‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-arts. Esthétique et histoire de l'art, archéologie, architecture, sculpture, peinture, gravure, arts, industriels. Accompagnée de tables alphabetiques et analytiquesChapitre 141 sur 167 · VALESIO, GORI & VENUTI · texte numérisé non relu

VALESIO, GORI & VENUTI

Muséum Cortonense in quo refera monumenta complectuniur quœ in Academia Etrusca cœterisque nobilium vi-

kroî'um domibus adservantur in pluri' mis tabulis œneis distribuium ai que a Fr. Valesio, Ant. Fr. Gori et Rud.

Venuti noiis ilhistratum. — Romae, 1750, in-fol., avec 85 pi. (15 à 30 fr., et plus en gr. pap.).

Médiocre publication d'un petit musée étrusque établi dans le palais Pretorio. Ce musée a été créé par l'Académie de Cortone, fondée elle-même en 1726 par le savant Venuti. En 1750, cette collection manquait de ce qui lui donne aujourd'hui une véritable célébrité; nous parlons du magnifique lampadaire découvert en IS^iO aux environs de la ville et l'un des plus beaux spécimens de l'art étrusque. Il a été publié par Micali, et aussi dans le 3e vol. des Monuments inédits de l'Institut archéologique de Home.

1675. GUARNACCI (Mario). Origini itallclie 0 sia le memorie îstorico-etrusche sopra antichîssimo regno dltalia. — Lncques, 1767-72, 3 vol. in-fol., fig.

(25 à 30 fr.); — 2^ édit. aiigm.;Romse^ 1785-87, 3 vol.in-4, Hg. (20 fr.).

On y joint l'ouvrage de Marini, Esame critico délie origini italicfie di Guarnacci; Venise, 1773, in-^.

1676. CARLOiM (Marco). Bassirilievl Folsci in terra cotta, dipinti a varj colori^ trovati neita città di Felletri.

— Rome, 1785, in-fol., 20 pp. et 7 fig. en coul., grav. par M. Carloni (20 fr.).

Le texte de cette dissertation anonyme est attribué au P. Becchetti.

1077. MICALI (Gius.). Vltaliaavanti il dominiode' Romani. — Florence, 1810, 4 vol. in-8, et atlas in-fol., de 67 pi. (20 à 30 fr.) ; — 2« édit., ibld., 1821, 4 vol. in-8, et atlas (20 à 30 fr.) ; — 3e édit. , Milan, 1827, 4 vol. in-16 (10 fr.); — 4« édit.. Gênes, 1831, 8 vol. in-12; — nouv. édit. refondue: Storia degli anticlii popoli italiani; Florence, 1832, 3 vol. iu-8, et atlas in-fol., de 120 pi., inWtuU: Monument i per servire alla storia y etc. (30 fr.); — réimpr. augm.;

Milan, 1836, 3 vol. gr. in-8 et atlas (40 à 50 fr.); — trad. en franc. : L'Italie avantia domination des Romains, traduit de l'italien sur la seconde édition (par Joseph Joly et Claude Fauriel), avec des notes et des éclaircissements historiques par M. Raoul-Rochette; Paris, 1824, 4 vol. in-4, et atlas in-fol., 67 pi. et

I carte (15 à 20 fr.). =r Monumenti inediti a illustrazione délia Storia degli antichi popoli italiani, dichiarati da G. M... —Florence, 1844, in-4, et atlas in-fol., de 60 pi. (60 à 100 fr.).

Dans cette dernière publication, complément des deux premières, l'autour, ainsi que lui-môme l'annonce, n'a pas voulu simplement disserter sur des bronxes, des marbres, des vases peints, mais se servir de ces monuments du passé pour faire mieux comprendre la religion et les mœurs de l'Italie avant les Uomains, pour mieux indiquer quelles furent les sources de la civilisation italienne, et le point de départ de cette sage discipline que les Étrusques en Occident pratiquèrent les premiers. Cette discipline devint le principe vital des institutions romaines, et c'est en Orient qu'il faut aller chercher ces origines. L'auteur peut démontrer celle influence à ceux qui la nient, soit par la conformité ou l'identité même d'un grand nombre d'institutions fondamentales et d'ordre politique ; soit par la concordance de beaucoup de types d'origine assyrienne, babylonienne, persane, phénicienne et égyptienne avec ceux que nous présente l'Étrurie. C'est là ce qui ressortdes reliques trouvées à Cerc, Veie, Chiusi, et de toutes les œuvres d'art d'une haute antiquité.

On le voit, Micali est le précurseur de l'archéologie orientale. Il avait deviné que plus tard on y arriverait. Il a étécontesté, critiqué, combattu, cela devait être. 11 est systématique, exclusif, absolu, et voit faux assez souvent ; mais ce qui lui reste et ce qui lui restera toujours, c'est l'honneur d'avoir donné à l'étude des antiquités étrusques la plus forte impulsion, en Italie surtout.

II a bien mérité des antiquaires en rassemblant des monuments qui" n'avaient point été publiés. Plans topographiques, murs de ville, statuettes, urnes funéraires, tombeaux de Tarquinii, de Todi, etc., emprunts faits à tous les musées d'Italie, voilà ce que l'on trouve dans les trois atlas qui comprennent 214 planches fort bien gravées et supérieures de tous point à celles publiées par Inghirami.

Né à Livourne en 1776, dans une famille de riches négociants, Micali est mort à Florence en 18W.

1678. VERMIGLIOLI (Giambatt.). Saggio di bronzi etru^chi trovati neW agro Perugino, disegnati da Vinc. Ansidki e descritti da Vermiglioli. — Perouse, 1813, iu-4, avec 2 pi. grav. (7 à 8fr.).

1679. INGHIRAMI (cav. Franc). Monumenti etruschi o di etrusco nome, disegnati^ incisi e pubblicati, etc. — Poli- {;rafia Fiesolana (près Florence), (18 19-) 1821-26, 10 vol. in-4, avec fig. en part, col. (publié à 650 fr. , se vend 220 à 300 fr.).

Tiré à 350 exemplaires.

Quand ce bel ouvrage parut, il y a près de cinquante ans, on vit en lui la plus grande collection étrusque qui eût été encore publiée; et il est

ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE

resté le plus durable témoignage de ce que peuvent le d«!'Vonenu'nt et la variiHé des aptitudes dans un seul homme pour réaliser un grand projet. Se faisan! tour à tour dessinateur, graveur, imprimeur, Inghirami est arrivé à montrer dans leur ensemble la sculpture, la peinture et l'architecture chez les Étrusques.

Son livre est divisé ainsi qu'il suit ; 1° Urnes funéraires (2 vol. avec 100 pi.) ; 2" Miroirs (2 vol. avec 90 pi.) ; S" Bronzes (1 vol. avec 37 pi.); fto Monuments d'architecture (1 vol. avec ft2 pi.); 6° Vases (2 vol. avec 70 pi.); 6o Monuments divers, réunis ici comme point de comparaison avec les monuments étrusques (1 vol. avec 126 pi.) ; 7» Index général. Dire que les planches sont excellentes et qu'elles donnent une idée fidèle des monuments, ce serait trop s'avancer; il est certain que les atlas de Micali , le Musée Grégorien et la belle collection publiée par Gerhard nous offrent de bien meilleurs spécimens, mais ce n'est pas de ce côté que le grand travail d'Inghirami prête le flanc : c'est dans l'interprétation des œuvres de l'art, interprétation empêtrée dans je ne sais quelles idées cosmologiques et mystiques, aussi éloignés que possible du véritable esprit de l'antiquité. En voici quelques exemples : les Dioscures et Pallas sur un miroir étrusque symbolisent la divine providence dans l'ordre de l'univers ; un autre miroir: un Satyre près d'une ^ymphe marque le symbole de la création de l'univers ; les femmes aux bains lui apparaissent comme une purification mystérieuse.

A l'occasion de cet ouvrage, Séb. Ciampi a publié un opuscule intitulé : Osservazioni intorne ai moderni sistemi suite antichità etrusclie; Poligrafia Fiesolana, 182a, in-8, de x-ioa pp. et 1 pi.

1680. INGHIRAMI ( Fr. ). Lettere di etrusca erudizionepubblicate da F. I...

— Poligrafia Fiesolana, 1828, iii-4, avec 14 pi. (10 à 15 fr.).

1681. MÛLLER (Karl-Otfried). DieEtrusker, — Les Etrusques. — Breslau, 1828, 4 part, en 2 vol. iu-8, et 1 pi. grav.

Ouvrage couronné par l'Académie de Berlin.

(>'est seulement dans le 2« chapitre du IV*^ et dernier livre de cet ouvrage que l'auteur parle de l'art chez h s Étrusques; après avoir caractérisé à grands traits leur architecture, il signale leur habileté à manier l'argile et leur grande expérience dans l'art de fondre les métaux. Peu de chose sur leur sculpture en marbre et leur peinture, à peine un mot sur tes miroirs, cette classe si riche aujourd'hui et qui jette tant de lumière sur la veine artiste en Étrurie. Voici comment il conclut ; • L'art de ce pays ne fut jamais qu'une • plante exotique que le sol et le climat n'ont 0 point fait pousser et qu'ils n'ont point nourrie ; « elle mourut quand l'influence étrangère lui fit « défaut, et sans être arrivée à la pleine matu- « rite. Le rayon céleste qui donne à l'art, avec un « corps plein de vie, un esprit libre, indépendant, a efficace, a toujours manqué aux Étrusques. •

Quand Ottfried iVliilIer portait ce jugement, il n'avait pas encore visité l'Italie ; depuis, il est revenu à d'autres appriciations.

1682. DOROW (Wilhelm). Etrurîenund der Orient^ etc. — L'Étrurie et l'Orieut. Suivi d'une description des antiquités étrusques découvertes en 1828, par Alb.

ïhorwaldsen. — Heideiberg, 1829, gr.

in-8; — trad. en fraoc. par Eyriès:

Voyage archéologique (fans l'ancienne Étrurie, traduit de 1 allemand sur le ma-

nuscrit inédit; Paris, 1829, in-4, avec 16 pi. litlîogr. (8 à 10 fr.).

Né à Kœnigsberg le 22 novembre 1790, mort à Halle le 16 décembre 1846, fondateur en 1820 du Musée des antiquités nationales à Bonn, Dorow fut chargé en 1827 d'une mission en Italie, et 11 a fait en Etrurie des découvertes importantes. La grande collection d'antiquités étrusques, qui fait maintenant partie du Musée de Berlin, est due à ses soins. — Suivant Edouard Gerhard, Dorow a bien mérité de l'archéologie par son livre sur les antiquités romaines, trouvées sur les bords du Rhin, et spécialement par une Notice sur les vases étrusques de terre non cuite. Voy. Memorie romane di antichità e di belle arti; Pesaro, 1827, vol. IV.

1683. INGHIRAMI (Fr.). Museo etrusco Chiusino daisui possessori pubblicato con aggiunta di alcuni ragionamenti del prof. Dom. Valeriani, e con brevi esposizioni del caval.F. !.. — Poligrafia Fiesolana, 1833,2 vol. in-4, avec 216 pi. au trait (60 fr. et plus).

Clusium, aujourd'hui Chiusi, la ville de Porsenna, la première parmi les douze cités de la coufédération étrusque, n'est plus maintenant, à cause de son insalubrité , qu'une bourgade de 2,200 âmes. Sauf sa cathédrale, elle est dépourvue de monuments ; elle n'a même pas de musée public. En revanche, on y trouve les deux belles collections particulières de MM. Casuccini et Paolozzi, propriétaires et antiquaires qui n'ont eu, suivant la remarque d'un voyageur, (lu'à fouiller leurs champs ou leurs jardins, pour y récolter des antiquités. La phis riche des deux, la collection Casuccini, renferme des bronzes, des miroirs, des urnes cinéraires, des cippes ronds ou carrés, décorés de bas-reliefs, ofi se trouvent figurées des scènes de la vie civile et religieuse des anciens habitants de Clusium, et, à côté de cette poterie noire aux formes bizarres, poterie étrusque, s'il en fût, on remarque de beaux vases peints oîi la mythologie et l'habileté grecques se font aisément reconnaître.

Les deux volumes que nous signalons reproduisent les monuments les plus intéressants de celte collection. Son possesseur, jaloux de la faire connaître à l'Europe savante, appela à son aide deux antiquaires. Inghirami se chargea de l'explication des monuments. De là, le Museo Chiusino qui n'a guère moins contribué que d'autres publications plus luxueuses à soulever le voile qui a si longtemps dérobé l'Étrurie aux recherches de l'érudition.

1684. VISCONTI (Pietro-Ercole). ^n^/cAi monumenti sepolcrali scopertinel ducato diCeri, — Rome, 1836, in-fol.

1685. CANIN A (Luigi). Descrizione di Cereantlca, ed in particolare del monument e sepolcrale scoperto nell' anno 1836 da... V. Galassi e.... A. Regolini.. — Rome, 1838,in-fol.,avec 10 pi. (25fr.).

1686. GERHARD (Ed.). Ueber die Metallspiegel der Etrusker, etc. — Les Miroirs étrusques en métal." Dissertation lue devant l'Académie des sciences de Rerlin. — Rerlin, 1838-60, 2 part. gr.

in-4, pp., avec 3 pi., et 80 pp., avec

pi. grav. (1 à 2 fr., et 5 fr.).

1687. GERHARD ( Ed. ). Etrmkisclie

ÉTRURIE

Spîegel. — Miroirs étrusques. — Berlin, Reimer, (1839-) 1843-67, 4 vol. in-4, avec 430 pi. grav. — 416 fr.

De toutes les publications consacrées à l'art étrusque depuis plus d'un siècle et demi, il n'en est point qui puissent le mieux faire connaitre que ces miroirs ofi souvent il est associé à l'art hellénique. C'est pour cela que parfois cet art, bien que naturellement austère, se montre plein de grâce et de souplesse, et, comme preuve, il nous suffira de rappeler à la mémoire des lecteurs l'admirable miroir de Bacctms et de Semelé. C'est au revers de ces plaques de métal, autour des cistes ou coffrets de bronze dans lesquels les dames étrusques serraient des objets de toilette, que les dessinateurs de l'Etrurie ont gravé à la pointe des compositions empruntées aux traditions héroïques ou mythiques. De là, une galerie mythologique du plus haut intérêt; un recueil où le génie de l'antique Italie se manifeste sans conirainie, le moyen de pénétrer l'antiquité étrusque.

1688. GRAY (M". Hamilton). Tour to the Sepidchres of Etruria in 1839. — Visites aux tombeaux de l'Ktrurie en 1839. — Londres, 1840, in-8, fig. ; — S^édit., ibicL, 1841, in-8, fig.

1689. GRIFI (cav. 'Lm^i). Monument i di Cere antica, spiegati colle osservanze delculio di Mitra, etc. — Rome, 1841,

tin-fol., avec 12 pi. grav. (20 à 25 fr.). On sait à quel point furent nombreux et variés les emprunts faits par l'Etrurie aux religions étrangères : non -seulement le génie si clair de la Grèce s'y révèle, mais aussi les tendances compliquées et abstruses de l'Orient , le dualisme surtout. S'appuyant sur ce fait, l'auteur a cherché à expliquer par l'Orient le symbolisme de la tombe de Cerè, symbolisme figuré sur les vêtements du défunt, sur des colliers et bracelets, sur des vases en or et en argent, et surtout par

Pies images tracées sur une grande feuille d'or, sorte de pectoral d'une extrême richesse. Du rapprochement de ces images avec celles que présentent les cylindres babyloniens ou les monuments de la Perse, l'auteur a tiré cette conclusion que le défunt n'était autre qu'un prêtre de Mithra, un archi-mage , chef d'un collège de devins établi à Cerè.

1690. BYRES (James). Hypogxi, or sepulchral Caverns ofTarquinia, etc. — Hypogées ou grottes sépulcrales de Tarquinia, capitale de l'ancienne Etrurie.

Publié par Frank Howard. — Londres, 1842, 5 part in-fol., avec 41 pi. grav. (publié à 132 fr., se vend 50 à 60 fr.).

1691. (MAXIMIS, Fr.-X. de.) Musei quod Gregorius XVl, Pont. Max., in œdibus f^aticanisconstituit monimenta linearis picturx exemplis expressa et adutilitatem studiosorum antiquitatum et honarum artium pubtici juris facta (par Fr.-Xav. de' Massimi).

— Romsc, ex œdibus Vaticanis, 1842, 2 vol. in-fol., avec 238 pi. grav. (90 à 120 fr. et plus).

Si le titre est en latin, le texte est en italien. Magnifique ouvrage destiné à vulgariser, dans

une reproduction aussi élégante que fidèle, le panthéon de l'art étrusque.

Grégoire XVI, grand amateur d'antiquités, a créé ce musée en 1837, pour donner une place à une magnifique récolte, je veux dire aux découvertes opérées en 1828 et postérieurement dans les nécropoles de l'Etrurie, et notamment à Vulci Les bronzes, h s terres cuites, les vases abondent ici, les vases surtout, collection splendide à laquelle tout un volume est consacré, sans parler des bijoux d'un travail exquis, des meubles et ustensiles étrusques et d'un nombre considérable d'urnes en terre cuite ou en albâtre. On peut dire avec O. Muiler que ce musée nous montre la troisième grande évolution de l'archéologie : science qui commence au temps de Raphaël et de Michel-Ange, qui disserte jusqu'aux superbes découvertes de Pompéi et d'Herculanum, et qui rencontre enfin des trésors incomparables dans les tonneaux dont le littoral des Etats de l'Eglise est peuplé.

1692. ABEKEN {y^\\\\e\m). Mittelitalien vor den Zeiten r'ômischer Herrschaft^ etc. — L'Italie du centre avant la domination romaine, expliquée d'après ses monuments , etc. — Stuttgart et ïubingue, 1843, gr. in-8, avec 11 pi.

(6 à 8 fr.).

Livre excellent, fait par un savant d'un esprit judicieux, à la suite des études les plus sérieuses et de nombreuses recherches dans les musées et les collections particulières ; livre oh sont largement et habilement traitées toutes les questions que soulève l'art italiote. Sachant combien le lien qui rattache les monuments au pays qui les a créés est étroit, Abeken débute par la topographie; de là, il passe à l'architecture civile et militaire, observe l'assiette des villes, leurs moyens de défenses, leurs murailles et les matériaux qui les composent. Après avoir examiné ce vaste système d'égouts, de réservoirs et de drainage qui contribua si puissament à la prospérité de l'Etrurie, il pénètre dans les villes : ponts, rues, maisons, marchés, tribunaux, cirques, théâtres, temples et tombeaux, il étudie tout, il interroge tout, entrant, quand il le faut, dans les plus minimes détails, et prenant chaque chose par le gros et le menu. Avant d'arriver à la plastique et à la peinture, Abeken remarque qu'à leur endroit la criUque doit être encore plus fine, plus sagace que pour Tarchitecture qui reflète dans ses œuvres la race et le climat. C'est tout le contraire dans la plastique et la peinture, où très-souvent des éléments étrangers abondent; or c'est à faire le triage et à marquer dans une œuvre d'art italiote quelle est la part de la Grèce et celle de l'Etrurie qu'Abeken s'est appliqué. Un aperçu général sur l'art italiote, sur sa technique et ses productions, termine ce volume si court et si plein. Ainsi, l'auteur nous montre le talent de modeler l'argile (talent étrusque, si on peut dire) dans toutes ses applications, le talent de manier le métal, l'art de travailler le verre, l'émaillerie ; celui d'employer l'ambre , l'ivoire. 11 appuie sur la glyptique où les Étrusques furent si habiles. Un chapitre tout entier est consacré aux cistes et aux miroirs, cette classe de monuments si riche à cette heure et où parfois la suavité grecque est unie à la sensualité étrusque. Enfin, dans un autre chapitre, il est quesUon de l'art de peindre, si souvent appliqué aux vases ou à la décoration des parois des tombeaux.

Né à Osnabruck le 30 avril 1813, Abeken, après avoir commencé sous Ed. Gerhard l'étude de l'archéologie, se rendit à Rome vers 1836, où il resta jusqu'en \%k2\ à cette époque, l'état de sa santé le força de retourner en Allemagne. Établi

ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE

à Munich, il y est mort lo 29 janvier 18ii3, laissant une œuvre faite pour assurer à soti nom toute l'estime du monde savant.

1693. CAIVINA (comniand. Luigi). VAntica Etruria marîtima compresa nella dizione pontificia descritta edillustrata coni monumenti. — Rome, 1846-1851, 4 t. en 2 vol. in-fol., avec 136 pi. grav.

A quoi servent, dit l'auteur, ces petites monographies sur les maremnu'S pontilicales, rendues si célèbres aujourd'hui par d'importantes découvertes ? A quoi bon de tels écrits qui manquent du contrôle de l'opinion publique et dont la production incessante est plus nuisible qu'utile à l'étude de l'antiquité étrusque. L'inconvénient est gra\e, et le seul moyen d'y remédier, c'est de donner une description générale, mais sérieuse et approfondie, de la partie de l'Étrurie voisine de la mer et qui se trouve englobée dans les États de l'Église. Ce ne sont point les propres paroles du commandeur Canina, mais c'est bien sa pensée, et ce sont bien les raisons qui l'ont poussé à entreprendre un bel ouvrage, avec science, avec luxe, et illustré par de nombreuses et excellentes gravures.

Né le 23 octobre 1795 à Casale, dans le Pié mont, Canina est mort à Florence le 17 octobre

1694. DENNIS (George). The Cities and Cemeteries of Etruria, etc. ,— Les Villes et les nécropoles de l'Étrurie.

— Londres, 1848, 2 vol. iu-8, avec 114 grav. s. b., plans, cartes géogr. (40 à 50fr.); — trad. en allem. par N.-N.-W.

Meissner: Die Stàdfe u. BegràbnisS' plcttze Etniriens; Leipzig, 1852, 2 part, gr. in-8, avec 20 pi. lith. et 1 carte.

11 n'y a rien de meilleur sur l'Étrurie. L'auteur, pendant ses voyages (188i2-18ij7), a su recueillir une foule de documents intéressants ou nouveaux qu'il a eu le talent de classer à merveille. Il a tout examiné, et il est des choses que lui seul a vues. Antiquaire zélé, savant sans pédanterie, voyageurému,peintre avec sa plume, car un beau paysage le passionne, Dennis a déchiré le voile qui pour l'Angleterre couvrait l'Étrurie. L'ignorance de ses compatriotes sur ce point l'a fait rougir. Le spectacle de cet essaim de touristes qui chaque année, allant de Florence à Rome, traverse l'Étrurie sans s'en douter, l'a mis hors de lui. De là, son livre. Il compli;te un ouvrage charniant, mais qui ne peut suftire comme guide, le livre de mistressllamilton Gray, publié un peu avant le sien. « J'offre mes deux volumes aux • lecteurs, dit-il, dans l'espérance d'accroître « l'intérêt, la cuiiosité que mistress Ilamiltona « fait naître en faveur d'une race mystérieuse « de laquelle l'Italie a reçu les premières se- « menées de la civilisation. »

1695. JAHN (Otto). Die Ficoronische Cista. Eine archâologische Abhandlung. — La Ciste de Ficoroni. Mémoire archéologique. — Leipzig, 1852,gr. in-4, iv-63 pp. (2 fr.).

1696. JANSSEN(L.-J.-F.). De Etrurische Graf reliefs, etc. — Sarcophages étrusques du Musée d'antiquités de Leyde*— Leyde, 1854, in-foh, avec 20 ph lith.

(20 fr.).

1697. VERMIGLIOLI ( Giatnbattista ).

De' Monumenti di Perugia etrusca e romana^ délia letteraiura e blbliografla perugina^ nuove pubbticazioni percura del conte Giancarlo Cones- TABiLE, etc. — Pérouse, 1855-56, 3 vol. iu-4detexte, etun atlas in-foi., en 2 parties, composé de 25 pi. (30 à 50 fr.).

En 1870, le comte Conestabile a publié la quatrième partie de cet ouvrage, sous le titre suivant : Monumenti ctrusclii scritti e figurait resuUanti da escavazioni diverge nel territorio di Perxigia ed in parte esistenti ncl Miisco o in collezioni privale di detta città, in parte in musei esteri, in parte smarriti; in-£i, avec un athis de 82 pi., faisant suite à l'atlas publié en 1855, en tout 107 pi. dont le numérotage se suit. Ces planches sont fort bien gravées.

1698. NOËL DES VERGERS (A.). L'Étrurie et les Étrusques^ ou Dix Ans de fouilles dans les Maremmes toscanes.

— Paris, Firmin-Didot, 1862-64, 2 vol.

in-8, avec un atlas in-fol. de 39 pi. — 140 fr.

L'auteur s'est proposé d'étudier sur les lieux les nécropoles étrusques, de rassembler ce que les textes ou les monuments nous ont conservé sur la race des Toscans, d'y suivre le développement de la civilisation et de l'art, et de retracer les différentes phases de leur lutte avec les Romains. Il faut le reconnaître, ce vaste programme a été rempli avec talent.

On donne le non» de Maremmes aux vastes plaines qui s'étendent entre la Méditerrunée, le cours inférieur de l'Arno, celui du Tibre et les premières pentes de l'Apennin : « Là, dit M. Des « Vergers, des rivières au cours presque insen- « sible forment à leur embouchure de vastes « estuaires oîi dans leur inertie les eaux des « fleuves et de la mer se joignent sans se cona fondre. » C'est dans ces eaux dormantes que, cachées sous d'inextricables forêts, sommeillent le vieilles cités de l'Étrurie; c'est dans ces solitudes que Noël Des Vergers, guidé par le célèbre explorateur Alex. François, a pratiqué des fouilles dont les résultats les' plus intéressants sont reproduits dans l'atlas qui forme le 3e volume de l'ouvrage. Ce troisième volume nous offre : 1° la carte archéologique de l'Étrurie, dressée, d'après les recherches de l'auteur et les documents les plus récents, par Viilemain, 186^ ; — pi. 1, 2, 3, vues et détails de l'un des hypogées les plus curieux de la nécropole de Cere; — pi. U à 16, vases peints de style grec, provenant de Vulci et de Chiusi ; — pi. 17 à 19, vases noirs de Chiusi, fabrique étrusque ; — pi. 20 à 30, la Cucumelld. Ce tumulus a éié'ouvertdans la plaine de Vulci, pendant l'hiver de 1856, par Des Vergers avec le concours de François; — pi. 31 à 39, nouvelle série de vases peints découverts dans les fouillei de Vulci en 1856. La découverte de la Cucumella fut presque un événement. Cette tombe, parmi les milliers de tombeaux de Vulci, est la seule où l'on voit des peintures. Celles dont Campanari fit la découverte sont tombées en morceaux.

Savant, bien écrit, supérieurement illustré, ce livre possède un autre mérite, celui d'être neuf dans notre pays. L'auteur est le seul Français qui se soit appliqué jusqu'ici à nous faire connaître l'Étrurie. Il y a là un exemple et une leçon.

1699. CONESTABILE (G.) Pitture murait a fresco, e suppellettili etriuschi in bron%o e in terra cotta sco)}erte in una necropoli pressa Orvieto nel 1863

ÉTRURIE

da Domenico Golini. Illustrazione...

pubblicata da Giancarlo Conestabile.— Florence, tip. Cellini, 1865, iii-4, et atlas in-fol. obi., de 18 pi. grav.

Ce mémoire n'a pas moins de 182 pages bien fournies d'érudition. L'auteur y signale les circonstances qui ont précédé et accompagné la découverte d'une nécropole h deux milles d'Orviéto, nécropolo enfouie dans les flancs d'une éminence appelée (tel lioccolo et qui justifie pleinement l'opinion d'O. Miiller, qui croyait pouvoir reconnaître la vieille cité étrusque de Volsinio dans la ville d'Orviéto. Cette découverte, due à un habile homme, Dominique Golini, se borne à unequinzaine de tombes ; mais, parmi ces tombes, il s'en est trouvé deux ornées de peintures murales et qui présentent, suivant Conestabile, une particularité assez intéressante. En eff^et, elles sont le trait d'union entre les œuvres d'art où l'influence grecque s'accuse fortement, et celles qui, war le caractère, le style, le sujet, représentent l'époque la plus reculée' de la nationalité étrusque ; ce qui place les peintures d'Orviéto à égale distance des compositions archaïques de Cerè et de Véïes et des belles peintures murales découvertes à Vulci par Noël Des Vergers et François. Les armures, les miroirs, les vases peints trouvés dans les autres tombeaux de cette nécropole, sont interprétés largement, et trop largement peut-être. Cette étude remplit la seconde partie de l'ouvrage.

1700. GARRUCCl (Raf.). Dichiarazione di R. G., délie pitture Fulcenti. — Rome, tip. délia S. C. de Prop. Fide, 1866, in-4, 16 pp., avec un atlas in-fol. obi., de 7 pi. photogr., intitulé : Tavole fotografiche délie pitlure Fulcenti staccate da un ipogeo etrusco^ pressa ponte délia Badia, ed esposte in Roma dal principe Alessandro Toidonia, ?iel suo museo, a porta settimiana^ dichiarate da R. G..

Ces peintures, reproduites ici par la photographie, l'ont été déjà par la gravure : Noël. Des Vergers, les a publiées dans son livre : fÉtrurie et les Étrusques.

Ces fresques offrent cela de particulier qu'elles sortent du cercle étroit tracé par le rituel funéraire, et dans lequel les peintres de l'Étrurie semblent jusqu'à présent s'être enfermés. Ici ce n'est plus l'éternel banquet chez Pluton qu'a voulu montrer l'artiste, mais la Grèce héroïque et l'histoire de son pays. Non-seulement on voit sur ces murs Ajax et Cassandre, Éiéocle et Polynice, Nestor et Phœnix , Amphiaraûs et Sisiphe, Achille égorgeant les prisonniers troyens pour apaiser les mânes de Patrocle; mais on y voit encore la délivrance de Célès Vibenna par son ami Mastarna, le Servius Tullius des Romains, comme l'a montré l'empereur Claude dans un discours conservé par une table de bronze trouvée à Lyon.

Bien que toutes noires et embrouillées, ces photographies nous font encore mieux connaître l'art étrus(|ue que les excellentes gravures du magnifique atlas de VEtrurie et les Etrusques. Elles nous doiment la sensation d'une époque reculée; une vie forte, une sauvage énergie s'y décèlent sous un voile épaissi par les siècles et l'humidité des tombeaux.

roi. SCHLIE (F.). Die Darstellungen des Troischen Sagenkrei.ses auf etruskischen Âschenkisten^ etc. — Les Représentations des traditions troyennes sur les urnes étrusques funéraires, dé-

crites et retrouvées dans les poètes.

Avec un Avant-propos par H. Brunn.

— Stuttgart, Ebner et Seubert, 1868, gr. in-8, x-197 pp. — 3 fr. 50.

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