E. — POEMES SUR LES BEAUX-ARTS
1126. BOSCHIINI (Marco). La Cartadel navegar, pîttoresco dialogo.... Con i argumenti del volonteroso Academico Delfico. — La Carte de la navigation pittoresque, dialogue avec les arguments de l'ardent académicien Delfique.
— Venise, Baba, 1660, in-4, front., portr., et 25 pi. grav. par Boschini (30 à 40 fr.).
Ce poëme, aussi bizarre que le titre, est en quatrains ; il se présente sous la forme d'un « dialogue entre un sénateur vénitien, amateur de peinture, et un profcsseur.» L'ouvrage est divisé en Imit vents : « au moyen desquels le vaisseau 0 de Venise est conduit dans la haute mer de la n peinture oîi il domine à la confusion de ceux « qui ne connaissent pas la boussole. » Un patriotisme exagéré a inspiré ce poëme étrange. L'auteur y met l'école vénitienne au-dessus de toutes les écoles et critique durement Vasari. Ce même patriotisme extravagant l'a conduit à préférer à la plus belle langue italienne le patois des gondoliers : il écrit dans le dialecte vénitien. On trouve néanmoins dans ce volume des notices historiques fort utiles sur les peintres vénitiens.
Né à Venise en 1613, mort en 1678, Boschini fut à la fois poëte, peintre et graveur. Il fut l'élève de Palma.
\ 127. DUFRESNOY (Ch.-Alph.). De Arte grapliica (ouvrage posthume, publié par Mignard). — Parisiis, 1667 {?),iu-8.
— De Pictura, Carmina elegantissima iterum edidit Ch. Ad. Klôtzius (avec le poëme : de Pictura de l'abbé de Marsy);Lipsiae, 1770, in-8, 12 ff. et 64 pp.; =trad. franc. : L'Art de peinture, trad. en franc., avec des remarques (par Roger de Piles); Paris, 1668, in-8, 8 ff. et 167pp.;- 2*^ édit., augmentée d'un Dialogue sur le Coloris;— 26erf., 1673, «avec Figures d'Académie pour aprendre à dessiner»; grav. par Sféb). L(e) C(lerc), 3 part, en 1 vol.;— 3*' édit.; ibid., 1684,
in-12, fig.; — 4* édit. (augm. d'un Dictionnaire des Termes); ibid., 1751, in-12; —réimpr.; Amsterdam, 1767, in-12 ; — 5e édit.; Paris, 1783, in-12; — L'Ecole d'Uranie ou l'Art de la Peinture, trad. du lat. d'Alph. Dufresnoy et de M. l'abbé de Marsy. Edit. rev. et corr. par le s. M. D. Q. (Meusnier de Querlon, qui y retoucha la trad. et les Remarques de de Piles, et traduisit le poëme de de Marsy; iô/û?., 1753, ou 1780, pet. in-8; — L'Art de peindre, traduction libre en vers... avec des Remarques... parRenou, peintre du Roi, etc.; ibid., 1789, in-8; — L'Art de la peinture, traduction libre et en vers... avec des notes critiques et littéraires, par A. Rabany^Beauregard; Clermont, 1810, ou 1822, in-8; — Le Guide de l'artiste et de l'amateur, etc. (voir plus loin, n° 1193); =:trad. en ital. : L' Arte délia pittura ; par G. R. A.; Rome, 1713 ou 1775, in-8, fig. (10 fr.);— parL Ansaldi; Pescia, 1783, in-8; = trad. en angl. : Art of painting; par J. Dryden; Londres, 1695, in-4; — ibid., 1716, in-8;— 3« édit. (avec Vies des peintres par Graham); zôec?. , 1 750, in-8;- nou v.édit. (avec augment.); ibid., 1769, in-8, front.; — traduit en anglais par J. Wright; îbid., 1728, in-8;— par Wills; ibid., 1754, in-8; — par W. Mason; avec Notes par sir Joshua Reynolds et un Appendice de plusieurs pièces; York, 1783, in-4, ou Dublin, 1783, in-12; =trad. enallem.:
Kurtzer Begrijfder theoretischen Maler-Kunst, elc; Berlin, 1699, in-4, front, et 71 pp. ; - par Jos. Widtœaiser von Weintenau : Pictorise artis Pandœsia. Die Kunst Grûnde der Zeichnung und Mahlerey ; Vienne, 1731, iu-4, portr.; (voir aussi n» 1133) =i:trad. en holland. par J. Verhoek: De Schilder-Konst; Amsterdam, 1733, in-8, fig.
Quel grand nombre d'éditions, quel magnifique succès, et de nos jours quel oubli profond ! L'éloge ne tarissait pas. L'auteur de la vie de Mignard (l'abbé de Monville) déclare que le poëme de Arte graphica. peut entrer en comparaison avec l'Art poétique d'Horace. «Le poëme de Dufresnoy, dit le a marquis d'Argens [Histoire de l'esprit humain^ a t. XIII, p. 101), sera regardé comme un cheftt d'œuvre pendant que la peinture sera cultivée et a estimée; la diction en est élégante et a la pureté « des poëtes du siècle d'Auguste. Les principes a qui y sont établis sont les fondements de toutes 0 les meilleures réflexions qu'on peut faire et de « tous les préceptes les plus utiles qu'on peut « prescrire. » Ce qui a pu contribuer au succès si étourdissant de Dufresnoy, c'est qu'il savait ce dont il parlait.
Esprit cultivé, car il avait fait d'excellentes études, mais dominé par la vocation , il se mit sous la direction de Perrier et de Vouet, visita Rome et Venise, où il étudia avec ardeur, revint