‹ Bibliographie des ouvrages concernant la tempéranceChapitre 1 sur 19 · COMITÉ · texte numérisé non relu

COMITÉ

MM. Bédard, M. P., MM. Hart.

Campbell, Holcomb,

Elgee, Adj., A. K., Lyons,

Eisher, Musson,

Gauthier, Panet, Phil., M. P.

Glackmeyer, Romain,

Clapham, Stayner.

Haie,

Trésorier : Dr Douglass.

Secrétaires : W. S. Sewell et J. H. Kerr.

Ce mouvement de tempérance québécois n'était pas une action isolée. Les sociétés de tempérance protestantes fondées en 1827 aux Etats-Unis, étaient à cette époque au nombre de 500. Dès 18z8, il en était fondé une à Montréal. En 1831 il y en avait près d'une centaine dans le Haut-Canada, et en 1832 un certain nombre dans le Bas- Canada, aux endroits suivants : Mont-

réal, Shefford, Brome, Huntingdon, Frost Village, Stukely, Farnham, Laprairie, Lacole, Lachute, Noyan, St-Armand, Dunham, Sagersfield, Québec, Sherbrooke, Bolton, Godmanchester, St-André (Argenteuil), Georgerille, Eusseltown, Napierville et Granby.

Le comité de Québec , adresse dans ce numéro du Moniteur un appel aux citoyens de Québec pour rappeler combien le pays a â gémir du fléau de l'intempérance, sans cesse croissant, et les inviter à réagir. L'appel se termine ainsi : " Ici comme ailleurs il faut s'attendre à de l'oppositioX de la part des uns, et à de l'indifférence chez les autres. Mais dans toutes les sociétés il règne un esprit de conservation, qui agit toutes les fois qu'un mal évident et funeste vient menacer le bien-être public et individuel ; et il n'y a pas d'opposition, pas d'indifférence, point d'égoïsme capable de lui résister. Au milieu des railleries et des sarcasmes, on le voit s'élever par degré jusqu'à une puissance à laquelle tous finissent par se soumettre de bon cœur, parce qu'elle découle de la bienveillanee divine, qui a créé l'homme pour la sagesse et la félicité." (Québec, 7 mai 1831).

4. The II Tempérance Monitor. || Published Monthly under the sanction of the Québec || Association for the diffusion of information con- Il nected with the subject of intempérance. Il (En tête) . May 1831.] [ Number 1. (Québec, mai 1831). 26 pp. in-12.

Edition anglaise du précédent. Le seul spécimen que nous connaissions appartient à la collection Neilson.

5. His Majesty's || twenty fourth régiment || of foot II tempérance monitor. || Québec : || Printed by Neilson & Cowan, 3, Mountain Street, || 1832. || 8 pp. in-18.

L'exemplaire décrit (Coll. Neilson) porte à la couverture l'indication manuscrite suivante : " 100 copies. P. G., 12th May, 1832."

Contient une série de six résolutions du comité d'organisation de la société de tempérance du 24e régiment, un appel aux soldats à s'enrôler dans cette société, les règlements de celle-ci, une formule d'engagement de tempérance à signer, les noms des membres du comité et des résolutions ultérieures du dit comité.

6. An address to the Intemperate, by a Committee of His Majesty's Twenty-fourth Régiment of foot. Québec : Printed by Neilson & Cowan, 14, Mountain Street.

1832. 7 pp. in-18.

Ex. consulté : Bibliothèque de l'Université Laval, Québec. Section des brochures, 23, Ascétisme, Carton No 6.

Il nous est arrivé une mésaventure que nous devons faire connaître, afin de rendre compte de l'absence de barres aux titres de huit des brochures — soit la plupart—consultées à l'Université Laval de Québec. Il y a une couple d'années nous avions d'abord catalogué ces brochures sans barres ; voulant ensuite y ajouter ce complément, nous fûmes derechef consulter ces ouvrages au mois de mai 1910. On venait justement

[1832] BIBLIOGRAPfflE

d'entasser les livres de la bibliothèque sous le toit, où ils gisent pêle-mêle, en attendant que la bibliothèque soit aménagée à l'épreuve du feu ; impossible d'y retrouver nos brochures. Heureux nous trouvons-nous encore de les avoir inventoriées il y a deux ans !

T. Tables, shewing the relative strenghts of spirituous liquors, etc. Québec : Priuted by Thomas Cary & Co., Freemason's Hall, 1835. 21 X 7 pouces.

Ecrit, dit-on, par Ed. Nicholson. Ex. décrit : Coll. Ph. Gagnon.

8. Histoire de l'eau-de-vie || en Canada ; || d'après un manuscrit récemment obtenu de France ||. — Inséré, avec sa pagination propre, pp. 1-29, dans la " Collection || de || Mémoires et de relations || sur |1 l'histoire ancienne du Canada, jj d'après des manuscrits Il Récemment obtenus des Archives et Bureaux Publics en France. || Publiée sous la direction de la || Société littéraire et historique de Québec. || Québec. || Imprimerie de William Cowan & Fils. || 1840." Il 29 pp. in-8.

Il n'entre pas dans le plan de la présente bibliographie de cataloguer les imprimés concernant la traite de

l'eau-de-vie. Nous avons cru toutefois faire une exception en faveur de cette Histoire de l'eau-de-vie à cause des détails intéressants qu'elle nous fournit sur les cabaretiers de cette époque et le commerce de la boisson parmi les Blancs.

Une note des éditeurs nous apprend que *' l'original du manuscrit, d'après lequel ce document a été publié, appartient maintenant au Séminaire de Québec. Ce Mémoire a été évidemment rédigé par quelque Missionnaire qui paraît avoir vécu assez longtemps parmi les sauvages du Canada pour être en état de tracer un tableau fidèle des crimes et des désordres que le commerce de l'Eau-de-vie avait occasionné à cette époque parmi les peuples de ce continent, et qui enfin amena la destruction presque entière de ces nombreuses peuplades.... On pense que c'est vers l'année 1705 que ce Mémoire aura été rédigé ; car alors la traite de l'Eaude-vie était dans toute sa vigueur, et les désordres qui en résultaient, étaient rendus à leur comble."

C'est l'abbé Holmes, professeur au Séminaire de Québec et membre de la Société litt. et hist., qui procura la publication de ce Mémoire.

L'article dixième traite du " détail du gain et des friponneries des cabaretiers, " et l'article onzième énumère les règlements que l'on devrait faire observer à Montréal :

" i" Il n'y a point de Ville polissée, où les Cabaretiers ou Bouchons ne doivent être approuvés du Gouverneur, Magistrat, et certificat du Curé [sic].

2" Où par conséquent, délinquant, il ne puisse être cassé et mis a l'amende, et s'il persévère, banni.

3" C'est la coutume et l'ordre que, durant le temps des offices divins, on ne donne point à boire.

4" C'est l'Ordonnance que l'on fait rendre aux Sauvages les bardes et les armes.

5" On a souvent ordonné que quand un sauvage ivre ferait du désordre, on le mette en prison.

6" Il y a des Ordonnances que le dernier qui enivre paye l'amende.

7" Qu'on ne permet pas de tenir cabaret hors de la ville, le Roi a ordonné qu'on ne traiterait qu'aux trois villes du Canada.

8" Que les dénonciateurs et témoins auraient part aux amendes."

•• Cartes d'engagement dans la Société de

tempérance fondée par Chiniquy. Québec,

vers 1840.

L'abbé Mailloux écrit, dans l'Ivrognerie, etc., p. 110 : "Les premiers symboles de tempérance, mis entre les mains des associés, furent des cartes imprimées, contenant le nom de l'associé, la date de son engagement : elles étaient signées par le curé de la paroisse. M. Chiniquy est l'auteur de ces cartes. Ensuite, on donna pour symboles des médailles de tempérance, que les associés devaient porter sur eux, en signe d'union à la société,"

Il devait y avoir en usage diverses sortes de cartes, et celle cataloguée au numéro suivant en est une variété.

lO. Société de tempérance de la paroisse de St-Roch de Québec, fondée le 15 novembre 1840. S. l. n. d. Carte de 6 x 4i pouces.

Au centre de la croix, texte de la promesse de tempérance, et textes de l'Ecriture Sainte. Au bas, attes-

tation, avec blancs pour le nom et la date d'engagement et la signature des " Secrétaires." Signé par le curé Charest, Saint- Eoch, président.

L'exemplaire que nous avons consulté appartient à la collection Gagnon. C'est la carte d'engagement de M. J.-Bte Bertrand, fils ; elle porte le No 745. Au dos, de la main de M. Bertrand : " Présenté à M. P. Gagnon, ce 19 sept. 1898. J.-B. Bertrand." Et de la main de M. Gagnon : " Lorsque le jeune Bertrand s'avança pour aller chercher sa carte le curé Charest fit la remarque suivante : Encore un qui ne connaîtra pas le goût de la boisson !"

11- Société de tempérance || de la paroisse de Sainte Foye. || Fondée le 20 avril 1841. |1 — Au centre la formule d'engagement ordinaire à cette époque, enclavée, comme c'était alors l'usage, dans une croix. Au bas, attestation du " Curé de Ste. Foye, Président."— >«'. d. P. G. Delisle, Québec. Feuille 12 x 9 pcs.

Bien sûr que M. l'abbé Scott, curé actuel de Sainte- Foy, s'il rééditait cette formule, verrait soigneusement à ce que l'e de Foye soit supprimé ! — Quand a été imprimée cette feuille ? Mr. Scott nous écrit : " Je ne le sais. M. Huot était curé en 1841, M. Sasseville l'est devenu en 1868. Quand à moi je n'ai rien fait imprimer sur ce sujet..." Nous avons vu au presbytère de Sainte-Foy une de ces feuilles signée par M. Sasseville.

12. (S. t.) Mandement de Mgr Signay, évêque de Québec, pour recommander et régler les retraites et l'établissement des sociétés de tempérance. [Québec, 12 février 1842]. 4 pp. in-fol.

C'est le premier document épiscopal touchant la tempérance sûrement imprimé à Québec. Il l'a été probablement chez Neilson, sa belle apparence typographique semble l'indiquer. Mgr Signay se réjouit du changement apporté dans les mœurs depuis deux ans par la prédication des retraites et par l'établissement dans toutes les paroisses, sans exception, de sociétés de tempérance. Il engage les curés à soutenir leur zèle, et tous les fidèles à entrer dans ces sociétés.

13» New pocket édition || of that most || useful and popular work || entitled y Brandy and Sait ; || being || an effectuai remedy || for most II of the diseases which afflict humanity. || By William Lee, esq. || Quebec : Il Printed by Wm. Neilson, No. 19, Mountain Street. || 1842.|| PriceSix-Pence.|| 28 pp. in-18.

Cette publication, qui a du faire les délices des vendeurs de brandy... et de bon nombre de malades, mérite une mention à cause de son originalité.

"This extraordinary little work is a reprint of an English édition, sent to the public, by an indépendant gentleman, whose only object was to do good by diffus-

ing knowledge of a useful character, at a small expense, suited especially to the poor classes. This simple remedy has the great recommendation, that if it does no good, it is harmless, and to say the least of it, it is worthy of a trial, by the afflicted in Québec."

L'auteur énumère 70 maladies et donne le mode d'application pour chacune d'elles. Panacée infaillible pour tous les maux qui affligent l'humanité : depuis les simples hobos et les piqûres de maringouins jusqu'aux maladies qui s'appellent : typhoïde, cancer, rhumatisme, paralysie, etc.. Essayez, incrédules!... ou plutôt, n'essayez pas, c'est la condition à laquelle nous vous livrons la recette :

" Half fill a bottle with brandy, and add to it onethird the quantity of sait; cork and shake them well together. When mixed, let the sait settle to the bottom, and be particularly careful to use it when clear : the clearer the better. Many person* hâve made a great mistake in shaking it up just before it is used. The efiBcacy is not so great, and to open sores the application is much more painful from the particles of sait which are not dissolved in the brandy, but the sait and brandy should remain together and when ail the brandy is used off more may be added to the sait. Though it is ready for use in twenty minutes after it is put together, it is good at any time after, and it is a perfect medicine, as it has the rare quality of being greatly efiûcacious in either internai or external applications... The inquiry has often been made of me whether gin, rum, or spirits of wine, will not do as well as brandy, or if Bett's brandy is not as good as French brandy. With regard to the first three, gin, rum, or spirits of wine, I should recommend ail such to make the ex périment for themselves ; for myself, I hâve always been content with French Brandy."

Ex. décrits : Coll. Ph. Gagnon et coll. Neilson.

14. Association catholique l| de || tempérance |{ De la paroisse de Beauport. || — [Dans un soleil, le texte : On donne à Jésus du fiel et du vinaigre à boire. — De chaque côté du soleil, des mottos de tempérance.] — Quebec : Il de l'imprimerie de J.-B. Fréchette, père, Il rue de la montagne, basse-ville. || 1843. Il 34 pp. in-8.

L'exemplaire consulté appartient à M. l'abbé Lindsay, de l'archevêché de Québec, et vient de M. Geo.-L. Lemoine, successeur de Chiniquy à la cure de Beauport. A côté de la date d'édition 1843, M. Lemoine a écrit : 1842 — 26 Décembre. Il a aussi de sa main ajouté 33 noms à ceux des 806 membres de la Tempérance partielle de Beaupçrt et de Laval consignés dans cette brochure, et 7 à la liste des 531 " totalistes." — Il est à remarquer que l'association enrôlait les femmes. Il y a aussi un exemplaire de cette brochure aux Archives fédérales, Ottawa. Section des brochures: P. 342-7. L'auteur est Chiniquy.

Chiniquy!... Il nous faut nous arrêter à cet homme. Nous ne parlerons que de 1' " apôtre de la tempérance, " comme il convient. Les notes qui vont suivre sont en partie tirées de la Notice biographique signée de M. Hector Langevin, insérée en tête de la 3e édition du Manuel de tempérance [Montréal, 1849], et de la notice de Mgr H. Têtu, dans son ouvrage sur les Familles Têtu, Dionne, etc. [Québec, 1898].

Charles Chiniquy naquit à Kamouraska, le 30 juillet 1809; son père, alors étudiant en droit, fut notaire, et mourut subitement en 1821, à la Malbaie, où il s'était fixé. Le jeune Chiniquy fut recueilli par un oncle, à Kamouraska, qui l'envoya en 1822 au collège de Nico-

let. Le jeune élève s'étant rendu indigne de la protection de son oncle, deux prêtres, messieurs J.-O. Leprohon et L.-Moïse Brassard, lui firent achever ses études, qui durèrent encore quatre ans. Au collège, deux opinions s'étaient formées sur Chiniquy. Pour les uns, c'était un S. Louis de Gonzague, pour les autres un hypocrite, un type achevé de Sainte-n'y-touche. Ses études terminées, il prit la soutane, poursuivit ses études théologiques — au Séminaire de Québec, dit M. Langevin— , et fut ordonné prêtre, dans la cathédrale de Québec, le 21 septembre 1833. Trois jours après il est nommé vicaire à Saint-Charles, Kivière-Boyer ; le 25 mai 1834, à Charlesbourg, et le 1er septembre de la même année à Saint- Roch de Québec. Pendant son vicariat à Saint- Roch, il dessert les cholériques de Charlesbourg et l'Hôpital de la Marine. Il fut quatre ans à Saint-Roch, et le 21 septembre 1838, il fut nommé curé de Beauport. En 18- 9, il suit un cours régulier d'anatomie à Québec, en vue de l'apostolat de la tempérance, auquel il rêvait de se consacrer. Il débute par sa paroisse. Voici à quelle occasion, d'après une lettre que M. Beaumont, curé de St-Jean-Chrysostôme en 18G7, écrivait à M. le Grand-Vicaire Mailloux. {L'ivrognerie, etc., p. 108) : " C'est en 1839 que, lisant sur les papiers anglais le mouvement qui s'opérait en Irlande en faveur de la tempérance, je conçus l'idée de travailler à procurer le même bienfait à ma paroisse par une association contre le monstre affreux de l'ivrognerie. Dans ma paroisse, comme dans beaucoup d'autres, ce vice abominable était malheureusement arrivé à son apogée.

" Une circonstance m'engagea peut-être à commencer plus tôt que je ne l'aurais voulu. Je rencontrai, au Séminaire de Québec, M. Chiniquy, alors le bon et zélé curé de Beauport. Notre conversation tomba sur les besoins spirituels de nos paroisses respectives, et nous

formâmes le projet de commencer simultanément une croisade contre l'intempérance, lui au nord, moi au sud." M. Beaumont raconte ensuite le succès de sa première assemblée de tempérance.

De son côté Chiniquy donne, dans l'hiver de 1840, des retraites à sa paroisse, et le 29 mars il y établit l'association catholique de tempérance.

"A une assemblée nombreuse des habitants de Beauport tenue à la Sacristie le 29 mars 1840, il a été résolu :

I. Qu'il était important pour les intérêts spirituels et temporels de la paroisse d'établir une Société de Tempérance.

II. Que M. C. Chiniquy, curé, soit prié d'accepter la présideDce et que M, Jean Eain ville en soit le Secrétaire.

III. Que chaque personne qui voudra être membre de la Société sera obligée de faire la promesse suivante:

Je m'engage solennellement et publiquement d'éviter l'Intempérance et de ne jamais fréquenter les cabarets. Je ne ferai jamais usage de boissons fortes sans une absolue nécessité ; et si pour devenir tempérant il me faut renoncer à toute espèce de boissons, je m'y engage ; je promets aussi de faire tout en mon pouvoir par mes paroles et par mes exemples pour que mes parents et mes amis en fassent autant.

IV. Qu'il y aura un livre où seront inscrits lea noms des membres de la Société.

V. Que chaque membre recevrait le jour de sa réception un certificat signé du Président.

VI. Qu'à la mort d'un confrère la Société fera dire une messe basse à laquelle tous les membres seront invités d'assister.

VII. Que chaque associé s'intéressera à ce que tous les membres en observent exactement les règles. Si quelqu'un les enfreint, M. le Président en sera informé,

et s'il n'y a point d'espoir que le coupable revienne à des sentiments d'honneur et de religion, son nom sera effacé du livre de la Société."

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