PLACET] DES MAZARINADES
du roi, de son état, de son peuple et delà ville de Paris, aux trois États de France. Paris ^ 1652, 30 pages.
Ce pamphlet n'est composé que de lambeaux arrachés aux Véritables maximes du gouvernement de la France, etc.
2767. Piquet (le) de la cour. (S. 1., 1649), 3 pages
Pièce rare et assez plaisante.
Le duc d'Orléans : « Je n'ai jamais de cœur. » Il en existe une suite qui n'est pas moins rare , soUs le titre de : le Second et entier jeu de piquet de la cour,
2768. Placard affiché dans les rues de Paris, le jour de Notre-Dame d'août 1650, contre le coadjuteur et M. de Beaufort. In-4**. Très-rare.
Il commence par ce mot : « Peuple , etc. »»
2769. Placard affiché le l®*" avril 1649, et par lequel le prince de Conty et les généraux du Parlement déclarent qu'ils n'ont point d'autre intérêt que l'éloignement du cardinal Mazarin. In-4®. Très-rare.
2770. Placard du 18 mars 1649, par lequel les magistrats de la ville annoncent la suspension d'armes. In-folio ; en tête sont les armes de Paris . Très-rare.
2771. Placard en date du 16 avril 1655. In-4®. Trèsrare.
« De par le roy. Sa Majesté ayant cy- devant envoyé à Rome, etc. »
C'est l'ordonnance de la même date, qui interdit à tous les sujets du roi toutes relations avec le cardinal de Retz. Voir Ordonnances du roi que Sa Majesté a commandé être publiées de nouveau, etc.
2772. Placet présenté à Son Altesse Royale par Jean Le Riche, sieur de Verneuile {sic\ bourgeois et habitant de Paris , sur le moyen qu'il a donné à messieurs les princes de faire le dernier effort pour chas-
352 BIBLIOGRAPHIE [plâihtb]
^ ser le cardinal Mazarin sans fouler les peuples. Paris, veuve Marette, 1652, 7 pages. Très-rare.
Signé de Veineuil.
Ce Vemeuil propose de prendre aux propriétaires le quart du quartier échu à Pâques dernier, et offre d'en faire la recette. Il oflre en outre de vendre deux maisons , l'une à la ville et l'autre à la campagne , pour les frais de la guerre et pour le prix de la tête de Mazarin !
2773. Plaidoyer (le) de la maison royale, ou la Cause d'État montrant comme il faut borner : 1 . les intérêts des priuces du sang ; 2. les intérêts des princes étrangers ; 3. les intérêts des maréchaux de France; 4. et les intérêts des autres grands de TÉtat. Paris, 1652, 32 pages.
Contrefaçon du Rapporteur des procès d'état , etc.
2774. Plaidoyer héroï-comique pour TÉminence contre le Creux. (S. 1.), 1649 , 16 pages.
C'est tout un procès , tout un drame : plaidoyers pour et contre, arrct et mariage.
« Fait et passé dans une chambre Le 27* de décembre. »
Le sens positif de cette pièce est fort libertin ; le sens allégorique pourrait bien être fort insolent.
2775. Plainte à la reine des dames qui ont leurs maris dans l'armée mazarine. Paris, Louis Sévestre, 1649, 6 pages.
Signé L. M. R. L. D. R. M. N. C. D. R. S. V. A. B. G.
2776. Plainte contre le désordre du paiement des rentes de l'hôtel de ville , mémoire raisonné pour le rétablissement qui peut être fait dudit paiement , et observations sur l'élection de messieurs les députés des rentiers dudit hôtel de ville. Paris, veuve J. Guillemot , i 652 , 29 pages.
[plainte] des MAZARINADES. 363
2777. Plainte (la) de la France à genoux devant la reine. (S. 1., 1649), 8 pages.
Stances vigoureuses, mais incorrectes , dont voici les trois meilleures , qui sont reproduites des Soupirs français sur la paix ita^ tienne :
7*. « Lasches François, peuple sans cœur, Et vous , indigne sang de France , Quoi ! ce petit usurpateur Enchaînera vostre puissance I Où sont ces courages hardis Qui faisoient tout trembler jadis ?
Pouvez-vous endurer sans crime Un si véritable attentat Et que ce tyran qui m'opprime , Face ainsi ie la France un tyrannique estât ?
8*. Et vous y souverains magistrats , Quand sera-ce que vostre foudre Lancera ses justes éclats Et réduira ce monstre en poudre ?
Il est temps que par vos arrests Vous défendiez les intérests Et la gloire de ma couronne, Et qu'on sache en tout l'univers Que la loy de l'Estat vous donne Le pouvoir d'affranchir nostre prince des fers. ^
10*. Vous (la rejrne) pouvez très-facilement Dissiper cette tyrannie , En rendant à mon parlement L'autorité qu'on lui desnie.
Il vous a mis le sceptre en main.
Il vous le peut oster demain.
De sa souveraine puissance Dépend le rang que vous tenez ; Et cessera votre régence Si contre ce tyran vous ne me conservez. »
Ce pamphlet a été réimprimé trois fois, d'abord sous le titre de : la France à la reine , et sous celui de :
2778. Plainte de la France à la reine. (S. 1., 1649), 7 pages.
Puis elle a reparu dans les Louanges des Parisiens, sous le dtrc de : Louange à la reine.
354 BIBLIOGRAPHIE [plaintb]
Enfin y on a retouché , plus tard apparemment « tes 7* et iO* strophes ; et on Ta intitulée : Plaintes de la France à la reine Amvchant la guerre, etc.
2779. Plainte de la noblesse Françoise faite contre les partisants {sic) et manges-peuples. (S. L), 1654, 8 pages. Rare.
« Et les nobles qui sont les arcs boutants et les vraies colonnes de l'Etat , la disette les empêche d'aspirer aux charges militaires et de robe longue ; ce qui fait que nous voyons les plus beaux états remplis de fils de laboureurs et marchands , au grand déshonneur et mépris des nobles , ne leur restant plus qu'à exposer leur vie en qualité de simples soldats pour le service des princes, où, après avoir vieilli sous le hamois , s'étant jettes en tons périls et hasards , ils meurent dans leurs logis sans récompense , étant contraints de fouler le bonhomme et piller le paysan pour vivre selon le rang que leur qualité et courage leur doit et veut Gure tenir. »
L'auteur n'épargne pas plus les écrivains que les maltôtiers.
2780» Plainte (la) des bourgeois de Paris à messieurs du Parlement pour faire advancer le procès de Jules Mazarin. Paris , i 649 , 4 pages.
Même pièce que :
2781 . Plainte (la) des bourgeois de Paris à M. de Broussel pour avancer le procès de Jules Mazarin. Paris ^ 1649, 4 pages non chiffrées.
Ce dernier titre est le plus exact.
2782. Plainte des Parisiens au roi et à la reine sur le desseing {sic) que Leurs Majestés ont de s'éloigner de leur bonne ville de Paris. (S. 1.), 1649, 8 pages.
Il y a erreur dans le titre : les Parisiens supplient le roi de revenir; et ils ne s'adressent qu'à lui.
Leurs vœux pour la gloire du règne de Louis XIV méritent attention. Jamais peuple n'avait été ainsi au-devant de son roi.
[plaintes] des MAZARINADES. 366
2783. Plainte (la) du Palais Royal sur Tabsence duroy, avec un dialogue du grand Hercule de bronze et des douze statues d'albâtre qui sont à Tentour de Tétang du jardin y faicte par un poète de la cour. H. C. Paris j David Beauplet , 1649, 8 pages.
Vers rares, mais détestables.
2784. Plainte publique sur Tinterruption du commerce. Paris ^ Jean Brunet, (1650), 20 pages.
Cette pièce est aussi intéressante que rare.
Il paraît qu'on donnait deux raisons des prises que nos navires faisaient sur mer : la première était que les navires alliés refusaient d'amener et d'aller ou d'envoyer à bord des vaisseaux français au commandement qui leur en était fait ; la seconde que les navires amis portaient des marchandises ennemies.
Le commerce maritime employait mille grands navires y sans compter les moyens et les petits y et trente mille mariniers. Les grandes pèches occupaient trois cents navires et dix mille matelots.
2785. Plaintes burlesques du secrétaire extravagant des nourrices, des servantes, des cochers , des laquais et de toute la république idiote. Paris, veuve André Musnier, 1649, 8 pages.
2786. Plaintes d'une fruitière et d'une harengère envoyées à la reine. Paris , 1 649, 7 pages.
Sur la permission qui avait été donnée par l'archevêque de manger de la viande pendant le carême.
2787. Plaintes de la France à la reine touchant la guerre suscitée par Jules Mazarin. Paris y 1649, 8 pages.
Édition corrigée de la Plainte de la France à genoux devant la reine.
Ici la 7* strophe commence par ces» vers :
a Braves François , remplis de cœur, £t vous, généreux sang de France, > etc.
356 BIBLIOGRAPHIE [plaintes]
Au contraire, la 10* se termine ainsi :
a Ordonnez que ce Tabarin Retourne au pays latin ; Autrement vous mettrez en armes Le peuple que tous contraignez A vivre dans les allarmes , Si loin de vous ce tyran vous ne bannissez. »
2788. Plaintes de la France à monseigneur le Prince. Paris, Robert Feugé, 1 649, 7 pages.
2789. Plaintes de la France à ses peuples sur Temprisonnement des princes, contre Mazarin. (S. 1.), 1651, 14 pages.
Je n^ai rien à en dire si ce n'est qu'elles ont été imprimées également sous ce titre :
2790. Plaintes de la France sur remprisonnement des princes. (S. 1.), 1651, 14 pages.
2791. Plaintes (les) de la France sur Tétat présent. (S. 1., 16i9), 7pages.
2792. Plaintes (les) de la noblesse de Provence contre l'oppression du Parlement sur le sujet de Téloignement du comte d'Alais , leur gouverneur. (S. L, 1 651 ), 1 1 pages.
Même pièce que les Doléances de la noblesse de Provence ob rat.
2793. Plaintes de toute la France adressées au Pariement de Paris sur Tinjuste persécution qu^on fait souffrir à mademoiselle de Longueville. (S. 1., 1650)^8 pages. Rare.
Après la mort de la princesse douairière de €k)ndé.
2794. Plaintes du Carnaval et de la foire Saint-Germain, en vers burlesques. Paris j Claude Huot, 1649| 8 pages.
Naudé qui cite cette pièce, page 209 du Mascurat, lui donnera
[plaisant] des MAZâRINADËS. 357
la page 283 , le troisième rang parmi celles m dont on peut faire estime. » J'ajoute qu'elle n'est pas des plus rares.
2795. Plaintes du poète champêtre à la cour des Aydes. (S. 1., 1649), 4 pages.
a Prenez pitié d'un qui perdit la vue D'avoir trop lu et trop écrit de vers Du plus grand roi qui fut dans l'univers. »
2796. Plaintes et réflexions politiques sur la harangue de M. Tarchevêque de Rouen faite au roi dans la ville de Tours, au nom du clergé de France et de vingtquatre évêques suivant la cour qui Taccompagnoient, contre le Parlement de Paris, en faveur du cardinal Mazarin proscrit et légitimement condamné par plusieurs arrêts donnés contre lui, où il est démontré que le Parlement est juge naturel et légitime des cardinaux, archevêques, évêques, abbés et autres ecclésiastiques du royaume, tant séculiers que réguliers. (S. 1), 1652, 22 pages.
Il n'y a rien à ajouter à ce qu'en dit Mailly dans la note de la page 8i de son V volume.
2797. Plaintes parisiennes sur la mort de monsieur le duc de Nemours, avec son épitaphe, par Claude Veiras. Paris ^ Jacques Le Gentil, 1652, 7 pages. Rare.
2798. Plaisant entretien de deuxfemmes de Paris. (S. 1.,
Pamphlet mazariniste , et rare par conséquent.
2799. Plaisant entretien du sieur Rodrigue, courtisan du Pont-Neuf, avec Jules Mazarin qui, ayant ruiné la France, est résolu de s'en aller, disant son peccai^i. Paris, 1649, 8 pages.
358 BIBLIOGRAPHIE [pota]
2800. Plaisant (le) railleur de cour sur les affaires du temps. (S. 1.), 1649, 8 pages.
Il n'est ni railleur ni plaisant.
2801 . Pleurs et regrets inconsolables de la reine et du cardinal Mazarin, avec le congé du roi donné audit cardinal pour sa sortie hors du royaume. Paris, 4652» 8 pages.
2802^. Plumitif (le) sur la dernière déclaration du roi (du 13 novembre, contre les princes de Condé, de Contjr, etc.). Paris ^ Bellée, 1652.
Bib. lUst,, 23718.
2803. Plus heureux (le) jour de Tannée par le retour de Leurs Majestés dans leur bonne ville de Paris, à monseigneur Téminentissime cardinal Mazarin. Paris j Gmllaume Sassier, 1 649, 8 pages.
Suzanne de Nervèze.
2804. Poème à la Fronde sur le triomphe du roi. A»ris, Denys Pelé, 1650, 8 pages.
2805. Poëme sur la barbe du prem. présid. (fie). Bruxelles, 1 649, 6 pages.
Signé P. B. S.
Violente diatribe contre Mathieu Mole.
« Barbe pendante au vieux menton
D'un avare et lâche poltron !...]> « Disons donc mieux , et faisons rire
Tous ceux qui ces vers écriront ,
Ou , écrits , après les liront. »
Il y en a une autre 'édition également de Bruxelles , 1649^ û pages , mais qui porte au titre : De M,le p, pr. (sic) sans signature ; et une autre encore intitulée : U Illustre barbe D. C.
[poiPtT] DES MAZ4R1NADES. 3d9
2806. Poignard (le) du coadjuteur. Parà'^ 1 652, 7 pages.
U s'agit ici du poignard qui doit tuer le coadjuteur. L'auteur veut qu'on extermine le cardinal de Retz et le cardinal Mazarin , qui^ dit-il , ne valent pas mieux l'un que l'autre.
Ce pamphlet n'est ni trop remarquable ni trop commun.
2807. Point d'argent, point de Suisse. (S. 1.), 1649,
11 pages.
Les Suisses se plaignent de ce qu'on leur a fait des queues,
2808. Point (le) de l'ovale faisant voir que pour remédier promptement aux maladies de l'État pendant qu'elles ont encore quelque ressource, 1 . il faut renforcer un parti pour le faire triompher de haute lutte, parce que l'égalitë feroit tirer la guerre en des longueurs insupportables ; 2. il faut renforcer le parti le plus juste ou le'*^eul juste; 3. le parti le plus juste ou le seul juste est celui qui appuie et qui est appuyé des lois ; 4. après avoir reconnu le parti le plus juste, il faut le renforcer par un soulèvement et par une émeute générale dans Paris; 5. ce soulèvement et cette émeute générale sont appuyés sur les déclarations royales et sur les arrêts des parlements; et par conséquent on peut les résoudre avec moins de crainte d'injustice. (S. 1., 1652), 15 pages.
Dubosc Montandré.
« En matière de soulèvement , on n'est coupable que d'avoir eu trop de modération. »
« Voyons que les grands ne sont grands que parce que nous les portons sur nos épaules. Nous n'avons qu'à les secouer pour en joncher la terre. »
C'est l'épigraphe de Prudhomme : « Les grands ne nous paraissent grands q^e parce que nous sommes à genoux. I.evons-i|ous ! »
J'ai déjà dit que ce pamphlet avait été condamné au feu par arrêt du Parlement en date du 27 mars 1652.
M. de Sainte-Aulaire l'a donné dans, son Histoire de la Fronde , dernière pièce justificative.
360 BIBLIOGRAPHIE [pounQDB]
2809. Police générale faicte par messieurs du Parlement pour le règlement des vivres et soulagement du peuple dans la ville et fauxbourgs de Paris, le iv juillet 1 652. Paris y Salomon de La Fosse, 1652, 7 pages.
Le 4 juillet , c'est le jour de rincendie de THôtel de Ville. Le Parlement n'a point fait ce règlement.
2810. Politique (le) burlesque, dédié à Amaranthe, par S. T. F. S. L. S. D. T. Paris j 1649, 44 pages.
« Ceux qui veulent voir quelque chose Soit en vers ou bien en prose , Ils paient deux liards le cahier Sans en rabattre un seul denier. »
Les colporteurs ,
c Avecque leurs longs préambules , Je les trouve si ridicules Qu'ils me font tous mourir de rire. » 4^
a Savoir pièces de trente sous, De cinq, de quinze et vingt-neuf sous , Patagons , doublons , ducatons , Et beaucoup des anciens testons , Pistoies de France et d'Espagne Et autres pièces d'Allemagne, jd
a D'où pensez-vous que les courriers Qui se vendent par milliers ,
Viennent ?
C'est ici [au palais) que dessus nos bancs On fait les Courriers allemands , Ceux qu^on appelle polonois , Et tous les Courriers françois. >
281 1 . Politique (le) chrétien de Saint-Germain à la reine. Paris , Jean Hënault, 1 649, 1 2 pages.
Amplification très-sensée et quelquefois éloquente sur ce dième : que la piété et la justice ont été bannies du royaume.
ft La sainte hostie tomba de l'autel lorsqu'on célébroit la messe devant Votre Majesté. »
2812. Politique (le) du temps, touchant ce qui 8*est passé depuis le 26 août 1648, jusques à Theureux re-
[politique] des MâZARINADËS. 361
tour du roi dans sa ville de Paris^ discours qui peut
servir de mémoire à Thistoire. Dédié aux curieux.
(S. 1.), 1648, 22 pages. Très-rare.
On voit par ce pamphlet ce que les partisans du prince de Gondé pensaient du rôle qu'il était appelé à jouer pendant la régence , ce qu'en pensait peut-être le prince lui-même.
2813. Politique (le) du temps traitant de la puissance, de Tautorité et du devoir des princes des divers gouvernements, jusques où on doit supporter la tyrannie , et si , en une oppression extrême , il est loisible aux justes de prendre les armes pour défendre leur vie et liberté, quand, comment, par qui et par quel moyen cela ce (sic) doit et peut faire. Jouxte la co» pie imprimée à Paris j 1650, in-12.
Ce volume assez rare est attribué par tous les bibliographes à François Davenne , quoiqu'il soit incontestablement dirigé contre la régence de Catherine de Médicis. 11 appartient à l'histoire du calvinisme en France. Ce n'est ici qu'une réimpression.
On ne comprend pas à quel titre la Fronde s'en est emparée. Encore moins comprend-on comment les bibliographes ont pu prêter ce livret à François Davenne ^ dont il ne rappelle ni le style ni la manière y si ce n'est que ce disciple fameux du plus fameux Simon Morin a composé et publié un Politique du temps ^ mais d'une date bien postérieure.
Cet article était écrit quand M. Bazin m'a fait l'honneur de me communiquer la note suivante :
« Je croyois avoir découvert que ce volume {le Politique du temps) n'est ni de François Davenne , ni de 1650 ; mais je vois par le n° 71 du catalogue de M. M. (avril 1846J, qu'il a fait de son côté la même découverte, et cela par le même procédé que moi, en faisant ce que font rarement les bibliographes, en lisant l'ouvrage. » Il a jugé que ce livret étoit seulement une réimpression d'un écrit contre la régence de Catherine de Médicis et appartenant à l'histoire du calvinisme en France. M. M. a eu parfaitement raison ; et je n'ai plus qu'à lui fournir la preuve matérielle du fait qu'il a deviné.
« Elle est dans les Mémoires de Vétat de la France sous Char^
362 BIBLIOGRAPHIE [poLmoDE]
les IX y où le Politique du temps se trouve inséré toat au long, pages 44-83» m* volume de rédidon de 1578» à la date de 1574, et immédiatement avant le Discours de la servitude volontaire qœ le même recueil nous a conservé.
u Le fait ainsi' rétabli^ il devient fort curieux de lire dans VAno" lectabiblion un ingénieux conunentaire de cet ouvrage» selon l'idée reçue qu'il appartient au temps de la Fronde. Ce livre y est trèsbien analysé ; et la seule' chose dont l'auteur ne se soit pas aperçu en l'étudiant avec soin y c'est qu'il s'applique à d'autres personnages et à des événements d'un autre siècle. »
2814. Politique (le) étranger, ou les Intrigues de Jules Mazarin. Paris, 1649, 14 pages.
Contrefaçon de la Lettre du sieur Mazarini au cardinal Mautrin^ son fils y etc.
2815. Politique (le) lutin porteur des ordonnances, ou les Visions d'Alectromante sur les maladies de TÉtat, par le sieur de Sandricourt. Paris , 1652, 24 pages.
2816. Politique (le) royal faisant voir à Sa Majestë régente et à Son Altesse Royale que Mazarin s'en défera infailliblement, supposé qu'il puisse conserver les affections du roi étant majeur, comme il tftche sans doute de s'y ancrer non moins par leur entremise que par ses propres souplesses ; et les suppliant, par leurs sacrées personnes si chères et si nécessaires à l'État, de préoccuper ce coup infaillible de cet ingrat en le sacrifiant à la haine publique, et rendant à même temps au roi, à eux-mêmes et à la France la liberté tant désirée et tant nécessaire de messieurs les princes. (S« L), 1651, 39 pages.
281 7. Politique (la) sicilienne, ou les Pernicieux desseins du cardinal Mazarin déclarés à monseigneur le duc de Beaufort de la part de toutes les provinces de France. (S. 1.), 1650, 34 pages.
Le plus violent pamphlet peut-être , mais non le meilleur.
[politique] des MâZâRINADëS. 363
281 8. Politique (le) universel, ou Briève et absolue décision de toutes les questions d'État les plus' importantes, savoir est, 1. si les rois sont dMnstitution divine; 2. s'ils ont un pouvoir absolu sur nos biens et sur nos vies; 3* si les conditions avec lesquelles les peuples se sont donnés aux rois, ne doivent pas être inviolables; 4. s'ils sont obligés d'observer les lois fondamentales de l'État; 5. si leur gouvernement doit être monarchique ou aristocratique pour le bien commun du prince et du peuple; 6. s'ils doivent avoir des favoris ; 7. si leurs favoris doivent entrer dans le conseil et prendre le gouvernement dés affaires. (S. 1., 1 652).
Cinq parties de 39 , 40 > 40 , 39 et 39 pages.
L'auteur pose et résout trente questions d'État, pour parler comme lui. On a pu voir déjà qu'elles ne sont pas toutes importantes ni même sérieuses.
Je citerai quelques-unes de ses décisions. Le lecteur jugera.
M II y a des rois d'institution divine ; mais il y en a aussi d'institution humaine et d'institution diabolique ; » parmi les derniers Pépin et Hugues Capet.
« Il est nécessaire que , si l'État est monarchique , le gouvernement soit aristocratique , conduit par un nombre de ministres pris dans tous les états et des plus gens de bien de tout le royaume , à qui l'on donnera une égale puissance. »
(c Les peuples font les rois ; et les rois me pardonneront bien si je dis , après le père du raisonnement scholastique , que l'effet a U>ute l'obligation de son être à la cause qui Ta mis au monde. C'est pourquoi , si les rois y pour amasser des biens qui ne leur appartiennent pas , veulent rompre les conditions avec lesquelles les peuples se sont donnés à eux, ils détruisent entièrement ce qui les fait ce qu'ils sont ; et s'ils détruisent entièrement ce qui les fait ce qu'iU sont, ils se détruisent eux-mêmes. Les conditions de l'un et de l'autre, n'ayant qu'un même support, ne sauroient aussi avoir qu'une pareille aventure. »
« Le roi est le premier ministre des affaires de Dieu dans son royaume. »
364 BIBLIOGRAPHIE [poetiait]
« Si Tautorité de décréter et de gouverner toutes les affaires de France est donnée au serviteur, quelle différence y aura-t-il après cela entre son msûtre et lui ? »
u Si les anges n'eussent pas eu un premier ministre dans le conseil de leur état hiérarcliiqne , le désordre ne se serait pas mis dans leurs dominations ; et la plupart de leurs principautés , consacrées à la gloire de Dieu , ne se seroient pas vues à la merci des puissances ennemies infernales et diaboliques. »
a Quoi I parmi ce nombre infini de Césars et d'Achilles, ne s'y trouvera pas un cœur de Vitry pour le traiter en maréchal d'Ancre! >»
Ce n'est pas la première fois que je trouve cette pensée exprimée avec la même crudité. U est remarquable que l'opinion générale est pour Henri m contre les Guyse, comme pour Louis Un contre Concini. On n'excuse pas seulement , on loue l'assassinat des princes lorrains. Personne à cet égard n'a été plus net, je di-* rais plus impitoyable , que Guy Patin.
(c Quand on demande si les trois États ont droit de remédier aux désordres du royaume sans y être appelés , c'est me demander si toute la France a droit de remédier aux désordres où elle est, sans s'y appeler elle-même , attendu qu'après les trois Etats il n'y reste plus personne. »
2819. Pont-Neuf (le) frondé. Paris, 1652, 7 pages.
Mauvais vers y mais curieux et rares.
U s'agit de l'émeute qui eut lieu à l'arrivée du prince de Gondé, après le combat de Bleneau , et sur laquelle on a publié VJm important et nécessaire donné aux Parisiens par M, le duc de Beaufort,
2820. Portrait (le) de l'inconstance des armes. Paris ^ 1649, 12 pages.
2821. Portrait (le) de Mazarin. (S. 1., janvier 4649), 4 pages. Très^rare.
Gnq chansons détestables. La première est : la Menace du
treS'Jîdèlc peuple de Paris faite à Mazarin :
« Si jamais dans Paris tu rentre , On te fera comme au marquis d'Ancre, i»
[pot] des MAZâRINADES. 365
C'est le refrain de la chanson ; mais il ne se trouve ni au premier ni au dernier couplet.
La cinquième chanson est la Réjouissance des François sur Varrivée de M. le duc de Beaufort dans la ville de Paris,
On voit le portrait de Mazarin sur la première page.
2822. Portrait (le) de M. de Broussel, image sortie des presses de Morlot, 1648. Très-rare.
Au-dessous du portrait , gravé sur bois , on lit deux sonnets de Du Pelletier, adresses l'un par la France , l'autre par l'auteur à Broussel. Voici les six derniers vers du second :
« Un illustre consul mourut jadis pour Rome ; Et le Tibre pleura la mort de ce grand homme , Qui voulut que son sang payât sa liberté.
La Seine , grâce aux dieux , quoi qu'en dise le Tibre, Parle plus hautement de sa félicité , Puisque de Broussel vit et que la France est libre. »
2823. Portrait (le) des favoris, en vers burlesques. (S. 1.), 1649, 19 pages.
282*4. Portrait (le) du méchant ministre d'État Jules Mazarin et sa chute souhaitée. (S. 1., 1649), 8 pages.
Le titre est orné d'un détestable portrait sur bois et des armes de Mazarin.
2825. Postillon (le) de Mazarin arrivé de divers endroits, le premier octobre. Pam^ 1649, 15 pages.
Mazarin^ repoussé aux portes du paradis , est fêté dans les enfers et revient en France.
2826*. Pot (le) à pisser.
La Chasse aux satyres du temps.
2827. Pot (le) aux roses découvert. Paris ^ Jean Brunet, 1649, 8 pages.
Cette pièce n'a de commun que le titre avec la facétie de 1615 et les pamphlets de i65i et 1652.
366 BlBLICMiRAPHlE [mn]
2828. Pot (le) aux roses découvert et la trahison de M»zarin. Paris, 1651, 4 pages.
2829. Pot (le) aux roses découvert, ou le Yëritable rédt des projets que Mazarin fait état d'exécuter tôt ou tard, suivant la nécessitédes affaires présentes. Paris, 1652, 16 pages.
2830. Pot pourry (le) burlesque de toute Thistoire de ce temps. Paris, Pierre Du Pont, 1 649, 8 pages.
2831. Poulet (le). Paris, 1649, 11 pages.
De la nièce de Mazarin au duc de Mercœur.
On publia peu de temps après la Sauce du poulet et la Salade en réponse à la Sauce du poulet.
2832. Pour (le) et le contre de la cour. (S. L, 1649), 7 pages.
Il y en a une seconde édition :
2833. Pour (le) et le contre de la cour, ensemble le Pasquin sur les affaires du temps, mis en François (S. 1.), 1649, 8 pages.
On trouve encore ce pamphlet dans le Nouveausiécle eleJLotdsXIFf p. 209 du I" vol.
2834. Pour (le) et le contre de la majorité des rois et de la loi salique, divisé en deux parties. En la première sera le pour; en la seconde sera le contre. (S. 1., 1 652), 36 pages.
Lenglet Dufrenoy a jugé à propos de comprendre cette pu dans son catalogue des historiens , titre des Régences et majorités, de la Méthode pour étudier V histoire j t. IV de Pédit. in-4«.
2835. Pour faire voir la justice de ce qui a esté fait au conseil en Taffaire des fermiers des entrées du vin des
[prédicateur] des HâZARINADES. 367
villes de Paris et de Rouen, et qu'en cela rien n'a esté fait au préjudice des déclarations des mois de juillet et octobre 1 648, ni du bien des affaires de Sa Majesté. (S. 1., 1651), 3 pages in-folio.
Voir la Relation de ce qui s'est fait et passé touchant les propositions , etc.
2836. Pourpre (la) ensanglantée. Paris y 1 649, 1 1 pages.
« Je veux m' assurer que la blancheur de nos lys ostera quelque jour la tache qui nous a souillés.... et que le ciel.... faisant évanouir toute autre couleur qui pourroit nous être misérable , il n'y laissera désormais que Tincamat , le blanc et le bleu qui s'étoient comme presque retirés de nous. »
D'ailleurs fort insignifiant.
2837. Préceptes saints et nécessaires pour la conduite des rois, au roi très-chrétien. Paris, veuve A. Musnier, 1 649, 8 pages.
2838. Prédicateur (le) déguisé. (S. 1., 1649), 12 pages.
c( Depuis cette malheureuse guerre, là Samaritaine est devenue la bibliothèque commune de tout Paris.... les livres de piété en sont bannis ; ceux de dévotion y sont inconnus. Bref tout y est si corrompu qu'aucune pièce n'y est estimée ni bonne, ni judicieuse, encore moins de mise si elle n'est satyrique , injurieuse , impudente, et si elle n'est assez effrontée pour dire du mal même des personnes de qui la naissance et la dignité doivent tenir nos esprits , nos plumes et nos langues dans des respects' continuels et des soumissions trè&-grandes. »
« Un homme sera-t-il plus savant ou plus vertueux pour ouir tous les jours en plusieurs rencontres ce fameux prédicateur de la Samaritaine qui prêche par la bouche des autres, et qui fait autant de prédications qu'il y a de libelles différents , pour apprendre de cet oracle d'enfer que les femmes passionnées ou peu chastes ont été la cause de l'entière ruine des monarchies? »
Ces dernières lignes s'appliquent au libelle intitulé : la France et les royaumes ruinés parles favoris et les reines amoureuses.
368 BIBLIOGRAPHIE [prédigtiob]
2839. Prédication d'État faite devant toute la cour, savoir, si un souverain peut , selon Dieu , faire des £ivoris et quels favoris il peut faire. Paris , 1649, 1 2 pages.
2840. Prédiction de Tannée 1649 sur Temprisonnement du prince du sang surnommé la Cuirasse* (S. 1.), 1650, 7 pages.
Réimpression du libelle intitulé : Au prince du sang surnommé la Cuirasse, On trouve de plus ici ces deux vers :
« Gondé , ressouviens-toi où a été ton père.
Tu te Toy (sic) maintenant en la même misère. »
C'est également sous ce titre que Sautrean de Bfarsy a reproduit ce pamphlet dans son Nom>eau siècle de Louis XIV ^ p. iSO du I** vol.
2841 . Prédiction de l'enlèvement du roi et sur le débordement de la rivière. Paris , (1649), 3 pages.
2842. Prédiction de Nostradamus sur la perte du cardinal Mazarin, en France, extraite de la Centurie 8%
article 9. (S. 1., 1649), 3 pages.
L'auteur anonyme de VHistoire du père de Lachaize, p. 310, attribue ce quatrain de Nostradamus à Pabbc Gousinot, conseiller clerc au parlement de Bretagne.
« Il me conta , dit-il , que du temps des troubles du «iriKnal Mazarin, comme il étoit engagé dans le parti contraire et qu'il Msoit tout ce qu'il pouvoit pour aider à le détruire, il avoit fait une centurie qu'il avoit insérée parmi les autres, et les avoit fait imprimer tout exprès. Il me la récita; mais il ne m*en souvient pas. Seulement je sais qu'elle finissoit par
(' Les rouges rouges le rouge assommeront, j»
Apparemment c'est de cette supposition de l'abbé Gousinot que Zdengau se plaint dans son septième Avertissement,
[premier] des MÂZâRINÂDES. 369
2843. Prédiction du retour du cardinal Mazarin. (S. 1.), 1652, 6 pages.
Très-bien motivée sur quelques circonstances de l'éloignement du cardinal.
2844. Prédiction merveilleuse en laquelle est pronostiquée la fin de nos maux, trouvée dans les ruines d'une maison renversée par l'inondation des eaux. Paris , Jean Hénault, 1649, 7 pages.
2845. Premier (le) babillard du temps, en vers burlesques. Paris y Nicolas de La Vigne, 1649.
Voir le Babillard du temps , etc.
2846. Premier coup d'État de la majorité du roi dans le choix des ministres pour son conseil. Paris y André Chouqueux, 1651, 8 pages.
2847. Premier (le) courrier des princes, apportant toutes sortes de nouvelles. Paris , Simon le Porteur, 1 652, 8 pages. Rare.
On peut croire qu'il n'y en a pas eu d'autre ; car la Fronde en était déjà à la lieutenance générale du duc d'Orléans.
Je n'y vois qu'une seule nouvelle à recueillir : c'est que le duc d'Orléans avait changé la plupart des colonels, capitaines, lieutenants et enseignes de la garde bourgeoise.
2848. Premier (le) courrier françois, traduit fidèlement en vers burlesques. Paris ^ Claude Boude ville, 1649.
Douze numéros de 16 et de 12 pages.
Naudé, p. 286 du Mascurat^ range le Courrier parmi les burlesques qui ne lui déplaisent pas , u à cause , dit-il , qu'il change assez naïvement le sérieux en ridicule. » On y trouve en effet de la gaieté et de l'espiit.
Le Courrier en vers est plus plaisant que le Courrier en prose ; mais il n'est pas plus rare.
Saint-Julien qui en est l'auteur, en a donné en 1650 une se- B. Il 24
370 BIBLIOGRAPHIE L^i^En^]
conde édition , revue et très-corrigée sous le titre de : le Cowrier
burlesque de la guerre de Paris,
2849. Premier factum , ou Défense de messire Philippe de La Mothe Houdancourt^ duc de Cardone et maréchal de France, ci-devant vice-roi et capitaine général en Catalogne 9 avec plusieurs requêtes , arrêts et autres actes sur ce intervenus tant au conseil qu^ ailleurs. Paris y Louis Sévestrc, 1 649.
Il y en a cinq , le premier de 40 pages , le second de 64 » le troisième de 63 , le quatrième de 84 et le cinquième de 36.
Le Parlement avait y toutes les chambres assemblées le 26 février 1649 , accordé un privilège d'un an à Louis Sévestre, mais seulement pour les quatre premiers factums. Le cinquième en effet a été imprimé et publié par François Noël.
Mais on sait qu'il avait déjà paru sous le titre de : Défense de messire Philippe de La Mothe-Houdancottrt y etc. H répondait à l'un des billets, semés et affichés dans Paris par le chevalier de I4 Valette , dans lequel il était dit que le maréchal de La Mothe n'aitrait pas été en état de servir le Parlement si le roi avait suivi contre lui la rigueur de la justice.
Le second factmn est consacré tout entier à la vie milîtaire dn maréchal.
Us sont de Henri de La Mothe-Houdancourt, frère du marédiali mort archevêque d'Auch en 1684.
2850. Premier (le) mercure de Compiègne, depuis Tarrivée du roi en cette ville jusques au jeudi 1 du mois de juin 1 649, en vers burlesques. (S. 1.), 1 649.
Trois numéros de 11 et 12 pages.
2851 . Premier recueil de diverses pièces curieuses de ce temps. (S. 1.), 1649.
Voir Recueil, etc.
2852. Première partie de Tart de bien dire des €K>uiti-
[première] des MAZARINADES. 371
sans de la cour, qui consiste à bien enseigner, en vers burlesques. Paris, Claude Morlot, 1649.
Trois parties, de 8 pages chacune.
La seconde partie consiste à bien émouvoir y et la troisième à bien délecter. Mauvais et commun.
2853. Première partie de la science universelle des courtisans, qui consiste dans les déclinaisons de leur grammaire, en vers burlesques. Paris , 1 649.
Trois parties , la première de 15 , les deux autres de 12 pages.
2854. Première partie des vérités françoises et politiques contenant toutes les affaires les plus remarquables de ce temps , dédiées à monseigneur le prince de Conty , par le sieur R. Ch. (Rozard, Champenois). Paris, Pierre Variquet, 1649, 7 pages.
Y a-t-il une seconde partie?
2855. Première partie du philosophe malotru , en vers burlesques. Pariy, 1649, 20 pages.
Signé de La Boussière M.
« . . . . Pour être né gentillastre , Ce n'est pas un si grand désastre D'être réduit au petit pied, A faire voyages à pied , Par la ville aller sans épée , Gagner sa petite journée Tantôt en dictant mes écrits , Tantôt transcrivant manuscrits , Ou visitant quelque malade , Ou bien vendant de la pommade , Tantôt allant faire leçon A quelque beau petit garçon , Tantôt servant dans des villages De médecin à petits gages, Ou , faute de meilleur emploi , Étant mouchard aux gens du roi ,
372 BIBLIOGRAPHIE [PEÉPAmATiFs]
Tantôt montrant des bagatelles A quelques jeunes damoiselles , Ores par des subtilités Ou par quelques joliyetés , Gomme seroit le déchiflrage De récriture bors d'usage , Ou débitant papier nouveau Transparent qu'on trouve fort beau, Bon pour apprendre l'écriture , Bon pour apprendre la peinture, Lequel assure mieux la main Que le meilleur maître écrivain , Tantôt , c'étoit en temps de guerre, Faisant valoir le cimeterre , Le cimeterre ou coutelas Afin de ne vous mentir pas; Mais vous saurez par mon mémoire , Un peu plus bas dans cette histoire , Que je ne fus sitôt monté Que fus cavalier démonté.
Vous savez donc que ma naissance Me communiqua la vaillance.
Croyez ou ne le croyez pas ; Quant à moi, je ne le crois pas. »
L'auteur nous apprend qu'il avait écrit en prose son Phiioscphe malotru; mais qu'il avait dû le mettre en vers parce qu'on ne ¥00lait rien lui en donner. Je serais tenté de croire qn'il n'y a pas eu plus d'amateurs après la transformation, et qu'à cause de cela, la seconde partie n'a pas paru.
En tout cas la première n'est pas commune.
2856. Premières (les) nouvelles de la paix envoyées de Saint-Germain-en-Tjaye à Paris. Paris, veuve Jean Remy, 1649, 8 pages.
H y en a de la même année une édition jouxte la copie suivie de la France espérant la paix.
2857. Préparatifs (les) de la descente du cardinal Maza* rin aux enfers , avec les entretiens des dieux souterrains, touchant et contre les Maximes supposées péri^ tables du gouvernement de la France justifié par
[PEÉSENT] DES MAZARINADES. 373
Tordre des temps dans toutes les royales (sic) , par le sieur de Sandricourt. C'est la suite de ma Descente (du polit, lutin) aux limbes. Tu demanderas au vendeur les trois pièces précédentes, Paris , 1 652, 32 pag.
Voir les Véritables maximes du gouifernement , etc.
2858. Présages burlesques sur la fortune de Mazarin. Paris ^ 1 652', 8 pages.
2859. Présages de changement dans la monarchie des François par M. B. J. V. D. R.D. L. P. P. T. (S. 1.), 1652, 16 pages.
C'est de l'astrologie. « Toutes choses prennent fin et changement par la révolution du nombre septennaire, après les alternatifs gouvernements desdits luminaires célestes, multiplié par 9.» L'auteur fait l'application de ce principe aux monarchies des Chaldéens, des Mèdes , des Juifs , des Romains , aux deux premières races de France.
Si ce n'est pas assez pour justifier le jugement de Mailly dans la note de la page 60 , vol. V, voici qui est moins innocent; c'est un des quadrins pour le bien public qui terminent le pamphlet :
<L L'empire des François précipite sa ruine , Si tous les trois États l'ancien droit ne reprennent De nos libres Gaulois ; car ceux qui le gouvernent , Sont un corps scélérat , exempt des lois humaines. »
Ce libelle a été écrit en 1650. Dans un passage^ en effet, l'auteur dit : « La précédente année 1649 » et ailleurs : « Il semble
que ce bon génie de la France a fait écrire aux Remèdes des mal^ heurs de VÉtat, imprimés depuis un an.... » Et les Remèdes des malheurs de F État sont de 1649.
Je n'ai pas vu d'édition de 1 650 ; et peut-être les Présages ontils circulé manuscrits jusqu'en 1652.
2860. Présent (le) d'immortalité offert au roi par Apollon et par les Muses représentées au feu de la Grève, le dimanche 5 septembre 1649. Paris, Jean du Crocîq, 1649, 6 pages. Rare,
374 BIBLIOGRAPHIE [pussahtes]
2861 . Pressantes (les) conjurations d*un très-dévot exorciste François, en vertu desquelles on doit chasser ce diable de Mazarin du corps de la France. 1 . Conjuration faite au roi, où notre très-dévot exorciste François lui fait voir la perte générale de tous ses États, si Sa Majesté ne chasse pas tout présentement ce diable de Mazarin et toute sa séquelle du corps^ de la France; 2. conjuration faite à la reine , où notre très-dévot exorciste françois lui fait assez sensiblement voir Tétrange précipice où elle se va jetter, si elle ne chasse pas ce diable de Mazarin du corps de la France ; 3. conjuration faite à messieurs les princes, où notre trèsdévot exorciste françois leur fait voir qu'ils n'ont rien de plus assuré qu'une étroite détention ou qu'un exil volontaire, s'ils ne chassent pas, comme ils l'ont entrepris, ce diable de Mazarin du corps de la France; 4. conjuration faite à messieurs du Parlement, où notre très-dévot exorciste françois leur fait voir qu'i^ sont infailliblement perdus, s'ils ne font pas tout leur possible pour chasser ce diable de Mazarin du corps de la France; 5. conjuration faite à tous les peuples, où notre très-dévot exorciste françois leur fait voir qu'ils ne sont pas encore à la fin de toutes les miaères qui leur doivent arriver, s'ils ne vont fondre tous ensemble sur ce diable de Mazarin pour le chasser du corps de la France. (S. 1.), 1662, 30 pages.
2862. Pressantes (les) exhortations de l'Église, au nom de Sa Sainteté , à tous les princes chrestiens pour la paix générale. (S. 1.), 1650, 16 pages.
2863. Pressantes (les) exhortations de l'Europe aux quatre monarchies chrétiennes et autres États de son empire pour la paix universelle et l'union de leurs ar-
[prince] des MAZARINADES. 376
mes pour la destruction de l'empire ottoman. Paris , 1649, 22 pages.
« Pour PAngleterre , je la sépare des royaumes de ma domination, comme étant une infâme parricide de son roi légitime^ et la laisse en horreur et en exécration à la postérité. »
« L'heureuse conquête de la Terre sainte est réservée à un jeune monarque des François, descendu de la tige de saint Louis.»
D'ailleurs fort insignifiant.
2864. Prière à Dieu pour le roi et pour le royaume, et particulièrement pour la ville de Paris, faite sur le sujet de la majorité du roi. Paris j (1651), 8 pages. Rare.
2865. Prince (le) de Condé aux bons bourgeois de Paris. Quatrième affiche. (S. 1. Uv d.), 6 pages;
Placardé le 24 juillet 1651.
C'est la seconde moitié de la Troisième Affiche^ à laquelle on ^^ ajouté un paragraphe.
2866. Prince (le) endormi, le Prince éveillé, et le Burlesque on de ce temps qui sait tout, qui fait tout et qui dit tout. Jouxte la copie imprimée à Paris, 1 649, 8 pages.
Recueil de trois pièces publiées séparément sous les mêmes titres.
2867. Prince (le) généreux foudroyant Mazarin pour l'intérêt des peuples , présenté à Son Altesse Royale. Paris j Salomon De Lafosse, 1 652, 7 pages. Rare.
Diatribe violente , mais d'un bon style.
2868. Prince (le) populaire écrivant aux deux couronnes de France et d'Espagne, leur faisant voir exactement tous les motifs et importance {sic) qu'il y a de faire la paix générale, avec les moyens nécessaires pour ap-
376 BIBLIOGRAPHIE [pusb]
paiser les troubles de ce royaume. Paris, 1652^
2869. Prise (la) d'un convoi de cinquante chariots chargés de blés et farines ^ avec la défaite de deux cents cavaliers des Mazarins qui le conduisaient , par cinq cents maîtres de Tarmée des princes, qui sortirent de la ville d'Étampes. Paris , Louis Hardouyn, 4652,
7 pages.
L'auteur donne la date du 22 mai.
2870. Prise (la) de Charenton par les troupes du roi, commandées par Son Altesse Royale , oîi huit régiments de Paris ont été entièrement défaits. Saint' Germain-enrLaj-ey le 12 février 1649, 8 pages.
Relation officielle.
Toutes les relations , sorties des presses de Saint-Germain , sont de Renaudot.
2871 . Prise (la) de la ville de Creil par les troupes de M. le Prince, avec Tétat de tout ce qui s'est passé parmi lesdites troupes dépuis leur décampement des environs de Paris. Paris ^ Jacques Le Gentil, 1652,
8 pages.
Datée du 16 octobre.
2872. Prise (la) de la ville et château de Langon par quelques troupes de monsieur le Prince, sous la conduite de M. le marquis de Luysignan {sic)y lieutenant général dans Tarmée de Son Altesse. Sur un im^ primé à Bordeaux , à Paris, Nicolas Vivenay, 1652, 8 pages.
2873. Prise (la) de la ville et du château de Brie-C!omte- Robert. Saint-Gernuzin-en-La/e, le 3 mars 1649, 8p.
Officielle.
[prise] des MAZARINADES. 377
2874. Prise de possession de Tarchevêchë de Paris par monseigneur réminentissime cardinal de Retz. (S. 1., 1 653), 7 pages. Rare.
2875. Prise (la) du bagage, meubles et cabinet de Mazarin par les habitants de la ville d'Angers, avec la liste de tout ce qui s'y est trouvé. Paris j Antoine du Hamel, 1 652, 8 pages. Rare.
Voici les livres que l'auteur a vus dans le cabineti^e Mazarin : le Décaméron de Bocace , les Postures de PArétin , les œuvres de Rabelais, les Jeux de V Inconnu, V Histoire de FortunatuSy \%Baron de Fœneste, le Chevalier Hypocondriaque , les Sérées de Du Bouchet {sic) , les Contes d'Écolières {sic)^ les Travaux sans Travail, les Lettres d*ArisJtène, traduites du grec en italien, le Prince de Machiavel , « quelques fragments de généalogie raazarinesque par le sieur B. , qui a autrefois fait imprimer des anagrammes pour ce brave messire ; item les panégyriques de Son Éminence, par une demoiselle {Suzanne de Nervèze) qui n'a pas beaucoup de pain cuit, et qui a fait vœu d'instituer en ce royaume un collège de Vestales, qui chanteront, jour et nuit, quelque ballade de Marot en faveur du bonnet rouge, et qui composeront des éloges du style de Nervèze , quoique ce style ne soit plus de saison j » la Mazarinade, la Lettre au Cardinal Burlesque , Epigrammata : nugœ anonymi in Mazarinum,
L'auteur des fragments de généalogie mazarinesque est peutêtre celui de VAnagramma acrostychœum in Julium Mazarinum qui est signé A. D. B.
2876. Prise (la) du château de Dijon par les troupes du roi, commandées par M. le duc d'Épernon, avecies articles accordés au sieur de La Planchette, commandant audit château, et à la garnison d'icelui, qui tenoient pour le prince de Condé. Paris ^ par les imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1651, 2 pages.
En réalité il n'y a que les articles , qui sont du 8 décembre.
378 BIBLIOGRAPHIE [prise]
Il faut donc joindre à cette pièce le Journal de ce qui s'est passé au siège du château de Dijon, etc.
2877. Prise (la) du château de Neufbourg, avec la retraite du duc de Longueville à Rouen, après avoir perdu soixante des siens, et l'installation du Parlement de Normandie en la ville de Vernon. SainUGermairi'en-La/e , le 1 6 mars 1 649, 4 pages.
Officielle.
2878. Prise (la) du château de Pagny par le sieur de Boutteville, gouverneur de Seurre, et la reprise dudit châieau par M. le marquis d'Uxelles, commandant l'armée du roi en Bourgogne. PariSj Jacob Chevalier, 1652, 7 pages.
La prise est du 6 décembre 1651 , et la reprise du 20.
2879. Prise (la) du château de Tournon, dans le Vivarats(j'/c), et du Pont Saint-Esprit, sur le Rhône, par les troupes de Son Altesse Royale, commandées par M. le vicomte d'Arpajon. Paris , André Chouqueux, 1652, 7 pages.
L'imprimeur avait eu une permission expresse du duc d'Orléans; mais ce n'est pas une raison pour croire à l'authenticité de ses nouvelles.
2880. Prise (la)'du courrier de Mazarin par les gens du prince de Condé , apportant deux lettres à la cour. (S. 1.), 1651, 8 pages.
2881 . Prise (la) et réduction de la forte place de Castelnau en Médoc par le duc de Bouillon , lieutenant général des armées du roi sous monseigneur le duc d'Anguien {sic)^ et les articles de la capitulation accordée au sieur La Broussete qui y commandoit pour le duc d'Épernon. (S. 1.), 1650, 7 pages. Rare.
La capitulation est du 7 juin.
[PROCÈS] DES MAZARÏNADES. 379
2882. Prise (la) et réduction de la ville et château de Chaulny par les troupes de Tarchiduc Léopold^ avec la prise du duc d'Elbeuf, du prince d'Harcourt et du sieur de Manicamp (sic)^ et la défaite entière de leur armée apportée à Son Altesse Royale par un courrier, le 18 juillet 1652. Paris, M. Maury, 1652, 8 pages.
Je ne connais rien de plus mal écrit et de plus mal imprimé ; mais cela est rare.
En général toutes ces prises de villes ne sont pas communes.
2883. Prise (la) par assaut de la ville de Quillebeuf en Normandie, avec la réduction, en l'obéissance du roi, de celle de Ponteaudemer (sic) , en la même province, par le comte d'Harcourt. Saint-Germain'en^Laje^ le 21 février 1649, 8 pages.
Officielle.
2884. Procès burlesque entre monsieur le Prince et madame la duchesse d'Aiguillon, avec les plaidoiries, par le S. D. S. M. Paris, veuve Théod. Pépinguc et Est. Maucroy, 1649, 35 pages.
La permission d'imprimer est datée du 25 mars. Pièce plaisante et curieuse, mais commune.
2885. Procès (le) criminel du cardinal Mazarin envoyé d'Espagne, avec la dénonciation de l'empereur. Paris ^ Pierre Variquet, 1649. 8 pages.
2886. Procès des véritables habitants de la ville d'Angers contre l'évêque, avec les pièces justificatives de leur différend : Lettre pastorale de monseigneur l'évêque d'Angers, avec la Rffponse des habitans d'Angers à ladite pastorale de mondit seigneur l'évêque, et \aPlainte de la réponse à la lettre pastorale de l'évêque d'Angers,
380 BIBLIOGRAPHIE [peogès]
brûlée par les Mazarins de la ville d'Angers . Aux habitants de ladite ville (S. 1.), I652y 12 pages. Rare.
Le désaveu de la Réponse par l'assemblée de ville est da 1 1 avril; le 12, le présidial déclara la Réponse calomnieuse et ordotana qu'elle fût brûlée par la main du bourreau.
Ce sont les frondeurs qui ont publié le Procès.
Mailly a certainement lu ce pamphlet , note de la p. 788 de son IV** volume ; mais il se trompe non moins certainement quand il dit que la lettre pastorale de Pévéque fut une réponse au Procès, Gela se prouve assez par le titre que je viens de transcrire.
2887. Procès (le) du cardinal Mazarin tiré du greffe de la couFy avec les chefs d'accusation proposés par la France contre Tinsolence de son ministère , présenté à Son Altesse Royale par le sieur de Sandricourt. Po* w, 1652, 15 pages.
On sait qu'il en a paru une seconde édition augmentée sous le titre de : le Complot et entretien burlesque sur Varrét du 29 décent' bre, etc.
2888. Procès (le) , Tajournement personnel , rinterrogatoire et l'arrêt de mort du roi d'Angleterre , avec le procédé dont il a été mis à mort, et la harangue qu'il fit sur l'échafaud , sur le rapport de plusieurs gentilshommes anglois qui y assistèrent et mirent le tout sur des tablettes. Fidèlement traduit de Tanglois par le sieur de Marsys , interprète et maître , pour k langue françoise, du roi d'Angleterre, régnant à présent, et de Son Altesse Royale Mgr. le duc d'Yorck, son frère. Pam, François Preuveray, 1649, 14 pages.
2889. Procès verbal contenant ce qui s'est passé, tant à Pont-sur- Yonne qu'en la ville de Sens, au voyage de messieurs les députés du Parlement de Paris , présenté à la cour par M. Du Coudray Géniers (sic)j conseiller