Livre rare, curieux et recherché
Les noces du duc de Joyeuse avec la sœur de la reine Marguerite de Lorraine furent célébrées avec une magnificence dont on n’avait point encore eu d’exemple dans notre pays, et ne coûtèrent pas moins de douze cent mille écus. Baltazar, ou plutôt Baltazarini, dit Beaujoyeux, musicien italien, intendant de la musique de Henri III, eut pour mission d’ordonner les fêtes dont ce mariage fut le prétexte. Le Balet comique qui nousdonne une idée de ces somptueuses réjouissances, n’est point à proprement parler un ballet comme nous l’entendons. La danse, à cette date, nejouait dans les ballets qu’un rôie très-secondaire. Celui-ci est plutôt une espèce de divertissement, un petit opéra mythologique, comme ceux que composait Molière pour amuser Louis XIV. Ici la musique et la poésie ont la part principale , et le sujet roule sur la fable de Circé. Les vers sont de la Chesnaye, aumônier du roi, la musique de de Beaulieu, assisté de Salomon et des musiciens de la chambre du roy, et la peinture du ballet, c’est-à-dire les décors, de Jacques Patin, peintre du roi. La planche la plus importante de ce livre, qui représente la grande salle de Bourbon , remplie de spectateurs et dans le milieu un seul personnage dansant, est d’un effet très-agréable. La touche est facile et la composition bien entendue.
478. Discours de la joyeuse et triomphante entrée de très-haut, très-puissant et très-magnanime prince Henri III I de ce nom, très-chreslien roy de France et de Navarre.... faicte en sa ville de Rouen... le Mercredy seizième jour d’octobre CDIDXCVI (t596), avec l’ordre et somptueuses magnificences d’icelle, et les portraicts et figures de tous les spectacles et autres choses y repré-
L'ART OFFICIEL : FRANCE
sentez. — Rouen, Raph. du Petit-Val, 1599, in-4, 4 ff. limiu. et 88 pp.
Livres des plus rares, enrichi de 19 planches sur bois dont la gravure marque déjà la décadence qui commence à se produire à cette époque. — 11 y a des exemplaires avec l’adresse de Jean Crevel, à Rouen (2020 fr., Ruggieri), et autres (voir Brunet).
479. Les Deux plus grandes, plus célèbres et mémorables Resjouissances de la ville de Lyon. La première pour l’entrée de très-grand, très-chrestien, très-victorieux prince Henri II1I, roy de France et de Navarre. La seconde pour l’heureuse publication de la paix, avec le cours et la suite des guerres entre les deux maisons de France et d’Austriche (par Pierre Mathieu).' — Lyon, Thibaud Ancelin , 1598, iu-4, 4 ff. lim. et 104 pp., avec 1 gr. planche. = Les Causes, le cours et les effets des guerres entre les deux maisons de France et d’Austriche depuis i’an 1515 jusqu’au traité de paix de Vervins, 1598, avec les feux de joie de la ville de Lyon pour sa publication.— Lyoo, Th. Ancelin, 1598, in-4, 2 ff. lim., 84 pp. et 1 gr. grav. (300 fr. et plus).
L’entrée de Henri IV à Lyon eut lieu le 4 septembre 1595, et la relation en a été publiée la même année sous ce titre : L’Entrée de trèsgrand, très-clireslien, très-magnanime et victorieux prince Henry ////, etc.; Lyon, Pierre Michel, s. d., in-4. Elle est reproduite identiquement dans la première partie du volume cidessus, avec un simple changement au litre. On en avait également donné une édition in-fol. à Lyon, 1596.
480. Labyrinthe royal de l’Hercule gaulois triomphant sur le subject des fortunes, batailles, victoires, trophées, triomphe, mariage et autres faicts héroïques, et mémorables de... Henri IIII, roy de France et de Navarre, représenté à l’entrée triomphante de la royne en la cité d’Aviguon, le 19 nov. l’an MDC, où sont contenües les magnificences et triomphes dressez à cet effect par ladicte ville. — Chez lacques Bramereau, imprimeur en Avignon, s. date, gr. m-4, 12 ff. prel. et 244 pp., avec 12 fig. sur cuivre par Greuter, et deux portraits, l’un du roi, l’autre de la reine (100 fr. et plus).
Ce titre bizarre exige une explication. A la nouvelle de l’arrivée prochaine du Roi à Avignon et de l’embarquement de la Reine à Livourne, l’évêque d’Ancône, Charles de Conti, vice-légat à la légation d’Avignon, songeant aux préparatifs nécessaires pour recevoir dignement Leurs Majestés, donna des ordres aux consuls. Ceux-ci réunirent le conseil de la ville, qui chargea de ces préparatifs le collège des Jésuites. C’est donc aux révérends Pères qu’appartient l’idée d’un labyrinthe formé de sept replis ou détours, ornés de sept arcs de triomphe destinés à rappeler les plus glorieux travaux d’Hercule; idée fondée sur la renommée de vaillance de Ilenri IV. En effet, par sa per-
sonne, son estoc et sa race (c’est ainsi que s’exprime l’auteur de cette relation), le Roi peut être appelé l’Hercule gaulois. Victorieux et triomphant, l’Hercule arrive à la majesté et à la gloire après avoir merveilleusement surmonté les plus grands obstacles ; et cette comparaison avec Hercule lui paraît excellente, il faut croire, parce qu’il a soin de rappeler que « l’illustre maison de Navarre a « prins sa source de l’ancien Hercule, fils d’Osi- « ris, lequel ayant battu et combattu les Lomi- « niens, qui étaient les trois enfants de Géryon, « tyran des Espagnes, et ayant affranchi ce peuple « deleur servitude, estahlit en cette monarchie son «fils HispaluSjles nepveux duquel succédèrent « depuis à la couronne du royaume de Navarre » .
L’auteur de la relation oii se trouve cette généalogie fantastique est André Valladier, abbé de Saint-Arnoul de Metz. Son texte a été réimprimé dans le Cérémonial Francoys de Godefroy, t. 1er, p. 958.
Deux portraits bien gravés; ils portent ces deux anagrammes : Henry de Bourbon, roy né de Boneur , et Marie de Médicis, royne ; je me dis mère d’un roy.
Gette relation ne nous montre qu’un épisode de cette suite de triomphes qui marqua le passage de Marie de Médicis quand elle traversa la France venant d’Italie.
481. Voyage du roy à Metz, l’occasion d’iceluy : ensemble les signes de resjouissance faicts par ses habitans pour honorer l’entrée de Sa Majesté. Par Abraham Fabert (sieur de Moulins, échevin de Metz). — (Metz), 1610, pet.
in-foi., 4 ff. prél. et 72 pp., avec fig. et front, gravés (80 jusqu’à 350 fr.).
L’auteur de la relation de cette entrée, qui eut lieu en mars 1603, fut aussi le plus célèbre imprimeur de Metz. Le volume renferme quinze planches gravées sur cuivre, sans compter le frontispice et les armoiries du duc d’Espernon, auquel i’ouvrage est dédié ; l’une et l’autre portent la signature du graveur A. Vallée , ainsique quatre vues ou cartes de Metz et du pays messin. Les 15 gravures peuvent se détailler ainsi qu’il suit :
2 planches de cortèges, 4 pl. d’arcs de triomphe,
3 pl. : grotte, portique et décoration; 2 pl. fort curieuses, représentant, l’une l’entrée de Henri IV, à cheval, sous un dais, l’autre la compagnie des enfants recevantla reine Marie de Médicis, portée dans une litière également sous un dais ; 3 pl. nous montrent un magnifique vase en or ciselé, qui fut offert au roi ; des pièces de monnaie de la ville de Metz, dont ce vase était rempli, et enfin un char triomphal « d’orfebvrie excellenment « labouré » qui fut offert à la reine. La dernière des 15 planches représente le combat nocturne et les feux d’artifice de l’invention du sieur Fabert, exécutés dans la grande cour de l’évêché. Gette planche offre un intérêt tout particulier.
Ce volume est devenu fort rare. M. Ambroise Firmin-Didot en possède un exemplaire soigneusement colorié et rehaussé d’or.
482. Esequie (TArrigo quarto christia nissimo re di Francia e di Navarra, celebrate in Firenze dal ser. don Co simo II gran duca di Toscana. — Obsèques' de Henri IV, roi très-chrétien de France et de Navarre, célébrées à Florence par sa seigneurie don Corne II, grand duc de Toscane; décrites par Giuliano Giraldi. — Florence, Sermartelii, 1610, gr. in-4, 51 pp., avec 26 gr. sur cuivre (30 à 50 fr.).
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Ce volume présente un grand intérêt historique, en ce que ses eaux-fortes retracent les principaux faits de la vie du roi Henri IV. La première planche porte cette inscription : S ever a pueritiœ disciplina et lacunica instilutio Henricum ad virtutem et militarem gloriam fingit. La seconde représente le roi pardonnant à ses ennemis sur le champ de bataille de Coutras. Les autres représentent Henri IV au siège de Paris; Henri IV à Dieppe; la prise des faubourgs de Paris; la défaite de ses ennemis; la bataille de Jarnac; la reddition de Chartres; la victoire de Caudebec; l’abjuration; le pardon des rebelles; l’entrée à Patis; la reddition de Laon; la bataille de La Fère et la reddition de la ville; la réception des légats du Pape; Amiens délivré; la Bretagne soumise; la paix intérieure rétablie ; Montmelian rendu ; la France agrandie audelà de la Saône et du Rhône; le mariage du roi; la religion protégée ; l’ambassade à la porte Ottomane; le sacre de Marie de Médicis devenue régente. Toutes ces gravures sont signées A. B. (Rosaccio).
483. Réception de Irès-ehrestien, trèsjuste et très-victorieux mouarque Louys XIII j roy de France et de Navarre, premier comte et chanoine de l'église de Lyon, et de très-chrestienne, trèsauguste et très-vertueuse royne Anne d’Austriche, par Messieurs les Doyen, Chanoines et Comtes de Lyon, en leur cJoistre et église, le 11 décembre 1522 (pour 1622). — Lyon, par Jaques Roussin, 1623, in-fol., 67 pp.,avec7 pl. gr., de C. Audran, Huret et Pierre Faber (100 fr. et plus).
Ce volume se trouve généralement joint au suivant.
483 bis. Le Soleil au signe du Lyon, d’où quelques parallèles sont tirez avec le très-chrestien , très-juste et très-victorieux monarque Louys XIII , roi de France et de Navarre, en son Entrée triomphante dans sa ville de Lyon. Ensemble un sommaire récit de tout ce qui s’est passé de remarquable en ladite entrée de Sa Majesté et de la plus illustre princesse de la terre Anne d’Austriche, Royne de France et de Navarre, dans ladite ville de Lyon, le 11 décembre 1622. — Lyon, Jean Jullieron, 1623, in-fol., 4 ff. lim. et 180 pp., avec 12 pl. grav. (50 fr. ét plus).
Voilà encore un de ces titres dont la bizarrerie appelle un commentaire. Nous le trouverons dans la préface du livre dont l’auteur s’exprime ainsi: « Sache donc, amy lecteur, que tous nos porti- « ques, pyramide, colonne, temple, fontaine et « autres ornements qui ont été vus dans l’en- « ceinte des murailles de la ville, n’ont eu d’autre « objet dans l’intention de ceux qui ont conduit « cette pompe royale, que de représenter par le « soleil au signe du Lyon céleste, notre Roy, le- « quel parcourant les villes de son Royaume, « comme le Roy. des planettes sur les signes du « zodiaque, est enfin arrivé dans celle laquelle « tant pour les autres rapports que pour la res- « semblance du même nom, mérite justement a d’être appelée à terre le signe du Lyon.»
lrÇ pl., arc de la rue du Pont; 2° arc de la rue Raisin; 3° fontaine de l’Hôpital; U° colonne du Puys Pelu; 5° pyramide de la rue Grenette;
6° l’arc des Victoires et trophées de Sa Majesté ; 1° temple d’Apollon; 8° portique à l’extrémité du Pont de Saône ; 9° portique de la place des Changes ; 10° portique de l’issue de la Croisette; 11° portique de la place St-Nizier; 12° théâtre et palais construits dans le parc du château de la Motte, situé à l’extrémité du faubourg de la Guillotière.
Ces planches ont été gravées par P. Lefèvre (Faber), Gr. Huret, Autguers, Welthem et Mallery.
L’année suivante, on donna une nouvelle édition de .ce volume, avec les mêmes planches, mais avec quelques modifications dans le texte, et sous ce titre changé : U Entrée du Roy et de la Royne dans sa ville de Lyon : ou le Soleil au signe du Lyon, d'où sont tirées quelques parallèles, etc. — Lyon, Jullieron, 1Q2U, pet. in-fol., U ff. et 185 pp., avec 12 pl.
Omis par Brunet et par Grasse.
484. Entrée de Loys XIII, Roy de France et de Navarre, dans sa ville d’Arles, le vingt-neufiesme octobre mil six cens vingt-deux. — En Avignon, de l’impr.
de Jean Bramereau, 1623, in-fol., 4 ff.
prél. et 68 pp.,avec 9 pl. grav. (200 fr.).
La première de ces planches représente Louis XIII à cheval avec une pompeuse inscription qui le compare à César. Il faut dire, pour excuser cette grossière flatterie, que la guerre contre les Huguenots durait depuis trois années et que le roi avait déployé un courage héroïque dans cette déplorable lutte contre des Français et des cités françaises. Les autres planches nous montrent six arcs de triomphe et la statue de Boson, roi d’Arles et duc de Bourgogne sous Charles le Chauve.
Le peintre-dessinateur de la fête et des planches était Jean Beuf. Toutes ces gravures, sauf la première, sont médiocres.
Omis par Brunet et par Grasse.
485. ï^a Voye de laict, ou le Chemin des héros au Palais de la Gloire, ouvert à l’entrée triomphante de Louys XIII, roy de France et de Navarre, en la cité d’Avignon, le 16 de novembre 1622, etc. —Avignon, J. Bramereau, 1623, in-4, 6 ff. et 277 pp., fig. (60 à 100 fr.).
Volume fort rare, omis par Brunet et par Grasse, orné d’un frontispice, du portrait de Louis XIII et de huit grandes planches fort remarquables, gravées à l’eau-forte par Louis Palma, Portugais, artiste qui n’est pas cité dans Nagler. Ces huit planches représentent, entre autres, un arc de triomphe surnommé le Portail de la Félicité; une fontaine appelée Fontaine de Justice; un palais, revêtu du beau nom de Palais de la Gloire; le Trophée de la Sagesse; etc.
486. Discours sur les arcs triomphaux dressés en la ville d’Aix à l’heureuse arrivée de très-chrestien, très-grand et très-juste monarque Louys XIII, roy de France et de Navarre (par de Chastueil- Gallaup). — Aix, par Jean Tholosan, 1624, in-fol., 16 pl. grav. (100 fr.).
Ouvrage rare et curieux, omis par Brunet, orné de huit planches d’arcs de triomphe, de sept planches de tableaux emblématiques et d’un plan d’Aix, le tout gravé par Maretz.
487. La France consolée, épiihalamme (en vers) pour les nopces de très-chrestien Louys XIII, Roy de France et de Na-
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varre, et d’Anne d’Austriche, Infante d’Espagne (par Favereau, précédé d’une lettre de Malherbe). — Paris, Jean Petit Pas (1625), in-8, 20 ff. prél., 98 pp. et 1 f., titre et vignettes grav. par Crispin de Pas (80 à 150 fr.).
Oiqis par Brunet et par Grasse.
488. Éloges et discours sur la triomphante réception du Roy en sa ville deParis, après la réduction de la Rochelle (par J. -R. Machaud, jésuite), accompagnez des figures, tifit des arcs de triomphe, que des autres préparatifs — Paris, Pierre Rocolet, 1629», in-fol., avec 16 pl. gr., la première par A. Bosse, les autres par Melchior Tavernier et P. Firens (100 à 500 fr.).
« Cet ouvrage », dit son auteur, le jésuite Machaud, « est un éloge parfait des douze qualités « royales qui triomphent avec le I\oy. L’on ne loue « que douze grandeurs dans un Hercule et le so- « le il n’a que douze signes à passer. Les Roys, « qui sont les flambeaux de l’univers, ceux que « Dieu nous donne pour nettoyer les vices et « maintenir les hommes en leur repos, doivent v pareillement avoir les douze excellences que <c nous avons ici remarquées. »
Or, ces douze excellences furent glorifiées sur le passage du Roy revenant de la Rochelle, par douze arcs de triomphe reproduits dans douze planches. Ainsi : 1° L’arc de triomphe de la Clémence du Roi, érigé à l’entrée du faub. Saint- Jacques; — 2° celui de la' Piété du Roi ; — 3° la Renommée du Loi, au pont-levis de la porte Saint- Jacques; — IPV Amour du peuple , à la porte de l’enceinte; — 5° la Justice du Roi; — 6° l’arc de triomphe élevé à la fontaine Saint-Benoist, en l’ honneur des batailles navales du Roi; — 7° l’arc de triomphe élevé à la fontaine Saint-Severin et dédié à la Prudence du Roi ; — 8° une façade dédiée à la Majesté du Roi, au Châtelet du côté de la tour Saint-Jacques; — 9° le temple de la Force, dédié aux Prouesses du Roi, sous les voûtes du Châtelet;—10 > l’arc de triomphe, pour les Récompenses militaires présentées au Roy par l’Honneur (façade du Châtelet du côté de Notre-Dame); — 11° Parc de triomphe élevé à la Magnificence du Roi, sur la digue proche du Marché-Neuf; — 12° l’arc de triomphe à l’éternité de la Gloire du Roy (pont Notre-Dame).
Ces douze planches sont précédées par une gravure d’Abraham Rosse, qui nous montre les députés de la Rochelle aux pieds de Louis XIII. Elle manque souvent.
Les trois dernières planches représentent trois chars qui figurent : l’Age d’or, — le Cirque romain, — le Vaisseau de la ville de Paris. Tous trois faisaient partie du cortège.
489. MecHcea Hospes , site descriptio pu blicæ gratidationis qua serenissimam augustissimamque Reginam Mariam de Medicis excepit sencitus populusque Jmstelodamensis, auctore Caspctre Bcirleo. — Amstelodami, 1638, in-fol., 62 pp. de texte. — Edition française :
Marie de Medicis entrant dans Amsterdam, ou Histoire de la réception faicte à la Reyne, mère du Roy très-chrestiea, par les bourgmaistres et bourgeoisie de la ville d’Amsterdam. Traduicte du latin de Gaspar Barleus. — Amsterdam, Jean
etCorneille Blaev, 1638, in-fol. , 96 pp.
— Edition hollandaise : Blyde inkomst der aller doorluchtigste Koninginne Maria de Medicis f Amsterdam, etc.— Ibid., 163-9, in-fol. (20 fr. et plus).
Ces trois éditions sont ornées de mêmes planches gravées sur cuivre, au nombre de seize, plus un beau portrait de Marie de Médicis placé en tête du xoluine. Ces planches dessinées par Chr. L.Moyacrt, parS.de Y lieger(pl. 6etlft)etpar Marlsen de Jonge (pl. 16), et gravées en partie par S. Savrv, ne représentent que des cortèges et des scènes allégoriques. Eilessont assez remarquables.
11 y a encore une dix-septième planche, dite des quatre bourgmestres , mais elle niante généralement.
« D’une chose puis-je vous assurer, » dit un jour Henri IV à Marie de Médicis, « c’est qu’étant « de l’humeur que je vous connais, et prévoyant « celle de votre fils, vous entière, pour ne pas dire « têtue, et lui opiniâtre, vous aurez assurément « maille à partir ensemble. » De là les malheurs de cetic reine si peu digne d’intérêt. De là ces années traînées dans un exil supporté sans fermeté. Après avoir refusé obstinément de se retirer à Florence, Marie quitta les Pays-Bas pour se mettre sous la protection du prince d’Orange. Tel est le sujet de ce livre dont les allégories font songer à celles employées par Rubens pour éterniser la mémoire du mariage de Marie de Médicis avec Henri IV.
Si la réception fut pompeuse, l'hospitalité dont elle était en quelque sorte l’enseigne, ne fut pas de longue durée. Au bout de quelques mois, craignant d’être inquiétés par la France, les Hollandais prièrent la reine d’abréger son séjour parmi eux et la forcèrent pour ainsi dire de passer en Angleterre.
490. Hisloire de l’entrée de la Reyne, mère du Roy très-chrestien, dans les provinces unies des Pays-Bas. Par le S. de la Serre. — Londres, par Jean Raworth, 1639, in-fol., 53 ff., 2 front., et 14 pl. (100 fr. et plus).
Volume fort rare, omis par Brunet, orné des portraits du prince et delà princesse d’Orange, et de 12 planches, dont une de très-grand format, par VV. Ilollar.
491. Histoire de l’entrée delà Reyne, mère du Roy très-chrestien, dans la Grande- Bretaigne. Enrichie de planches. Par le sieur de la Serre, historiographe de France. — A Londres, par Jean Raworth, pour George Thomason et Octavian Pullen, IG 39, in-fol., 8 ff. prél., dont 1 front., 28 ff., 12 grav.de la grandeur de la page (non compris le front.) dans le texte et hors texte, et une planche double qui se déploie (150 fr.) ; — réimp. avec notes en anglais : Londres, 1775, in-4 (10 fr.).
Forcée, comme on l’a vu plus haut, de sortir de la Hollande, Marie de Médicis passa en Angleterre. Or lesplanches, au nombre de 10, du curieux et rare ouvrage dont nous parlons, représentent les faits et gestes de la mère de Louis XIII depuis l’instant oii elle met le pied sur le sol anglais, jusqu’au moment où elle reçoit les hommages des magistrats de Londres. La planche h nous montre donc le débarquement de la reine à Harwich ; — la pl. 5, son entrée à Colcliester; — la pl.6, Charles Ier, son gendre, venant au-devant
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d’elle à Midlemead la Salve; — la pl. 7, Marie de Médic's et Charles Ier quittant le château de Gidde Halle; — la pl. 8, l’entrée de Marie de Médicisà Londres; — la pl. 9, la reine d’Angleterre se jetant aux pieds de sa mère à l’entrée du palais de Saint James ; — la pl. 10, le cercle de leurs Majestés dans la chambre de présence à Saint- James; — la pl. 11 , les feux d’artifice sur la Tamise la nuit qui suivit l’entrée de Marie de Médicis; — les pl. 12 et 13, les membres du conseil privé, le lord maire et les aldcrmans venant la saluer.
Sauf le front, etlespl. 1, 2 et 3, gravées sur cuivre, à ce qu’on croit par W. Dollar, dont l’une représente le roi couronné par la Justice; l’autre, la Heine servant de miroir à la vertu , deux fades allégories comme les aimaient nos pères, et la troisième, l’hommage à la reine par son gendre et sa fille, toutes les autres planches sont des eaux-fortes assez gauchement exécutées. La planche 8, qui est double, paraît être une fidèle et intéressante représentation d’une grande rue de Londri s au xvne siècle.
Jean Puget de la Serre, l’auteur de cette relation, était garde de la bibliothèque de Gaston, frère de Louis XIII, historiographe de Fiance et conseiller d’Etat. Saint- Arnaud disait de lui : « La Serre qui livre sur livre desserre » .
492. Esequie di Maria reçjina di Francia e di JSavarra, celebrate in Firenze, etc. — Service funèbre de Marie, reine de France et de Navarre, célébré à Florence par ordre de Ferdinand II, grand duc de Toscane, et décrit par Simon di Giovanniberti. — Florence, Massi et Landi, 1643, in-4, titre gravé, 47 pp. et 3 pl. par Étienne Délia Bella (10 fr.).
Omis par Brunet.
493. Esequie délia Maestà Christian? ss. di Luigi XIITj il giusto, Rè di Francia e di Navarra. Celebrate in Firenze, etc.
— Service funèbre en l’honneur de S. M. très chrét. Louis XIII, le Juste, roi de France et de Navarre, célébré à Florence par Ferdinand II, grand duc de Toscane, et décrit par Carlo Dati. — Florence, 1644, in-4, 58 pp., titre et 3 gr. pl. grav. par Ét. Délia Bella (5 à 10 fr.).
André Cavalcanti, Fr. di Raffaello Rondinelli, Girolamo Bartolomei, Mario Guiducci et Carlo Dali furent chargés d’ordonner et d ’historier cetie cérémonie funèbre.
Omis par Brunet et par Grasse.
494. Description et interprétation des portiques érigés à l’entrée de très-hault et très-puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, etc., en la ville de Dijon, le 30 septembre 1632 (par Estienne Breschillet, avocat). — Dijon, par Guy-Anne Guyot, 1650, in-fol., 123 pp., plus 2 cahiers non paginés, et 6 fig.
Omis par Brunet et par Grasse.
495. Feste theatrali per la Finta pazza draina del signor Giulio Strozzi , etc.
— Fête théâtrale pour la Folie feinte , drame du seigneur Giulio Strozzi, représenté sur le théâtre du Pelit-Bourbon,
à Paris, en 1645, et de Giacomo Torelli de Fano, inventeur, dédié à Anne d’Autriche, reine régnante de France. Avec privilège.—S. I. n. d. (Paris, 1645), pet. in-fol., avec un front, et 5 pl. grav. parCochin.
En 16^5, M izarin fit venir de Venise des acteurs. C’était pour plaire à la reine Anne d’Autriche qui aimait les spectacles et les fêtes. Ils jpportèrent une pièce célèbre dans tonte l’Italie, La Finta pazza , dont le sujet était Achille à Scyros. Jacopo Torelli, que Mazarin avait attiré, dirigea le jeu des machines. Le succès fut universel, et le public, pris d’admiration, donna à Torelli le surnom de grand sorcier.
On sait que ce fut au théâtre du Petit-Bourbon, c’est-à-dire dans une vaste galerie restée debout après la destruction de l’hôtel du constable de Bourbon, que fut représentée ha Finta Pazza , devant la reine, devant Louis XIV enfant, devant toute la noblesse.
On joint quelquefois à cet ouvrage : Décorations et machines apprestées aux nopcesdeTétis, ballet Royal, représenté en la salle du Petit-Bourbon par J. Torelli; Paris, 165ü, in-fol., avec un front, et 10 pl. gravées par Israël Silvestre, d’après les dessins de Franquarl et lus inventions de Torelli.
496. Balletti d'inrenzione nella Finta Pazza, di G.-B. Balbi. — Ballet composé pour la Folie feinte, par J. -B. Balbi. — Pet. in-4 obi., 12 pl.
Ballet d’un goût un peu hasardé, a dit un grand musicien, homme d’esprit, Fr. Ilalévy {Dict. de l’Académie des Beaux-Arts , au mot Académie de musique ) ; ballet, qui n’était, d’ailleurs, qu’un moyen de faire trouver moins long les entr’actes de la pièce précédente, pièce à machines. C’était d’abord une entrée de balayeurs, puis une troupe de sauvages, avec chiens, oiseaux et ours. Mais, si le goût a dû souffrir du spectacle en lui-même, il ne peut qu’être satisfait de la reproduction qui en a été faite à l’eau-forte par le peintre-graveur Yalerio Spada. Le titre est encadré de la façon la plus heureuse dans un cartouche composé des figures du ballet. Rien de plus joli, de plus vrai que les personnages du ballet lui-même. Callot, auquel ils font songer, n’aurait pas mieux fait. Nagler se trompe quand il attribue l’idée de ce ballet à Etienne Délia Bella. II est probable qu’il n’avait pas tenu comme nous le livre entre ses mains.
497. La Pompeuse et magnifique Cérémonie du sacre du R.oy Louis XIV, fait à Rheims le 7 juin 1654, représentée au naturel par ordre de leurs Majestés (par le chevalier Avice). — Paris, impr. de Edme Martin, 1655, in-fol., 8 If , avec 3 belles pl. d’après Le Pautre (40 à 50 fr. et bien plus, selon la condition).
49S. Douze Tableaux du Roytrès-chrestien Louis XIV auguste, de la Reine Anne d’Autriche, de Monsieur, frère unique du Roy, Philippe, duc d’Anjou, de féminentissime cardinal Jules Maz$rin, exposés sur des arcs de triomphe apres le sacre de Sa Majesté, etc., par M. N. Lescalopier (texte latin et français).— Paris, Louis Chamhoudry, 1655, in-4, avec 13 figures.
Omis par Brunet et par Grasse.
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499. Les Réjouissances de la Paix faites dans la ville de Lyon le 20 mars 1660. — A Lyon, par Guillaume Barbier, imprimeur, et Jacques Justet, aussi imprimeur, 1660, in-fol., 3 ff. lim. et 50 pp., avec 18 gr. pl. grav. par Auroux (60 fr.).
Cette paix, signée dans l’île des Faisans, le 1 novembre 1059, reçut le nom de Paix des Pyrénées. Elle eut pour résultat le mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne. Comment fut-elle proclamée à Lyon ? Voilà ce que nous apprend le livre de Guillaume Barbier et de Jacques Justet, qui nous offrent par cela même une piquante révélation sur la hiérarchie et la composition du conseil municipal de cette grande cité, il v a deux cenis ans.
« L’après-dîné, dit l’auteur de la relation (le père « Menestrier, comme on le verra plus bas), on fit « cette même publication dans diverses places « de la ville en cet ordre: MM. du Siège prési- « dial, vêtus de robes rouges, avec MM. les Prévôts « des marchands, échevins et autres officiers de la « ville, vêtus de leurs habits de cérémonie, coince mencèrent à publier la paix à la porte du palais « par Angoulême, vêtu de sa cotte d’arme, et « après quoi ils marchèrent tous en cavalcade en « bel ordre par toute la ville. » Quel est cet ordre ? C’est ce que nous indiquent les planches où l’on voit :
La compagnie du Guet, — les trompettes du Roy et de la ville, — le Héraut d’armes,— M. le greffier — les huissiers du Siège — les mendeurs de la ville;— puis, par groupes de trois ou de quatre, le lieutenant général de la sénéchaussée — le lieutenant criminel — le prévôt des marchands.
Dans le groupe suivant :
Le lieutenant particulier de la sénéchaussée — l’assesseur criminel; — au troisième rang, le magistrat de la sénéchaussée et les deux conseillers à ladite sénéchaussée ; — au quatrième rang, deux autres magistrats de la sénéchaussée — le procureur de cette même sénéchaussée; — au cinquième rang, le contrôleur des rentes, l’avocat et procureur général de la ville — le secrétaire de la ville — une compagnie du Guet.
Là ne se bornèrent point les réjouissances. Un très-beau feu d’artifice fut tiré sur la Saône. La joie fut même si vive que chaque quartier tint à honneur d’avoir son feu d’artifice. De là seize feux et par suite seize planches.
Ce livre fut publié à l’insu du père Menestrier et sans son nom. Mais la même année, une nouvelle édition où il était nommé, et avec les mêmes planches augmentées d’une nouvelle, vintlerétablir dans ses droits. Cette deuxième édition porte l’adresse de Lyon, B. Coral, 1660; in-8°, 3 ff. prél., 5U et 32 pp. (voir Brunet, art. Menestrier).
500. Pompa funebre nelV ezequie celebrate in Roma ai cardinal Mazarini, etc. — Service funèbre célébré à Rome en l’honneur du cardinal Mazarin, à l’église de SS. Vincent et Anastase.
Inventé, décrit et dédié par l’abbé Elpidio Benedetti à S. E. le duc Armand Mazarin , grand maître d'artillerie de France. — Rome, 1661, 5 part, en 1 vol.
in-fol., 16, 16, 15, 18 et 22 pp., front, et 5 pl. dessin. parD. Barrière (20 à 30 fr.).
Un beau frontispice, représentant les trois Par ques, dessiné et gravé à l’eau-forte par J.-Bapt. Gallostruzzi, Florentin. Les autres planches, non moins belles, représentent la décoration extérieure de l’église, un riche catafalque, et les décorations intérieures. Les quatre dernières parties du vo-
lume contiennent un éloge funèbre en quatre langues, italienne, espagnole, latine et française.
Volume rare, omis par Brunet et par Grasse.
501. L’Entrée triomphante de leurs Maiestez Louis XIV, roy de France et de Navarre, et Marie-Thérèse d’Austriche, son espouse, dans la ville de Paris..., an retour de la signature de la paix générale (26 août 1660) et de leur heureux mariage. Enrichie de plusieurs figures, des harangues et de diverses pièces considérables pour l’histoire, le tout exactement recueilly par l’ordre de messieurs de Ville (par Jean Tronçon, avocat au Parlement). — Paris, Pierre Le Petit, 1662, in-fol., avec 19 pl. grav. par J. Marot et Chauveau, d’après J. Le Pautre, et le portrait de LouisXlV, gravé d’après Mignard, par Van Schuppen (30 fr. et plus); — nouv.
édit, sous ce titre : Histoire de la triomphante entrée du Roy et de la Reyne dans Paris, le 26 aoust 1 660, avec la représentation des arcs triomphauxqu’ony avait élevés et toutes les autres magnificences. — Paris, 1 665, in-fol., avec frontispice gravé par Chauveau, portrait de Louis XIV, texte gravé et 22 pl. d’après J. Le Pautre.
On sait que le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, fille de Philippe IV, roi d’Espagne , fut le couronnement de la paix des Pyrénées, signée en 1659. Le jeune roi alla chercher la jeune reine à la frontière et la ramena à Paris où ils firent une entrée solennelle, le 26 août 1660. Le cortège, les décors, les arcs de triomphe, le feu d’artifice, sans parler des harangues, donnèrent un si beau lustre à cette solennité que le conseil municipal de Paris, à celte date, c’est-àdire le Prévôt des marchand istles échevins, ordonnèrent que « le tout sera ii recueilli et imprimé ». De là le livre que nous signalons et dont les gravures, au nombre de 2ù dans la seconde édition, sont l’œuvre des premiers graveurs du temps : Chauveau, Jean Marot, Le Pautre , Cochin de Troyes, Flamen, et Nicolas Poilly. Ici ce dernier se distingue par un très-beau portrait de LouisXlV à l’âge de 20 ou 22 ans, d’après Mignard.
Le frontispice, fort bien gravé par Chauveau, nous montre le jeune roi assis sur son trône et auquel le prévôt des marchands et les échevins présentent, à genoux, la relation de VEntrèe triomphale.
Suit une épître dédicatoire au lecteur, gravée et encadrée dans des chiffres et des fleurons; puis on arrive à la 3e planche qui représente Leurs Majestés passant en revue (entre ie bois de Vincennes et la ville) la milice de Paris. Les autres planches nous montrent : l’arc de triomphe à l’entrée du faubourg Saint-Antoine (par J. Marot) ; — l’entrée du pont dormant de la porte Saint-Antoine (Marot); — l’arc de pierre sur le pont dormant de la porte Saint-Antoine (Marot) ;
— la porte de la ville du côté de Saint-Antoine;
— le Parnasse, carrefour de la fontaine Saint-Gervais; — le pont Notre-Dame réparé et enrichi (Marot); — l’arc de triomphe au bout du pont Notre-Dame du côté de la Cité ; — l’arc de triomphe au Marché-Neuf (Marot) ; — le plan de la place Dauphine (Marot); — l’amphithéâtre de la place Dauphine (Marot); — l’obélisque (Lepautre?);
— la façade de l’Hôtel de ville du côté de la place de Grève (Marot); — le trône élevé sur le vaste emplacement nommé aujourd’hui place
L’ART OFFICIEL : FRANCE
du Trône (Marot) ; — l’hôtel de Beauvais , rue Saint-Antoine , d’où la reine-mère vit passer le cortège (Ma rot). Les 5 planches qui suivent , si elles étaient numérotées, répondraient aux nos 18, 19, 20, 21, 22 ; elles sont consacrées au cortège qui se déroule dans l’ordre que voici : Le clergé tant séculier que régulier, l’université, les magistrats de la ville, MM. du Châtelet, de la cour des monnoyes, de la cour des aides, les membres de la chambre des comptes, les membres du parlement, les équipages de son éminence le cardinal Mazarin, les écuries du roi, la chancellerie, la maison du Boy, les seigneurs de la cour, les officiers de la couronne, le Roy, les princes du sang, princes et ducs, la reine et sa suite, les gardes du corps à chevalet les gendarmes qui ferment la marche. La représentation de ce cortège offre le plus grand intérêt au point de vue des usages, du costume et de l’histoire. La vivacité spirituelle du burin, la variété, la justesse des attitudes, voilà ce qui caractérise cette œuvre remarquable. Tout porte à croire que ces planches sont l’œuvre de Cochin de Troyes dont le talent offre beaucoup d’analogie avec celui de Callot, le célèbre graveur lorrain.
L’avant-dernière se rattache au Te Deum chanté à Notre-Dame. Par dérogation à un ancien usage, ce Te Deum ne fut chanté que le lendemain, c’est-à-dire le 27 août. Des tapisseries occupent dans le chœur la place des belles boiseries qu’on y voit aujourd’hui. Cette planche est encore de Marot ; enfin la dernière, toujours de Marot, représente une galère de 72 pieds de long, la pièce principale du feu d’artifice qui fut tiré le 29 d’août en face le Louvre.
502. Il Mondo piangente e il cielo festeggiante nel funerale apparato delV esequie celebrate in Roma nella chiesa di S. Luigi de ’ Francesi, alla gloriosa memoria di Anna d’Austria , etc. — Le Monde en pleurs et le ciel en fêtes, à l’occasion de la cérémonie funèbre célébrée à Rome dans l’église de Saint- Louis des Français, en l’honneur de la glorieuse mémoire d’Anne d’Autriche, reine de France.— Rome, 1666, in-fol., avec un front, gravé par Yidman, et trois gr. pl. grav. par Flamen d’après Benedetti.
Omis par Brunet et par Grasse.
503. Esequie d’ Anna Maria Maurizia d'Austria , regina di Francia, etc. — Service funèbre célébré à Florence en l’honneur d’Anne-Marie-Maurice d’Autriche, reine de France; décrit par Louis Rucellai. — Florence, 1666, in-4, avec une gr. planche (2 fr.).
Omis par Brunet et par Grasse.
504. Courses de testes et de bague, faites par le Roy et par les princes et seigneurs de sa cour en l’année 1662 (rédigé par Ch. Perrault, avec une relation en vers latins, par Fléchier). — Paris, 1670, gr. in-fol., 96 pl. avec un texte (100 à 200 fr.). — Autre édition avec ce titre latin : Festivaad capitaannulumquedecursio , etc. — Paris, 1660, gr. in-fol.
On connaît cette imitation toute pacifique des tournois du moyen âge, si fort à la mode en Ita-
lie, vers la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième. Je dis toute pacifique , car elle consistait principalement dans la formation d’un certain nombre de cavaliers divisés par groupes, chargés de représenter, sous un costume plus ou moins fantaisiste, les diverses grandes nations du globe. Enfiler des bagues au grand galop, enlever avec la lance ou l’épée des têtes de Turc ou de Maure, faites de carton ou d’osier, tels étaient d’ordinaire les exercices en honneur dans les carrousels. Parfois on y ajoutait des chars montés par des personnages mythologiques, et de là, suivant toute apparence, le nom de carrousel , car un char se dit en italien carro, carroza, d’où notre mot français : carrosse. Une reine, restée Italienne, bien que reine de France, introduisit ce spectacle à Paris. Bassompierre parle dans ses Mémoires du trèsbeau carrousel que Marie de Médicis ouvrit, en 1622, à la place Royale, mais qui fut éclipsé par le carrousel que fit Louis XIV, en 1662, sur la place qui en a pris le nom. Cette fête fut une des plus magnifiques de la jeunesse du grand roi. Il est vrai qu’elle ne coûta pas moins de douze cent mille francs.
A cette date (1662), on remarquait entre les anciens murs de Paris et à l’est des Tuileries, des terrains vagues sur lesquels on éleva un vaste amphithéâtre, capable de contenir des milliers de spectateurs. Or le 9 juin de la même année, les Parisiens virent se déployer de grand matin les suisses et les troupes françaises dans les rues où devait passer le cortège, dont l’itinéraire fut tracé ainsi qu’il suit : la place Vendôme, point de départ; la rue Saint-Ilonoré, la rue de Richelieu et la rue Saint-Nicaise, par où l’on devait déboucher sur le Carrousel. Cinq quadrilles composaient le cortège : le quadrille des Romains, commandé par le roi; le quadrille des Perses, par son frère Gaston ; le quadrille des Turcs, par le prince de Condé; le quadrille des Indiens, par son fils, et celui des Américains, par le duc de Guise. Rien de plus brillant, de plus fantasque que le costume des princes et seigneurs qui caracolaient au milieu des quadriges, et de plus extravagant que les panaches qui ornaient leurs têtes et qui égalaient presque ceux qu’exhibait l’Italie en pareille occasion.
S’il nous fallait maintenant parler des trompettes, des timbaliers qui précédaient chaque quadrige, des palefreniers qui suivaient tenant en main des chevaux richement enharnachés, cette note deviendrait trop longue, et nous aimons mieux renvoyer à l’ouvrage lui-même, un des plus beaux volumes du Cabinet du Roy. Nous nous bornerons à dire que les sept premières planches nous montrent la marche du cortège de la place Vendôme au Carrousel; viennent ensuite trente planches consacrées à représenter, sur une plus grande échelle, tous les personnages dont se composait le cortège; enfin trois grandes planches doubles. — Nous ne dirons rien du grand nombre de celles qui représentent les devises et écussons des jouteurs, et nous montrent : 1° la disposition des quadrilles dans l’amphithéâtre ; 2o la course de têtes; 3o la course de bagues.
Cette belle publication ne serait-elle pas traitée par des graveurs aussi habiles qu’Israël Silvestre, pour les vues et les ensembles, et Chauveau, pour les figures, qu’elle serait digne d’intéresser ceux que préoccupe l’archéologie parisienne. Ces planches mettent sous nos yeux le Paris de 1662 et révèlent en même temps de bien curieux détails.
En tête, on trouve un frontispice très-bien gravé par Rousselet. Le titre de l’ouvrage est inscrit sur un cippe surmonté d’un excellent buste de Louis XIV, et au pied duquel sont entassés pêle-mêle les attributs des exercices du carrousel et de l’hippodrome. Le fond représente la place Royale, le jour du carrousel de 1662, àpropos historique heureusement trouvé,
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505. Les Plaisirs de l’isle enchantée, course de bague, collation ornée de machines, comédie meslée de danse et de musique, ballet du Palais d’Alcine, feu d’artifice, et autres festes galantes et magnifiques, faites parle roy à Versailles le 7 may 1 664, et continuées plusieurs autres jours. — A Paris, chez Robert Ballard, 1664, infol., 71 pp. pour les deux premières journées et 12 pp. pour la troisième, avec 9 gr. pl. dessin, et grav. par Israël Silvestre (50 à 80 fr.); — une autre édit., ibid., 1673, in-fol. (30 à 40 fr.).
L’édition originale que possède M. A. F.-Didot. contient la première édition de la relation des trois premières journées qui se composent: la première, d’unecourse de bagues avec des vers de Benserade; la seconde, de la représentation de la Princesse d’Elicle de Molière) dont cette journée nous donne l’édition originale complète, avec ses intermèdes et ses arguments) ; la troisième journée est l’édition originale du Palais d’Alcine , ballet dont les vers sont de Benserade.
Les Plaisirs de l’île enchantée que nous voyons ici publiés à part, forment le douzième volume de la grande et magnifique collection connue sous le nom du Cabinet du Boy (voyez plus loin). Les planches furent d’abord tirées sans texie avec cette indication : Isr. Silve&tre delineavit et sculpsit.
506. Relation de la feste de Versailles. Du 18 juillet 1668 (par A. Felibien). — Paris, impr. roy., 1679, in-fol., avec 5 pl. grav. par Le Pautre (30 à 40 fr.).
Le 2 février 1668, le roi partait subitement de Saint-Germain pourlaFranche-Comté et s’emparait de cette province. Le 2 mai 1668, la Hollande, l’Angleterre et la Suède, qui s’étaient liguées contre lui, le forçaient à signer le traité d’Aix-la-Chapelle, par lequel il conservait la Flandre et rendait la Franche-Comté. Le 18 juillet, il donnait une fête dans les jardins de Versailles « pour réparer, dit Félibien, historiographe de France, ce que la Cour avait perdu dans le carnaval pendant l’absence du Roi». Collation, comédie, etc., rien ne fut épargné pour satisfaire la Cour, et, du reste, les gravures de Le Pautre peuvent en témoigner. Ces gravures, au nombre de cinq, représentent : 1» la collation dans le petit parc; 2» la comédie : — c’est-à-dire les Fêtes de l'Amour et de Bacclius , le premier opéra de Quinault ; 3<> le souper dans le petit parc; 4° le bal; 5° l’illumination.
507 . Les Divertissemeus de Versailles donnez par le Roy à toute sa Cour au retour de la conqueste de la Franche-Comté en 1674 (par Félibien). — Paris, impr.
roy., 1676, in-fol., avec 7 pl. grav. par Le Pautre et desculs-de-!ampe par Séb.
Leclerc (30 à 40 fr.).
Dans le prologue du Malade imaginaire , la déesse Flore chante :
Vos vœux sont exaucés, Louis est de retour,
11 ramène en ces lieux le plaisir et l’amour.
En eflet, Louis XIV était de retour de cette fameuse campagne dans laquelle il s’était dédommagé de la perte de la Hollande par la Franche- Comté conquise pour la seconde fois et définitivement conquise. Donner une fête à la Cour dans cette circonstance, c’était chose indiquée, car il y avait un précédent : le roi revenait, en 1674, vain-
queur de la Franche-Comté, comme il en était revenu en 1668.
Cette seconde fête n’aurait été qu’une assez fade copie de la première, si elle n’avait été relevée par deux particularités de haut goût qui se rattachent à l’histoire de l’académie royale de musique et du théâtre français : nous voulons parler d’une représentation de l 'Alceste de Quinault et de Lulli, dans la cour de Marbre, et de celle du Malade imaginaire , sur un théâtre de circonstance construit dans le parc. Louis XIV vit pour la première fois cette immortelle satire des médecins, mais il la vit hors de la présence de Molière. Ce grand homme venait de mourir.
Quelle était donc la force d’abstraction de nos pères ! Pour eux, le décor, la mise en scène, la fidélité du costume, n’étaient point la condition impérieuse de l’illusion théâtrale. Alceste fut représenté dans cette fête entre deux rangées de caisse d’oranger etdeux rangées de piédouches chargés de girandoles. (Vov. la gravure de Le Pautre, pl. lre.) Telles étaient les coulisses ; la façade du château sur la cour de Marbre servit de toile de fond.
Le Malade imaginaire termina la iroisième journée (19 juillet 1674). Le Pautre nous montre (pl. 3) Argan dans un fauteuil entouré de trois femmes : Angélique, Béline et Toinette (?). Un orchestre nombreux, au bas de la scène, nous rappelle que le Malade imaginaire porte le titre de Comédie- Ballet.
Un concert sous la feuillée dans le jardin de Trianon (pl. 2, grav. de Chauveau), un banquet dans la cour de Marbre (pl. 4), une illumination, un feu d’artifice, ces accompagnements obligés de toutes les fêtes, complètent ce souvenir des divertissements de Versailles, reproduits, du reste, dans le XIIe vol. du Cabinet du Boy.
508. Roma festeggiante nel monte Pincio neglt applausi aile glorie delta pietà del christianissimo Lodovico il Grande, in occasione délia da lui estirpata eresia, mediante V Editto di Fontanablô , 1685, etc. — Rome en fête au mont Pincio pendant les réjouissances faites à la gloire de la piété du roi très- chrétien, Louis le Grand, à l’occasion de l’hérésie extirpée par lui au moyen de l’édit de Fontainebleau de 1685, et aussi pour le recouvrement de sa santé ; fêtes célébrées par le cardinal d’Estrées, duc et pair de France. Publié par le père Coronelli. — S. I. n. d., in-fol., 3 ff. et 70 pp., avec 5 gr. figures (30 à 60 fr.).
Volume peu connu et fort rare. Les historiens de Louis XIV ont paru ignorer ces fêtes célébrées à Rome en l’honneur de la révocation de l’édit de Nantes. Les cinq planches qui ornent cette relation sont de Vinc. Marioiti et de Petro Santi. A la suite du texte italien, se trouve une traduction française. — Omis par Brunet et par Grasse.
509. Pompe funèbre du prince Louis de Condé à Paris, le 10 mars 1687. — Gr.
in-fol., 6 pi. grav. par Dolivar et Le Pautre, d’après J. Bérain.
510. La Statue de Louis le Grand, placée dans le Temple de l’honneur. Dessin du feu d’artifice dressé devant l’hôtel de ville de Paris, pour la statue du Roy qui doit y estre posée (par le sieur Beausire, architecte de la ville). — Paris, Nie. et
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Ch. Caillou, 1689, in-4, 29 pp. et 1 f., avecl gr. pl. grav. par Le Pautre.
Fort rare.
511. Discours sur les arcs triomphaux dressés eu la ville d’Aix, à l’heureuse arrivée de monseigneur le duc de Bourgogne et de monseigneur le duc de Berry (par Pierre de Chastueil-Gallaup). — Aix, Jean Adibert, 1701, in-fol., 5 ff. prél., 74 pp., et 4 grav. à l’eauforte par J. -Cl. Cundier (30 à 70 fr.).
Le duc de Bourgogne, c’est Louis de France, fils du Grand Dauphin et père de Louis XV ; le duc de Berry, c’est son frère cadet, Charles de France.
L’épître dédicatoire est signée : Chastueil Gallaup, tandis qu’un sonnet sur l’auteur est adressé à M. de Gallaup de Chastueil, écuyer. Dans la préface, il nous apprend que son père s’était chargé en 1622 d’organiser à Aix la réception de Louis le Juste, et que son aïeul avait travaillé aux dessins de la porte royale de la ville de Marseille.
Les eaux-fortes de ce volume sont d’une bonne exécution et chacune est consacrée à un arc de triomphe dont la décoration et les emblèmes méritent d’être signalés.
Pl. 1, Varc de L'avenue du faubourg des Cordeliers. Cet arc s’élevait au milieu des orangers, des grenadiers, des citronniers; de chaque côté, deux statues, la Provence , et la ville d 'Aix. — Pl. 2, Y arc de la porte des Augusüns, surmonté de la statue de C. Sextius Calvinus, proconsul, fondateur de la ville d’Aix. Au-dessous, un grand tableau qui représente Baymond Béranger et son épouse, Louise de Savoye, félicitant Louis XIV de l’élévation de M. le duc d’Anjou au trône d’Espagne. — Pl. 3, au bout du cours, allée du côté droit . Trois tableaux dans l’attique. Celui du milieu représente une séance d 'une cour d'amour. Des dames sont au nombre des conseillers de ce parlement provençal : Etiennette, dame des Baux, fille du comte de Provence ; Adelasie, vicomtesse d’Avignon, etc. Les deux peintures à droite et à gauche représentent l’exécution des arrêts de la cour d’amour qui condamne à être passés par les verges ceux qui ont mal parlé des dames ou des dons d’amour. — Pl. U, Yarc de triomphe près du palais. La peinture du milieu nous montre la statue de Thémis au milieu d’un temple orné des statues de huit rois qui ont fondé les tribunaux chargés de rendre la justice dans ce palais. Le tableau de droite représente Louis de Forbin, ambassadeur de Louis XII , plaidant pour la défense de certains droits ou privilèges de la ville. Le tableau de gauche montre la publication (di vant le palais) de la confirmation, par Louis XIV, des privilèges de la ville, le roi déclarant en outre que le Parlement d'Aix est le principal instrument de toutes les villes de son royaume en son obéissance.
512. Décorations faites dans la ville de Grenoble, capitale de la province du Dauphiné, pour la réception de Mgr. le duc de Berry. Avec des réflexions et des remarques sur la pratique et les usages des décorations (par le P. Menestrier). — Grenoble, A. Fremon, 1701, in-fol., 70 et 24 pp., avec 7 pl. et 2 vignettes grav. par M. Ogier, d’après P. Sevin (50 fr.).
Six arcs de triomphe et un feu d’artifice.
513. L’Auguste piété de la royale maison de Bourbon , sujet de l’appareil fait à Avignon pour la réception de Monsei-
gneur le duc de Bourgogne et de Monseigneur le duc de Berry, etc., par le P. J. -J. Bontous, de la Compagnie de Jésus. — Avignon, Franc. -Séb. Offray, 1701, in-fol., 5 ff., 138 pp. et 1 f., avec 6 grav. (20 à 40 fr.).
Ouvrage rare, à peine cité par Brunet (voir à l’art. Discours). Le sieur Cotelle, de l’Académie royale, fournit lesdtssins des peintures et en conduisit les ouvrages avec P. Perru. Les costumes sont de l’invention de P. D. B. Daugard, dont une planche, gravée à l’eau-forte, fort belle, se trouve à la page 13ù : elle représente un chevalier et un officier de l’arc de la compagnie de M. le marquis de Dorsan (?). Les cinq autres planches, gravées par L. David, représentent quatre arcs de triomphe, érigés à la mémoire d’Henri IV, de Louis XIII et de Louis le Grand, en comptant celui delà porte de la ville, et une statue.
514. Réjouissances faites à Lyon pour la naissance de Monseigneur le duc de Bretagne. Par le R. P. de Colonia, de la Compagnie de Jésus. — Lyon, Ant. Briasson, 1701, in-4, 38 pp., avec 3 fig., dont 2 arcs de triomphe gtav. par Ogier, d’après Lahe (30 à 50 fr.).
515. Relation du service solennel fait à Rome dans l’église royale et nationale de S. Louis pour Monseigneur Louis, dauphin de France, le vendredi 18 septembre 1711. — Rome, 1713, in-fol., pl. gr.
Ce volume est orné de neuf planches y compris le portrait et le frontispice, giavés par Jérôme Trezzo.
516. Le Sacre de Louis XV, roi de France et de Navarre, dans l’église de Reims, le dimanche 25 octobre 1722 (rédigé par Danchet). — (Paris, s. d.), très-gr. infol., avec 72 grav. des différents artistes et des plans levés et dessinés par Bullin (100 à 300 fr., selon la condition).
Louis XV n’avait que cinq ans quand il hérita de la couronne de France; douze ans quand il fut sacré. La plupart des historiens ne parlent point de ce sacre. Mais le souvenir, fort heureusement pour les curieux et les artistes, en est conservé dans le splendide volume dont nous venons de donner le titre et où il est dit que c’est en voy ant la rareté 'des ouvrages de ce genre que l’on a conçu la pensée de le publier. « En effet, ajoute « l’auteur de la relation , ce qu’on connaît du « sacre d’Henri III ne se trouve que sur de « vieilles tapisseries qui le reproduisent d’une d manière inexacte. Trois planches de Lepautre « et une tapisserie d’api ès Lebrun : voilà tout ce « qu’on possède du sacre de Louis XIV. »
Si donc vous voulez avoir les notions les plus exactes sur une tradition, —je ne de dirai point une institution, — condamnée par la marche des esprits, ouvrez le sacre de Louis XV.
Neuf grandes planches brillamment exécutées, et riches de détails, rendent sans doute avec fidélité tous les détailsde ces cérémonies compliquées. Elles nous font comprendre que si la curiosité de l’assistance peut être excitée, la piété bi ille ici par son absence. Ces planches représentent le lever du Roi (par Duchangej; — le Roi allant à l'église (par Larmessin) ; — le Roi attendant la sainte ampoule (par Beauvais); — le Roi prosterné de-
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vaut l’autel (par Cochin) ; — la cérémonie des onctions (par Larmessin); — le couronnement du Roi (par Tardieu); — le Roi mené au trône (par Tardieu); — la cérémonie des offrandes (par Desplaces). La dernière planche est consacrée au festin royal (par Dupuis).
Celles qui viennent après représentent tous les grands officiers de la couronne, tous les dignitaires de l’Église et de l’État dans des costumes préparés pour la cérémonie : par exemple le maréchal de Villeroy en connétable, le duc d’Orléans en duc de Bourgogne.
Le texte est gravé. De magnifiques bordures l’encadrent et des vignettes l’illustrent. Chaque vignette est une allégorie qui correspond à quelque cérémonie du sacre : ainsi la France couverte de son manteau, sur le char du Soleil sortant de l’Océan, nous annonce que le roi vient de selever.
L’académicien Dancliet, sous la surveillance de l’abbé Bignon et de M. de Boze, fut chargé, par le duc de Gesvres, de la composition et du choix des allégories, et toute une cohorte d’hommes de talent se virent appelés à illustrer ce livre monumental. Nous citerons : d’Ulin, de l’Académie Royale de peinture, chargé de la partie la plus considérable de l’ouvrage: des allégories, bordures, cartouches et devises ; — Perrot, peintre des Menus-Plaisirs ; Larmessin, Beauvais, Desplaces, Dupuis, Edelinck , Chéreau, Audran, Petit, Haussard, Jeaurat, Claude Drevet.
517. Relation des cérémonies observées à l’occasion du mariage du roy (avec Marie Leczinska). — Paris, 1725, in-4, avec une gr. planche représentant l’entrée de la reine à Versailles (40 fr.).
518. Description de la feste et du feu d’artifice qui doit être tiré à Paris sur la rivière au sujet de la naissance de Monseigneur le Dauphin, par ordre de Sa Majesté catholique Philippe V et parles soins de leurs excellences M. le marquis de Santa Cruzet de M. deBarrenechea, ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires du roy d Espagne, le 31 janvier 1730. — Paris, 1730, in-4, 31 pp.
et 3 gr. pl. sur cuivre qui se déploient, par Servandoni (80 à 150 fr.).
Louis, Dauphin, fils de Louis XV et de Marie Leczinska, né à Versailles le A septembre 1729, mort à Fontainebleau le 20 décembre 1765. « Ja- « mais nouvelle, dit l’auteur de la relation, ne « fut plus agréable à Leurs Majestés catholiques « que celle de la naissance du Dauphin. Dans les « temps les plus difficiles, le roi d’Espagne (Phi- « lippe V) a toujours conservé pour le Roy son « neveu cette tendresse paternelle dont il a donné « des marques dans toutes les occasions. » — Le Roi d’Espagne ordonna donc à ses plénipotentiaires de faire non-seulement une fête publique, mais même de la faire supérieure à tout ce qui serait fait en cette occasion. Trois grandes planches très-bien gravées représentent : 1° Le plan et la vue du feu d’artifice tiré sur la Seine en face du palais des quatre Nations; — pl. 2. L’illumination de l’hôtel de Bouillon. Sur la façade on lit: Hispaniœ Galliœque félicitas; — pl. 3. Vue de la salle de festin et de bal construite dans le jardin de l’hôtel de Bouillon.
Ouvrage omis par Brunet et par Grasse.
519. Description des festes données par la ville de Paris, à l’occasion du mariage de madame Louise-Elisabeth de France, et de Dom Philippe, Infant et grand
amiral d’Espagne, lesvingt-neuvième et trentième août mil sept cent trente-neuf. — Paris, P. -G. Le Mercier, 1740, gr.
in-fol., 22 pp. et 14 pl. (dont 9 doubles et 5 simples), grav. par Blondel (et l’une par Cochin fils), d’après Salley, Gabriel, Servandoni et Bonneval (20 à 60 fr.).
Cet infant, Don Philippe, grand amiral d’Espagne, fils du roi d’Espagne Philippe V et d’Elisabeth Farnèse, obtint, par le célèbre traité d’Aix-la- Chapelle, la souveraineté des duchés de Parme, de Guastalla et de Plaisance (17A8). Son mariage avec Madame Louise-Élisabeth, fille de Louis XV, précéda cet événement.
Les planches gravées par J.-Fr. Blondel représentent : 1° Le plan géométral de la partie de la Seine où fut donnée la fête; — 2° le temple de l’Hymen, décor du feu d’artifice placé sur le terre plein du Pont-Neuf; — 3° et ho élévation géométrale du trône construit pour que Leurs Majestés voient la fête, exécuté sur les dessins de Gabriel; — 5° le plan et l’élévation géométrale du salon de musique élevé au milieu de la rivière entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal ;— 6° et 7°, les bateaux illuminés. La planche 8 donne l’élévation géométrale de la terrasse du bord de l’eau où se trouvaient les tentes pour la suite de Leurs Majestés. La planche 9 nous offre une vue généiale de cette fête sur la Seine, avec tous ses décors, illuminations et feux d’artifice. Les dernières planches nous montrent le bal de l’Hôtel de ville dans la nuit du 30 au 31 août, avec plans et coupes. Enfin, cette série se termine par la reproduction du décor de la terrasse du château de Versailles, décor occasionné par le mariage d’une fille de France.
En dehors de cesquatorze planches, on y trouve un fleuron (au frontispice) dessiné par Bouchardon et gravé par Soubeyran, et une grande vignette, servant d’en-tête, dessinée et gravée par Jac. Rigaud, représentant une joute sur la Seine. Omis par Brunet.
520. Représentation des fêtes données par la ville de Strasbourg, pour la convalescence du roi, à l’arrivée et pendant le séjour de Sa Majesté en cette ville: inventé, dessiné et dirigé par J. M. Weis, graveur de la ville de Strasbourg. — Imprimé par Laurent Aubert à Paris (1744), gr. in-fol., avec 12 pl. (20 à 70 fr. et plus).
La plupart des biographes ne parlent point de la réception de Louis XV à Strasbourg, le 5 octobre 17 UU. Cette entrée, très-brillante, comme le montre le bel ouvrage dont nous donnons le titre, excite un nouvel intérêt quand on sait dans quelles circonstances cette entrée eut lieu. Le roi, qui, le 8 août, était si dangereusement malade à Metz qu’on le croyait perdu, par son retour à la santé fit éclater dans toute la France la joie la plus vive. Paris accueillit la nouvelle de sa guérison avec transport, et Strasbourg reçut Louis XV convalescent avec la même allégresse'.
Un beau portrait équestre de Louis XV, gravé par G. Wille, d’après Parrocel (la tête peinte par Chevallier d’après un buste exécuté par J.-B. Le Moine), o uvre la série des gravures dues à l’invention de ^eis et au burin de Le Bas. Elles nous montrent :
1° L’arrivée duRoi aux portes de Strasbourg ; — 2° l’entrée du Roi par le faubourg de Saverne ; — 3° la vue d’une place de Strasbourg, du côté du faubourg de Saverne; — U° le Roi devant la prin-
L’ART OFFICIEL : FRANCE
cipale porte de la cathédrale; — 5° feu d’artifice tiré sur la rivière d’Ill en face du palais épiscopal ;— 6° les réjouissances sur la place de l’Hôtel de ville; — 7° la vue de l’illumination de la cathédrale et notamment de la flèche ; — 8° l’illumination de la façade du palais épiscopal ; — 9° offrande du vin d’honneur à Sa Majesté par le corps des tonneliers de Strasbourg, leurs exercices et leurs jeux sur la, terrasse du palais épiscopal ; — 10u exercices de la bague et de l’oie par les bateliers et pêcheurs de Strasbourg; — 11° exercices à l’épée et danses sur la terrasse épiscopale par les boulangers de la ville.
Omis par Brunet et par Grasse.
5*21 . Journal de ce qui s’est fait pour la réception du Roy dans sa ville de Metz, le 4 aoust 1744, etc. — Metz, veuve de Pierre Collignon, 1744, petit in-fol., 83 pp., avec 8 gr. pi. grav. par L.-F. Mangin (30 à 50 fr.).
Volume rare, mais dont les planches sont audessous du médiocre. Elles représentent des arcs de triomphe, des cortèges et des médaillons.
522. Fêtes publiques données par la ville de Paris à l’occasion du mariage de monseigneur le Dauphin (avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne), les 23 et 26 février 1745. — Paris, 1745, gr. in-fol., texte gravé et 20 gr. pl. grav. par Le Bas, d’après Ch. Hutin (20 fr. et plus).
On a vu plus haut, n° 518, l’indication des fêtes qui furent données à l’occasion de la naissance de Louis, Dauphin, fils de Louis XV et de Marie Leczinska. Ici nous voyons de quelle manière la ville de Paris célébra le mariage du jeune prince français avec une princesse espagnole. Nous allons voir ci-dessous, n° 523, de quel genre de fêtes son mariage avec une princesse allemande fut l’occasion.
Appeler le plus grand nombre des habitants de la ville à se réjouir, tel a été le problème posé, dit l’auteur de la relation, et voici comment il a été résolu. De grandes salles couvertes, mais ouvertes de tous les côtés, furent élevées dans divers quartiers de Paris, pour le peuple, qui, le jour de la célébration du mariage à Versailles, le 22 février, eut toute liberté de manger, danser et s’ébattre dans ces halles de plaisir. Il usa largement de la permission, et les scènes d’ivresse et de gloutonnerie, rendues par le crayon de Hutin et le burin de Le Bas, le certifient.
Notez que pendant qu’on se grisait à Paris, toutes les pompes de la monarchie se déployaient à Versailles. La calcographie du Louvre, vol. 31, renferme quatre planches dessinées et gravées par les deux Cochin, père et fils, qui représentent : le mariage de Louis, Dauphin de France, avec Marie- Thérèse, l’infante d’Espagne, dans la chapelle du château de Versailles; la décoration de la salle de spectacle, dans le manège de la grande écurie de Versailles, pour la représentation de la Princesse de Navarre , comédie-ballet; la décoration du bal paré donné par le roi dans la même salle de spectacle; la décoration du bal masqué donné par le roi dans la grande galerie de Versailles.
Ce serait pécher par omission que d’oublier de dire que Paris voulut rivaliser avec Versailles. Les dernières planches du volume indiqué en commençant cette note nous montrent un bal paré et masqué donné dans la cour de l’Hôtel de ville, transformée en une salle magnifique, que sa grandeur rendait le centre de la fête.
523. Fête publique donnée par la ville de Paris à l'occasion du mariage de Mon-
seigneur le Dauphin, le 13 février 1747 (avec Marie-Josèphe de Saxe). — Paris, 1747, in-fol., 2 ff. pour le titre et le front., et 12 pp. de texte, avec 7 gr. pl. (20 fr. et plus).
C’est au second mariage du Dauphin Louis, fils de Louis XV, que cette relation s’applique. La nouvelle épouse était fille d’Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, et de Marie-Josèphe, archiduchesse d’Autriche. Sur huit enfants qu’elle donna à son mari, il n’en resta que trois : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.
Autorisés parle Roi, le prévôt des marchands et les échevins firent consi ruire cinq chars : celui de la Guerre, de l’Hymen, de Cèrès, de Bacchus ; le cinquième figura le Vaisseau de la ville. Après avoir parcouru Paris, ces chars se réunirent sur la place Vendôme, firent le tour de la statue du Roi et rendirent plus agréable encore leur présence par des distributions.
Les gravures qui accompagnent cette relation en ont fait une véritable œuvre d’art, et, si la fête en elle-même peut paraître manquer d’ampleur, elle a été reproduite parles mains les plus habiles.
Les personnages et les chevaux sont touchés d’une manière vive et spirituelle. Rien de plus habile, de plus fin que la planche dernière qui montre les cinq chars tournant autour de la statue du Roi sur la place Vendôme. Le frontispice, largement traité, ouvre bien cette série de petits chefs-d’œuvre.
Le texte de cette solennité est de Lattré, encadré de bordures exécutées par P.-F. Tardieu. Le frontispice allégorique a été gravé par J. -J. Flipart, d’après le dessin de Michel-Ange Slodtz.
Il y a eu deux tirages de ce volume, dont le premier se distingue à la faute du titre qui porte: le 13 février 1742 pour 1747.
Omis par Brunet et par Grasse.
524. Plans et dessins des constructions et décorations ordonnées par la ville de Paris pour les réjouissances et à l’occasion de la publication de la paix, le 12 janvier 1749. — Pet. in-fol. obi. avec 6 pl.
Ces six planches représentent l’élévation et les décors du feu d’artifice de la place Dauphine, le dessin des orchestres et les buffets de distribution. Il faut en convenir, ces réjouissances paraissent aussi tristes que la paix qui leur sert de prétexte. En effet, cette paix, signée à Aix-la-Chapelle le 18 octobre 1748, fut l’abandon de toutes nos conquêtes, et la rupture de l’unité du corps germanique qui se partagea, dès lors, entre deux puissances prépondérantes, l’Autriche et la Prusse.
525. Relation de l’arrivée du roi (LouisXV) auHavre de Grâce, le 19 septembre 1749, et des fêtes qui se sont données à cette occasion. — Paris, 1753, gr. in fol., 2 ff. et 16 pp., 6 pl. dessin, par Descamps et grav. par J.-Ph. Le Bas (20 à 60 fr.).
La paix étant rendue à l’Europe par le traité d’Aix-la-Chapelle (1748), Louis XV voulut en profiter l’année suivante pour visiter le Havre de Grâce, et y assister aux manœuvres de la marine. Deux hommes de talent, Descamps, professeur de dessin à l’académie de Rouen, et Le Bas, premier graveur du cabinet du roi, s’associèrent pour enrichir la description de ces fêtes dont l’insignifiance, du reste, est assez habilement voilée par le talent des artistes. Voici ce que représentent les planches :
1° L’arrivée du Roi au Havre ; — 2° carénage
L’ART OFFICIEL: FRANCE
d’un vaisseau dans le bassin du Havre; — 3° le Roi sur le balcon des casernes de la marine du Havre; — U° illumination de la grande rue de la ville du Havre et du vaisseau placé à l’entrée du port pour terminer la perspective ; — 5° le Roi sur la plage de la rade du Havre ; — 6° le Roi sur la hauteur d’ingouville.
On y trouve en outre trois grandes vignettes gravées par Le Bas, d’après Slodiz.
Omis par Brunet et par Grasse.
526. Beschreibung der Feyerlichkeiten welche bey Gelegenheit der Durchreise Ihrer Koniglich. Hohheit der dur ch leuchtigs ten Fr au Da nph ine, Marien Antonien , etc. — Description des fêtes qui ont eu lieu à Fribourg à l’occasion du passage de S. A. R. la dauphine Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche. — Impr. par J.-Andr. Satron, 1770, in-fol., 9 ff. et 3 pl. dessin, et grav. par P. Mayr, de Fribourg (30 fr.).
Deux planches d’arc de triomphe et une d’illuminations de la cathédrale de Fribourg en Brisgovie. Volume omis par Brunet et par Grasse.
527. Description des fêtes et spectacles donnés à Versailles à l’occasion du mai r.'age de Monseigneur le Dauphin. — Paris, Vente, s. d. (1770), in-8, 64 pp., titre gravé et vignettes.
528. Recueil de descriptions des pompes faites en l’église de Notre-Dame de Paris et dans celle de l’Abbaye Royale de Saint-Denis, depuis l’année 1760 jusqu’en 1774. — In-4, fig. (50 à 60 fr.).
Ces descriptions sont accompagnées chacune de trois ou quatre planches qui représentent : 1° Régi lévation géométrale du monument, catafalque ou mausolée; 2° une partie latérale; 3° la coupe; U° le soubassement et le plafond. Ces planches sont gravées d’après les dessins de Michel-Ange Challe ou Challes, peintre d’histoire et dessinateur du cabinet du roi, mort à Paris en 1778. Réputé trèssavant en architecture, Challe eut la direction des fêtes publiques et par suite la direction des funérailles royales et princières. Malheureusement les grandes pompes de la mort ne lui ont rien inspiré. L’ancien élève de Boucher se retrouve au milieu de tous ces cercueils. Il reste froid, banal et ne songe nullement à rattacher son décor à l’admirable architecture de nos deux grandes basiliques. Voici la liste de quelques-uns des monuments que renferme ce recueil : à Notre- Dame : 1° mausolée du duc de Bourbon, infant d’Espagne ; — 2o mausolée de Stanislas 1er, roi de Pologne; — 3° catafalque pour Elisabeth Farnèsc, reine d’Espagne; — mausolée pour Charlotte- Félicité Lesczynska, reine de Pologne (abbaye de Saint-Denis,; — 5» à Notre-Dame : pour Charles Emmanuel 111, catafalque de Louis XV dans l’église Notre-Dame (7 décembre 1774), etc., etc.
Si l’on voulait tout indiquer, il faudrait énumérer quatorze monographies ! Le cadre de notre livre nous le défend.
529. Sacre etcouronuement de Louis XVI, Roi de France et de Navarre, à Rheims, le 1 1 juin 1775 (par l’abbé Pichon), précédé de Recherches sur le sacre des rois de France depuis Clovis jusqu’à Louis XV (par Gobet), et suivi d’un Journal historique de ce qui s’est passé à cette
auguste cérémonie. Enrichi d’un trèsgrand nombre de figures en taille-douce, gravées par le sieur Patas, avec leurs explications. — Paris, Vente, 1775, in-4, avec 57 fig. dont 1 1 grandes (80 à 100 fr.).
Les figures de cette relation ont été gravées par Paias, d’après celles qui ornaient déjà la description du sacre de Louis XV, et leurs ornements par Arrivct.
530. Le Sacre de S. M. l’empereur Napoléon, le dimanche 2 décembre 1 804 (avec des inscriptions en style lapidaire par M. Louis Petit-Radel, et la description des tableaux et explications des costumes par Etienne Aignan. — Paris, gr. in-fol.
Ouvrage très-important et par l’exécution et par les souvenirs qu’il éveille. Les planches, au nombre de trente-neuf, représentent le moment où l’empereur quitte les Tuileries dans la voiture du sacre, l’arrivée à Notre-Dame et les diverses phases de cette pompeuse cérémonie dans l’église métropolitaine. Les planches qui suivent sont consacrées aux costumes des personnages qui ont figuré dans cette solennité. Ces planches ont été gravées d’après les dessins d’isabey, Percier et Fontaine.
L’ouvrage n’était pas encore publié au moment de la chute de l’empire; l’édition presque entière fut mise sous le séquestre. Aussi quelques exemplaires d’artistes offerts à quelques hommes considérables, furent les seuls qui se trouvèrent dans la circulation : de là, une grande élévation de prix qui cessa d’être maintenue le jour où des personnes attachées à la maison du roi répandirent un assez grand nombre d’exemplaires. Apiès avoir été payé jusqu’à 1,800 fr., le livre du sacre a été laissé dans certaines ventes pour 95, 87 et même récemment 71 fr.
531. Relation des fêtes données par la ville de Strasbourg à Leurs Majestés impériales et royales, les 22 et 23 janvier, à leur retour d’Allemagne. — Strasbourg, 1806, avec 5 pl. grav. au trait par Guérin, d’après B. Zix (8 à 10 fr.).
532. Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le couronnement de Leurs Majestés Napoléon, empereur des Français et roi d’Italie, et Joséphine, son auguste épouse. Recueil de décorations exécutées dans l’église de Notre-Dame de Paris et au Champ-de- Mars, d’après les dessins et sous la conduite de C. Percier et P.-F.-L. Fontaine, architectes de l’empereur. — Paris, 1807, gr. in-fol., 24 et 4 pp. , avec 12 gravures (15 à 20 fr.).
Ces décorations qui, loin d’orner un vénérable et magnifique édifice, le défiguraient plutôi, sont reproduites dans des gravures au trait dont voici le détail :
1° Frontispice; — 2° plan de l’église Noire- Dame et des dispositions qui ont été faites; — 3° vue de la façade principale de l’église Notre- Dame et du portique qui la décorait le jour de la cérémonie du couronnement; — h° vue de la galerie et du grand portique élevés à l’entrée de l’église; — 5° élévation géométrale du portique de la façade; -- 6° vue du vestibule en forme de tente
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à l’entrée du palais archiépiscopal derrière l’église ; — 7° vue intérieure de l’église en regardant le maître-autel; — 8° vue intérieure de l’église en regardant le trône ; — 9° élévation générale du grand trône; — 10° plan des appartements de l’école militaire et des dispositions pour la fête de la distribution des Aigles; — 11° vue de la grande tribune et du trône élevés devant la façade de l’école militaire du côté du champ de Mars; — 12° élévation géométrale de cette grande tribune.
533. Descrizione dellte J'este celebrate in Venezia per la ventila di Napoleone il Massimo , imperatore, etc. — Description des fêtes célébrées à Venise pour l’arrivée de l’empereur Napoléon le Grand, empereur des Français, etc., mise au jour par Fabbé Morelli, bibliothécaire du roi. — Venise, Picotti, 1808, in-fol., 32 pp., avec un frontispice noir et 4 pl. grav. à Vaqua tinta par Albertolli, d’après Selva, Borsato et Rizzi (3 à 5 fr.).
Omis par Brunet et par Grasse. Le frontispice bien gravé, représente le grand canal le jour des régates, et notamment l’arc de triomphe élevé pour la fête. Les autres planches représentent les barques qui ont pris part à ces régates vénitiennes.
534. Description des fêtes données à Leurs MajestéslesempereursNapoléon, Alexandre et plusieurs autres têtes couronnées, les 6 et 7 octobre 1808, à Weimar et à Iéna, par Son Al. Sér. Charles- Auguste, ducdeSaxe-Weimar, accompagnée d’un aperçu de leur mémorable entrevue à Erfort (Erfurt), avec 5 grand, pl. coloriées (texte allemand etfrançais). — Weimar, 1809, in- fol., avec 5 pl.
Mal gravées, niai coloriées, ces planches n’en sont pas moins dignes d’attention, car elles ont trait à l’un des événements les plus remarquables du dix-neuvième siècle. La lre représente une grande chasse aux cerfs organisée en l’honneur d’Alexandre et de Napoléon, sur l’EUesberg, près de Weimar, le 6 octobre 1808; — la 2e, les portraits des «mpereurs, rois, princes héréditaires réunis à Weimar ; — la 8e, Napoléon sur le sommet du Landgrafenberg, près d’iéna, montrant à Alexandre, sur la carte du pays que vient de lui donner le Grand-Duc, les principales dispositions de la bataille d’iéna, car c’est de ce point que Napoléon avait tout dirigé; au fond, on voit un temple d’ordre dorique, élevé pour la circonstance, d’après les dessins du professeur Sturm; — la fie, une vue de l’obélisque, érigé le 6 octobre 1808, devant le château de Weimar, en l’honneur des princes et des rois qui s’y trouvaient à cette époque ; — la 5e, les médailles frappées en commémoration de ces fêtes.
Volume d’une grande rareté, omis par Brunet et par Grosse.
535. Fêtes à l’occasion du mariage de S. M. Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie, avec Marie-Louise, archiduchesse d’Autriche. Recueil de gravures au trait, représentant les principales décorations d’architecture et de peinture, et les illuminations les plus remarquables auxquelles ce mariage a
donné lieu, avec une description par M. Goulet, architecte. — Paris, L.-Ch.
Sover, 1810, in-8, avec 54 pl. au trait (10 fr.).
On remarque parmi ces planches, gravées par C. Normand, les figures allégoriques placées sur les colonnes de la décoration dressée sur la place de l’Hôtel de ville. Ces figures sont de Prudhon.
536. Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le mariage de Sa Majesté l’empereur Napoléon avec S. A. I. Madame l’archiduchesse Marie- Louise d’Autriche. — Paris, Didot l’aîné, 1811, 13 pl. grav. au trait d’après Ch. Percier et P.-S.-L. Fontaine, dont 2 plans, in-fol. (5 à 10 fr.).
537. Relation des fêtes données par la ville de Paris, et de toutes les cérémonies qui ont eu lieu dans la capitale, à l’occasion de la naissance et du baptême de S. A. R. Msr le duc de Bordeaux (publié par Alissan de Chazet). — Paris, Petit, 1822, in-12, lig. (30 à 40 fr.).
538. Sacre de Charles X dans la métropole de Reims, le 29 mai 1825. — Paris, 1825, gr. in fol.
Un recueil di 30 planches représentant les cérémonies et les costumes, gravé par Lefèvre, Lignou, Muller, et faisant partie delà Calcographie du Louvre.
538 bis. Sacre de Sa Majesté Charles X dans la métropole de Reims, le 29 mai 1825 (rédigé par Hil. de Sazerac). — Paris, Sazerac etDuval, 1825, gr. in-fol . , avec 11 lithogr. par Arnout, Deroy, Victor Adam , etc. (cérémonies, festins, etc.) (60 à 100 fr.).
Tiré seulement pour les souscripteurs.
539. Histoire du sacre de Charles X dans ses rapports avec les Beaux-Arts et les libertés publiques de la France,... par F.-M. Miel. — Paris, Panckoucke, 1825, in-8, avec 6 pl. (15 à 20 fr.).
540. Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le baptême de S. A. R. monseigneur Henri-Charles- Ferdinand - Marie - Dieudonné d’Artois, duc de Bordeaux, petit-fils de France.
Recueil de décorations exécutées d’après les dessins et sous la conduite de J. Hittorffet J. Lecointe. — Paris, 1827, in-fol., avec 12 pl. dontunedefrout.(10à20fr.).
541. Translation des cendres de l’empereur Napoléon de Sainte-Hélène à Paris, et cérémonies faites à ce sujet à Paris en 1840. — Gr. in-fol., 15 pl. lith. par V. Adam et Arnoult (5 fr.).
54 1 bis. Sainte-Hélène. Translation du cercueil de l’empereur Napoléon à bord de la frégate la Belle-Poule. — Histoire et vues pittoresques de tous les sites de l’île
L’ART OFFICIEL : LORRAINE
se rattachant au Mémorial de Sainte- Hélène et à l’expédition de S. A. R.
M. le prince de Joinville, par M. Henri Durand-Brager, peintre de marine, embarqué sur YOreste. Dédié à M. le baron Gourgaud. — Paris, 1844, in-fol., 35 pl. lith. d’après M. Durand-Brager, par EugèneCiceri, Sabatier, Delaplante (40 fr.).
Ces trente-cinq planches, oîi le crayon si exercé, si pittoresque, de trois dessinateurs distingués, nous donne l’horreur de Sainte-Hélène, de ses épouvantables rochers, sont précédées d’une tête de Napoléon mort, moulée sur nature et supérieurement gravée par Calamatta.
542. Hôtel de ville de Paris. — Fête donnée en l’honneur de S. M. B. la reine Victoria. — Paris, 1856, gr. in-fol., 15 pp. et 6 ff., avec 22 pl. photogr.
Fête magnifique et photographies médiocres. Quels changements n’amène pas la marche des idées! 11 y a cent ans, les artistes les plus célèbres auraient été appelés pour perpétuer le souvenir de pareilles somptuosités ; de nos jours, un gouvernement prodigue et les édiles d’une des plus grandes cités du monde se contentent de quelques images, à moitié effacées, car en 1856 les procédés pour la conservationdes épreuves photographiques n’étaient point encore bien connus.
Deux albums, contenant les aquarelles de ces photographies, furent exécutés, l’un pour la reine Victoria, le seul existant aujourd’hui, car l’autre a disparu avec la bibliothèque de la ville de Paris. Les exemplaires photographiés n’ont été tirés que pour les membres du conseil municipal.
Voyez le Catalogne raisonné de la bibliothèque de M. A. Firmin-Didot, no 96A, pour l’indication du sujet de chaque planche.
542 bis. Hôtel de ville de Paris. — Fêtes et cérémonies à l’occasion de la naissance et du baptême de Son Altesse le prince impérial. — Paris, imprim. deCh.Mourgues, 1860, gr. in-fol., 23 pp. et 3 ff., avec 12 pl. photogr.
Volume destiné, comme le précédent, aux seuls membres du conseil municipal. On en a fait colorier deux exemplaires, l’un pour l’impératrice, l’autre pour la bibliothèque de la ville de Paris.
b. Lorraine.
543. Cérémonie des obsèques de Charles III, duc de Lorraine et de Bar, suivies de l’Entrée de Henri II, duc de Lorraine, à Nancy, dans les années 1608-10-11. A Nancy, par Biaise André et Herm. de Loye (300 à 500 fr.).
Ce titre factice embrasse du moins l’ensemble de la publication qui est assez complexe. Voici un extrait du véritable titre : Pompœ funebris... Poürtraict du convoy fait en pompe funèbre à Nancy r, capitale de Lorraine, au trasport de feu sérénissime prince Charles III... ledit convoi figuré en A8 tables. — Nanceii, cum privilegio... Claudius de la Ruelle, inventor... Fredericus Brentel fecit, Herman de Love excudit. Gr. in-fol.
Cet ouvrage est au premier rang de ceux dont se compose la section de VArt officiel. Les artistes qui ont concouru à son exécution, et dont quel-
ques-uns sont renommés, l’excellence de l’œuvre, les costumes, les usages, le soin minutieux avec lequel tout est observé et rendu, se réunissent pour mettre ce livre hors ligne et en faire quelque chose d’alléchant pour la curiosité. Aussi M. Grasse lui a-t-il donné place, sous la rubrique de Brentel, dans son Trésor des livres rares et précieux (Dresde, 1859-69, 8 vol. in-A).
Brunet n’a point décrit cette pompe funèbre avec toute la netteté désirable. Le catalogue de M. Didot pourrait être un peu moins bref. Seul Weigel (Kunstcatalog , n° 17(132, parce qu’il avait sous les yeux un exemplaire bien complet) nous paraît avoir décrit cette intéressante publication de manière à mettre les artistes en mesure de bien connaître le parti qu’ils pourraient en tirer. Nous allons le suivre, mais en nous réservant de mettre à profit les observations des bibliographes français.
De partie. Les Obsèques de Charles III. 10 pl. gravées à l’eau-forte, par Frédéric Brentel, miniaturiste et habile graveur, d’après les dessins de Claude de la Ruelle, peintre officiel et secrétaire d’état du duc de Lorraine, et Jean la Hiere (ou la Ilire) qui fut chargé de la partie perspective.
Les noms de ces artistes sont indiqués depuis la première jusqu’à la sixième planche. — Ces planches sont précédées d’un avertissement en latin et en français. Voici ce que dit le français : « Dix grandes tables contenantes les pourtraietz des cérémonies, honneurs et pompes funèbres faitz au corps de feu sérénissime prince Charles, troisième du nom, etc. » A la suite de cet avertissement on trouve la lre pl. ainsi désignée : Pour traict du lict du trespas de feue Son Altesse deLorraine , monseigneur le duc Charles, troisième de ce nom. Poürtraict de la chambre du trespas; seconde représentation de la même pièce avec quelques changements. — 2. Poürtraict de la sale d'honneur, préparée à Nancy en Vhostel ducal. — 3. Poürtraict du service de table fait à la Royale en la sale d’honneur. — U. Pour traict de l’effigie de feue Son Altesse de Lorraine. — 5. Poürtraict de la sale funèbre (nombreuses figures). — 6. Poürtraict de l’assiette , faite en l’insigne église de Saint-Georges à Nancy (nombreuses figures). — 1. Poürtraict de l’enterrement du corps de feue Son Altesse , etc. — 8 a. Poürtraict de la chapelle ardante dressée en l’insigne église de Saint -Georges. — 8 b. Pourtraict de la chapelle ardante dressée en l’église Saint-François, à Nancy. — 9. Poürtraict des armoiries , ou banières des lignes Paternelles et Maternelles de feue Son Altesse , etc. (6 planches entourées de légendes). — 9. Poürtraict des quatre chevaulx qui ont esté menez à la pompe funèbre (en 2 planches). — 10. Comme le sèrénissime prince Henry 2e du nom , par la grâce de Dieu 6A« duc de Lorraine , fut envoyé retournant,le 19 janvier 1608, de l’église, après avoir esté proclamé duc, prince et seigneur souverain en ladite église (une perspective remarquable de la rue de Nancy, avec une quantité innombrable de figures).
Ile partie. Le Cortège , A8 pl. avec des légendes explicatives, gravées principalement par Fréd. Brentel, d’après Claude de la Ruelle.
Ille partie. L 'Entrée de Henry II à Nancy, le 20 avril 1610, en 12 planches, par Mathieu Mérian, d’après Claude de la Ruelle, avec des légendes explicatives. La première planche porte cette mention : L’ordre tenu au marcher parmy la ville de Nancy, capitale de Loraine, à Centrée en icelle du sérénissime prince Henry , lie du nom , etc.
IVe partie. Le Cortège se dirigeant vers l’église; U planches avec cette inscription : Comme Son Altesse de Lorraine, monseigneur le duc Henry, second du nom, va à l’église, y convoyé tant par les Evesques et les Princes de son sang que par les Comtes, Barons , Seigneurs et Gentilz
L’ART OFFICIEL: LORRAINE
hommes , Ministres et Officiers de son Estât , estons en cour , et tous icy sans tenir rang. C. D. L. R. inventor, Fridericus Brentel fecit, Herman de Loye excudit. Nancejin Majo 1611 .
L’ouvrage est terminé par le plan de la ville de Nancy, comprenant quatre feuilles, avec des inscriptions latines et françaises, des armes, etc., et cette mention : La ville de Nancy, capitalle de Lorraine pourtraicte au vif comme elle est en cette année 1611. Nancy cü privilegio , etc., Claudius de la Ruelle author , Fridericus Brentel fecit , Hermannus de Loye excudit.
On remarquera que Weigel garde le silence sur le frontispice placé en tête de l’ouvrage et dont la partie inférieure, gravée par Mathieu Mérian, offre 15 petits sujets allégoriques, avec cette inscription : Munera a Ûeo optimo maximo Lotliaringiœ et Barri ducatibus elargita : Bonté de la Providence envers les ducs de Lorraine et de Bar.
Brunet semble croire que c’est assez gratuitement que l’on attribue à Mérian la gravure de ce frontispice. Le savant bibliographe a oublié sans doute que Mérian, né à Bâle, fut appelé à l’àge de 20 ans à la cour de Lorraine pour y graver les dessins de Claude de la Ruelle. Sa part, dans cette œuvre digne de son talent précoce, ne saurait être médiocrement mesurée.
Disons en terminant que cette reproduction si splendide des obsèques d’un duc de Lorraine répond complètement aux mœurs et aux habitudes du défunt. On sait que Charles III enlevé à sa mère, nièce de Charles-Quint, par Henri II, roi de France, qui surveilla lui-même son éducation, et favorisé d’ailleurs par le plus heureux naturel, prit, au milieu d’une cour brillante, le goût des arts et des choses de l’esprit. Rentré dans son duché, il le rendit prospère et sut se faire aimer de ses sujets.
544. Le Combat à la Barrière faict en cour de Lorraine le 14 febvrier, en l’année présente, 1627; représenté par les discours et poésies du s1' Henry Humbert; enrichy de figures du sr Jacques Cal lot et par luy mesme dédié à madame la duchesse de Chevreuse. — A Nancy, par Séb. Philippe, imprimeur de Son Altesse, 1627, pet. in-4, 3 ff. prélim. et 58 pp. (70 à 100 fr.).
Cette fête, dont le talent de Callot nous a conservé le souvenir bien mieux que les vers d’Humbert, fut organisée par Charles IV, amoureux, disent les mémoires du temps (voy. Beaupré, Recherches historiques et bibliographiques sur les commencements de L’imprimerie en Lorraine , p. 382.), d’une grande dame qui se trouvait à sa cour, Marie de Rohan, femme de Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, de la branche de Guise. Or, le portrait de la duchesse se voit en tête du livre, et Callot lui dédie les gravures.
La pointe spirituelle et légère du maître se retrouve dans ces planches qui représentent les entrées théâtrales de quelques seigneurs qui arri* vent successivement dans la plus vaste salle du palais pour y débiter les vers d’Humbert : l’un comme Arion, monté sur un dauphin; l’autre, en Minos escorté de la troupe infernale ; le troisième, en Jason qui court après la toison d’or. La dernière planche nous montre cette grande salle divisée en deux parties par une barrière; l’une, où se trouvent les spectateurs et les loges; l’autre occupée par les machines mythologiques qui ont amené les principaux acteurs de la fête. On voit de chaque côté de la barrière deux chevaliers en train de jouter et de briser une lance. De là, le titre de l’ouvrage.