

fin carnaval et en carême, Qui portoit on titre bouffon. »

2693. Paris en deuil réfléchissant sur son état présent, sur les périls auxquels elle a été exposée, les pertes qu'elle a faites, la semaine dernière, et les dangers qui la menacent encore à l'avenir. /bm interficit gladius ; et domi mors similis est. (S. 1.), 1652, 14 pages.

Amplification vulgaire sur le combat du faubourg Saint-Antoine et l'incendie de l'Hôtel de Ville. Les exemplaires n'en sont pas communs.

2694. Paris en son estre malgré l'envie. Paris , 1649, 7 pages.

328 BIBLIOGRAPHIE [paeisurs]

2695. Paris euphemismos. (S. I. n. d.), 14 pages. Rare.

«Scribebatl. F. Fronto, » chantre royal an motiastère de Sainte- Geneviève, 17 des calendes de mai 1649.

Amplification très-savante et très^nnuyeuse, adressée à Mathieu

Mole.

2696. Paris sous la figure d'une reine aux pieds du roi Louis XIV. Paris^ Jacques Hérault, 1652, 8 pages.

Antoine Estienne en a donné , la même année , nne édition du titre de laquelle il a retranché les mots : sous la figure d'une reùte,

2697. Paris transformé en un paradis au retour de la paix, envers burlesques. Paris ^ Claude Morlot, 1649, 8 pages.

II y a des exemplaires qui portent : métamorphosé,

2698. Paris triomphant et consolé par Theureux retour de Leurs Majestés en cette ville. Paris, Jean Jullien, 1649, 7 pages.

2699. Parisiens (les) désabusés^ ou la Métamorphose du pain envoyé par Mazarin , à Paris , en poudre et en plomb. Timeo Danaos et donaferentes. (S. 1.), 1652t 1 2 pages.

Le roi avait ordonné qu'on laissât entrer le pain de Gonesse dans Paris. L'auteur prétend que Mazarin profitait du retour des boulangers pour tirer de la ville de la poudre et du plomb.

A ce sujet , il raconte que sous le prétexte d'envoyar le corps d'un de ses amis à Rome , le cardinal fit transporter beaucoup d'or dans un carrosse , qui fut aiTété à Lyon ; sur quoi on répandit le quatrain suivant :

« Ce cercueil cru celui d'un homme , Qui contient de Por à souhait , Est la France morte en effet, Qu*on porte ensevelir à Ron\e. »

[parlement] des MAZÂRINADES. 529

Les boulangers de Gonesse étalaient aux halles et au pont Saint-Michel.

Pamphlet extravagant, qui après tout n'est pas commun.

2700*. Parlement (le) burlesque de Paris.

Parlement burlesque de Pantoise,

2701 . Parlement (le) burlesque de Pontoise, contenant les noms de tous les présidents et conseillers renégats qui composent ledit Parlement, ensemble les harangues burlesques faites par le prétendu premier président. (S. L), 1652.

Quatre parties de huit , de sept et de six pages. M. Leber en compte cinq ; mais apparemment il y comprend la Suite^ qui n'est pas du même auteur, et qui a été réimprimée, moins les vingt-huit premiers vers , sous le titre de : Satyre du Parlement de Pontoise.

La Véritable suite, qui est la seconde partie , répond à la Suite ; la troisième partie répond à V Anti-burlesque du sieur D. L. R. (Réponse ûr« Parlement burlesque de Pontoise, ou, etc.); enfin, la quatrième au Parlement burlesque de Paris. Cette dernière partie a été imprimée chez la veuve J. Guillemot , imprimeuse , c'est ainsi qu'elle se qualifiait, du duc d'Orléans.

II y a bien quelque esprit, mais encore plus de violence. Ce qui recommande le plus ce pamphlet , ce sont les portraits de Le Coigneux , Tambonneau , l'abbé Feydeau de Bemay, Lallemand ,. Fieubet, Guénégaud.

La première partie a paru le 25 août ; la seconde, le 1 septembre.

Dans la Réponse au Parlement burlesque , Scarron est attaqué avec brutalité ; et c'était l'opinion , au moins parmi les partisans de la cour, qu'il avait composé cette satire du Parlement royaliste ; mais l'auteur véritable , sans se faire connadtre pourtant , l'en défend avec chaleur et même avec dign^ dans la troisième partie.

a Étron sorti du cul des muses ! . . .

Ins^l^ engendré du fumier Du clieval qu'on nomme Pégaze ! »

C'est ainsi qu'il apostrophe le sieur D. L. R., auteur de VAnti^-^ burlesque. La polémique du temps est presque toute sur ce ton entre les pamphlétaires.

330 BIBLIOGRAPHIE [pâelement]

Le Parlement burlesque est attribué à un prêtre nommé Jean Duval, qui aurait aussi composé les Triolets du temps y selon les visions du petit-Jîls de Nostradamus. On ne sait pas la date de sa naissance; mais il est mort le 12 décembre 1680.

On me permettra de citer les portraits de Gucnégaud et de Fieubet :

c Le second est au grand nigaud Qui se nomme de Gucnégaud.

Jadis la fortune prospère Avança dans les biens son père.

Cestoit un enfant du rabot , Qui , marcbant sur double sabot , Mescbant bonnet sur sa caboche , Pas un seul denier dans sa poche, Son corps couvert d^un haillon gris , De Rion [sic) s>u vint à Paris.

Il fut laquais, valet d'estable; Et c'estoit un valet passable.

Quand la mandille il eut quitté , Eln commis il fut fagotté , Et travailla si bien du ponlce Qu*à la fin son bonheur le pousse Dans les finances à gogo ; Et le plat pied de Guénégaud Fut une si meschante hargne Qu'il fut trésorier de Tespargne.

Là pour s*empescher d*étre gueux , Dans son temps il joua ses jeux ; Et desrobant dans les finances , U laissa beaucoup de chevances , (Quoiqu'il fût venu presque nu) Aux enfants qui Pont survescu.

Celui-cy s'est mis dans la robe , Où pas si bien il ne desrobe, Et n'en est pas moins criminel ; Car sachez qu'estant colonel , Et gardant porte Saint* Anthoine, Il voulut vous donner le moine Et commettre une trahison , Digne qu'on en fasse un tison .

(le Mazarin de capitaine Vouloit introduire Turenne

[parlement] des MAZARINADËS. 331

Et ses soldats dans le pourpiis De vostre ville de Paris.

Dieu scait si dans un tel mystère Ou vous auroit fait bonne chère !

Le dernier qui ne vaut pas mieux , Et qui n'est pas moins odieux , Puisqu'il a fait la mesoie frasque , Est originaire de basque.

Je ne sais si c'est quolibet ; Mais on le nomme Fieubet.

Son père est chef de sa famille , Quoiqu'il ait porté la mandille ; Ce qu'on croira facilement , Parce qu'un chacun sait comment Cette espèce de valetaille A courir est de bonne taille. Je ne sais si verd, jaune ou gris Portoit rhomme que je décris ; Bien sais-je qu'un payeur de rente (Et ne croyez pas que je mente) L'avoit pris pour estre laquais Et le faisoit bien trotter ; mais Quand il fut advancé dans l'âge , Près d'entrer eu apprentissage , Il augmenta de dignité ; Et , de trottin toujours crotté , S'estant mis dedans l'escriture , Ou lui donna l'habit de bure ; Ou en fit un petit commis.

Il se fit là quelques amis , Qui f voyant sa belle apparence , Le poussèrent dans la finance.

Et quand il y fut , que fit il ?

Il y fut un voleur subtil Et pratiqua maintes bricolles Pour attraper maintes pistoles.

Comme l'autre , il fut trésorier.

Ainsi de simple aventurier, Et de raalautru (tic) toumebroche.

Il mit tant de deniers en poche Qu'il a laissé tous ses enfants De biens et d*estats triomphants ; Car, soit lais ou bien gens d'église , Il trouvoit tout de bonne prise. »

332 BIBLIOGRAPHIE [paeuiieiit]

Quoique la citation soit un peu longue , je veux pourtant y ajouter quelques vers sur les passe -temps du Parlement de Pontoise :

a Quelques-uns chassent aux moineaux ; Quelques autres aux étoumeaux.

Autres font belles escarmouches, Exterminant toutes nos mouches.

D'autres à la fossette , aux noix Se divertissent quelquefois ; A claquemur, à la roulette , Petengueule , la pirouette , Et je suis sur ta terre , vilain , Aux osselets , à frappe main , Les propos interrompus , la merelle , A tires le festu , ma belle , A cache-cache mitoulas, Autre que toi ne Taura pas , Au pair et non pair, à croix pile , Au corbillon , au jeu de quille , Le pourquoi parce, le palet , Au tour en poque , au bilboquet , Au jeu de remuer mesnage, A primus secundus , au gage , Au cornichon qui va devant, Le toutou , Tabbé du couvent , Martin, Martin, rends moi ma lance, Et bien d'autres jeux de Tenfance , A crains ton père , à bransle moine , A la vache morte , à Pavoine , Colin Maillard, le pied de bœuf, A la coupe teste , à Pesteuf , Vous plaît elle , ma compagnie , A deviner, à la toupie.

Franc du carreau , le court festu, A tiens voilà, baise mon eu.

Voilà quelle est la discipline Du parlement de la marine. »

2702. Parlement (le) de Paris à confesse aux pieds du roy, à la Thoussaint {sic), 1652. Parîsj par Timprimeur ordinaire du duc d'Orléans, (s. d.), 2 pages.

?ïi commun, ni bon.

[particularités] des MâZâRINADES. 333

2703. Particularités (les) de ce qui s'est fait et passé à la dernière assemblée du Parlement et de l'Hôtel de Ville , à la réception des nouveaux échevins qui ont été nommés par Son Altesse Royale, avec l'extrait de l'arrêt donné le 1 6 de ce mois. Parisy Claude Le Roy, 1 652, 6 pages. Rare.

2704. Particularités (les) de ce qui s'est fait et passé en l'assemblée de la Maison de ville pour l'élection de M. de Brusselles (sic) à la charge de prévôt des marchands, le sixième juillet 1652. Paris, Louis Pousset, 1652, 7 pages.

Ce récit n^est pas sans intérêt.

2705. Particularités (les) de ce qui s'est passé à Bordeaux jusqu'à la conclusion de la paix, (S. 1.), 1650, 7 pages.

Récit gascon, où on lit qu'un seul coup de canon tua soixante soldats du roi !

2706. Particularités (les) de l'entrée de messieurs les princes dans la ville de Paris, et de celle du cardinal Mazarin dans Le Havre de Grâce , avec la lettre envoyée au maréchal de Turenne sur l'élargissement des princes. Paris j 1 651 , ^ pages.

L'édition originale est celle qui a été donnée par Jacques Legentil , sous le titre suivant. Néanmoins il y a une troisième édition ^jouxte la copie imprimée à Paris , s, d., qui porte le premier titre.

2707. Particularités (les) de l'entrée de messieurs les princes dans Paris , avec la lettre envoyée au maréchal de Turenne sur l'élargissement des princes. Paris ^ Jacques Le Gentil, 1 651 , 8 pages.

Le second titre est ainsi conçu : Les particularités de Varripée de

334 BIBLIOGRAPHIE [paeticulaeités]

messieurs les princes dam Paris et de celle du cardinal Mazarin au Havre de Grâce, envoyées au maréchal de Turerme, Il est plus exact.

C'est en effet une lettre adressée au maréchal de Turenne , datée du 17 février et signée Désajeu. Il paraît que j 'auteur en avait écrit d'autres , car il dit en commençant : « Je puis sans appréhension souscrire et vous envoyer celle-ci. » Et ailleurs : « Je vous ai mandé par ma précédente. » Désajeu était donc le correspondant de Turenne.

Est-ce de lui qu'il est dit dans la Milliade de Richelieu :

< Désajeu , nouveau secrétaire , Mérite bien quelque salaire ; Car il est assez bon valet.

Quoiqu'il ne soit qu'un Jodelet, Et ne connoit point de prudence Que la plus lâche complaisance , Et cherche son élévement Par un infâme abaissement.

Sa vertu n'est point scrupuleuse, Et , d'une adresse merveilleuse , Quitte le bien et suit le mal Selon qu'il plaît au cardinal.

Une légère suffisance Passe en lui pour grande science Et le signale entre les beaux De Loménie et Phélippeaux.

Son âme est égale à sa mine ; Elle est petite , faible et fine , Et n'a point du tout cet éclat D'un grand secrétaire d*État.

Sa splendeur n'étant que commune Ne peut être aux yeux importune ; Et son naturel bas et doux Lui donne fort peu de jaloux. »

2708. Particularités (les) de la bataille générale donnée entre l'armée de Son Altesse Royale, commandée par M. le prince de Condé, les ducs de Beaufort et de Nemours, et celle des mazarins dans la plaine de Galles, entre Châtillon-sur-Loing et Briare, le 8 avril 1652,

[particularités] des MAZARINADES. 335

avec les noms des morts et blessés, et le nombre des prisonniers. Paris ^ Claude Le Roy, 1652, 8 pages.

Il s'agit du combat de Bleneau. Turenne a traversé la rivière de Loing à la nage pour se sauver ! Trois mille cinq cents morts !

Mensonges que la Fronde s'efforçait de répandre avec la permission expresse du duc d'Orléans.

2709. Particularités (les) de la chasse royale, faite par Sa Majesté le jour de Saint-Hubert et de Saint-Eustache, patrons des chasseurs, accompagnée de plusieurs seigneurs de marque de sa cour. Paris , Alexandre Lesseîin, 1649, 12 pages. Rare.

C'est dans le jardin du Palais Cardinal que le roi courut le lièvre d'abord, puis le cerf et enfin le sanglier; ensuite de quoi, il assista à un combat de taureaux et de chiens. Le cardinal Mazarin qui était à cheval , prit le duc d'Anjou devant lui et le promena dans le parc.

271 0. Particularités (les) de la route de M. le prince de Condé, et le sujet de son retardement, avec le passage des troupes dû cardinal Mazarin à Gien. Paris ^ 1652, 8 pages.

Pièce rare et curieuse , malgré quelques inexactitudes.

M. le prince s'appelait Motteville (Gourville dit La Motteville); le duc de La Rochefoucault, Beaupré ; le baron de Lévy, La Place ; Chavagnac, Saint- Amour ; Lestourville ( Gourville peut-être ? ), Longuepleine.

271 1 . Particularités (les) de tout ce qui s'est fait en l'assemblée du Parlement , au sujet de la réponse par écrit faite à messieurs les députés, avec la Réputation de la cour vers M. le chancelier, et l'ordre donné pour la sûreté du retour desdits sieurs députés par M. le prince de Condé, du mercredi 1 7 juillet 1 652. Paris j Jacques Le Gentil, 1652, 8 pages.

Cette pièce se complète par celle qui suit ; et toutes deux sont rares.

336 BIBLIOGRAPHIE [pàetigulaeit«s]

271 2. Particularités (les) de tout ce qui s'est fait et passé à l'entrée et au retour du roy dans sa ville de PariS| le lundy 21 octobre 1652. Paris j Jacques IjC Gentil,

271 3. Particularités (les) de tout ce qui s'est fait et passé au Parlement , le xviii juillet , la trahison de Mazarin découverte pour Tenlèvement des députés, avec la lettre de cachet du roi envoyée, cette nuit, auxditsdépu-^ tés, et celle du président de Nesmond à messieurs du Parlement, et la résolution de Son Altesse Royale d'aller en personne quérir les députés à Saint-Denys. Pa^ ris, Jean Brunet, 1652, 7 pages.

lia lettre de cachet n'y est pas.

2714. Particularités (les) des cérémonies observées en la majorité du roi, avec ce qui s'est fait et passé au Parlement, le roi séant en son lit de justice. Paris ^

1 651 , 8 pages.

Simple et rapide récit.

Il y en a une édition de Rouen, chez Jacques Besongne, 1651 , 8 pages.

2715. Particularités (les) du dernier combat donné entre l'armée de messieurs les princes et celle des mazarins au faubourg Saint-Antoine , avec la liste des noms des morts et blessés, ensemble tout ce qui s'est passé de plus remarquable. Paris, Jacob Chevalier,

1652, 7 pages.

271 6. Particularités (les) du grand combat donné à l'attaque du faubourg Saint-Antoine entre l'armée des princes et celle des mazarins, commandée par le maréchal de Turenne, le 2 juillet 1652, avec la liste des

[particularités] des MAZARINADES. 337

morts et blesses. Paris, Salomon de La Fosse, 1652, 8 pages.

L'auteur avait tué le maréchal de La Ferté ! Ces deux relations sont assez rares.

271 7. Particularités (les) du résultat des trois assemblées du Parlement tenues les lundi, vendredi et samedi onze, douze et treize avril, avec l'arrêt de ladite cour du même jour, samedi 13, contre le cardinal Mazarin. Paris ^ Jacques Le Gentil, 1652, 7 pages.

Le Parlement ne s*est assemblé ni le lundi, ni le 1 1 , qui était un jeudi. M. le Prince a pris séance le vendredi 12; et le 13, Tarrêt a été rendu.

2718. Particularités (les) du second combat donné entre l'armée de Son Altesse Royale, commandée par messieurs le comte de Tavannes et le baron de Clinchamp, et l'armée commandée par le maréchal de Turenne, devant la ville d'Étampes, le 29^ mai 1 652, avec la^ prise de leurs drapeaux, canons et bagages, et le neveu du cardinal Mazarin blessé, et autres. Paris ^ Jacques Le. Gentil, 1652, 8 pages.

Mensonges, autant que \q^ "Particularités du dernier combat^ etc., et les Particularités du f^and combat, etc.

271 9. Particularités (les) du siège et de la prise du château de Vayres , ensemble les combat et prise de l'Ile Saint-Georges, avec ce qui s'est passé de plus remarquable à Bordeaux. (S. 1.), 1650, 8 pages.

Extrait du Courrier bordelois, 5* course.

2720. Particularités (les) du traité* du duc de Lorraine avec le cardinal Mazarin, et de tout ce qui s'est passé entre les deux armées, avec l'état des troupes de Son Altesse Royale et du lieu où elles sont à présent. Paris, Jacques Le Gentil, 1652, 7 pages.

Il n'y a pas de traité, n. Il 22

338 BIBLIOGRAPHIE [PAsanif]

2721 . Particularités (les) du traité fait entre Son Altesse Royale, messieurs les Princes et le duc de Lorraine au camp de Choisy-sur-Seine, le mercredi 12 juin 1652, avec Tordre donné pour la jonction des deux arméesy et du lieu oîi est Tarmée mazarine. Paris, Jacques Le Gentil, 1652, 7 pages.

C'est moins un traité qu'un ^ner chez les pères réformés de Saint-Germain-des-Prcs de Ghoisy. Moins curieux que rare.

2722. Partisan (le) tenté du désespoir par le démon de la Maltaute {sic)j qui lui reproche les crimes de sa vie et cause son repentir. Dialogue. Paris j AmouldG>tinety 1649, 12 pages.

Le pont Alais , devant rhorloge de Saint-Eustache , est une pierre sous laquelle un partisan se fit enterrer, pour manifester son repentir d'avoir levé un impôt d'un denier sur quelques Aesai» à Paris.

2723*. Pas (le) de clerc du clergé.

AuBEETy Hist, du C, Mazarin , t. ni , p. 503.

2724. Pasquil des partisans contre le diable. (S. 1., 1650), 7 pages.

2725. Pasquin et Marforio sur les intrigues de l*État, par le sieur de Sandricourt. Paris , 1 652, 40 pages.

2726. Pasquin , ou Dialogue à bâton rompu sur les affaires de ce temps. (S. 1.), 1649, 7 pages.

Application de plusieurs versets des psaumes aux prindptwi personnages de la cour.

On en a publié une traduction sous ce titre :

2727. Pasquin sur les affaires du temps, mis en françois. (S. 1.), 1649, 7 pages.

La ville de Paris dit au roi : « Tout ainsi que le cerf désire

2728. Passagie de Jul€« M^«»rin ^ »xw W \i!^\\ ^J^ ^^^ belles pièces Irout^'^ c« îsiow inYf>«>l^u^x (St |.. «, v|.)^ paginé de lia 14*

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Plusieurs pièces, dont une en U^lieu,

Apparemment ces cay^n faisaient )>arMe île quelqto iWM**il Cependant on les tmuve sépan^, puiMpiMU sont i«M»ril^ \\m^ \\\ Bibliothèque du P. Lelong, sous le n** iî,3fltl.

2729. Passepartout (le) du tomp», on h Sourrtf^ riJnom= mée. Paris y N. Charles, 1649, 7 pagai.

2730. Passeport, (le) et Tadieu de Maxariri, ^ri vftrft hwvlesques. Paris, Claude Ifuôt, 1040, 11 pflgil»,

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340 BIBLIOGRAPHIE [pAssioimÉ]

Mazarin ; Peccavi^ tradens sangidnem justum.

Le peuple : Toile , crucifige eum.

Monsieur le Prince : Quid enim malè fecit?

Les Parisiens : Regem te facit.

Il paraît que le cardinal Mazarin avait jugé ce pamphlet digoe d'une attention particulière ; car on lit dans celui de ses Carnets qui porte sur la première page la date du 16 octobre 1649 : « Un libelle intitulé la Passion de la cour dit de M. le Prince » se servant des mots de la Passion de Jésus-Christ , qu'il veut être roi. >

Mailly Ta reproduit dans les Additions^ à la fin de son Y* vol.

2733 . Passion (la) de Notre Seigneur, en vers burlesques, dédiée aux âmes dévotes. Paris ^ veuve Jean Remy, 1 649, 8 pages.

Cette pièce n'a aucun rapport à la Fronde ; mais j'ai voulu la citer ici pour montrer jusqu'où a été la folie du barlesqoe.

Naudé qui en fait mention {Mascurat, page 220), ne s'en étonne pas trop. Il se contente de dire : « Je ne sais quel profane, depuis trois jours, a fait la Passion de Notre Seigneur. »

2734. Passion (la) extrême que témoignent lés bourgeois de Paris pour le retour de Sa Majesté en sa bonne ville de Paris. Paris ^ Claude Boudeville, 1 649, 7 pages.

M Ne portions-nous pas dans nos étendards, comme dans nos cœurs, cette belle devise : « Nous cherchons notre roi. » Cette pièce n'est pas commune.

2735. Passionné (le) pour le bien de TÉtat, ou la Guerre aux partisans, à messieurs les notables de Paris, leur conseillant de s'unir pour empêcher la suite ou le renouvellement des guerres civiles, et prouvant que k ruine des partisans qui sont les véritables mazarins, est nécessaire pour cet effet. (S, 1.), 1652, 84 pages.

u Vous êtes assurés de voir longtemps durer la guerre avec des succès aussi douteux que par le passé, si , de spectateurs de ces grands actes d*une indigne tragédie, vous ne vous rendes Uentdt

[PAX] DES MAZAUINADES. 341

les acteurs pour avoir la satisfaction de la voir finir d'une façon moins funeste. »

M Cest trop déférer à Tautorité souveraine que de croire qu'elle ait le droit de nous berner à sa fantaisie , et que ce qui paroît illégitime en tout autre sujet , devienne légitime quand il est autorisé de ses ordres. Son pouvoir est grand en effet; mais si nous en ôtons le mystère dont notre opinion le couvre , il paroîtra foible et vain en ce rencontre. Je ne veux pas cependant qu'on dépouille aucune sorte de respect pour le Prince , mais seulement qu'on se désabuse de cette opinion que de lui , comme du ciel y nous soyons obligés de tout souffrir, parce qu'en effet l'un n'est pas si bien conduit que Tautre. »

2736. Pater (le) des jésuites. Jouxte la copie imprimée à Leydej 1649, 7 pages.

Cette prière est adressée au roi d^pagne , Philippe. Elle avait été assurément faite pour la Ligue. La Fronde y a seulement introduit le couplet suivant :

a L'occasion qui se présente.

Dedans le royaume firançois, D*on roi jeune et d'une r^ente , Met nos bons pères à chaque fois

In tentationem.

2737. Pater ooster (le) de Mazario. (S. 1., 1649), 4 pages.

2738. Pâtissier (le) en colère sur les boulangers et taverniers, en vers burlesques. Paris, Nicolas de La Vigne, 1649, 8 pages.

« La muscade avec la canelle, Le persil et la pimprenelle Servent à rendre le muscat Plus friant et plus délicat. »

Je n'ai pas trouvé même quatre vers à prendre dans la Réponse

du boulanger.

2739. PaxGallica ad illustrissimum ^ominum Mathœum Mole , senatûs parisiensis principem , sive ejusdem il-

342 BIBLIOGRAPHIE [peue]

lustrissimi domini Panegyricus. Parîsiis, Dyonisius LangloeuSy 1649, 16 pages.

Signé J. M. P.

2740. Paysan (le) désolé aux pieds du roi. Paris, Nicolas de La Vigne, 1 649, 8 pages.

2741 . Pénitence (la) du prince de G)ndé et l'offre qu'il fait aux trois États de son assistance, s'ils trouvent à propos de le faire sortir de Vincennes. (S. l. n. d.), 7 pages.

2742. Pensée chrétienne sur la paix. (S. 1., 1652), 8pag.

2743. Pensées (les) d'un grand poète sur les affaires du temps. (S. L, 1649), 4 pages.

2744. Pensées (les) du Provençal solitaire sur les afEûres du temps présent. (S. 1.), 1650, 12 pages.

Les pièces relatives aux troubles de Rouen, de Bordeaux et d'Aix sont très-bonnes à recueillir quand elles accusent la tyrannie des Parlements dans les provinces.

Les parlementaires de Provence ont réfuté les Pensées da Pro^ uençal solitaire par la Réponse dujîdèle Propençai, etc.

2745. Pensées (les) utiles, nécessaires au public sur le temps présent. Paris , 1650, 30 pages.

2746. Pensez-y bien (le) des malaffectionnés , cause trouble aux Parisiens. (S. I.), 1649, 8 pages.

2747. Perle (la) des triolets, ou TÂntiquitë renouvelée, avec les noms et surnoms des plus généreux frondeurs de la ville et faubourgs de Paris. Pam, François Noâ,

Fort mauvais vers, qui pour tous beaux noms nous livrent ceux de Joli cœur, de saint Nicolas , de Nicodême , etc.;. mais la pièce est rare.

[PHILOSOPHE] DES MÂZÂRINÂDËSu 343

2748. Pernicieux (les) conseils donnés à Sa Majesté par le cardinal Mazarin pour assembler toutes les forces de France, afin de s'opposer à l'armée de Son Altesse Royale et celle du duc de Lorraine. Paris j André Chouqueuxy 1 652, 8 pages.

2749. Perroquet (le) parlant à la cour, qui découvre les faussetés, artifices et suppositions commises (sic) par les principaux officiers de finance, les moyens d'en retirer plusieurs millions d'or après une bonne et solide paix, et rendre le peuple comme il étoit du règne de Henry IV, représenté au roi Louis XIV, par Mw L. M. D. Paris y 1652, 8 pages.

Cette pièce est assez rare pour faire regretter que le texte soit infidèle aux promesses du titre.

2750. Petit (le) David de la maison royale contre le géant machiavéliste et le monstre mazarin. (S. 1. n. d.), 12 pages.

Contrefaçon du Te Deum françois , etc.

2751. Philosophe (le) d'État, ou Réflexions politiques sur les vertus civiles du Parlement et peuple de Paris. Paris j Jean Hénault, 1 649, 8 pages.

2752. Philosophe (le) d'État sur la majorité des rois, prescrite à l'âge de 1 4 ans par Charles V, dit le Sage, où les désintéressés verront clair pour justifier sans erreur les armes de l'un ou l'autre des deux partis qui divisent aujourd'huy tout cet État. Non ubi rex est, sed ubi regia autoritas , ibî jus. Bol., lib. 1®% Conf. (S. 1. n. d.), 20 pages.

Dubosc Montandré.

Ce pamphlet a été publié aussi sous le titre de VHomme d'État, etc.

344 BIBLiOGllAPHlË [piègb]

2753. Philosophe (le) et casuiste de ce temps , dédié à nosseigneurs de Parlement. Paris j Pierre Variquet, 1649, 8 pages.

2754. Philosophie (la) morale de l'État, ou les Passions de ceux qui hantent la cour. Paris, 1649, 7 pages.

2755 . Philothemis (le), ou Contrebandeau du Parlement. Discite justitiam moniti; et non temnitë divos. (S. 1., 1649), 8 pages.

Ce pamphlet appartient à la polémique soulevée par le Véri^ table bandeau de Thémls, etc.

2756. Physionomie (la) de la France, où se voit le mauvais état auquel elle se trouve, sur la perte de ses belles conquêtes , sur les entreprises des ennemis étrangers sur nous , et le tout par les mauvais conseils de ceux qui ont gouverné et gouvernent l'État. Paris , 1662, 31 pages.

Après l'amnistie de 1652. Histoire très-abrégée des conquêtes et des pertes de la France en Flandre, en Espagne et en Italie.

Le maréchal de La Force avait dit de Mazarin que « cet homme étranger étoit le brandon qui mettroit le feu aux quatre coins et au milieu de la France,, par la trop grande autorité qu'on lui dcHH noit. »

2757. Pièce (la) curieuse, ou les Sentiments des grands de ce royaume touchant la personne de Mazarin. (S. I., 1650), 24 pages.

Depuis le roi jusqu'au coadjuteur, jusqu'au corps des partisans» jusqu'à Parchiduc Léopold ; et cependant ce n'est encore là que là première partie, en attendant les autres,,, qui n'ont pas paru ?

2758. Pièce d^Etat, ou les Sentiments des sages. (S. 1. n. d.), 19 pages.

On lit , sur la page 19, une mention de la permission accordée à Alexandre Lesselin par le tieutenant civil d'Aubray, le 14 juillet (1649).

[pièce] des MAZARINADES. 345

L'auteur réfute son ami Polydas qui demandait la continuation de la guerre et approuvait fort les libelles. C'est médiocre de pensée et de style. ^

Il paraît que Polydas , normand comme Fauteur, aimait surtout V Apologie des Normands au roi, « Je m'étonne de la première demande que tu me fais de son auteur, toi qui es de ceux qui devroient Tavoir composé, étant des plus zélés pour notre province , étant à Caen le 23 février, qui est le temps qu'il date de sa production , et citoyen de cette ville, où ce monstre ridicule usurpe sa naissance. »

L'auteur ajoute qu'il a vu l'apologiste des Normands trois fois dans les assemblées des politiques, et qu'il l'a entendu avouer que « sa passion était la seule source de ses satyres, n

2759. Pièce dePontoise. Les sentiments divers sur l'arrêt du Parlement du 20 juillet et le discours séditieux qu'on prétend faussement avoir été fait par M. Bignon, le 26, sur la lieutenance du royaume. (S. 1., 1652), 1 5 pages.

Ce pamphlet, généralement bien raisonné, se termine par un trait sanglant contre le duc d'Orléans : «« Les degrés qui l'ont autrefois précipité de ses prétentions à la couronne , par une déclaration d'incapacité vérifiée , sont les mêmes qui l'élèvent présentement à la lieutenance de l'État. >»

Il y a été fait deux réponses : la Réfutation de la Pièce de Pontoise , etc., et V Examen des divers sentiments sur l'arrêt du Parle^ ment du 20 juillet, etc.

C'est par cette dernière pièce que je me suis cru autorisé à attri" buer au père Faure \ai Pièce de Pontoise, aussi bien que V Esprit de paix et la Vérité toute nue , etc.

La Pièce de Pontoise a été réimprimée, sans date, dans le format in -8°, sous le titre de ; les Sentiments divers sur V arrêt du Parlement du ^0 juillet , etc.

2760. Pièce justificative du cardinal Mazarin contre les libelles diffamatoires à lui imposés jusques à ce jourd'huy, ensemble sa réponse sur un avis à lui envoyé par les communes de Londres, lui représentant une

346 BIBLIOGRAPHIE [piègb]

histoire d'un favori d'Angleterre," nommé Gaverstôn (sic) , et ses défenses snr ce sujet. Paris , i 652 , 15 pages.

Est-ce sérieux ? peut-être ; mais pourquoi Mazarin dit-il : « H faut y voir comme des lynx pour pénétrer dans mon extraction ; et je crois que ma mère même n'a pas su ce qui en étoit. »

Voir V^ois d'Jn^eterre emoyé en France , etc.

2761. Pièce (la) royale, ou la Défense de leurs majestés sur l'éloignement de M. le Prince. Pontoise , Julien Courant, 1653, 14 pages.

2762. Pièce sans titre ni date , commençant par ces mots : Le roi i^eut que le Parlement sorte de Pa-ris, etc.

Elle est de 7 pages, petit in-folio ; et elle sort des presses que le roi avait fait établir, sous la direction de Renaudot , dans l'orangerie du château de Saint-Germain.

Si j'en crois l'auteur de la Conférence secrète du cardinai Mazarin avec le Gazetier^ elle a été écrite parRenandot, apparemment du commandement exprès de la cour. C'est d'elle en effet qu'il s'agit dans le passage suivant : « La première pièce que j'ay fait, est ce grand libelle qui fut jette par plusieurs nuits dans toutes les rues de Paris , par lequel je croyois certainement qirïl ne seroit pas plus tôt vu, que le peuple, devenant furieux, se jetleroit sur le Parlement avec tant de rage qu'il le dédiireroît en pièces , le mangeroit jusques aux os, et n'y en auroit pas ponr on déjeuner des crocheteurs ou des harangères. Et pour les aniiner davantage , je leur disois que le roy rentreroit par une porte si le Parlement sortoit par l'autre, et que vous {le cardinal Mazarin) n'aviez jamais tant eu d'envie de faire du bien au public comme cette année ; que c'estoient ces messieurs qui empescboient la paix que vous aviez conclue, et qui ne cherchoient que leur intérett dans toutes ces brouilleries au détriment du bourgeois. Et pour mieux couvrir mon jeu, j'en nommois ime partie, et ceux que l'on sçait estre les plus zélés , avec des prétentions imaginaires qui l^jor servoient de motif et que j'avois forgées. J'y adjoustai les généraux, sollicités, à ce que je disois, par de semblables intérests, sans

[pièce] des MAZARINADES. 347

pardonner au coadjuteur, quoyque mon évesque, faisant croire au peuple qu'il ne lui donnoit des bénédictions que pleines de despit de ce que vostre Eminence n'avoit pas voulu timbrer sa mitre du casque du gouvernement de Paris. Ce fut en semant ces libelles que le chevalier de La Valette fut pris et conduit prisonsonniei* en la conciergerie où , son procès lui estant fait , on Feust raccourcy de toute la teste, aussi bien que de ses meubles, si M. le prince de Condé n'eust pas écrit à M. de Bouillon, qui fut cause qu'au lieu de Parrester en Grève, il fut conduit à la Bastille, où il est encore. >»

Cette analyse est aussi fidèle que pouvait le permettre l'esprit de parti. Elle suffit, dans tous les cas, pour montrer que la coui* posait la question , non entre elle et le peuple de Paris, mais entre elle et le Parlement. Dans cette manière de comprendre la situation , le cardinal Mazaiûn, quoique premier ministre, n'apparaissait plus que comme un domestique de la reine.

La pièce a une sorte de caractère officiel ; et à cause de cela elle est importante. Elle est d'ailleurs assez rare dans l'édition originale; mais elle a été réimprimée à Paris dans le pamphlet intitulé : Diverses pièces de ce qui s'est passé à Saint- Germain , etc. , et sous cette forme elle est plus commune.

2763. Pièce sans titre , sans date , mais évidemment de 1 649 , 4 pages.

« Les empires et les royaumes sont de grands corps mystiques, etc. »>

Après la mort du roi d'Angleterre. Ce pamphlet, bien fait et rare, a pour but de provoquer la convocation des États généraux.

2764. Pièce sans titre, sans date, publiée sous forme de lettre , et dans laquelle il est rendu compte des délibérations de l'Assemblée du clergé sur l'affaire du cardinal de Retz , notamment de celle du 1 4 novembre 1656, 15 pages. Rare.

Elle commence ainsi : « Monsieur, la dernière délibération de l'Assemblée du clergé, etc. »

On l'a attribuée , non sans raison , à M. de Marca, archevêque de Toulouse et successeur du cardinal de Retz au siège de Paris. C'est ce qui se prouve par la Réponse à une lettre qui a été pu--

348 BIBLIOGRAPHIE [pieub]

bliée depuis peu sans aucun titre f etc., et parla Réponse à la lettre de monseigneur Varchei>êque de Toulouse y etc.

2765. Pierre (la) de touche auxMazarins. Paris ^ 1652, 40 pages.

On lit à la fin : Par G. Q. A. P. L. G. M. D. L. V. D. P. A.

Je citerai divers passages de ce curieux pamphlet ; ce sera le meilleur moyen de le faire connaître.

« Ces illustres sénateurs ayant un juste sujet d'y procéder de la sorte , un chacun peut hardiment suivre dans cette occasion leur sentiment et leur courre sus en criant : « Ge sont des mazarins; ce sont des criminels ; ce sont des ennemis de l'État. Tue î tue ! tue ! Razons leurs maisons ; exterminons cette race ; et prenons leur bien pour leur faire la guerre à leurs propres dépens , comme ils nous la font aux nôtres »

<( Si le comte d'Harcourt avoit été déchiré par le peuple auparavant sortir {sic) de Paris, un autre n'eût pas osé prendre là conduite d'une armée destinée et occupée depuis six mois à la perte des plus nécessaires appuis que nous ayons maintenant contre les entreprises du cardinal Mazarin. Si toute la maison d'Ëlbeuf avoit été entièrement saccagée et détruite d'abord qu'on lui a vu embrasser le parti de ce Sicilien, les autres seigneurs de France eussent eu de l'appréhension de se mettre dans cette brigade d(* voleurs. Si les maisons de ceux qui ont ramené le cardinal en France , avoient été rasées et leur bien confisqué pour fiiire la guerre à cet infâme auteur de nos maux , la crainte d'un pareil châtiment en auroit retiré les autres ; et ce faquin, se voyant délaissé, nous auroit mis hors de peine, par sa fuite, de nous tenir sur nos gardes et de songer à notre conservation. Enfin , si la plupart de ceux qui se déclarent encore aujourd'huy dans Paris pour le Mazarin, étoient tirés à quatre chevaux, le reste se rangeroit à son devoir »

« Les peuples peuvent exécuter dans cette rencontre, sans péril, ce que le Parlement ni les princes en leur particulier ne peuvent faire sans juste sujet de crainte , parce que , quand le peuplé saccagera la maison du maréchal d'Hocquincourt , quand il traînera par les rues un abbé d'Euzonat {Euzenat , intendant de Mazarin), et quand il exercera toute sorte de cruautés sur les mazarinistes ,

[pierre] des MAZARINADES. 349

il n^a pohit tant à craindre que si M. le duc d'Orléans ou le Parlement en avoit fait pendre un seul , parce que la réprésaille seroit dangereuse. Mais quand on sait que c'est une sédition populaire, on ajoute d'abord : « Il n'y a point de remède. Il faut prendre patience et tâcher de ne point s'attirer leur haine ; car après tant' de tyrannif, ils ont raison de chercher leur soulagement par la perte de ceux qui font subsister le tyran.

a Haurit hinc populus de tali sanguine vitam. »

Je regrette que l'auteur ait pu appeler cela travailler pour M. le Prince. Assurément il n'y a dans aucun pamphlet de Davenne rien d'aussi abominable que cette théorie des séditions populaires.

Et cependant :

« Le lieutenant civil, animé d'une rage insupportable contre ceux du parti de M. le duc d'Orléans et de M. le Prince , perse cute , dit l'auteur, avec tant de chaleur tous ceux qui tâchent de gagner leur vie en servant le public contre les mauvaises intentions du cardinal son maître, que tout le monde le peut considérer maintenant comme un autre Mazarin par l'étroit attachement qu'il a au service de ce proscrit. Les imprimeurs qui travaillent contre les ennemis de ce Sicilien, ne sont point sujets à la rigueur de ses cruels arrêts ; ceux qui travailleront à la composition d'un panégyrique du cardinal Mazarin, seront ses bons amis et ses pensionnaires. Ceux qui veillent à la découverte de quelque pièce contre ce pernicieux ministre, sont bien récompensés; témoin le surnommé Pârcijîque (Davenne) , qui est dans la Conciergerie , et qui a passé par ses mains sans nul hazard , âjprès avoir fait la Puissance des' rois et le pouvoir des sujets sur tes " souverains , V Harmonie de la cour^ et plusieurs autres pièces hortibles et détestables, dont le lieutenant civil a connoissance , contre la propre personne du roi et de Son Altesse Royale. Le garçon de son imprimeur est mort en prison, imaginez-vous comment ! dans deux jours , afin qu'il n'achevât pas de découvrir les pernicieux ouvrages de cet infâme auteur. Cependant , le sieur Pacijique ne reçoit point de châtiment parce que le lieutenant civil prétend qu'il a mérité son pardon en écrivant contre M. le Prince.... Si l'on entend parler dans Paris que le lieutenant civil a fait quelque capture , qu'il a veillé pour cela toute une nuit dans un carrefour de l'Université , l'on apprend en même temps que ce n'est pas celle d'un voleur, d'un filou , d'un

350 BIBLIOGRAPHIE [nERBE]

meurtrier, d*un coupeur de bourse ou d'autres semblables , mais d'un misérable imprimeur qui travailloit pour M. le Prince ou quelqu'autre frondeur contre Mazarin. Cest à ceux-là que cet admirable chef de la police fait toujours la guerre ; ce sont ceux-là qui sont condamnés à de grasses amendes , bannis pour jamais , condamnés au fouet , à la torture , aux gAères perpétuelles , et enfin à tout ce que sa cruauté lui peut inventer de barbare et d'inhumain. »

Voici maintenant quelques anecdotes :

« Saintot , qui est ici le distributeur des nouvelles mazarines avec Bautru et quelques autres , n'épargne point l'argent de son maître pour tâcher d'insinuer par de faux bruits la crainte dans l'esprit des peuples , et n'étant point assez hardi pour aller les crier dans les rues lui-mcme , sans du moins quelqu' apparence de vérité , depuis qu'on Ta rendu responsable de ce qu'il avanceroit , donne des relations manuscrites à de certains cabaretiers gagés pour les montrer à ceux qui vont boire ou manger dans leur maison , afin que , ses (sic) avantages chimériques venant peu à peu des uns aux autres , tout Paris en reçoive l'impression qu'il en attend, toutes les fois qu'il sait qu'on doit fronder au Parlement.... Ce même petit mazarin de Saintot, dès qu'il apprend que M. le Prince a perdu un homme dans quelque rencontre, pour prévenir les esprits auparavant qu'on ne sache la vérité , s'en va avec quelquesuns de même cabale chez le nommé Guil pour faire une relation telle qu'il la pourroit louhaiter, s'il ne dépendoit que de sa volonté pour détruire M. le Prince. »

Il s'agit probablement ici de Saintot, le conseiller au Parlement, et non du maître des cérémonies. .-.*

M Le maréchal de Lhopital ne se-iMclàre point si ouvertement. Son jeu est néamoins plus grand, quoique plus couvert ; et se servant d'un stratagème horrible et détestable , il est bien plus dangereux. Par une lâche hypocrisie , il contrefait le bigot, et sous de trompeuses apparences d'homme de bien, s'en va par les paroisses solliciter d'en être marguillier, et par cette sainte dévotion tâche de gagner les anciens , caresse les chefs des corps de ville , et invite souvent chez lui des principaux bourgeois du quartier afin de les attirer à soi, c'est-à-dire à Mazarin. »

2766. Pierre (la) de touche faisant voir que le cardinal Mazarin et ses adhérents sont les plus grands ennemis

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