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AVERTISSEMENT

N plaçant cette bibliographie sous le patronage de M. le Baron Jérôme Pichon, j'ai voulu rendre hommage non seulement au Président de la Société des Bibliophiles françois, mais à l'éminent érudit qui nous a révélé le véritable nom de Taillevent, auteur du premier traité de cuisine française, et qui a reconstitué, pour ainsi dire année par année, les états de service du « queux de bouche » de Philippe de Valois.

Avec une complaisance sans limites, M. le Baron Pichon a bien voulu mettre à ma disposition les trésors de sa bibliothèque ; il ne s'est pas borné à m'ouvrir ses vitrines, il m'a encouragé de ses affectueux et savants conseils, fourni les renseignements les plus précieux et communiqué des documents puisés aux sources les plus sûres, entre autres un travail manuscrit sur l'auteur du Viandier, travail qui ne tardera pas, il faut l'espérer, à sortir de ses tiroirs pour être livré à la publicité. Qu'il me permette donc de lui témoigner ici toute ma gratitude !

Une bibliographie des livres de cuisine peut sembler, au premier abord, ■ quelque peu futile, et cependant la Science de gueule, cette science si chère à Montaigne et à Rabelais, n'a-t-elle pas, depuis que le monde est monde, tenu une place considérable dans la vie des peuples ? Je ne voudrais pas avec Berchoux, ce rimeur d'assez triste mémoire,

Mettre au r.nng des beaux-arts celui de la cuisine,

mais il est juste de reconnaître l'influence qu'elle a toujours exercé sur les

viii A vektissei\u:nt

rapports sociaux et sur le caractère de l'homme qui, suivant qu'il a bien ou mal diné, se montre d'humeur enjouée ou grincheuse.

Sans parler des instincts gourmands qui m'ont toujours poussé du côté de la rôtissoire, j'ai été frappé, en feuilletant les catalogues, de la place réservée, dans les plus belles bibliothèques d'amateurs, à l'art culinaire et du prix que ces livres atteignent dans les ventes. Est-ce la gourmandise,' est-ce l'amour du livre qui m'ont guidé ? Tous les deux peut-être. Toujours est-il que j'ai recueilli, noté, classé, au jour le jour et sans presque y penser, les titres de ces ouvrages gastronomiques jusqu'ici assez négligés par les bibliographes et que leur grand nombre, en même temps que l'intérêt et la rareté de beaucoup d'entre eux, m'a amené à tenter leur réhabilitation.

C'est donc cette œuvre, depuis longtemps entreprise, que je soumets aujourd'hui à tous les amis du livre... et de la gastronomie.

Si je me suis attaché à décrire consciencieusement tous les ouvrages qui figurent dans cette bibliographie et qui, pour la presque totalité, m"'ont passé sous les yeux, je n'ai pourtant pas la prétention de croire qu'il ne s'y rencontrera point quelques omissions et quelques erreurs. N'est-ce pas là, d'ailleurs, le sort réservé à tout travail de ce genre? La question est d'être le moins incomplet possible ; c'est le but vers lequel ont tendu tous mes efforts. Y aurai-je réussi ? Je le désire, mais je réclame néanmoins l'indulgence de ceux qui me feront l'honneur de me lire en les priant de vouloir bien me signaler, pour l'avenir, les fautes et les oublis que j'aurai pu commettre. J'en ai relevé moi-même, pendant le cours de l'impression, que j'ai consignés, à la fin du volume, dans un Appendice et dans des Errata.

Quant à la table des matières, il m'a semblé, le livre étant rédigé par noms d'auteurs, sauf pour les ouvrages anonymes que l'on trouvera placés à leur ordre alphabétique, il m'a semblé, dis-je, qu'il était indispensable de la composer par noms d'ouvrages. Car il arrive bien souvent, surtout dans ces matières spéciales, que l'on connaisse le titre d'un livre tout en ignorant le nom de son auteur.

Et, maintenant, il me reste un devoir fort agréable à remplir, celui de remercier M. Emile Picot dont je n'ai pas besoin de rappeler les savants travaux bibliographiques ; MM. Thierry et A. Pauly, de la Bibliothèque

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