‹ Bibliographie gastronomiqueChapitre 250 sur 348 · PASTISSIER. — PASTISSIER · texte numérisé non relu

PASTISSIER. — PASTISSIER

Paris, 2 en Belgique et i à Nancy. M. Pieters. Annales des El^cviers , p. 210, en a compté g. AI. Willems, pas plus que M. Brunet, ne s'explique l'engouement que l'on semble avoir pour le Pastissier et va jusqu'à le qualifier de « bouquin insignifiant n. Il est juste de dire que cet ouvrage n'est pas imprimé avec le soin qu'ont apporté les Elzeviers dans l'exécution de bien d'autres livres sortis de leurs presses, mais c'est peutêtre aller un peu loin que de dire que « sa réputation de rareté est tout à fait usurpée ».

On conçoit aisément que les exemplaires du Pastissier qui, au moment où ils ont été mis en vente, se vendaient douze sous soient difficiles à rencontrer en bonne condition, bien que le livre ait été tiré à un grand nombre, à plusieurs milliers sans doute. Sera-t-on sûr, dans deux siècles d'ici, de trouver un exemplaire bien conservé de la Cuisinière de la Campagne et de la Ville. Il faut bien se rendre compte que le Pastissier français était alors un livre de cuisine pratique que l'on mettait entre les mains des cuisiniers de l'époque. Ce n'était même pas un livre de luxe comme certains d'aujourd'hui dont le prix est assez élevé pour qu'il ne soit pas à la portée de tous les ménages, comme les œuvres de GoufFé ou d'Urbain Dubois par exemple.

C'est, du reste, ce que dit très judicieusement M. Paul Lacroix dans une note que nous trouvons au Cat.ilogue Pixérécourt et qui est ainsi conçue : Louis et Daniel Elzevier ne soupçonnaient pas en répandant des milliers d'exemplaires de cet ouvrage qu'un volume qui ne coûtait que quelques sous, serait payé plus de deux cents francs et obtiendrait une mention spéciale dans les catalogues de livres précieux ».

Deux cents francs! dit M. Paul Lacroix. Ce n'est plus par centaines, mais par milliers de francs que l'on peut compter le prix du Pastissier depuis l'époque à laquelle écrivait le bibliophile Jacob.

En 1878, un exemplaire de cet Elzévir a atteint le prix fabuleux de 10,000 francs ; il est vrai qu'on se trouvait en présence d'un exemplaire absolument spécial. Cet exempl. vendu à M. Delbergue par MM. Morgand et Fatout, venait d'Italie; il était broché et non rogné et alors que les autres exemplaires connus ont une hauteur variant entre 124 et 150 mill., celui-là en atteignait une de 145. La trouvaille était, on le voit, curieuse, intéressante. Mais à peine venait-on de la faire que l'on découvrait, encore en Italie, un exemplaire identique et comme condition et comme conserva^on. Cette découverte provoqua dans le monde des libraires et des

bibliophiles, un certain émoi ; des doutes s'élevèrent et l'on alla jusqu'à dire que ces exemplaires avaient été fabriqués, MM. Morgand et Fatout, alarmés à bon droit, des bruits que l'on faisait courir, voulurent pour eux-mêmes et pour l'amateur qui s'était rendu acquéreur de cet exemplaire dégager leur responsabilité. On résolut de soumettre la question à deux experts choisis, l'un parmi les libraires, l'autre parmi les bibliophiles. MM. L. Potier et Q.uentin-Beauchard furent désignés; ces messieurs examinèrent le plus scrupuleusement possible le sujet de l'expertise et, leur examen terminé, rédigèrent un procès-verbal daté du 17 mars 1879 qui fut inséré dans le Bnllclin mensuel de la librairie Morgand et Fatout, de juin 1879 et remis à chacune des parties. Après avoir exposé toutes les considérations résultant de leurs recherches, MM. Potier et Quentin-Beauchart ont ainsi conclu :

ic Avons été d'avis que l'exemplaire broché du Pastissier français qui a été soumis à notre examen est d'une authenticité incontestable, j)

Il n'y a donc aucun doute à avoir à ce sujet. Voici, maintenant, quelques-uns des prix atteints par cet elzevir dans différentes ventes :

L'exemplaire Sensier, h''""' 128°"°, acheté 128 fr. en 1828, s'est revendu, après avoir figuré dans la collection de MM. Bignon, Coislin, Montesson, 2,910 fr., mar. bl.

(Trautz-Bauzonnet), Potier; 3,255 fr., Benzon.

Un autre exemplaire, 131"™ 1/2, ayant appartenu au cardinal de Brienne et à la duchesse douairière de Manchester, relié en vélin, a été vendu, en mar. vert (Thibaron) 1,000 fr., Bancel ; celui de M. Van den Bogaerde, [29°"°, en vélin, a été acheté par M. Capron et revendu 3,200 fr. à M. de Sauvage. A la vente de ce dernier amateur, il a été adjugé, en mar. r. doublé, 4,100 fr. Le même exemplaire vient de se revendre 1,950 fr.,Léon Techener. (Voyez Willems, Les El:(^eviers, p. 301 et suivantes.)

— Le Pastissier François Seconde

édition. A Paris, Che^ lean Gaillard, ruë S. lacques, à la Diligence, 1657, in-8 de 205 pages, 5 pages de table n. ch. et I f. (yo blanc) pour l'extrait du privilège. (De 30 à 35 fr.)

Le titre est le même que celui de la première édition, mais il y a quelques légères différences dans l'orthographe de certains mots.

— Le Pastissier francois Troisième

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