‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-artsChapitre 56 sur 125 · ACADEMIE ROYALE DE PEINTURE · texte numérisé non relu

ACADEMIE ROYALE DE PEINTURE

413. Mémoires pour servira l’histoire de l’Académie royale de peinture et de sculpture depuis 1648 jusqu’en 1664, publiés pour la première fois par A. de Montaiglon. — Paris, 1853,, 2 vol. in-16 (10 à 15 fr.).

Il existe deux manuscrits presque identiques de ces mémoires : l’un à la .Bibliothèque nationale (in-4 de 576 pages, portant dans Je supplément français le n° 339); l’autre aux archives de l’École des Beaux-Arts. Sur le premier feuillet du manuscrit de la Bibliothèque nationale on lit : « Donné à la Bibliothèque du roy par M. Van Hulst le 8 novembre 1745 »; sur le manuscrit de l’École des Beaux-Arts, qui n’est qu’une copie de celui de la Bibliothèque, on lit : « Henry Van Hulst naquit à Delft, ville de la Hollande, le 24 décembre 1684, et mourut à Paris le 5 octobre 1754. Il était venu en France avecM. Helvétius le père , médecin hollandais. L’utilité de ses travaux pour V Académie, et son zèle infatigable pour ce qui pouvoit maintenir et tendre à l’observation de sa discipline et de ses usages lui avait valu une place cl’amateur honoraire. Il a donné à la Bibliothèque du Boy, le 8 novembre 1745, un exemplaire de ses mémoires écrits de sa main. »

Quel est l’auteur de ces mémoires? M. de Montaiglon les a attribués à Henri Testelin, un des premiers secrétaires delà compagnie. Cependant, une forte objection se présentait. Les louanges accordées à Henri Testelin dans ces Mémoires , ne permettaient pas de croire qu’il en fût l’auteur. En effet, comment admettre que, même sous le voile de l’anonyme, Testelin ait osé écrire : M. Testelin se surpassa en cette occasion. Enpeu de jours, il minuta plusieurs plans d’une sagesse et cl’une solidité admirables. Si Testelin le pensait, il n’a pu le dire et surtout l’écrire.

D’un autre côté, le rapprochement de deux dates suffisait pour éloigner toute idée d’attribuer ces mémoires à Van Hulst. Il est clair que, né en 1684, Van Hulst ne pouvait pas dire en parlant d’événements antérieurs de trente-six années : « Il n'est aucun de ces faits qui ne me soit passé sous les yeux » .

11 y avait là un problème; les recherches auxquelles je me suis livré m’ont permis de le résoudre.

Le registre vm des procès-verbaux de l’Académie royale de peinture et de sculpture, conservés à l’École des Beaux-Arts, contient la mention suivante : Aujourd’hui samedi , 1er février 1772, l’Académie s’est assemblée pour les conférences. Le secrétaire a continué la lecture des MEMOIRES DE M. TESTELIN, RÉDIGÉS PAR FEU M. Hulst, honoraire amateur, sous le titre de Mémoires pour servir à l’histoire de l’Académie royale de peinture et de sculpture.

Grâce à cette mention, tout s’explique, et il demeure évident que si la première pensée des Mémoires de l’Académie appartient à Henri Testelin, s’il en a fait le brouillon, la rédaction officielle, la rédaction académique, les remaniements sont le propre de Van Hulst.

Deux manuscrits conservés à la bibliothèque de l’Arsenal sous les nos 822, 822 bis, contiennent la relation de l’établissement de l’Académie. Le manuscrit 822, à la fin duquel on lit «copié par Antoine Sauvageot », ne serait que la copie modifiée comme style du manuscrit 822 bis (voy. Paul Lacroix, llevue universelle des arts, t. ni, p. 431) , et le manuscrit 822 bis ne serait aussi lui-même que la copie de la première partie de V Histoire de l’Académie de peinture et de sculpture à Paris, que Jean Rou avait entrepris de composer d’après les noies de son ami Testelin, et qu’il n’a pas sans doute achevée. Une note de M. Francis Waddington (Loc. cit ., p. 280), nous

apprend que les liaisons de Jean Rou, secrétaire interprète des états généraux de Hollande, avec Henri Testelin, réfugié à la Haye peu après la révocation de l’édit de Nantes, sont, en quelque sorte, le point de départ de cette hisloire: composée, dit-il, en faveur d’un illustre membre de ce célèbre corps, avec qui depuis longtemps il était lié d’une amitié fort étroite, et qui, étant secrétaire perpétuel de cette Accadémie, lui abandonna dans cette vue tous ses registres, d’après lesquels il rédigea son histoire. Notez que cette histoire n’a pas vu le jour. 11 n’en a été publié que des fragments. Voy. Waddington dans la France protestante des frères Haag.

414. Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’Ecole impériale des Reaux-Arts, par MM. L. Dussieux , E. Soulié, Phil. de Chennevières, Paul Mantz, A. de Montaiglon, sous les auspices de M. le ministre de l’intérieur, — Paris, 1854 , 2 vol. in-8 (10 à 12 fr.) .

Il est a remarquer que les manuscrits publiés parM. Dussieux et ses collaborateurs sont restés enfouis cinquante ans dans les cartons de l’école avant d’avoir trouvé un éditeur. Ce fut en 1839 seulement (à cette époque on ne connaissait pas tous les noms des membres de l’académie) que M. Dussieux, qui travaillait à un dictionnaire encyclopédique de l’histoire de France pour Y Univers pittoresque de MM. Firmin-Didot, en compulsant ce qui restait des papiers de l’académie pour y chercher des dates certaines, trouva sur un assez grand nombre d’artistes des mémoires qui lui parurent de nature à faire connaître des faits et des travaux complétément ignorés. Il prit copie de ces documents, les publia et parvint à attirer l’attention de tous ceux qui s’occupaient de l’histoire de l’art français. De là, les Mémoires inédits.

415. VITET (Louis). L’Académie royale • de peinture et de sculpture, étude historique. — Paris, 1861, in-8 (2 à 3 fr.).

M. Vitet a adressé cette étude aux vrais amis de l’école française pour leur bien faire comprendre les questions qui troublaient alors le domaine des arts, et le genre de remède que l’académie seule pouvait y apporter. D’un trait aussi précis que rapide, il a esquissé le tableau de la malheureuse situation des artistes qnand, avant Rétablissement de l’académie, ils ne voulaient pas prendre enseigne, se faire apprentis pendant sept ou huit ans et se soumettre aux règles de la maîtrise des peintres, sculpteurs, doreurs et vitriers. « Il est certain, dit M. Vitet, que la faveur des princes devint un abri contre la tyrannie jalouse et mercantile des membres de la maîtrise; à leur corporation on opposa une corporation supérieure, munie de privilèges, et qui fut l’académie. »

Au moment même où M. Vitet publiait, dans le Journal des Savants, cette belle étude dont l’objet est plutôt de démêler les origines de l’ancienne académie, de montrer qu’à sa naissance elle répondait à de sérieux besoins, que d’écrire son histoire et de la suivre jusqu’à sa suppression en 1793; à ce moment même, disons-nous, l’académie des Beaux-Arts, dans son Dictionnaire (mars 1858), racontait de son côté les luttes de la compagnie dont elle est héritière avec la confrérie de Saint-Luc. « L’Académie des Beaux-Arts, a dit « àcetteoccasionun brillant critique, qu’elle allait « bientôt appeler dans son sein comme secrétaire « perpétuel, l’Académie parle de cette confrérie et

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