‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-artsChapitre 62 sur 125 · France · texte numérisé non relu

France

a. Royaume de France.

469. L’Entrée de la Royne en sa ville et cité de Paris, imprimée par le commandement du Roy, nostre Sire. — Paris , Geoffroy Tory, 1531, in-4, 28 ff.,fig. s. bois (100 fr. et plus).

Joli volume avec encadrements par Geoffroy Tory et sa marque du Pot cassé. On y trouve une charmante gravure sur bois, représentant un candélabre offert à la reine par la ville de Paris , avec la mention suivante : Deseign du présent faict à la royne en deux chandeliers. Sur le premier feuillet ,on lit ce qui suit : Il est permis à maistre Geoffroy Tory de Bourges, marchand-libraire, demeurant à Paris, d’imprimer et mettre en vente le présent livre.

Geoffroy Tory, né à Bourges vers 1^80, mort à Paris en 1533, était une de ces brillantes et souples intelligences du seizième siècle, qui comprenaient tout, embrassaient tout et se pliaient à tout : aussi fut-il à la fois linguiste, philosophe, imprimeur, libraire et graveur. On lui doit la gravure d’un nombre considérable de vignettes, marques, frontispices, lettres ornées et devises qui ornent les publications de son temps.

La reine dont l’entrée à Paris est décrite dans cette plaquette, n’est autre qu’Eléonore d’Autriche, seconde femme de François 1er. Guillaume Bochetel a fait le texte.

470. La Magnificence de la superbe et triomphante Entrée de la noble et an* tique Cité de Lyon, faicte au très-chrestien roy de France Henry, deuxiesme de ce nom, et à la royne Catherine, son espouse, le 23 septembre 1548. — * Lyon, Guillaume Rouille, 1549, in-4, 58 fï., avec 15 grav. sur bois (200 fr. et plus rel. en mar.).

Les gravures qui ornent cette plaquette fort rare sont dues à Bernard Salomon, dit le Petit Bernard (voir Archives de Tari français , 2e série, t. 1er, p. U25). La composition est satisfaisante, mais l’exécution laisse à désirer. Le texte a été écrit par Maurice Scève, poète et savant antiquaire, avec la collaboration de Claude de Taillemont.

Une traduction italienne de cette relation, ornée des mêmes gravures, fut publiée simultanément par le même éditeur, sous ce titre : La magrlifica et triumphale entrata ciel christianiss. re di Francia Henrico secondo, etc., in-ft, 58 ff.

471. C’est l’Ordre qui a esté tenu à la nouvelle et joyeuse entrée que très-hault

très-excellent et très-puissant prince le roy très-chrestien Henry, deuziesme de ce nom, a faicte en sa bonne ville et cité de Paris, capitale de son royaume, le sezième jour de juing, m.d.xlix. — Paris, chez Jacques Roffet dict le Faulcheur (1549), in-4, 38 ff., avec 11 pl. sur bois (280 fr. cart. et plus).

Voici une véritable œuvre d’art. Brunet et Aug. Bernard ont supposé que ces onze belles planches pouvaient être attribuées à Geoffroy Tory, le célèbre graveur et imprimeur du roi. Cette hypothèse n’est pas soutenable, car au moment de la publication de ce livre Tory était mort depuis seize années (1533). M. Paul Lacroix, dans le Catalogue de la bibliothèque de Soleinne, soutient que ces figures « sont certainement dessinées par un des élèves du Primatice, sinon par le Primatice lui-même». Renouvier (et cette opinion est partagéeparM. Ambroise Firmin-Didot dans le Catalogue raisonné de sa bibliothèque; Paris, 1867, in-8) croit au contraire qu’il y a lieu de reconnaître ici la main de Jean Cousin, particulièrement dans les planches qui représentent l’Hercule gaulois, la Seine, la Marne , le bon Evénement, l’Arc triomphal et la figure de Lutetia, nova Pandora : « Le dessin, dit M. Renouvier, en « est pur, plein de qualités, et la gravure si bail bilement ménagée qu’on ne peut la croire d’une « autre main. Il semble qu’un ciseleur seul a pu,

« en aussi peu de tailles, fouiller ces têtes piquan- « tes, modeler ces corps élégants, friper ces dra- « peries; et le ciseleur, qui donc serait-il, sinon « l’auteur du mausolée de l’amiral Chabot? »

Le texte de cette entrée est de Hardouin Chauveau.

Une autre édition, qu’on croit l’originale et qui est identique à la précédente, a été donnée à Paris par Jehan Dallier, s. d., de Ul ff. (le dernier côté 37) et 1 f. blanc. Elle est fort rare et a été payée 710 fr. rel. en mar. à la vente Yemeniz.

472. L’Entrée de Henri II, roi de France, /a Rouen, au mois d’octobre 1550. Imprimé pour la première fois d’après un manuscrit de la bibliothèque de Rouen, orné de dix planches gravées à l’eauforte par Louis de Merval, accompagné de notes bibliographiques et historiques par S. de Merval. — Rouen, 1868, in-4 obi., 3 ff., 20 pp., xxvii ff. et 10 pp. (Publié par la Société des bibliophiles normands. Tiré à cent exempl.) — 40 fr.

Un heureux coup de main qui rendaità la France les châteaux et les forteresses dont les Anglais s’étaient emparés dans le Boulonnais, une paix glorieuse, un roi jeune et brillant, et pour tout dire, le début d’un règne, une de ces dates oîi

» tout le monde espère et oii tous les partis se taisent et se recueillent pour mieux observer, donnèrent à cette entrée un caractère particulier de splendeur et de goût. L’opulente bourgeoisie de Rouen voulut surpasser ce qui avait été fait les deux années précédentes à Lyon lors delà première entrée du roi, et à Paris pour son entrée après le couronnement de la reine Catherine de Médicis à Saint-Denis, et pour cela on chercha de nouvelles et estranges inventions.

Le souvenir de ces estrdnges inventions ne devait pas être perdu pour la postérité. L’année suivante (1551) parut à Rouen chez Robert le Hoy et Robert et Jehan dietz du Gord, une plaquette très-recherchée des bibliophiles et dont le titre commence ainsi : C’est la déduction du sump tueilx ordre , plaisantz spectacles et magnifiques

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théâtres , dressés, etc. (voy. plus bas). Quelques années après, en 1557, Jean Dugortl, Dugort ou du Gord qui, avec son frère Robert, avait acquis le partage du privilège concédé à Robert le Hoy pour la publication de l’entrée de Henri II à Rouen, en fit réimprimer les planches et y ajouta un texte en vers qui paraît avoir été emprunté au manuscrit publié par la Société des bibliophiles. On y trouve cependant de nombreuses variantes et 250 vers de moins environ que dans le manuscrit. Le titre de cette publication, tellement rare qu’on n’en connaît que deux exemplaires, commence ainsi : Les pourtres et figures du sumptueux ordre, plciisantz spectacles, etc.

Le manuscrit de Rouen, dont la publication est due à l’intelligente initiative de M. André Pottier, est sur vélin, de ZtO feuillets, 3 de garde et 27 de texte, et présente en outre dix miniatures à pleines pages, au bas de chacune desquelles on lit un distique latin en lettres d’or, qui explique le sujet. Huit de ces miniatures représentent le défilé du cortège devant le pavillon élevé à l’entrée du faubourg Saint-Sever, pavillon sous lequel sont abrités le roi, la reine et quelques autres pei sonnages. La neuvième nous montre le cortège traversant le pont de Rouen pour entrer dans la ville. Le lleuve est couvert de barques, Neptune apparaît entouré de ses tritons et de ses tritonides, des canons placés sur la berge saluent de leurs salves le passage du roi. Rouen au fond semble sortir de derrière ses épaisses murailles, et les flèches aiguës de sa cathédrale et d’une dizaine d’églises s’élancent dans les airs. La dixième miniature représente les spectacles en plein vent élevés sur le passage du cortège.

L’auteur de ces petits tableaux où le talent se décèle, car les figures, bien dessinées, sont généralement bien groupées et toujouis tiès-vivantes, serait resté inconnu sans M. Amb.-Firmin Didot, qui croit pouvoir les attribuer à Jean Cousin. L’opinion du premier collecteur de miniatures de notre époque méritant d’être prise en grande considération, nous dirons que M. Didot, dans son Etude sur Jean Cousin , s’appuie sur ce que , dans la préface de l’édition de celte entrée donnée par les libraires privilégiés en 1551 (voy. ci-dessous), il est dit que pour célébrer dignement cette joyeuse et triomphante entrée dans sa bonne ville de Rouen, les éclievins, « avec grande instance et prières, y mandèrent de loing tains pays souverains et excellentz maistres, en leur art consommez, quoique il y eneust grand nombre de sufflsantz et ex-, pertz en cette ville ». «Or, ajoute M. A. -F. Didot, «Jean Cousin fut très-probablement du nombre, «puisqu’il orna de ses gravures sur bois l’édition «imprimée à Rouen en 1551, où sont représentées « avec quelques variantes les principales scènes de «cette même cérémonie; quelques-unes sont « même presque identiques. » Et pour établir que ces mêmes gravures, au nombre de 29, sont de Jean Cousin, M. Didot invoque l’autorité de Papillon, qui, dans son Traité historique et pratique de la gravure en bois, Paris, 1766 , s’exprime ainsi : «J’ai vu depuis quelques belles figu- « res de Jean Cousin, excellemment gravées en « bois et sans doute de sa main, dans un livre « in-q de forme presque carrée, où il y a nombre « de planches de toute la grandeur des pages pour « la description de la magnifique entrée du Roi « Henri II et de Catherine de Médicis, sa femme,

« dans la ville de Rouen ; ce sont la plupart des « groupes de figures marchant quatre à quatre de « front et de la hauteur du doigt. Ce livre, assez « rare, a été vendu uar le Hoy, libraire à Rouen».

473. C’est la Déduction du sumptueux ordre, plaisantz spectacles et magnifiques théâtres dressés et exhibés par les citoïens de Rouen, ville métropoli-

taine du pays de Normandie, à la sacrée Majesté du Treschristian (sic) Roy de France Henry second, leur souverain seigneur, et à tresillustre Dame, ma Dame Katharine de Médicis, la Royne son espouze, lors de leur triumphant, joyeulx et nouvel advénement en icelle ville, qui fut ès jours de mercredy et jeudy, premier et second jours d’octobre 1550, et pour plus expresse intelligence de ce tant excellent triumphe, les figures et pourtraietz des principaux aornementz d’iceluy y sont apposez chascun en son lieu, etc. — Rouen, Robert Le Hoy, Robert et Jehan, dietz du Gord, 1551, pet. in-4, 68 ff. non chiffrées (y compris le carton d’un f..), avec 29 grav. sur bois (250 jusqu’à 800 fr., selon la condition).

Parmi ces planches nous signalerons particulièrement celle qui est intitulée les Captifs et dont l’énergie est remarquable; nous indiquerons aussi le portrait équestre du dauphin, trois chars de triomphe, deux arcs, divers groupes faisant partie d’un cortège, et la représentation d’une fête brésilienne célébrée à Rouen en 1550.

Cette dernière planche a été reproduite dans une très-intéressante monographie de M. Ferdinand Denis sur cette même fête (Paris, 1850, in-q), fête vraiment brésilienne en effet, car elle eut pour principaux acteurs des sauvages brésiliens, amenés par la marine marchande de Rouen, qui, sous les yeux du roi et de la reine, se livrèrent entièrement aux jeux de leur pays.

M. Ambroise Firmin-Didot possède un exemplaire sur vélin de ce livre remarquable.

474. Bref et sommaire recueil de ce qui a esté faict et de l’ordre tenue (sic) à la joyeuse et triumphante entrée de trèspuissant, très-magnanime ettrès-chrestien prince Charles, IX de ce nom, Roy de France, en sa bonne ville et cité de Paris,... le Mardy sixiesme jour de mars, — avec le couronnement... de madame Elizabet d’Austriche, son espouse, le dimanche vingt-ciuquiesme, et entrée de la dicte dame en icelle ville, le jeudi xxix dudict mois de mars MDLXXI (par Simon Bouquet). — Paris, de l’imprimerie de Denis du Pré, pour Olivier Co doré, 1572, in-4, 54, 10, 28 (le dernier blanc) et 9 fï*. , avec 16 gravures sur bois par Olivier Codoré, tailleur et graveur de pierres précieuses (300 à 400 fr. rel. en mar.).

Volume divisé en quatre parties, portant chacune une pagination particulière.

Le véritable titre du sacre de la Reine est celuici : C’est l’ordre et forme qui a esté tenu au

sacre et couronnement de Madame Elizabet

d’Austriche, Roine de France, faict en l’Eglise de l’abbaie Sainct Denis en France, le vingt cinquiesme jour de mars 1571 (avec la date de 1571).

L’entrée de la Reine porte pour titre : L’ordre tenu à l’entrée de,.. Madame Elisabet d’Austriche, Royne de France.

Les deux entrées renferment seize gravures,

L’ART OFFICIEL : FRANCE

neuf pour l’entrée du Roi, sept pour l’entrée de la Reine. Elles représentent les arcs de triomphe, statues, décorations diverses, dressés et exécutés pour le Roid’abord et plus tard pour la Reine. Médiocres quant à l’exécution, sauf une seule (la pi. 9), ces gravures ne manquent ni de style ni d’une certaine liberté; toutefois, malgré l’autorité déjugés compétents, nous attendrons d’autres preuves ou indices pour reconnaître Jean Cousin dans le dessinateur de ces deux entrées.

Entrée du Roi: pl. lre. Arc de triomphe, genre rustique, ouvrage toscan, dit le texte, orné des statues de Francion , Pharamond , etc. Cet arc était placé à la seconde porte Saint-Denis, la porte de l’enceinte de Charles Y ; — pl. 2. Fontaine du Ponceau. Au-dessus d’un groupe de femmes héroïques, Clcelie, Camille, Lucrèce, etc., la France (?) élevant les bras tient une carte sur laquelle on lit : Gallia;— pl.3. Arc de triomphe de la porte aux Peintres. Cette porte, située à l’angle des rues Saint-Denis et Mauconseil, avait fait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste; c’était l’ancienne porte Saint-Denis; — pl. U. Statue de Junon, devant l’église du Saint-Sépulcre. Cette église a été remplacée par la Cour Batave; — pl. 5,. Statue de l’Hymen, devant la fontaine des Innocents ;— pl. 6. Peinture décorative de la place du Châtelet (grande planche, hors texte, pliée, non chiffrée et en dehors de la pagination) ; — pl. 7. Arc de triomphe du pont Notre-Dame; — pl. 8. Cavalier de la milice bourgeoise de Paris (cortège du Roi) ; —pl. 9. Grande pièce d’orfévrerie offerte au Roi par le prévôt des marchands, les échevins, etc., représentant le char de l’Olympe.

Comme les planches de l’Entrée de la Reine reproduisent, sauf quelques modifications de détail , les mêmes arcs de triomphe, les mêmes statues, les mêmes décors aux mêmes stations, on n’en parlera point et l’on renvoie le lecteur au livre même.

Codoré, le nom de l’auteur de ces seize gravures, ne serait, suivant Mariette, qu’un surnom, ou plutôt une sorte d’abréviation de Coldorè , épithète donnée à Fontenay, valet de chambre et graveur en pierres fines de Henri IV, en raison du nombre de colliers d’or qu’il portait et dont il avait été décoré. La reine Elisabeth le préféra aux autres graveurs en pierres fines dans un concours qui eut lieu en 1563 , concours dont Sa Beauté devait être le type. — Voy. Mariette , Traité des pierres gravées, t. I, p. 135 ; — Abecedario , 1. 1, p. 385 ; — Renouvier, Des Types et manières des maîtres graveurs, xvie siècle, p. 2Di;— Amb. Firmin-Didot , Essai typographique et bibliographique sur l’histoire cle la gravure sur bois, p. 187.

475. La Somptueuse et magnifique Entrée du très-chrestien roy Henry III de ce nom, roy deFrance et de Pologne, grand duc de Lithuanie, en la cité deMautoue, avec les portraicts des choses les plus exquises. Par B. D. Vigre (Biaise de Vigenère). — Paris, N. Chesneau , 1576, in-4, 48 pp., avec 8 pl. en tailledouce (200 à 400 fr.) .

Les pianches qui ornent cette relation représentent six arcs de triomphe, et la statue d’QEneus, fils de la nymphe Mantho et fondateur de lia ville de Mantoue. On en attribue les dessins aux élèves de l’école du Primatice et la gravure à Jean Rabel.

476. la Joyeuse et magnifique Entrée de monseigneur Françoys, fils de France et frère unicque du roy, par la grâce de Dieu, duc de Brabant, d’Anjou, Alençon, Berry, etc., en sa très-renommée

ville d’Anvers. — Anvers, Christ. Plantin, 1582, in-fol., 2 ff., 46 pp. et 1 f., avec 21 pl. à l’eau-forte (100 fr. et plus).

Cet ouvrage, dont les gravures représentent les diverses solennités de l’entrée triomphale du duc d’Anjou à Anvers, après l’heureuse issue de la campagne des Pays-Bas, le 19 février 1582, pour s’y faire couronner duc de Brabant, est important et curieux à plus d’un titre. Il nous montre le cortège du duc, les chars qui en faisaient partie, les arcs de triomphe, les feux d’artifice, le grand serment prêté sur la place publique et les théâtres élevés à cette occasion. La magnificence déployée alors frappe d’autant plus que la préface nous apprend que la ville n’eut que six jours pour préparer cette réception pompeuse. On a supposé que ces estampes qui ne portent point de monogramme de graveur, pouvaient être attribuées à Abraham de Bruyn. Le rédacteurducatalogueSoleinne croitau contraire qu’elles devaient être gravées par Phil. Galle, dont le nom se trouve sur une gravure ajoutée à la fin. Or cette gravure ne se trouve pas dans tous les exemplaires.

477. Balet comique de la royne, faict aux nopces de monsieur le duc de Joyeuse et madamoyselle de Vaudemont, sa sœur, par Baltazar de Beaujoyeulx, valet de chambre du roy et de la royne sa mère. — A Paris, par Adrian le Roy, Robert Ballard et Mamert Pâtisson, imprimeurs du roy, 1582, in-4, 8 ff. prél., 75 ff. ch. et 1 f., 27 pl. gr. à l’eau-forte (300 à 700 fr.).

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