Sur la découverte d'Herculanum et de PompéU
La découverte d'Herculanum remonte à 1709. Un habitant de Résina ayant ramené quelques fragments de statues et de mosaïque en creusant un puits, vendit à un prince d'Elbœuf, de la maison de Lorraine , le droit de creuser davantage. Le prince cherchait du marbre pour un casino qu'il faisait bâtir à Portici. Pendant cinq ans, il continua de fouiller avec succès , sans savoir que c'était d'Hercula num que sortaient ces brillantes épaves. Des difficultés survinrent, le vice -roi de Naples éleva des prétentions sur le produit des fouilles. La guerre de la quadruple alliance termina le litige, et pendant trente années Herculanum dormit en paix.
La découverte de Pompéi (1748), postérieure de près de quarante ans à celle d'Herculanum, se présente sous le même aspect. C'est encore un paysan qui, pour avoir creusé un puits , devient le révélateur. D'autres racontent que ce fut un vieux mur déterré par des vignerons qui amena la découverte. Quoi qu'il en soit, l'attention était éveillée. Charles III, mis en goût par les antiquités d'Herculanum q^ui encombraient déjà son casino de Portici, ordonna des fouilles, et sept ans plus tard, en 1755, l'amphithéâtre de Pompéi, débarrassé des cendres du Vésuve, montrait sa masse au loin.
De nos jours, les fouilles auparavant nonchalamment poussées, ont pris un développement véritable. Le premier acte du nouveau roi d'Italie a été de leur donner la plus grande activité, et, s'associant pleinement à une idée si libérale , le parlement s'est empressé de voter une allocation annuelle de soixante mille francs. — Cette allocation ne sera point éternelle. Les fouilles cesseront faute d'avoir à fouiller, ce sera long cependant : M. Fiorelli, chargé de les diriger, estime qu'il ne faudra pas moins de vingt ans pour que Pompéi soit entièrement débarrassée de son linceul. Nous attendrons !
1702. GORI (Ant.-Franc). Notizie del memorabile scoprimento delV antica città d'Ercolano, del suo teatro, tempii, etc. , avute per lettere da varj celebri letterati. — Florence, 1748, in-8, avec 8 pi.
1703. (MOUSSINOT.) Mémoire sur la ville souterraine découverte au bas du mont Vésuve. — Paris^ 1748, in^S*
ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE
1704. VENUTI (Marcello, marchese di).
Descrizione délie prime scoperte dell' antica città d'Ercolano. — Rome, 1748, in-8; — Venise, 1749, in-8; — Londres, 1750, in-4; — trad. en angl.
par Wickes Skurray : ^ Description oj the first Discoveries ofthe ancient city of Heraclea; Londres, 1750, in-8.
1705. (BROSSES, le présid. Ch. de.) Lettres snr l'état actuel de la ville souterraine d'Herculée. — (Dijon), 1750, pet. in.8, 106 pp. (1 fr.).
1706. Lettres sur les peintures d'Herculanuni, aujourd'hui Portici. — S. 1., 1751, pet. in-8, 23 pp., avec 4 pi.
Cet opuscule attribué au comte de Caylus n'aurait été tiré qu'à douze exemplaires.
1707. (REQUIER, J.-B.) Recueil général historique et critique de tout ce qui a été publié de plus rare sur la ville d'Hercuiaue, depuis sa première découverte jusqu'à nos jours, tiré des auteurs les plus célèbres d'Italie, tels que Ve- Duti, Maffei, Giurini, Belgrade, Gori et autres, par M. ***. — Paris, 1754, in-12
Simple résumé bibliographique.
1708. WINCRELMANN (J.-Joach.). Sendschreiben von den herculanischen Entdeckungen, — Dresde, 1762, gr. in-4, avec 3 pi. (2 fr.); — trad. en franc, (par Mich. Huber, revu par P.-J. Mariette) : Lettre de M . l'abbé Winckelmann à M. le comte de Brùhl sur les découvertes d'Herculanum; Dresde, 1764, in-4, avec 2 pi.; — réimpr. dans le Recueil des lettres (voirie n» 1714).
Cette lettre est célèbre. Winckelmann y réfute sans la moindre gêne les opinions des antiquaires napolitains, et présente les siennes à la place. Il plaisante le comte de Caylus, qui avait pris l'œuvre de Guerra, un faussaire, pour une peinture antique. Le plus piquant, c'est qu'il vante comme antiques des peintures qui lui ont été montrées en secret, peintures habilement fabriquées par son ami le peintre Casanova. Caylus sut se venger. 11 fit traduire par Huber la lettre de Winckelmann, et malgré les efforts de celui-ci , celte lettre parut et obtint une regrettable publicité.
1709. WINCKELMANN (J.-J.). Neue Nachrichten von den neuesten herculanischen Entdeckungen, etc. — Nouveaux Renseignements sur les plus récentes découvertes faites à Herculanum, adressés à M. Henri Fùssli, de Zurich.
— Dresde, 1764, gr. in-4 (2 fr.); — trad. en franc, dans le Recueil des lettres (voir le n^ 1714).
Dans cette lettre, divisée en trois chapitres, l'auteur examine les édifices d'Herculanum, les oeuvres d'art et les ustensiles.
1710. FOUGEROUX DE BONDAROY.
Recherches sur les ruines d'Herculanum et sur les lumières qui peuvent en résulter relativement à l'état présent des sciences et des arts, avec un traité sur la fabrique des mosaïques. — Paris, 1770, in-12, avec 3 gr. pi. grav. par Hausard (2 fr.).
1711. SEIGNEUX DE CORREVON [Gabriel]. Lettres sur la découverte de l'ancienne ville d'Herculane et de ses principales antiquités. — Yverdun, 1770, 2 vol. in-12 (2 à 3 fr.).
1712. CRAMER (Heinr.-Matth. - Aug.).
Nachrichten zur Geschichie der herculanischen Entdeckungen, etc. — Notes pour servir à l'histoire des découvertes d'Herculanum. Avec un Avantpropos par J.-J. Rambach. — Halle, 1773, gr. in-8.
1713. HAMILTON (sir William). Account of Discoveries at Pompeii. — Notice sur les découvertes à Pompéi. — Londres, 1777, in-4, avec 13 pi. (10 fr.); — trad. en allem., avec addition de C.-G. von Murr : Nachrichten von den neuesten Entdeckungen in der im J. 1772 am 24 Âug. verscliûiteten SladtPovi' peji; Nuremberg, 1780, gr. in-4, avec 13 pi.; — 2° éd., ibid., 1783, gr. in-4.
1714. WINCKELMANN (J.-J.). Recueil de lettres de M. W.. sur les découvertes faites à Herculanum, à Pompéi, à Stabia, à Caserta et à Rome, avec des notes critiques, etc., de M. Dasdorf , et seize lettres à Bianconi. Trad. de l'allem. (par H. Jansen). — Paris, 1784, in-8 (2 à 4 fr.).