‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-artsChapitre 6 sur 125 · SCHELLING (Friedr. -Wilh. -Jos · texte numérisé non relu

SCHELLING (Friedr. -Wilh. -Jos

Ueber das Verhàltniss der bildenden Kunst zur Natur. — Du Rapport des Beaux-Arts avec la nature. — Munich, 1807, in-8 (75 c.) ; — Landshut, 1808,

in-4; — Vienne(Wien), 1825, in-8 (1 fr.); — Berlin, 1843, in-8 (1 fr. 25).

Dans ce magnifique discours, où de la doctrine sur le beau un grand esprit déduit une théorie des arts du dessin, Schelling veut démontrer que ce qu’il y a de plus élevé dans l’art résulte de l’activité consciente réunie à une force inconsciente. Ainsi l’artiste qui agit à la fois comme âme consciente et comme principe inconscient, est une force qui se développe de la même façon que la nature elle-même. Voilà pourquoi la plupart des théories partent de cette maxime générale que l’art doit imiter la nature. Mais qu’est-ce donc que l’imitation de la nature ? est-ce l’imitation de la réalité poussée jusqu’à l’illusion; imitation qui apparaît comme le faux au degré suprême? Serait-ce de ne représenter que l’écorce vide ou le simple contour des objets individuels? Non ! Puisqu’il y a un esprit de la nature qui agit dans l’intérieur des êtres et qui s’exprime par leurs formes extérieures comme par autant de symboles ; puisque la perfection de chaque objet est la présence en lui de la force qui l’anime et qui y réalise l’idée de son genre ; c’est cette force, c’est Cet esprit que l’artiste doit imiter d’une manière vivante, c’est avec cet esprit qu’il doit rivaliser. S’il procède de la sorte, il idéalise, et il produit ce qu’il y a de plus vivant, de plus réel, car l’idéal ne saurait jamais être le contraire du réel. — Ainsi, le disciple de la nature, bien loin de tout imiter en elle, ne doit imiter que les objets beaux, et encore de ceux-ci seulement le beau et le parfait.

19. RUMOHR (Karl-Fri edr .-Ludw. -Félix von). Ueber die antike Gruppe Castor und Pollux, oder von dem Begriff der Idealitàt in Kunstwerken , etc. — Groupe antique de Castor et de Pollux, ou l’Idéal dans les oeuvres d’art. — Hambourg, 1812, in-4.

L’Allemagne considère de Rumohr comme un des plus spirituels parmi ses écrivains. Son goût pour les arts, ses nombreux voyages en Italie, la solidité et l’étendue de ses connaissances firent de lui un critique remarquable, comme l’atteste son principal ouvrage: Italienische Forschungen; Berlin, 1827, 3 vol. Rumohr était né eii 1785. 11 est mort à Dresde en juillet 18Ù3.

20. GUIZOT. Essai sur les limites qui séparent et les liens qui unissent les Beaux-Arts. — Paris, 1816, in-8.

Cet Essai a été placé comme discours préliminaire en tête du Musée royal, publié par Henri Laurent. (Voir aussi le no 35.)

21. CARPANI (Gius.). Le Maieriane,ovvero lettere in co?ifutazione delle opinioni del cav. Maier , intorno alla imitazione pittorica e le opéré di Tiziano. — Maieriana, ou Lettres pour réfuter l’opinion du chev. Maier, concernant l’imitation en peinture et les œuvres deTitien. — Milan, 1819, in 8; — 3° édit., Padoue, 1824, gr. in-8, avec portr. de Carpani, sous ce titre : Le Maieriane , ovvero lettere sul bello ideale , etc.

(1 fr. 50 à 3 fr.).

Cet ouvrage fut dirigé contre l’opuscule du Vénitien André Maier: Délia imitazione pittorica, délia eccellenza delle opéré di Tiziano etc. ( De l’imitation dans la peinture et de l’excellence des

œuvres de Titien) ; Venise, 1818, in-8 (2 fr.), où

^ l’auteur, entraîné par sa défense de l’école vénitienne du Titien, s’était élevé avec force contre l’idéalisme dans l’art, et en général contre toute l’École allemande de Sulzer, Mengs, etc. Maier répliqua à son adversaire dans la brochure suivante : Apologia del libro délia imitazione pittorica, etc. (Apologie du livre de l’imitation dans la peinture et des œuvres de Titien contre trois lettres de J. Carpani à J. Acerbi) ; Ferrare, 1820, in-8 (3 fr.).

22. LENOIR (Alex.). Observations scientifiques et critiques sur le génie et les productions des peintres et des autres artistes les plus célèbres de l’antiquité, du moyen âge et des temps modernes.

— Paris, 1821 , in-8.

Rééditées en 182A sous ce titre : Considérations sur le génie et les principales productions des artistes de l’antiquité, du moyen âge et des temps modernes. — Paris, 182A, in-8.

23. QUATREMÈRE DE QUINCY (Ant.- Chrys.). Essai sur la nature, le but et les moyens de l’imitation dans les Beaux- Arts. — Paris, 1823, in-8 (2 à 4 fr.) ; trad. en angl. par J.-C. Kent; Londres, 1837, in-8.

« Imiter dans les Beaux-Arts, dit l’éminent cri- « tique , c’est produire la ressemblance d’une « chose, mais dans une autre chose qui en devient « l’image. De cette définition on voit déjà sortir la « différence essentielle qui existe entre l’imitation « propre des Beaux-Arts et les autres sortes d’i- « mitation. — Plaire est l’objet de l’imitation, mais « le plaisir qu’elle nous donne est en raison de « la distance qui la sépare de la réalité, d’où il « suitque l’idéal, c’est-à-dire le modèleque chacun & a en soi, et avec lequel il interprète le modèle « local et individuel, doit produire le plus haut « degré de plaisir. »

24. (HUMBERT DE SUPERYILLE, D.- P.-G.). Essai sur les signes inconditionnels dans l’art, par D.-P.-G. H. de S.— - Leyde, 1827-32, in-fol., livr. i-iv, fig. s. b. et 6 pl. (15 fr.).

C’est tout ce qui a paru de cet ouvrage très-rare, presque inconnu en France, écrit par un esprit bizarre et profond, aimant l’obscurité philosophique; ouvrage qui mérite cependant d’être étudié parce qu’il renferme quelques aperçus neufs et vrais. La Philosophie des lignes, tel serait le vrai titre de ce livre. De leur direction, l’auteur déduit plusieurs conséquences notables. Ainsi à ses yeux la force et la dignité physique de l’homme, résultante de sa marche droite, deviennent comme les garants de sa force et de sa dignité morale, tandis que les lignes obliques de la tête expriment les passions. A la ligne parfaitement horizontale des yeux et des narines revient l’honneur d’exprimer la sagesse. Mais quand cette ligne se brise, quand elle se change en plusieurs lignes obliques, elle exprime la concentration de l’égoïsme ou le sourire de la volupté. L’auteur applique ces principes à l’architecture elle-même. Dans sa Grammaire des arts du Dessin, M. Ch. Blanc cite plusieurs fois Humbert de Superville.

25. EKENDAHL (D.-G. von). Die hôchsten Ideen über Kunst. — Les Idées sublimes sur l’art, rassemblées par les amis du beau et les artistes. — Nouv.

édit, revue et complétée par G. Klemm.

Francfort, 1831 , in-8.

26. QUATREMÈRE DE QUINCY (Ant.- Chrys.). Essai sur l'idéal dans ses applications pratiques aux œuvres de l’imitation, propre des arts du dessin. — Paris, 1837, in-8 (2 à 3 fr.).

D’où vient la supériorité du génie des anciens dans l’art de la sculpture ? Serait-elle simplement le résultat d’une grande fidélité dans l’imitation de l’individu, du modèle, si l’on veut? Serait-elle au contraire la conséquence d’un système qui consiste à généraliser l’imitation, à chercher l’étude des intentions de la nature, non dans la création d’un homme en particulier, mais dans l’espèce en général; système qui conduit à faire dériver le vrai et le beau « non d’aucun modèle individuel, mais d’un modèle collectif de perfection qui, ne pouvant être saisi qu’en idée, s’appelle l’idéal». Tel est le haut problème recherché dans ce livre, telles sont les opinions discutées avec autorité, talent et savoir.

27. VAN GHERT (V.-G.). Bydragen ter bevordering eener grondige hennis, e te.

— Éclaircissements pour la connaissance approfondie de la nature des Beaux-Arts. —La Haye (’s Gravenhaage), 1841 , in-8.

28. CARBONE (Giunio), lntorno la imitazione artistica délia natura , trattato. — Traité de l’imitation artistique de la nature. — Florence, 1842, in-8.

29. BLASIS (Carlo). Studj sulle Arti imitatrici. — Études sur les arts d’imitation. — Milan, 1844, in-8.

30. DEUTINGER (Martin von). Bilder des Geistes in Kunst und Natur , aus freier H and gezeichnet aufeiner Pilgerfahrtnach Florenz. — Les Concepts de l’esprit dans l’art et dans la nature, librement esquissés pendant une excursion à Florence en 1845. — Augsbourg, 1846, in-8.

31. KOOSEN (Joh.-Heinr.). Propàdeutik der Kunst. — Propédeutique de l’art.

— Kônigsberg, 1847, gr. in-8 (1 fr. 25

Le mot Propàdeutik , que l’on a tiré du grec 7ipo7T:atôsta, répond à l’idée d’instruction d’études préliminaires;, ainsi ce titre pédantesque signifie simplement : Études préparatoires de l’art.

32. SCHADOW (Joh.-Gottfr.). Kunst- Werhe und Kunst -Ansichte. — OEuvres d’art et vues générales sur l’art. — Berlin, 1849, gr. in-8 (4 à 5fr.).

33. BURNOUF (Émile). Des Principes de l’art d’après la méthode et les doctrines de Platon. — Paris, 1850, in-8 (1 fr.).

34. KAUFMANN (Théodore). Le Développement de l’idée de Dieu, précédé de Réflexions sur l’art et l’esthétique ; accompagné de 8 gravures (en taille douce), exécutées d’après les cartons de

l’auteur. — Düsseldorf, 1 850, in-fol . obi . , 22 pp. de texte.

Le même ouvrage a été publié simultanément avec un texte allemand, sous ce titre: Die Entwickelung der Gottesidee, etc. (5 à 6 fr.).

Page 1