Danses gravées
898. Der Doten Dantz , Des Dodes Dantz ou Todtentantz. — Danse des morts.
Sous ce titre, l’Allemagne a vu paraître, dans la seconde moitié duxve siècle, plusieurs représentations gravées de la Danse des morts ; quelquesunes sont les plus anciennes que l’on connaisse. Elles sont toutes d’une grande rareté. Brunet en a donné la description au mot Tocitentanz.
La bibliothèque de Heidelberg possède l’exemplaire unique de la plus ancienne danse des morts allemande gravée. Elle remonte aux temps des impressions xylographiques tabulaires, et se compose de 26 gravures pet, in-fol., d’une rudesse primitive. Une édition sans date, mais dont l’impression avec texte (en haut allemand) en caractères mobiles, a dû être exécutée entre 1480 et 1490 à Nuremberg ou à Strasbourg, offre 42 figures sur bois, d’un art déjà très-avancé. On n’en connaît que trois exemplaires ; celui de la collection T. -O. Wcigel s’est vendu 3,000 fr. en 1872. Une autre édition de la même époque n’a que 41 fig. Bien supérieure encore au point de vue de l’art est celle de Lubeck, pet. in-4 (avec texte en bas-saxon), datée de 1489 et ornée de 59 fig. sur bois. M. Weigel en possédait l’exemplaire unique qui s’est vendu 3,040 fr. On en a fait une nouvelle édition à Lubeck en 1496.
899. La Danse macabre [des hommesj. — Paris, Guy Marchant, 1485, pet. in-fol., 17 fig. s. bois; — ibid ., i486, pet. infol., 23 fig. s. bois. = La Danse macabre des femmes. — Ibid., I486, pet. infol., 3 fig. s. bois.
Premières éditions de ces Danses rééditées plusieurs fois avec les mêmes figures, qui ont servi aussi de type à de nombreuses reproductions faites à Paris, Lyon, Rouen, Genève, et à Troyes où la dernière édition en a été donnée en 1729. Pour les détails bibliographiques sur toutes ces éditions, je renvoie au Manuel de Brunet, au mot Danse.
On croit que les figures des éditions originales ne sont que la reproduction des peintures du Charnier des Innocents. La mort y est représentée entraînant à la fatale danse les hommes et les femmes de toutes les conditions sociales. Les figures, presque au trait, légèrement ombré, se font remarquer par un dessin expressif et correct, malgré sa gothique naïveté. C’est un monument remarquable de la gravure française à son origine.
Toutes les éditions anciennes étant fort rares et d’un prix très-élevé, je signalerai une publication contemporaine : La Grant Danse macabre clés hommes et clés femmes , etc.; Paris, Potier, 1858, pet. in-8, ornée de 87 planches soigneusement gravées sur bois et reproduisant les figures réduites de l’édition de 1486 pour la danse des hommes, et de celle de 1491 pour la danse des femmes.
N’oublions pas d’ajouter que les publications de Guy Marchant ont donné l’idée aux libraires et
imprimeurs contemporains et à leurs successeurs d’introduire les sujets des danses des morts dans les bordures des livres d 'Heures, si recherchés aujourd’hui.
900. La Danse Macabre. — Al a fin: ) Cy finist la Dance macabre historiée et augmentée de plusieurs nouveaux personnages et beaux dits. Et les trois mors et trois vifs ensemble nouvellement ainsi composée et imprimée à Paris par Gillet Coustiau et Jehan Menart, 1492, pet. in-fol. goth. à 2 col., 12 ff., avec 19 fig. s. bois.
M. Ambroise Firmin-Didot est l’heureux possesseur de Punique exemplaire de cette danse macabre. Les figures y sont plus grandes que dans les éditions de Guy Marchant, mais elles n’y sont pas gravées avec autant de finesse ; en revanche, elles les surpassent peut-être par une composition plus dramatique et plus nerveuse.
901 . HOLBEIN (Hans). Les Simulachres et hi storiées faces de la mort, autant élégamment pourtraictes que artificiellement imaginées. — Lyon, Trechsel, 1538, pet. in-4, 52 ff. , avec 41 fig. s. bois (300 à 600 fr.). = Les Images de la mort, auxquelles sont adjoustées douze figures, etc. — Lyon, J. Frellon, 1547, pet.
in-8, 104 ff., avec 53 fig. s. bois (200 à 400 fr.).
Ce chef-d’œuvre de dessin et de gravure, galerie piquante où l’on voit se succéder de petites scènes fines, originales, hardies, pleines de fantaisie philosophique et qui révèlent le penseur grand artiste, est généralement connu sous le nom de Danse des morts cl’IIolbein. Exécutées à Bâle, ces gravures passèrent ensuite à Lyon. Antérieurement à l’édition de 1538, qui est la première avec texte, il y a eu trois tirages des 41 pl., d’un seul côté du papier; les deux premiers avec l’indication du sujet en allemand, le troisième sans aucun titre. L’édition de 1538 fut suivie de trois autres (deux en 1542, et 1545) avec texte français ou latin et les mêmes 41 pl. Douze nouvelles planches figurent pour la première fois dans l’édition de 1547, et cinq autres éditions, dont la dernière est de 1562, ont encore été tirées sur ces 53 bois originaux. (Pour les détails voir le Manuel de Brunet, art. Holbein, et ouvrages spéciaux mentionnés plus loin.)Ces Simulachres ont été l’objet de près d’une centaine de copies sur bois, sur cuivre et sur pierre (voir les ouvrages de Massmann et de Langlois, ci-dessous). Les meilleures copies modernes sur bois sont celles de Bonner (49 pl. seulement) ajoutées à l’ouvrage de Douce (voir cidessous, n<> 908); celles de Schlotthauer , sur pierre, sont d’une exquise perfection : Hans Holbein’ s Todtentantz, in 53 getreu nach den Holzschnitten lithographirten Biattern, herausgegeben von J. Schlotthauer , mit erklarendem Texte; Munich, 1832, in-12, 78 p. et 53 fig. (10 à 12 fr.). Ces dernières planches ont servi pour l’édition française : La Danse des morts , etc., expliquée par II. Fortoul; Paris, s. d. (1842), pet. in-8 (15 à 25 fr.).
Les éditions originales de cette Danse de mort ayant paru sans indication du nom de l’artiste, une discussion s’engagea sur la paternité de cette œuvre, discussion terminée en faveur de Holbein comme dessinateur (voir A. Firmin-Didot, Essai sur l’histoire de la gravure sur bois , col. 47 à 69). Plusieurs témoignages portent
DANSES DES MORTS
à croire que Hans Lülzelburger, dit Frank, est en grande partie le graveur de ces belles planches.
Quarante-deux dessins de cette suite, des originaux, suivant toute vraisemblance, bien qu’un peu contestés, appartiennent aujourd’hui à M. Ambr. Firinin-Didot, après avoir été jadis en la possession de Rubens. Ces dessins à la plume, légèrement ombrés au bistre, sont d’un tiers plus grands que les gravures.
902. RETHEL (Alfred). Ein Todtentantz aus dem J. 1848, etc. — Une Danse des morts de 1848. Avec texte explicatif par R. Reinick. — Leipzig, 1849, in-fol.
obi., 6 pl. grav. s. b. (cinq édit, dans cette année); — 6e édit.; ibid., s. d.
(1857), in-fol. , 6 pi. ; — 7e édition sous ce nouveau titre : Audi ein Todtentantz , etc .\ibid., Schlicke, 1861, in-fol., 6 pl. — 2 fr.
Satire des événements politiques de 1848.
903. MERKEL (Cari). Bilder des Todes oder Todtentantz für aile Stànde, etc.
— Tableaux de la mort , ou Danse des morts pour tous les états ; inventé et dessiné par C. Merkel et gravé sur bois par J.-G. Flegel. — Leipzig, 1850, gr.
in- 8, 14 ff. , donnant 25 sujets.
Invention heureuse, spirituelle et bien gravée.
904. POCCI (Fr.). Todtentantz in Bildern und Sprüchen , etc. ■ — La Danse des morts : images et sentences ; dessinée par Fr. Pocci , gravée sur bois par H. Rühling. — Munich, s. d. (1863), gr. in-4, 12 pl. avec titre et préface.
905. BARTH (Ferd.). Die Arbeit des Todes. Ein Todtentanz. — Le Travail de la mort. Danse des morts. — Munich, s. d. (1866), gr. in-4, 25 grav. s. b.