Danses peintes ou sculptées, a. Allemagne
886. Todten Tantz wie derselbe in der weitberümpten Sta.it Basel , cils ein Spiegel menschlicher Besc/iaffenheit , gantzkünstlich gemahlet und zu sehen ist, etc. — Bâle, J.Schroter, 1621, in -4, 42 pl. s. cuivre; — ibid. , Mieg, 1621 et 1625, in-4, 42 pl. ; — Francfort, 1649, 1696, s. d. (1725), in-4, 42 pl. (20 à 50 fr.). — La Dance (sic) des morts, telle qu’on la voit dépeinte dans la célèbre ville de Basle, qui représente la fragilité de la vie humaine, comme dans un miroir. Enrichie de tailles douces faites d’après l’original de la peinture, et traduite de l’allemand en françois par les héritiers de feu M. Mathieu Mérian; Berlin, 1698, in-4, 42 pl. (20 à 50 fr.).
Cette Danse des morts de Bâle a été souvent confondue avec celle de Holbein.
En 1439, la peste régnait à Bâle pendant la réunion du concile. Les prélats qui y assistaient firent peindre, en mémoire de ce fléau, par un artiste demeuré inconnu , une danse des morts sur les murs du cimetière touchant au couvent des Dominicains. Cette peinture était surtout précieuse parce qu’elle offrait les portraits des souverains et d’autres grands personnages du temps. En 1561, elle fut retouchée par un habile artiste, Jean-flugucs Klauber, qui y ajouta trois tableaux; elle le fut de nouveau en 1616 et 1703, mais cette fois elle finit par être défigurée. Enfin le mur fut abattu en 1805. Par bonheur, le célèbre graveur Mathieu Mérian en avait fait en 1616 une copie sur cuivre, et les trois premières éditions (deux de 1621 et 1625) parurent sans son nom. 11 grava de nouveau cette suite et ce sont ces nouvelles planches qui figurent dans l’édition de 1649 et suivantes, mais déjà avec la mention du nom du graveur. En 1744, le graveur Chovin donna la copie des planches de Mérian et, de là, plusieurs éditions: La Danse des morts, etc.: Basle, 1744, 1756, 1789, in-4, 43 pl. (15 à 50 fr.), et une dernière, avec texte allemand, s. d. (1803). Enfin, une nouvelle copie de cette danse a été publiée par Massmann en 1847 (voir le n° suivant).
887. Die Baseler Todtentdnze in getreuen Abbildungen , etc. — Les Danses des morts de la ville de Bâle fidèlement reproduites. Avec une description historique et une comparaison avec les autres danses des morts allemandes, tant au point de vue de l’ordre des figures qu’a celui des légendes en vers qui les accompagnent. Suivies d’un supplément : La Danse des morts gravée sur bois au xve siècle; par H. -F. Massmann. Avec 81 fig. sur 22 pl. grav. s.
cuivre et 27 pl. lith. — Stuttgart, 1847, pet. in-8 et atlas in-fol.
Cette excellente monographie contient la reproduction en taille-douce de la Danse des morts de Bâle, dont il a é\té parlé ci-dessus, n» 886, et celle du Petit-Bâle ou de Klingenthal. Cette dernière est la plus ancienne de toutes celles que l’on connaisse. Elle était peinte à fresque sur l’une des galeries du couvent des nonnes de Klingenthal, au commencement du xive siècle (1312) , et est aujourd’hui détruite. Heureusement la bibliothèque de Bâle en possède une copie faite en 1766 par le peintre bâloisEmm. Büchel. Cette Danse a beaucoup de rapports avec celle de Bâle à laquelle elle a dû servir de modèle.
A la suite, on trouve la reproduction en lithographie de la plus ancienne Danse gravée, celle dont la bibliothèque de Heidelberg possède un exemplaire, et dont on trouve la description plus bas, au n» 898.
888. Der Todtentanz nach einem 320 Jahre ait en Gemà/de in der St Marienkirche zu Lübeck , etc. — La Danse des morts d’après une peinture exécutée il y a 320 ans à l’église de Sainte- Marie à Lubeck, avec des vers en haut allemand par N. Schlott, ainsi qu’avec des vers en vieux bas-saxon et des renseignements sur cette danse et autres, par L. Suhl. — Lubeck, 1783, in-4, 4 ff. et 8 pl. in-fol. (5 fr.).
Peinture fort curieuse et célèbre en Allemagne, faite en 1 463 par un artiste inconnu, et réparée à diverses époques. Les personnages sont aussi grands que nature.
889. Ausführliche Beschreibung und Abbildung des Todtentantzes, etc. — Description détaillée et représentation de la Danse des morts de l’église de Sainte-Marie à Lubeck. — Lubeck, s.
d., in-8, 19 pp. et 1 pl.; — nouv. édit., ibid., 1831, in-8.
890. Der Todtentanz in der Marienkirclie zu Lübeck , etc. — La Danse des morts dans l’église de Sainte-Marie à Lubeck , dessinée et lithographiée par C.-J. Milde. Avec un texte explicatif par W. Mantels. — Lubeck , 1865, gr. infol., 8 pl. lith.; — 2e édit., ibid., 1868, gr. in-fol.
891. MANUEL ( Nie. ). La Danse des morts peinte à Berne, dans les années 1515 à 1520, par Nie. Manuel, et lithographiée (par Bergmann) d’après les copies exactes du célèbre peintre Guill.
Stettler (titre franc, et allem.) — Berne, s. d. (1829-31), in-fol. , 24 pl. lith. et le portr. de Manuel (20 à 30 fr.).
La Danse des morts de Berne fut exécutée à fresque, sur le mur du jardin du cloître des Dominicains, par l’excellent peintre bernois Nicklaus Manuel, surnommé Deutsch (l’Allemand) dans les années 1515 à 1520. Cette peinture fut retouchée en 1553, mais en 1560 le mur fut abattu et l’œuvre d’art disparut. On en conserve à Berne deux copies à l’aquarelle, l’une. d’Albert Kauer,
DANSES DES MORTS
l’autre, plus soignée, de Stettler, d’après laquelle a été faite cette reproduction.
Ici, pour la première fois dans ce siècle, on vit apparaître la vérité et le charme; l’on vit aussi le sentiment et la vie remplacer la raideur (voy. Nagler). Ce n’est pas tout ; au mérite de l’exécution vient se joindre aussi lejmérite historique; autant de personnages, autant de portraits des contemporains, ou peu s’en faut.
892. Beschreibung des so genannten Todten-Tantzes , 'wie selbiger an unterschiedlichen Orten , sonderlicli an Hertzog Georgen's Schlosse in Dresden... zu finden. — Description des Danses des morts qu’on trouve dans divers lieux, et notamment au château du duc Georges à Dresde et qui constitue un monument curieux de la mortalité humaine (par P. -G. Hilscher) . — Dresde, 1705, in-8, 128 pp. et une pl.; — Bautzen, 1721, in-8.
Cette Danse des morts de Dresde, bas-relief en grès, exécutée en 1534, pour le château du duc Georges, fut endommagée pendant l’incendie du palais en 1701. Restaurée en 1721, elle se trouve aujourd’hui dans le cimetière de la nouvelle ville. Quoique l’exécution en soit lourde, cette sculpture n’est pas indigne d’attention, surtout pour les costumes. On l’a copiée plusieurs fois pour des ouvrages d’histoire locale.
Dans ce volume, on trouve la description et la reproduction des Danses des morts d’Annaberg, de Leipzig et de Berne.
893. Der Todtentanz in der Mar ienkirche zu Berlin, etc. — La Danse des morts dans l’église de Sainte-Marie à Berlin. Texte par G. Lübke. — Leipzig, Seemann, 1861, in-fol., 48 col. et 4 pl. lith. — 9 fr.
Cette danse, peu connue, est sculptée.
894. Todtentantz oder Spiegel meschlicher Hinfàlligkeity etc. — Danse des morts, ou Miroir de la faiblesse humaine, en huit tableaux peints par von Wyl et conservés alors dans le cloître des Jésuites. Fidèlement lithographié d’après l’original par les frères Eglin à Lucerne. Avec un texte (allem. et franc. ) par Burkart Leu. — Lucerne, 1843, in-fol. obi. (4 à 6 fr.).
Cette Danse remarquable consistait primitivement en huit tableaux peints par Jacob de Wyl, mort en 1621. L’incendie du monastère en 1636, en a détruit une grande partie, et ce qui a échappé au désastre est maintenant conservé à la bibliothèque de Lucerne.
b. France.
895. Explication de la Danse des morts de la Chaise-Dieu en Auvergne, fresque inédite du xve siècle, précédée de quelques détails sur les autres monuments de ce genre, par Achille Jubinal. — Paris, 1841, in-4, 5 pl. color. (8 à 15 fr.).
C’est maintenant la seule Danse des morts à peu près complète qui subsiste encore en France
sous forme de peinture murale. Elle est très-dégradée. Une copie fidèle s’en trouve aussi dans l’ouvrage de Tudot, l’ Ancienne Auvergne.
Ce qui distingue cette peinture, c’est que ce n’est pas seulement une danse des morts des hommes, mais une danse des femmes. La mort n’y est point aussi décharnée ; elle a même la poitrine d’une femme. Une religieuse et une bourgeoise se voient dans les groupes. Ici, comme dans beaucoup d’autres représentations, la mort conduit par la main le pape, l’empereur, le cardinal, le comte, le chevalier, le page, le bourgeois, le musicien.
c. Italie.
896. Danza délia morta dipinta a fresco sulla facciata délia chiesa di S . La zaro fuori di Como, etc. — Danse des morts peinte à fresque sur la façade de l’église de Saint-Lazare hors Corne.
Lettre de C. Zardetti à Alex. Lucini- Passalacqua. — Milan, 1845, in-8, pl.
lith. (tiré à 125 ex., 8 à 10 fr.).
L’Italie a aussi ses Danses des morts peintes et sculptées, mais l’incurie et l’action du temps les ont fait disparaître presque en totalité, sans que les descriptions et les représentations en aient été conservées. La Danse des morts de Côme n’existe plus. On en faisait remonter la peinture au commencement du xive siècle.
897. Trionfo e Danza délia morte o Danza macabre a Clusone. Dogma délia morte , etc. — Triomphe et Danse des morts , ou Danse macabre à Clusone. Le Dogme de la mort à Pisogne, dans la province de Bergame, avec des observations historiques et artistiques de Jos. Vallardi , expert pour les choses d’art à la Bibliothèque Ambroisienne. — Milan, 1859, in-4, 3 ff., iv- 42 pp. et 2 ff., avec 9 pl. lith. et vign. (10 fr.).
Le Triomphe de la mort peint à fresque sur le mur extérieur de l’église de Clusone remonte à la première moitié du xve siècle. Les Figures sont plus grandes que nature; les tètes sont pleines d’expression et de vie, et, malgré la sécheresse des contours, l’ensemble de la composition est magistral. Le style de cette fresque d’un coloris brillant se rapproche des peintures de Benozzo Gozzoli. Une lithographie reproduit l’ensemble du tableau ; une autre donne en grand le dessin des trois principales têtes.
Sur la façade de l’église délia M adonna délia JVeoe à Pisogne, sur le lac d’Iseo, petite localité proche de Clusone, église connue par les remarquables fresques de Romanino,se voit encore une peinture fort curieuse, représentant le Dogme de la mort, comme étant le passage à la vie éternelle. D’un côté, les orgueilleux, les avares, les voluptueux, reçus par la Mort lançant des flèches : c’est la mort éternelle et matérialiste. D’un autre côté, les vertueux, ceux qui ont méprisé les vanités du monde, marchent, précédés de Jésus- Christ, de la Vierge et d’un groupe de saints, à la rencontre de la mort désarmée : c’est la rédemption, la vie future. Les figures sont presque aussi grandes que nature. Cette peinture remonte à la fin du xve siècle. Son style, style transitoire entre celui du xm et celui du'xve siècle, la ferait attribuer au peintre lombard Ambr. Borgognonede Fossano.
DANSES DES MORTS
Ce volume contient en outre : 1» la reproduction d’un dessin à la plume d’Albert Durer, signé et daté de 1514, représentant une Danse des morts; 2° la description d’une Danse des morts sculptée dans l’église des Dominicains à Naples et datée de 1361; 3o la reproduction (coloriée) d’une des quarante miniatures représentant la Danse des morts, tirée d’un manuscrit appartenant à M.Vallardi et attribué par lui à Holbein ; 4° la figure d’un enfant, gravée d’après la Danse des morts de Holbein, pour servir de comparaison avec la miniature.