Le Triomphe de Son Altesse Char
les III, duc de Lorraine. — S. 1. (Nancy), 1664, in-fol., 34 ff. non chiffr.
Relation de l’entrée solennelle du duc de Lorraine à Nancy, le 6 septembre 1663, due à la plume de Phil. Bardin , conseiller d’Etat. Le frontispice gravé porte : C. Deruet Inventor et clesignator. — P. Bardin litterarum auctor. — Sébastien le Clerc sculpsit. — J. -B. Hobrit excudit. Claude Deruet ou de Ruet, gentilhomme lorrain et peintre et graveur de talent, trèsattaché à la personne de son aventureux souverain, avait déjà, avant 1660, composé et fait graver à ses frais par Séb. Le Clerc une suite tl’arcs de triomphe propres à ligurer dans les solennités qu’occasionnerait nécessairement le retour, tant désiré par lui, de son prince, alors dépossédé de ses États. Ces dessins servirent, en effet, en 1663, pour l’ordonnance des édifices éphémères semés sur le passage de Charles à Nancy. Cette suite d’estampes a toujours été d’une extrême rareté. Le libraire Cayon-Liébault , de Nancy, possesseur, croyons-nous, des cuivres originaux, en a donné une nouvelle édition, tirée à petit nombre, et contenant seulement les planches avec de courtes explications et sans le texte de Bardin (Nancy, 18Ù8, in-fol., portrait, titre, frontisp. gravé, i f. de préface, 5 ff. pour les explic., et 11 pl. dont 2 doubles). En tête du volume figure un portrait équestre du duc, dessiné et gravé par Deruet lui-même. Les neuf autres planches représentent cinq arcs de triomphe et quatre fontaines d’où jaillissait le vin. Les deux dernières planches ajoutées représentent : le palais ducal vu à \ol d’oiseau, et : La Carrière ou rue Neuve où se font les combats de barrière, courses de bague, joustes, tournois, etc. Elles ont été gravées par Deruet. Toutes ces planches sont gravées à l’eau-forte.
Volume omis par Brunet et par Grasse.
546. Arrivée et passage de S. A. R. le duc Charles-Alexandre de Lorraine et de Baar, etc., gouverneur de Pais (sic)- Bas, par la ville d’Alost, le 17 mai 1749. Avec un Récit des Arcs triumphals et autres ornements fait (sic) à cette occasion, et le plan du feu d’artifice, exécuté par treize amateurs volontairs ( sic ), au retour de S. A. R. dans la ditte ville, le 21 du même mois. — Anvers, veuve de Jér. Verdussen, s. d., in-fol., 16 pp., avec 5 fig. dans le texte (20 à 30 fr.).
547. Recueil des pièces tant en vers qu’en prose, qui ont paru à l’occasion de l’inauguration de la statue de Son A. R. Monseigneur le duc Charles de Lorraine et de Bar, etc., avec une description de toutes les fêtes qui se sont données à ce sujet, et à laquelle on a ajouté un précis historique de la vie de ce prince. — Bruxelles, J. -B. de Boubers, 1775, in-8, ligures.
2* Espagne et Mexique •
548. La Tryumphante et solemnelle Entrée faicte sur le nouvel et joyeux advénement de très-hault, très-puissant et très-excellent prince Monsieur Charles, prince des Hespaigncs, archiduc d’Aus-
L’ART OFFICIEL : ESPAGNE ET MEXIQUE
trice (sic), duc de Bourgogne, conte de Flandres, etc., en sa ville de Bruges, l’an mil v cens et xv (1515) le xvme jour d’apvril après Pasques, rédigée en escript par maistre Remy du Puys, son trèshumble indiciaire et historiographe. — (Paris), Gilles de Gourmont (vers 1515), pet. in-fol. gothique, de 40 ff. (le dernier blanc), avec 33 ligures sur bois (400 fr. et plus).
Le seul mérite de ce volume, d’une rarcié excessive, c’est de nous offiir une des plus anciennes relations illustrées des solennités publiques. Gilles de Gourmont, éditeur, indique dans sa préface, et de la manière suivante, ce que renferme son livre :
■ Je doncques pour cestes et aultres sembla- « blés considérations ay voulentiers obtempéré à « l'instigation de plusieurs gens de bien à moi « faicte d’icelle entrée sommairement rédiger par « escript soubz protestation toutes foysque je ne « veux insister à la particulière et spécifique des- « cription des riches et somptueux habitz, orneci mens et décorations des personnaiges represen- « tants les misteres ne pareillement des tres-in- « genieuxarlifices deseschaflautz, galeres, tours, h colomnes [sic), arcx (sic) triomphaux et autres « structures et diverses édifices eslevez pour la o monstre et exhibition d’iceux. »
Notez que les 33 gravures sur bois destinées à reproduire ces tiès-ingénieux artifices sont de l’enfance de l’art.
Une réimpression fac-similé en a été faite par la Société d’émulation de Bruges, sous les auspices de l’abbé Carton ; Bruges, 1850, in-ü (20 à
549. Le Couronnement du très-puissant et très-redoubtéRoy catholique Charles par la grâce de Dieu roy d’Espaigne, en sa bonne ville de Validolif (sic), avecq le nombre des prinches et grantz seigneurs dudit Castille le dimence vnejour de février, l’an de grâce Mil cinq cens xvij (1 517). — ( Sans lieu d'impression), pet’, in-4 goth., 4 ff. (100 fr. et plus).
Brunet conjecture que cette édition a dû être imprimée en Belgique comme la relation du couronnement du même prince à Aix-la-Chapelle.
550. Triumphe du Couronnement de Lempereur Et 1 entrée triumphante en la ville daquisgrane (sic). — (Au recto du dernier feuillet:) Imprimé en la vil le Danvers... par moy Guillamme (sic) Vorsterman, lan de grâce 1520 le 19e jour de décembre. In-4 goth., 8 ff.. avec 9 vignettes sur bois y compris le titre (200 fr. et plus).
Relation du couronnement de Cliarles-Quint à Aix-la-Chapelle, devenue rare. Ce qui la rend surtout intéressante, ce sont les bois dont elle est illustrée. Vorsterman a donné la même année cette même relation en langue flamande.
551. Le Triumphe de la paix célébrée eu Cambray, avec la déclaration des entrées et yssues des Dames, Roix, Princes et Prelatz, faicte par maistre Jehan Thibault, astrologue de Limpériale Majesté et de Madame, etc. — (A la fin : ) En
Anvers par moy GïfHIaurneVorstermann (1529), pet. in-4 goth., de 12 ff. non chiffrés, sign, A.-C., avec fig. sur bois. (200 fr. et plus).
Opuscule rare.
552. La Magnifique et solennelle Entrée et entrevue de l’Empereur Charles Y et du pape Clément VII dans la ville de Bologne le 5 novembre 1529. — (Anvers, sans date), in-fol., 13 pl. grav.
sur bois.
Ce livre, ou plutôt cette suite de figures, dont nous donnons un titre factice, suite qu’il faut bien se garder de confondre avec la Cavalcade de Bologne , est tellement rare, qu’un homme trèsspécial, très-expérimenté, conservateur de notre cabinet des estampes, feu Duchesne aîné, en ignora pendant longtemps l’existence. On ne l’a vue figurer dans aucune vente publique. Brunet ne l’a jamais eue entre les mains; il invite cependant à la distinguer, et renvoie pour les détails à un article consacré à cette suite par un bibliophile belge, article que Brunet ne s’est pas donné la peine de lire, car il n’aurait pas manqué d’établir cette distinction, dont la valeur n’est pas médiocre.
M. Goetghebuer, tel est le nom de ce bibliophile plus heureux que Brunet, et possesseur de l’ouvrage, en a donné, dans le Messager des sciences historiques, des arts et de la bibliographie de Belgique, publié à Gand, année 1855, p. 75 et suiv., une description détaillée, et néanmoins laissant encore à désirer. Ainsi M. Goetghebuer ne nous dit point si son exemplaire a un titre ou s’il n’en a point; il se tait sur le graveur et n’a pas cherché à le deviner. Quoi qu’il en soit, ce document est d’une grande importance et nous permet d’établir la différence qui existe entre 1 ’Entrèe de l’empereur Charles-Quint à Bologne et la Cavalcade qui se fit à l’occasion de son couronnement, suite d’estampes beaucoup plus nombreuse, comme on peut le voir ci-dessous.
En effet, Y Entrée à la date de 1529 ne se compose que de treize planches qui représentent uniquement l’arrivée de l’empereur devant Bologne. C’est la traduction plastique, s’il est permis de dire, d’une chronique contemporaine dont nous devons la reproduction à M. Goetghebuer. Ces planches gravées sur bois ont Mcent. de hauteur sur 56 de largeur. Elles nous montrent les différents groupes qui forment le cortège, et bien que M. Goetghebuer ne le dise pas, ces groupes sont désignés par des inscriptions et peut-être coloriés. Voyons maintenant ce que représente chaque planche.
Ire pi. trois cents chevau-légers, ouvrant la marche, suivis de seigneurs espagnols richement armés et portant des étendards; — 2® trois cents chevaliers couverts d’armures pareilles, et dont la coiffure est ornée de panaches, avec cette inscription : In questo primo ordene sone cliavalchadocirca 300 chavalizien (sic), etc. ;— 3® dix gros canons sur des chariots traînés par des chevaux ; — 0® cent pionniers portant des branches de laurier et suivis du grand maître de l’artillerie;
— 5® Antoine de Leyva, qui commandait à trois mille Allemands, porté par quatre hommes dans un fauteuil de velours; — 6® quatorze compagnies d’infanterie allemande avec leurs drapeaux;
— 7® deux seigneurs à cheval, l’un portant le grand étendard impérial , l’autre un étendard orné d’une croix ; — 8° Adrien de Croy à la tête de la cavalerie allemande; — 9® vingt-cinq seigneurs espagnols montés sur des chevaux richement caparaçonnés, et vingt-cinq pages de l’empci eur montés sur des chevaux non couverts; — 10° grands d’Espagne accompagnés de cent hom-
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mes de garde impériale, armés de hallebardes en or et tenant des trompettes; — 11° le grand maréchal portant l’épée impériale ; — 12» Charles- Quint monté sur un cheval blanc , recouvert d’une housse de drap d’or, ornée de brillants, avançant sous un dais porté par quatre gentilshommes délégués, et suivi du comte Henri de Nassau ; — 13» le grand maître des cérémonies de. la cour, couvert d’une armure d’or et suivi de cent gens d’armes.
A cette époque, bien qu’il n’eût que vingt-neuf ans, Charles-Quint effrayait déjà l’Europe. Le connétable de Bourbon avait mis Rome au pillage, et Charles-Quint venait en Italie pour rassurer les esprits et donner un témoignage public de sa modération.
553. Représentation de la cavalcade et des réjouissances qui eurent lieu à Pologne (février 1530), à l’occasion du couronnement de Charles Y, comme empereur des Romains, par le pape Clément YII ; par J. -N. Hogenberg (et F. Rruining?).
— (Anvers, sans date), in-fol. obi., 40 pl. grav. à l’eau-forte.
Incontestablement cette œuvre est une des plus splendides et des plus intéressantes au point de vue de la représentation des solennités publiques au seizième siècle, et le grand succès qu’elle obtint quand elle parut est attesté par les éditions réitérées qui en furent faites. Elles sont trèsrares et Brunet n'en a vu aucune, car les renseignements qu’il donne dans sa note (voy. art. Hogenberg), sont puisés dans le catalogue des livres de Paelinck (Bruxelles, 1860, 2e partie, n° 066) où l’on a amplement décrit trois éditions de cette suite, 0e, 5e et 6e. L’édition originale est presque introuvable, et l’exemplaire imprimé sur peau de vélin et colorié, le diamant de la riche collection spéciale de M. Ruggieri, a pu à bon droit être considéré comme unique par son possesseur; il s’est vendu récemment 0,000 fr., malgré un feuillet refait.
Cette suite de planches destinées à former un immense tableau, est gravée à Veau-forte, ce qui ne permet pas de la confondre, cela s’est vu cependant, avec l’Entrée à Bologne de 1529, gravée sur bois. Elle se compose d’un feuillet de dédicace en vers latins à l’empereur, d’un feuillet d’exposition en vers de la cavalcade, dont le titre ci-dessus donne la substance, et de trente huit planches, portant, en guise de numéros, les lettres de l’alphabet, saut les onze dernières. Sur l’une des planches se lit le nom du graveur : Nicolaus Hogenbergus, Monachensis, f.
« Tous les personnages qui assistèrent à la ca- « valcade, dit le rédacteur du catalogue du ca- « binet de M. Paelinck, ont été dessinés avec « exactitude et dans les moindres détails ; les « groupes sont bien divisés, se suivent avec or- « dre, et l’ensemble de la composition donne « l’idée la plus complète de la fête. Les derniers « feuillets représentent les réjouissances qu’on « ménagea au peuple et qui consistèrent, suivant « les usages du temps, en distributions d’argent « et de viande. »
A la vente de la bibliothèque de M. Borluut (1858) on vit passer un exemplaire de ce recueil, faussement intitulé Entrée à Bologne le 5 novembre 1529, et dans la description duquel le rédacteur du catalogue a accolé le nom d’Engelbert Bruining à celui de N. Hogenberg , considéré comme l’unique auteur de la représentation de la cavalcade de Bologne. La même attribution se trouve répétée dans le catalogue de Paelinck, bien que cette collaboration ne soit point constatée par des écrivains spéciaux , tels que Nagler et. autres.
Brunet, de son côté, cite comme ayant été an-
noncé dans une vente en 1860 un exemplaire en 38 planches et 2 prospectus sous le titre de Entrée de Charles V à Bologne , et avec cette inscription : Opus hoc absolutum est A Te. Bogenbergeo (pour Ilogenbergeo ) artifice Ingelberlo Brùing (sic) socio impensarum (sic), ce qui ferait croire que Bruining a réellement participé à cet ouvrage, et que son nom serait inscrit sur quelques planches des éditions postérieures à l’édition originale; mais ce fait n’est point clairement établi.
En ce qui concerne les différentes éditions de ce recueil, les avis des iconographes sont partagés. Dans le catalogue de Paelinck on dit qu’elles ont été tirées tou les sur les mêmes cuivres, tandis que M. Ruggieri prétend qu’on a fait trois reproductions différentes des planches originales. Ainsi, la première de ces reproductions aurait éta faite, selon M. Ruggieri, vers la fin du seizième siècle par un artiste hollandais ou belge, « peutêtre Schrenck, dit-il, à qui quelques iconographes ont attribué l’œuvre principale ». M. Ruggieri aurait très-bien fait de nommer ces iconographes, au moins il aurait pu venir en aide aux curieux qui désirent s’éclairer sur le compte de Schrenck, pour lequel, à ce qu’il semble, les documents sont aussi diificiles à rencontrer que pour Bruining. Les modifications introduites à l’œuvre de Hogenberg dans cette première reproduction, que le catalogue Paelinck considère comme deuxième édition de l’original, consisteraient en additions, au haut des planches, des écussons ou des encadrements, contenant les noms des seigneurs du cortège, en latin dans le premier tirage, en flamand dans le second (3e édition de Paelinck) et en français dans le troisième (Ae édition de Paelinck). La seconde reproduction, selon M. Ruggieri, «très-inférieure à la première, » est celle de H. Hondius, marchand d’estampes et graveur à la Haye au commencement du dix-septième siècle. D’après le catalogue de Paelinck, Hondius aurait acheté les cuivres originaux où il aurait effacé les écussons des éditions précédentes et ajouté au titre H. Hondius excudit. Cette assertion est la seule vraie. En effet, Hondius n’a fait que retoucher les planches originales, qui souvent, après avoir passé par son burin, deviennent méconnaissables. Il a du reste suivi le même procédé pour d’autres suites d’estampes, dont il possédait les cuivres et qu’il publiait avec sa signature, comme s’il en était l’auteur. Deux tirages ont été faits sur ces planches retouchées : le premier (5e édition de Paelinck) assez vigoureux ; le second (6e édition de Paelinck), très-inférieur; les nuages y sont gravés de nouveau.
Enfin M. Ruggieri signale encore une troisième reproduction d’un graveur anonyme. « Cette re- « production, dit-il, se distingue des autres en « ce que le graveur a imaginé de mettre une tête « à l’un des trois combattants de la dernière « planche, qui dans l’œuvre de Hogenberg n’en a « pas, le haut du corps se trouvant en dehors de « la planche. 11 a mis des nuages au ciel, etc. »
554. La Couronnation de Lempereur Charles cinquiesme de ce nom, faicte à Roloigue la Grasse , le mardy vingtdeuxième de febvrier lan de grâce mil cinq cens et trente. — Impr. en Anvers par Guilliaume Vorsterman. An 1530, in-4 goth. , 8 ff. (150 fr. et plus).
Opuscule fort rare, orné de cinq gravures, y compris celle du frontispice.
555. El felicissimo viaje d'd... principe don Phelipe, hijo d’el emperador D .
Carlos Quinto, desde Espana d sus
L’ART OFFICIEL : ESPAGJNE ET MEXIQUE
tierras de la baxa Alemana , etc. — L’Heureux Voyage du prince Philippe, fils de l’empereur Charles-Quint, de l’Espague à ses terres de la basse Allemagne ; par J.-Chr. Calvete de Estrella. — Anvers, M. Nucio, 1552, in-fol., fig. sur bois (60 à 100 fr.).
Ouvrage rare, contenant la représentation des fêtes qui ont eu lieu lors de l’entrée dans les différentes villes d’Italie, de France et des Pays-Bas.
556. La Magnifique et sumptueuse Pompe funèbre faite aus obsèques et funérailles du tresgrand et tresvictorieux Empereur Charles Ve, célébrées en la vile (sic) de Bruxelles, le xxixe jour du mois de décembre M.D.LVIII, par Philippes, roy catholique d’Espaigne, son fils. — A Anvers, de l’imprimerie de Christophle Plantin, 1559, pet. in-fol., avec 8 ff. de texte et 35 gr. pl.
Édition originale de ce précieux ouvrage dont les exemplaires sont devenus excessivement rares, même incomplets. Les auteurs des Annales Plantiniennes, et Brunet qui les a suivis l’ont mal décrit, n’ayant pas eu sous les yeux un exemplaire bien complet. La description que nous allons en donner a été faite sur un superbe exemplaire enluminé à l’origine en or et en couleur, exemplaire appartenant à M. Ruggieri (vendu 790 fr.). Nous allons rectifier également quelques légères erreurs de détail, commises dans le catalogue de la bibliothèque de cet amateur zélé, mais qui s’est trop pressé dans cette circonstance.
Bien que ce volume ait paru sous forme de livre, toutes les planches représentant en costume officiel les seigneurs d’Espagne et des Pays- Bas, ainsi que les grands dignitaires de l’empire qui figurèrent dans la cérémonie, sont disposées de façon à pouvoir être adaptées l’une à l’autre pour former une longue frise. C’est pourquoi même les feuillets de texte ne sont imprimés que d’un côté.
Le titre, orné des armoiries de Charles-Quint, est suivi de six pages de texte imprimées sur six feuillets et donnant la description de la marche du cortège funèbre. Viennent ensuite les planches, dont la première (qui n’est pas numérotée) présente les armoiries et les insignes de l’empereur défunt. Elle porte la date de 1558. Cette planche est suivie d’un feuillet de texte encadré, donnant la description de la chapelle ardente dont la représentation fait le sujet de la planche qui vient après et qui porte le n« 1. C’est avec la planche n° 2 que commence la représentation du cortège. Après la planche n« 4, on en trouve une très-grande, non numérotée, représentant un vaisseau symbolique et les colonnes d’Hercule (emblème de Charles-Quint) traînées par deux monstres marins. La pl. n° 6 est suivie d’un frontispice de quelques lignes de texte, indiquant la composition du reste du cortège représenté dans les vingt-six planches suivantes, numérotées de 7 à 32. Enfin une dernière planche, non numérotée, représente les pièces d’honneur qui furent placées au-dessus du grand autel de l’église Sainte-Gudule , oii se fit la cérémonie. Toutes ces planches sont gravées à l’eau-forte.
La deuxième planche porte dans le haut l’inscription suivante : Amplissimo hoc apparatu et pulchro orcline pompa funebris Brnxellis a Palalio ad divce Gudulœ templum processit cum rex Ilispaniarum Plii lippu s Carolo V Rom. lmp., paventi mœstissimus justa solveret, et au
bas : J. a Duetecom, Lucas Duetecom fecit. Ces deux graveurs sont deux frères originaires de Deutecum ou Deutechom, dans le duché de Zutphen, mais dont le nom de famille est inconnu. La planche 32 est signée : Hieronimus Cock invê. 1559.
Il y a eu plusieurs tirages des planches originales, avec texte français, flamand et espagnol. Plus tard, on en fit d’autres tirages sans aucun texte, et toutes ces éditions sont devenues introuvables. Cette rareté insigne s’explique par ce fait que cette suite a été employée à l’ornement des frises des hauts lambris des maisons particulières. Collées au mur, enluminées et souvent. vernies, ces planches ont disparu avec le temps.
Ce recueil est remarquable par l’exactitude des costumes, et très-intéressant parce qu’il nous a conservé les portraits de ceux des personnages marquants des Pays-Bas qui prirent part à cette imposante cérémonie. Il fut exécuté aux frais de Pierre Vernois, roi d’armes de Philippe II, et son exécution coûta plus de 9,000 florins.
Henri Hondius, dont on a parlé plus haut, acquit les planches originales, les retoucha au burin au point d’en altérer le caractère primitif, et en donna en 1619 une nouvelle édition composée de 37 planches, dont la première (la chapelle ardente) porte cette souscription : Henricas Hondius excudit 1619. Hagœ Comit. L’inscription latine de la planche n» 2 a été conservée pour servir de titre. La planche du vaisseau, sans numéro dans l’édition originale, porte ici le n° 5 et cette signature :Gillis Hendricx excudit Antverpiœ, qui n’existe pas dans le premier état. La pl. 6 embrasse les pl. 5 et 6 de l’édition originale. Les pl. 7 à 32 correspondent à celles portant les mêmes numéros dans la première édition. Le nom de H. Cock a été effacé sur la dernière planche. La planche d’armoiries qui se trouve en tête de l’édition originale, a été placée au n° 34. La planche 33, absente dans l’édition originale et qui figure néanmoins dans les tirages postérieurs, comme par exemple dans celui avec texte espagnol, représente le duc de Franqueville et les députés des états d’Espagne et d’Italie. Elle avait été faite après coup par un graveur anonyme. Les trois dernières planches, ajoutées par llondius, reproduisent une danse macabre dans laquelle on voit la mort, suivant l’usage du temps, aux prises avec des personnes de tout âge et de toute condition.
557. La Tresadmirable, tresmagnifique et triumphante entrée du... Prince Philipes, prince d’Espaignes, filz de Lempereur Charles Ve, ensemble la vraye description des spectacles, théâtres, archz triumphaulx, etc., lesquels on esté faictz et bastis à sa tresdésirée réception en la ville d’Anvers, anno 1549. Premièrement composée et descripte en langue latine, par Cornille Grapheus, Greffier de ladicte ville d’Anvers, et depuis traduicte en franchois. — (On lit à la fin : ) Imprimé à Anvers pour Pierre Coeck d’Allost, par Giilisvan Diest, 1550, pet. in-fol., 58 ff., fig. sur bois (20 à 30 fr., et même 250 t'r. en 1870, relié par Trautz-Bauzonnet).
Le faux titre porte : Le Triumphe d\ Anvers.
Ce livre, intéressant par certains détails que les artistes peuvent utiliser, contient, outre le titre et le dernier feuillet gravé, vingt-neuf gravures sur bois d’après les dessins de Pierre Coeck ou Koek d’Alost (en flamand Aelst) près de Gand.
L'ART OFFICIEL : ESPAGNE ET MEXIQUE
Coeck naquit suivant les uns en 1490, et suivant les autres en 1500. Il fit le voyage d’Italie. Il poussa même jusqu’à Constantinople d’où il rapporta une suite de vues et de costumes qui furent gravées sur bois et dont il forma sept feuilles lesquelles parurent sous ce titre : Les mœurs et fachom de faire des Turcz avec les regionx apartenantes (1553). Il écrivit sur l’architecture, traduisit en flamand Vitruve et Serlio, et par son talent comme peintre se fit remarquer de Charles V qui le prit à son service. 11 y mourut.
L’entrée dont nous indiquons ici la relation fut occasionnée par la visite de Philippe II qui gouvernait l’Espagne en l’absence de son père, fixé dans les Pays-Bas. Philippe, accueilli partout avec la froideur que faisait naître son caractère défiant, fut reçu néanmoins par les Belges avec une magnificence inouïe. La ville d’Anvers dépensa seule 130,000 écus.
895 charpentiers, 234 peintres, 498 ouvriers de tous états travaillèrent aux arcs de triomphe et aux théâtres en plein vent élevés sur le passage de Philippe.
Inutile de donner le détail de ces nombreux décors à peu près semblables, et que reproduisent parfaitement les 31 pl. qui enrichissent cette relation. Nous dirons seulement que les étrangers qui habitaient la ville se groupèrent par nationalité, de manière à ce que chaque nation fût en mesure d’élever son arc de triomphe. Il y eut donc l’arc des Allemands, celui des Espagnols, des Anglais, des Florentins, des Génevois, auxquels travaillèrent les ouvriers allemands, espagnols, anglais, etc., qui se trouvaient à Anvers.
Plusieurs de ces décors sont intéressants, et particulièrement les théâtres, qui offrent aux spectateurs ce qu’on appelle des tableaux vivants.
Le même ouvrage, comme le titre l’indique du reste, avait été publié d’abord avec un texte en latin et les mêmes planches : Spectaculorum in susceptione Philippi Hisp. prin. Divi Caroli. V. Cœs. f. an. M.D.XLIX. Antverpiœ œditorum mirificus apparatus. Per Cornelium Scrib. Grapheum, ejus urbis secretarium et vere et ad vivum accurate descriptus. (In fine :) Excus. Antverpiæ, pro Petro Alosten, impressore jurato typis Aegidii Disthemii. an. M.D.L. men. jun.; pet. infol. — Et aussi en langue flamande la même année : De seer wonderlicke, schoone, Iriumplielycke Incompst, etc.; — Anvers, 1550, pet. in fol. De même que l’édition française, elle porte sur le faux titre : De Triumphe van Antwerpen.
558. Esequie délia sacra cattolica e reale maestà di Margherita d'Austria, regina di Spagna , etc. — Service funèbre en l’honneur de S. M. R. Marguerite d’Autriche, reine d’Espagne, célébré par S. A. Corne III, grand duc de Toscane, et décrit par Jean Altoviti. — Florence, R. Sermatelli, 1612, in-fol., 52 pp., fig.
Marguerite, archiduchesse d’Autriche, morte en 1611, était femme de Philippe III.
Ce volume rare est orné de vingt-neuf estampes à l’eau-forte, gravées par différents maîtres, d’après Ant. Tempesta, et dont quinze l’ont été par J. Callot. Omis par Brunet.
559. Viagem da Cath . R. Magestade d’el rey D. Filippe II ao Reino de Pur tugaly e rellaçào do solemne recebimento que vielle se llie fez, etc. — Voyage de S. M. C. le roi Philippe II (?) dans le royaume de Portugal, et relation de la réception solennelle qui lui fut faite; par J.-B. Lavanha. — Ma-
drid, Th. Junti, 1622 (fin 1621), in-fol., 78 ff., titre et 15 pl. grav.
Ouvrage intéressant et peu commun, omis par Brunet. Les planches en taille-douce ont été gravées par Chorquens d’après D. Vieira. Une édition avec texte espagnol en a été donnée en 1622.
Nous n’avons pas vu l’ouvrage, mais nous croyons qu’il s’agit non pas de Philippe II, mais bien de Philippe IV, qui monta sur le trône précisément en 1621, et dont Lavana, qui écrivait plus souvent en portugais qu’en sa langue maternelle, était précepteur et historiographe.
560. Racconto delle sontuose esequie faite alla Serenissima Isabella , reina di Spagna , nella chiesa maggiore délia città di Milano , il giorno xxii Décembre dell’ anno 1644. — Relation du somptueux service funèbre célébré à la mémoire de S. M. Isabelle, reine d’Espagne, dans la cathédrale de la ville de Milan, le 22 décembre 1644. — Milan, Dionisio Gariboldi, s. d. (1645), in-fol., 3 ff. et 138 pp., avec un front, et 66 pl., dont une hors texte, grav. à l’eauforte (30 à 40 fr. et plus).
La reine qui fut l’objet de cette solennité funèbre était Elisabeth de France, fille aînée de Henri IV , et épouse de Philippe IV, roi d’Espagne. Elle mourut le 6 octobre 1644.
Volume rare, omis par Brunet et par Grasse. Ses nombreuses planches méritent d’être signalées.
La première, hors texte et pliée, représente l’aspect général du catafalque dressé par Fr. Righino, architecte du roi : elle a été dessinée par J.-Chr. Storer, et gravée par J.-Bapt. Del Sole. La seconde offre les détails des pilastres et des chapiteaux funèbres. Sur 64 planches qui restent, 32 représentent les statues allégoriques, et 32 autres reproduisent, les tableaux emblématiques et allégoriques qui ornaient le catafalque. Parmi ces dernières, il faut signaler plus particulièrement 14 planches représentant des scènes tirées de l’histoire et faisant allusion aux qualités du corps et de l’esprit de la défunte. La composition de ces planches est remarquable. Celles des statues leur sont encore supérieures pour la vigueur du dessin. Elles ont été dessinées toutes par J.-Chr. Storer et gravées en partie par J.-B. Del Sole, et en grande partie par Jean-Paul Bianchi, dont le nom se trou \e au bas de l’épître dédicatoire, et qui a signé scs planches Blanc, ou Blancus. Ses biographes ont généralement passé sous silence sa collaboration à cette œuvre.
561. La Pompa délia solenne entrât a, falta nella città di Milano dalla ser.
Maria Anna Austriaca, etc. — Cérémonie de l’entrée solennelle de Marie- Anne d’Autriche, fille de l’empereur Ferdinand III, et épouse de Philippe IV. roi d’Espagne, accompagnée de sou frère Ferdinand IV , roi de Bohême et de Hongrie, dans la ville de Milan (en mai 1650), avec la description des appareils et des fêtes royales célébrées à cette occasion.— Milan, (1651), in-fol., 3 ff. et 65 pp., front, et 19 pl. grav. à l’eauforte (15 à 20 fr.).
Omis par Brunet. Frontispice gravé par J. Cotta d’après J.-C. Storer, et trois arcs de triomphe gravés par Jérôme Quadri, d’après l’architecte
L’ART OFFICIEL : ESPAGNE ET MEXIQUE
Car. Butius. Ce qui distingue cette entrée, c’est la prodigalité des peintures. Un artiste de talent,
J. Clir. Siorer, a exécuté quinze tableaux d’histoire, dont les sujets, empruntés à l’histoire romaine, offraient quelques allusions à la maison d’Autriche. On retrouve ici la facilité et le goût maniéré de Storer . Le seizième tableau est d’Etienne Montalto. Ces seize planches ont été gravées par Cotta, Quadri et J.-Bapt. Del Sole.
562. Esequie reali alla Catt. Maestà del lié D. Filippo IF, etc. — Service funèbre en l’honneur de S. M. C. le roi Philippe IV, célébré à Milan le 17 décembre 1665, par ordre de D. Louis de Guzman Ponze de Leon, etc. — Milan, Malatesta, s. d., in-fol., 4 ff. et 84 pp., avec un front, et 3 pl. grav. (15 fr.) .
I.a première planche, double, représente un magnifique catafalque, dont deux autres, collées en une, donnent la décoration. Elles ont été gravées par Blanci Formant, d’après les dessins de l’architecte J.-Ambr. Pessina. Le texte est de Jean-Bapt. Barella. Volume omis par Brunet.
563. Descripcion de las honras que se hicieron d la C. M. de D. Phelippe IV...
que de horden de la reyna 1S. S
dispuso, etc. — Description des honneurs funèbres rendus à S. M. Philippe IV, par ordre de la reine, par D.-B. Barroso deRibera, etc., avec un texte par D. Pedro Rodriguez de Montforte, etc. — Madrid, Nieto, 1666, in-4, 1 1 ff. prél. et 1 10 ff. chiff., avec 47 grav. par Pierre Villafranca (20 fr.).
Volume peu commun, omis par Brunet et par Grasse. Les figures représentent le portrait du roi, un catafalque et des décorations allégoriques.
564. La C adula del RegnodelV Amazoni, festa teatrale fatta rappresentata in Romaper le nozze délia M. di Carlo 11, re delle Espagne.— La Chute du royaume des Amazones, fête de théâtre représentée à Rome à l’occasion du mariage de S. M. Charles II, roi d’Espagne (avec Marie-Louised’Orléans). — Rome, 1679, in-fol., avec 12 pl. (5 à 10 fr.).
Ces douze planches, représentant des scènes de théâtre, ont été gravées par A. Specchi, J. -F. Venturini, etc., d’après les dessins de Fontana. Volume omis par Brunet et par Grasse.
565. L’Ossequio tribulario délia fedelissima cilla di Napoli per le dimostranze giulive nei regii sponsali di Carlo II colla principessa Maria Anna di Neoburgo, palatina del Reno. — Soumission respectueuse de la très-fidèle cité de Naples, sous forni3 de démonstrations joyeuses, à l’occasion du mariage royafide Charles II [roi d’Espagne, de Naples et de Sicile] avec Marie-Anne deNeubourg,princesse palatineduRhin ; texte par D.-A. Parrino. — Naples, 1690, in-fol., avec 3 gr. pl. des solennités (20 à 25 fr.).
Marie-Anne de Neubourg, fille aînée de Philippe-
Guillaume, comte-palatin du Rhin et duc de Neubourg, était femme de Charles II, dernier roi de la lignée de Charles-Quint. Volume omis par Brunet.
566. Amore ed ossequio di Messina in solennizare V acclamazione di Filippo quinto IJorbone, gran mondrea delle Spagne et delle Due Sicilie , etc. — L’Amour et l’hommage de la ville de Messine, manifestés à l’occasion de l’acclamation de Philippe V de Bourbon, grand monarque des Espagues et des Deux-Siciles. Décrits et présentés à S. M. Catholique par Nicolo-Maria Sclavo, protopape du clergé grec de Messine. — Messine, Vinc. d’Amico, 1701, pet. in-4, 67 pp. et 7 gr. pl. par Phil. Juvarra.
Omis par Brunet et par Grasse.
567. Ragguaglio delle nozze delle Maestà di Filippo quinto e di Elisabetta Farnese, etc. — Relation du mariage de Sa Majesté Philippe V et d’Élisabeth Farnèse, née princesse de Parme, roi et reine catholiques desEspagnes, solennellement célébré à Parme en 1714 et béni par le card. U. G. Gozzadini. — Parme, 1717, pet. in-fol., front., 4 gr. pl. et un plan de la cathéd. de Parme (10 à 15 fr.).
La première planche représente l’entréeà Parme du cardinal Gozzadini, légat à latere du Saint- Siège; — la deuxième, la façade du dôme de Parme ; — la troisième, le chœur du dôme préparé pour la célébration du mariage; la quatrième, longue de quatre mètres, le cortège se rendant à l’église.
Elles ont été gravées par F.-M. Francia et T. Vercruysse. Volume omis par Brunet.
568. Fsequie di Luigi /, re delle Spagne, etc. — Service funèbre célébré à Florence en .('honneur de Louis Ier, roi d’Espagne..., le 26 octobre 1724..., décrit par N. -M. Venuti, etc. — Florence,
1724, pet. in-fol., 23 pp. avec 5 pl. en taille-douce (10 à 15 fr.).
Plans et décorations de l’église. A la suite, une oraison funèbre de 12 pages. Volume omis par Brunet et par Grasse.
569. Exequias hechas en Roma d la Magestad Catolica del rey nuestro sehor D. Luis primer o , etc. — Service funèbre fait à Rome à S. M. C. le roi notre seigneur, D. Louis Ier, étant alors ambassadeur... D. F. de Acquaviva, etc. Décrit par son ordre par D. J. Gasp. de Cahas Truxillo. — Rome, Salvioni,
1725, in-fol., 35 pp. et 5 gr. pl. grav. parPh. Vasconi, d’après Ant. Canevari (10 à 15 fr.).
Ces planches représentent le plan et les décorations de l’église et le catafalque. Rien de remarquable. Omis par Brunet et par Grasse.