POËMES SUR LES BEAUX-ARÏS
à Paris en 1656, décora le cliàtc;ui du Raincy et mourut paralytique entre les bras de Mignard.
Toutes les traductions sont accompagnées du texte original.
1128. PERRAULT (Ch.). La Peinture, poëme. — Paris, Fréd. Léonard, 1668, m-fol., 27 pp.
Mauvais poëme, et cependant, dans une lettre, où il résume la dispute des anciens et des modernes, Boileau en parle avec quelque estime. Nous citons les deux vers qui le terminent, car ils expriment cette inspiration pnmière et permanente qui ne cessa d'animer Perrault : l'idolâtrie de la monarchie et l'idée de l'émancipation moderne. L'auteur parle de l'art monté à son apogée et :
Di^ne de laprandeur du ro^ que nous servons, Dig:ne de la splendeur du siècle où nous vivons.
1129. MAROLLES (Michel de), abbé de Villeloin. Le Livre dfs peintres et graveurs. — S. I. n. d. (Paris, vers 1677), in 4, 55 pp.; — nouvelle édition, revue par Georges Duplessis; Paris, 1855, in-i6, 111 pp.; — seconde édition de la Bibliothèque eizévirienne , revue par Georges Duplessis; ibid., Daffis, 1872, in-16, xiv-152 pp. —4 fr.; sur pap. de Chine (tiré à 20 ex.), 15 fr.
L*abbé de Marolles avait l'intention de faire une grande histoire de l'art en vers, et ce petit volume en est en quelque sorte le spécimen.
Il y a deux hommes dans l'abbé de Marolles : le traducteur qu'il faut oublier bien vite, et l'amateur d'estampes qui s'est acquis des droits à la reconnaissance des artistes, des grands amateurs et même des simples curieux.
Fin connaisseur, avec le temps et l'incomparable persévérance de l'amateur qui cherche chaque jour à se compléter, et qui serait désespéré d'y arriver, l'abbé de Marolles parvint à former deux riches collections : la première de cent vingttrois mille quatre cents pièces, et de plus de six mille maîtres, formant cinq cent vingt volumes dont quatre cents de grande dimension ; collection achetée en 1667 par Colbert pour la bibliothèque du Koi ; la seconde, composée de deux cent trentesept volumes in-fol., collection que l'abbé travailla à augmenter jusqu'à sa mort; mais collection disparue et dont on aurait perdu la trace sans le catalogue qu'il publia) en 1672 (Paris, Jacques Langlois), et sans le Livre des peintres et graveurs.
Ce livre contient l'ample dénombrement de tous les amateurs d'estampes, de tous les peintres et graveurs qui ont travaillé en France depuis l'année 1600; le nom de certains maîtres connus jusque-là seulement par des marques et des chiffres ; l'énumération des livres d'architecture, de jardinage, d'orfèvrerie, de médailles, d'armoiries, de devises, etc., etc.; en outre, il atteste ce qu'on a appelé une complication grave dans l'état moral de l'abbé : une métromanie subite et intarissable dont il fut atteint vers l'âge de soixante-cinq ans, métromanie qui le porta à écrire en verssur n'importe quel sujet. Ce déluge de rimes, qui le divertissait, (lui-même en a fait le calcul) n'est pas au-dessous de quarante mille vers; en voici un échantillon : c'est le premier quatrain de ce môme Livre des peintres et graveurs :
Je dirav maintenant les curieux d'estampes. Le noniore en surprendrait; mai? il n'est pas puissant; Car, pour les grands seigneurs, rien n'est de ravissant, S'il n'a plus de brillants que les divines lampes.
11 est impossible de faire plus mauvais ! Il faut savoir gré à M. Georges Duplessis, dont
la solide érudition rend chaque jour des services, d'avoir tenté de donner des renseignements précis sur ceux des artistes moins connus qui figurent dans la longue énumération de l'abbé de Marolles. Les notes nombreuses dont il a accompagné ces quatrains forment un répertoire utile à consulter et fort apprécié des amateurs et des curieux.
1130. COYPEL [Ant.]. Épistre en vers d'un père à son fils sur la peinture. Seconde édition. —Paris, 1712, in-4, 10pp.
La première édition à dû être faite en 1707, date du permis d'imprimer.
Antoine Coypel, fils aîné de Noël Coypel, est un de ceux qui ont le plus contribué à donner à l'art français cet aspect théâtral qui, pendant longtemps, l'a particulièrement caractérisé. L'artiste dans Antoine Coypel était doublé d'un homme d'esprit, écrivant assez bien en prose, comme le témoignent ses Conférences à l'Académie royale de peinture et de sculpture, aimant les vers et, dans sa jeunesse, en ayant fait sur la peinture. L'idée lui vint un jour de tirer parti des premières inspirations de la Muse pour donner des conseils à son fils Charles-Antoine Coypel, que sa vocation entraînait vers la peinture, et cela contre la volonté paternelle, et de là VEpistre que nous connaissons. De Piles, qui l'avait fort admirée, en parla à Boileau. Elle plut au législateurdu Parnasôe français, comme on disait alors, si bien qu'il pressa Coypel de la faire imprimer.
1131. MARS Y (François-Marie de). Pictura. Carmen. — Parisiis, 1736, in-i2; — réimpr. avec le poëme de Dufiresnoy, en 1770 (voir le n" 1127); — trad. en franc. : La Peinture. Poème; Paris, 1740(?),in-8;-trad.parM.D.Q.(Meusnier de Querlon), (lat. et franc); ibid., 1753, in-8; — trad. en allem. (voir plus loin, le n° 1133).
« L'abbé de Marsy, dit Clément, Observations a crit. sur la Trad. des Géorgiques par Vabbé a Demie, a fait une galerie de tableaux, mais il a n'a pas fait de poëme proprement dit ; son élé- « gance est pompeuse, ses fleurs recherchées ; il « ne vous laisse guère que des mots dans la 0 tête. » Sabatier déclare cette critique exagérée. Selon lui, le poëme de de Marsy « a servi de modèle 0 au poëme de Lemierre sur le même sujet. » Somme toute c'est l'œuvre d'un latiniste qui n'entendait rien à la peinture, et d'un latiniste élevé chez les jésuites.
1132. DOISSm (le P. Louis). Sculptura, Carmen. — Paris, 1752, in-12; — nouv.
édition, avec une trad. franc; Paris, 1757, in-12; — trad. en ital. par A. L. de Cari i (avec texte lat.); Milan, 1775, in-8. = Scalptura. Carmen. — Gravure. Poëme. —Paris, 1753, in-12, xii- 76 pp.; — trad. en franc.; ibid.^ 1753, ] in-12, xii-90 pp. et If."
Doissin avait du talent dans la poésie latine ; on a beaucoup vanté la noblesse de son style, le tact avec lequel il choisit ses exemples et l'excellence de ses descriptions, soit qu'il parle de la Vénus de Praxitèle, soit qu'il veuille montrer leLaocoon.
Doissin, né en Amérique en 1721 et mort à Paris en 1753, appartenait à la Compagnie de Jésus.
1133. WATELET (Claude-Henri). L^Art de peindre, poëme, avec des Réflexions