TANNEGUY DE WOGAN
M. duérard, Supercb. IM., cite l'édition suivante :
— Taillevent, grand cuysiiiier du roy de France. Paris, s. d., pet. in-8 goth.
et il ajoute : Réimprimé sous ce titre :
— Livre de cuysiiie très utile et proffitable... par le grand escuyer de cuysine. Paris, s. d. (marque de Pierre Sergent), pet. in-S" goth., fig. s. bois.
Le Livre de Cuysine n'est pas une réimpression du Taillevent; M. Quérard s'est trompé. Les deux ouvrages, qui datent tous deux du xiv" siècle, sont absolument distincts et le texte du premier diffère essentiellement de celui du second. Voyez: Livre de Cuysine très titille; Cuisinier (Le Grand) de toute cuisine; Livre fort excellent de cuisine...
C'est à M. le Baron Fichon que nous devons de connaître le véritable nom de l'auteur du Viandier . L'éminent président de la Société des Bibliophiles françois a bien voulu nous communiquer un travail manuscrit quil a consacré à Taillevent et dans lequel nous avons puisé de très précieux renseignements sur les états de service de ce personnage.
Nous y trouvons, en effet, que Guillaume Tirel, dit Taillevent, était en octobre 1349 « queux de bouche » de Philippe de Valois. A cette époque, Philippe VI lui accorda à lui et à sa femme Jeanne (sa première femme), l'amortissement gratuit d'une rente de 24 francs pour la fondation d'une chapelle. {Trésor des chartes, J. 55,183.) Guillaume Tirel fut sergent d'armes, à une époque indéterminée, probablement sous le règne du Roi Jean. En 1361, nous le voyons queux du duc de Normandie qui lui donne une somme de 100 fr. d'or « pour ses bons et agréables services ». Premier queux du roi en 1373, il devient écuyer de cuisine eu 1381, et en 1387, premier écuyer de cuisine investi de fonctions spéciales. A partir de cette date, Taillevent cesse d'exercer. En 1388 (1389, nouveau stj'le), il n'est plus fait mention de lui; peut-être s'est-il retiré, peut-être aussi est-il mort?
AL le B°n Pichon a également pu établir, d'après une note de l'époque inscrite sur le manuscrit conservé à la Biblioth. nat.
que le Viandier, le premier traité de cuisine français, a dû être composé, vers 1375, sous le règne de Charles V qui, on le sait, a fait écrire plusieurs traités analogues.
C'est aussi M. le B"" Pichon qui a découvert à Hennemont, près Saint-Germaiu-en-
Laye. la pierre tombale de Guillaume Tirel, actuellement conservée au musée de cette ville et où l'écuyer de cuisine est représenté debout entre ses deux femmes.
On trouvera d'intéressants renseignements sur Taillevent dans un article de M. le B"" Pichon publié dans le Bulletin du Bibliophile, année 1843, P- ^-SS-
Le nom de Taillevent se trouve cité dans le Grand Testament de François Villon (ed. Janet, p. 76.)
Si aille veoir en Taillevent, Ou chapitre de fricassure, Tout au long, derrière et devant.
Lequel n'en parle jus ne sure; Maisa Macquaire vous asseure, A tout le poil cuysant ung- diable, A/fin que sentist bon l'arsure Ce Recipe m'escript, sans fable.
Deux manuscrits du Taillevent sont conservés .à Paris, l'un à la Bibliothèque Mazarine, & l'autre à la Bibliothèque nationale. Le premier (Mss. n" 1253) est un pet. in-fol. de 10 ff.; il occupe les ff. 219 à 228 d'un recueil factice écrit au xv° siècle (vers 1480) et commence par ces mots : Tailleuent maistre queux du roy de jrance icy enseigne a toutes gens pour apparoillier a niaingier en cnsine de roy duc conte marquis barons prelàs & de tous aultres seigneurs bourgois merchans et gens d'ouneur.
En tête de ce recueil, on lit <■ Cest a moi Tabourot » Ce Tabourot, bien que l'orthographe de son nom soit différente, ne seraitil pas le même que le Taboureau dont nous décrivons ci-avant un Traité de cuisine?
Le second (Biblioth. nation. Mss., fonds français, i979i)est un pet. in-4'' de 18 ff. n. ch., sur vélin. Il commence au r" du I" feuillet par ces mots : « Cy comence le viandier tailleuant maistre queux du Roy nostres (ire) » et finit au v° du i8s {., après la 9'' ligne, par le mot : Explicit.
TAMBURIN. — Méthode pour la fabrication artificielle des vins, ou mieux pour la préparation de quelques boissons économiques, suivie de moyens faciles par F. Tamburin, pharmacien
de !■'<= classe. Toulon, les libraires, Fauteur, 1854, in-i6. (i fr. 50.)
TANNEGUY DE WOGAN. — La Vie à bon marché, ouvrage accompagné de 50 menus et recettes culinaires par E. Tanneguy de Wogan, lauréat (i^i" prix au concours) de la Société libre pour le développement de l'instruction et de l'é-