‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-artsChapitre 42 sur 125 · A. INFLUENCE DE L’ART SUR L’ÉTAT SOCIAL ET RECIPROQUEMENT · texte numérisé non relu

A. INFLUENCE DE L’ART SUR L’ÉTAT SOCIAL ET RECIPROQUEMENT

299. SULZER (J. -Georges). Pensées sur l’origine et les différents emplois des sciences et des Beaux-Arts; discours prononcé dans rassemblée royale des sciences et des belles-lettres, le 27 de

janvier 1757, parM. Sulzer, professeur en mathématiques au collège royal à Berlin. — Berlin, 1757, in-8.

Ce discours est un de ceux que Sulzer écrivit en langue française, quand il fut membre de l’académie des sciences de Berlin; publié en allemand : Berlin, 1773, 2 vol. in-8.

300. BLONDEL (Jacques-François), architecte du roi, professeur royal au Louvre, membre de l’académie d’architecture.— L’Homme du monde éclairé par les Arts; publié par M. de Bastide. — Amsterdam et Paris, 1774, 2 vol. in-8.

« Le projet de Blondel, dit son éditeur, fut de « rendre utiles aux gens du monde ses connais- « sances en architecture. Il voyait tous les ans des « millions honteusement employés au triomphe « du mauvais goût, pour l’exécution des plans les « moins corrects et souvent les plus bizarres. Il « espéra que des observations, qui seraient autant « d’avis pour les personnes qui exécutent et pour « celles qui font bâtir soit à la ville, soit à la « campagne, pourraient insensiblement produire « la révolution des idées et la perfection du goût. » Or, pour faire accepter plus facilement ses conseils, l’auteur les a encadrés dans une correspondance supposée entre un homme de qualité etune personne distinguée qu’il se propose de prendre pour femme, et qui se montre aussi avide de s’instruire que le comte de Saleran d’enseigner.

Non-seulement Jacques Blondel, neveu de François Blondel, l’un des maîtres de l’architecture française, fut un praticien habile, mais ce fut un théoricien d’un rare mérite, comme le prouvent et les succès de son école, et ses articles dans l’Encyclopédie méthodique et ses divers traités sur l’architecture.

301. DALBERG ( Karl -Theod.-Ant. -Maria, Reichsfreiherr von). Perikles. Ueber den Einfluss der schônen Künste auf das ôffentliche Gluck. — Périclès. De l’influence des Beaux-Arts sur la félicité publique. — Erfurt, 1793 ; — trad. en franc.; (Paris), 1805, in-fol., 38 pp.; — ibid.\ 1806, in-12; — Ratisbonne, 1806, in-8; — Parme, 1811, in-4 (1 fr.) ; — trad. en ital. par F. Baroni : Pericle. Dell ’ influenza delle belle arti sulla pubblica felicità; — Gênes, 1813, in-4 (2 fr.).

Cet ouvrage du baron de Dalberg, prince primat de la confédération du Rhin, grand-duc de Francfort, archevêque de Ratisbonne, évêque de Worms et de Constance, associé étranger de l’Institut de France, a perdu sans doute en français, car dans la traduction il est au-dessous de la grande réputation de l’auteur considéré comme l’un des hommes les plus remarquables de l’Allemagne. C’est sous la forme du dialogue que l’auteur exprime ses idées, idées qui pourraient serrer davantage le sujet. Il suppose que Phidias, ayant reçu de Périclès la mission d’embellir Athènes, demande conseil à Anaxagorequi a développé ses théories sur la manière de diriger les hommes qui contribuent aux progrès des beaux-arts. Décidément la critique d’art a fait de notre temps des progrès incontestables.

302. RAYMOND (Georges-Marie). De la Peinture considérée dans ses effets sur les hommes de toutes les classes, et de son influence sur les mœurs et le gou-

L’ART ET LA SOCIÉTÉ

vernement des peuples. — Paris, an VII (1799), in-8 (1 fr.) ; — 2e édit., ibid., 1804, in-8. (Ouvrage présenté au concours ouvert par l’Institut et fermé le Ier nivôse, et l’un des trois distingués par la commission.)

Tout l’ouvrage est écrit dans ce style déclamatoire, emphatique et semé d’apostrophes, adopté à la fin du dix-huitième siècle et au commencement du nôtre. Suivant Georges Raymond « les arts ap- « partiennent au législateur ; il doit les conser- « ver à leur noble destination ; il doit veiller à ce « qu’une voix perfide ne se serve de leurs at- « traits comme d’un parfum séduisant pour cou- « vrir un breuvage empoisonné. » — Nous voilà loin de cette liberté sans bornes réclamée aujourd’hui pour le tempérament des artistes.

Né à Chambéry en 1769, mort le 2k avril 1839, Raymond fut professeur d’histoire à l’école centrale du Mont-Blanc, principal et professeur de mathématiques du collège de Chambéry.

303. LEDOUX(Clément-Nicol.). L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation, etc. — Paris, 1804, gr. in-fol., avec 125 pi. (50 à 60 fr.).

« Cet ouvrage devait former cinq volumes, dit « Quérard, mais la mort de l’auteur suspendit « la publication. » Le texte de ce premier volume nous autorise à croire que la perte n’est pas énorme. Il est impossible de parler d’architecture avec une emphase plus ridicule. Suivant Brunet, les 125 planches de ce livre jointes à 300 autres ont été publiées sans autre texte qu’un avertissement signé Daniel Ramée et sous ce titre : Architecture de C.-N. Ledoux ; Paris, 18ti7, 2 vol. in-fol. Ces planches sont bien gravées. — Ledoux, membre de l’académie royale d’architecture, était né à Dormans (Marne) en 1736. Il est mort à Paris le 20 novembre 1806.

304. PONCE (Nicolas). De l’Influence de la peinture chez les anciens peuples. — Paris, an X (1809), in-8.

On trouve cet opuscule réuni à beaucoup d’autres dans un recueil intitulé : Mélanges sur les beaux-arts ; Paris, 1826, in-8, et dédié à la princesse de Salm-Dyk. (Voy. Mélanges.)

Nicolas Ponce était à la fois graveur et littérateur. Il a gravé plus de 300 pièces d’après Eisen, Marinier, Moreau jeune, etc. On lui doit la gravure des arabesques antiques des bains de Livie, la publication des peintures trouvées dans les thermes de Titus, de nombreux articles sur les arts et les artistes dans différents dictionnaires et notamment dans la Biographie de Michaud. En outre, il a écrit sur l’histoire et la politique; son discours sur les causes par lesquelles l’esprit de la liberté s’est développé en France depuis François 1er jusqu’en 1789 a remporté le prix d’histoire proposé par l’Institut national, séance du 15 vendémiaire an IX. Né le 12 mars 1706 à Paris, Nicolas Ponce y est mort le 27 mars 1831.

305. QUATREMÈRE DE QUINCY (Ant.- Chrysost.). Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art, ou de l’Influence de leur emploi sur le génie et le goût de ceux qui les produisent ou qui les jugent, et sur le sentiment de ceux qui en jouissent et en reçoivent les impressions. — Paris, 1815, gr. in-8, 120 pp. (3 à 4 fr.) trad. en angl. par H. Thomson; Londres, 1821, in-8.

306. SCIIÜTZE (J.-St.). Gedanken und Einftdle über Leben und Kunst. — Réflexions et idées sur la vie et l’art.

— Leipzig, 1819, in-8 (5 fr.).

307. HANSEN (Hans). Belragtninger over de skjonne Kunsters Kaerd, etc.

— Considérations sur la valeur des Beaux-Arts et leur influeuce sur la civilisation de l’humanité. — Copenhague (Kjôbenhavn), 1827, 2 vol. in-8.

308. DELESTRE (J. -B.). Études des passions appliquées aux Beaux-Arts, etc.

— Paris, 1833, in-8 (3 à 4 fr.) ; — ibid., 1845 (2 fr.); — 3e édit., ibid., 1853.

Élève de Gros, Delestre s’est appliqué particulièrement à l’aquarelle. En 18'-i8, l’artiste qui représentait alors le parti avancé dans le conseil municipal du département de la Seine, se mêla de la manière la plus active aux événements. Plus loin, nous trouverons d’autres publications de ce peintre-écrivain.

309. GRÜNEISEN ( Karl ). Ueber das Sittliche der bildenden Kunst bei den Griechen , etc. — De la Moralité des Beaux-Arts chez les Grecs, dédié aux artistes et aux amis de l’antiquité. — Leipzig, 1833, gr. in-8.

Prédicateur et théologien, et par conséquent moraliste ; homme de goût, et en cela le digne fils du premier éditeur du Morgenblatt, Grüneisen, poète distingué, d’ailleurs, s’est trouvé bien préparé pour le sujet qu’il a choisi.

310. HOTHO (Heinrich-Gust.). Vorstudien fur Leben und Kunst. — Études préliminaires pour la vie et l’art. — Stuttgart, 1835, iu-8 (3 fr.).

Hotho est un vulgarisateur habile qui doit surtout la réputation qu’il s’est acquise à son édition de l’Esthétique d’IIegel. Du reste, c’est un juge, c’est un critique. (Voir les nos 104 et 298.)

311. DUSSIEUX (Louis-Étienne). L’Art considéré comme le symbole de l’état social, ou Tableau historique et synoptique du développement des Beaux-Arts en Frauce. — Paris, 1838, gr. in-8.

312. ÉMERIC-DAVID (Toussaint-Bernard). De l’Influence des arts du dessin sur le commerce et la richesse des nations. Mémoire couronné en l’an xn par la classe des Beaux-Arts de l’Institut.

(Ce mémoire fait suite à l’Histoire de la peinture au moyen âge.) — Paris, 1842, in 12; — ibid., 1852; — ibid., Renouard, 1863, in-12. — 3 fr. 50.

Émeric-David, né à Aix en Provence le 20 août 1755, mort à Paris le 2 avril 1839, fut avocat, imprimeur, maire d’Aix (1791), membre du corps législatif, membre de V Académie des inscriptions, mythologue, biographe, rédacteur de revue, et critique d’art dans un temps oii cette pousse de l’esprit, si vivace de nos jours , commençait à peine à se développer. Un des principaux mérites d’Émeric-David est d’être entré dans les voies les plus nouvelles ou les moins fréquentées de son temps. Ainsi quand l’évhémerisme domine dans

L’ART ET LA SOCIÉTÉ

l’interprétation de la mythologie, il admet le culte des éléments chez les Grecs : quand on ne voit dans le moyen âge qu’une longue période de barbarie, il compulse avec une admirable patience tous les documents qui témoignent en faveur de l’emploi répété de la peinture dans les plus anciens monuments du christianisme sur le sol gaulois; enfin, un des premiers chez nous, il a pris l’art par les côtés pratiques et deviné l’application de l’arl à Pindustrie.

313. GENNARELLI (Achille). La Moneta ed i monumenti primitivi dell’ Italia antica messi in rapporto cronologico. — Les Monnaies et les monuments primitifs de l’Italie antique confrontés chronologiquement et rapprochés des œuvres de l'art chez les autres nations civilisées de l’antiquité, pour en déduire l’origine et les progrès de l’art et de la civilisation. —Rome, 1843, in-4, avec pl. gr.

Mémoire couronné par l’Académie pontificale. Extrait de ses Mémoires.

314. WAAGEN (Gustav-Friedrich). Ueber die Stellung welche der Baukunst, der Bildhauerei und Malerei unter den Mitteln der menschlichen Bildung zu kommt. — Sur la Place qui revient à l’architecture, à la sculpture et à la peinture parmi les instruments de la civilisation. — Leipzig, 1843, in-12(50c.).

Gustave- Frédéric VVaagen, né à Hambourg le 11 février 179A, mort récemment, de chagrin diton, l’un des critiques les plus notables de l’Allemagne, s’est distingué surtout par son activité et par le nombre et la variété de ses travaux. Ses voyages à l’étranger ont été fructueux pour l’histoire de l’art. En 1857, il fut appelé à Saint-Pétersbourgpour donner son avis sur l’organisation nouvelle des peintures du célèbre musée de l’Ermitage. Déjà en 1855, il avait fait partie du jury international des récompenses à l’exposition universelle. — Les emplois et les honneurs n’ont point fait défaut à Frédéric Waagen. En 1823, il fut nommé conservateur du musée royal de Berlin ; en 1832, il devint conservateur de la galerie de portraits du nouveau musée ; en 18â£t, il obtint la chaire de professeur d’histoire à l’université dp Berlin.

315. SOSTER (Bart.). Dei Pregiudizj e delle false idee degli artisti nelle belle arti. — Des Préjugés et des fausses idées des artistes sur les Beaux-Arts.— Milan, 1844, in~8; — ibid., 1845, in-8, — ibid., 1850, in-8 (1 fr.).

316. Souvenirs numismatiques de la révotion de 1848, recueil complet des médailles, monnaies et jetons qui ont paru en France depuis le 22 février jusqu’au 20 octobre 1848. — Paris, Palais national, in-4, pl.

Le titre d’un livre qui reproduit les monuments d’arts auxquels les événements politiques donnent naissance, nous semble parfaitement à sa place dans une section qui porte pour titre : Influence de l’art sur l’état social et réciproquement.

317. BOULLAND (A.). Mission morale de Part. — Paris, 1852., in-8 (2 à 3 fr.).

318. MÜLLER (Wolfgang). Das Verhdlt niss des Staates zu den bildenden Künsten. Zur Reform der Kunstangelegenlieiten in Preussen, etc. — Des Rapports de l’État avec les Beaux-Arts.

De la réforme des choses de l’art en Prusse. — Berlin , Seehagen, 1861, gr.

in-8, 28 pp. — 60 c.

319. DESJARDINS (Ernest). Du Patriotisme dans les arts. Réponse à M. Vitet sur le Musée Napoléon III. — Paris , Dentu, 1862, in-8, 55 pp. — 1 fr.

320. The Déclaration of tlie Artists of the nineteenth Century on the Influence of Costume and Faskion upon high Art , etc. — Déclaration des artistes du x.ixe siècle touchant l’influence du costume et de la mode sur le grand art ; avec des observations supplémentaires par quelques amateurs. — Londres, 1862, in-8.

321. CARRIÈRE (Moritz). Die Kunst im Zusammenhang der Culturentwickelung und dieldeale derMenschheit,zic, .

—L’Art considéré dans ses rapports avec la marche de la civilisation et l’idéal de l’humanité; mémoire pour servir à l’histoire de l’esprit humain. — Leipzig, Brockhaus, 1863-68, 3 vol. in-8. — 39 fr.

T. 1er. Origines de la civilisation ; l’Orient dans la religion, la poésie et l’art. — T. II. La Grèce et Rome dans la religion et la sagesse, dans la poésie et dans l’art. — T. III. Le moyen âge. Ire partie, l’antiquité chrétienne et l’Islam dans la poésie, l’art et la science; IIe partie, l’Europe au moyen âge dans la poésie, l’art et la science. (V. n» 139.)

332. PF AU (L.). Freie Studien, etc. — Libres études sur l’art dans ses rapports avec l’État. — Stuttgart, 1865, in-8.

323. PROUDHON (P. -J.). Du Principe de l’art et de sa destination sociale. — Paris, Garnier, 1865, in-18. — 3 fr. 50. (Fait partie de ses OEuvres posthumes.)

324. ALBRESPY (André). Influence de la liberté et des idées religieuses et morales sur les Beaux-Arts. — Paris, libr.

internat., 1867, in-18 j.

325. L’Art et la vie. — Metz; Paris, Germer-Bailière, 1867, 2 vol. in-8. — 7 fr.

326. PIETSCH (L.). Aus IVelt und Kunst. Studien und Bilder, etc. — Le Monde et l’art. Études et peintures. — Jena, 1867, in-8.

327. MEYER (J.). Geschichte der modernen franzosischen Malerei, etc. — Histoire de l’école française moderne depuis 1789 et de ses rapports avec la politique,

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