HERCULA.NUM ET POMPÉI
de M. Donaldsoii lui est venue en aide. Les publications de cet architecte lettré sont au delà de quaranie; il en est d'excellentes, notamment son At'chilccntra ninnismatica. Depuis 1863, M. Donaldson est associé ttranger de l'Institut de France.
1732. LIGHT (Henry). Â Séries of Vieics of Pompeii. — Suite de vues de Pompéi. — Londres, 1828, gr. in-4, avec 25 pi. et un plan (20 à 25 fr. , et le double sur pap. de Chine).
1 733 . R A OU L-ROCHETTE (Désiré) . Pompéi : Choix d'édifices inédits. — Maison du poëte tragique, publiée avec ses peintures et ses mosaïques fidèlement reproduites, et un texte explicatif par R.-R... etJ.RoucHET.— Paris, (1828?), in-fol., avec iront, et 17 pi. encoul.
« La maison que nous nous sommes proposé *' de faire connaître dans son ensemble et dans « ses détails, dit M. Raoul-Rochetie, offre, dans « de petites proportions, le modèle le plus com- « plet et le plus achevé d'une habitation privée « qui se soit rencontrée dans les ruines de Poma péi. » Ce nom lui a été donné en raison des peintures dont son atrium était décoré : le Sacrifice d'Ipliiqénie, Lécla, Brisêis enlevée à Achille, Junon conduite -par Isis vers. Jupiter.
Cette publication n'est qu'un tirage à part de la première partie de l'ouvrage suivant.
1734. RAOUL - ROCHETTE (Désiré).
Choix de peintures de Ponipéi, la plupart de sujets historiques, publiées avec l'explication et une introduction sur l'histoire de la peinture chez les Grecs et les Romains. — Paris, (1828-)1844, gr. in-fol., fig.
Les 28 pi. dont se compose ce recueil, qui n'est pas terminé, ont été lithographiées en couleur par Al. Roux, et assez médiocrement, il faut l'avouer. Or, bien qu'il n'y ait que 28 pi., le volume n'en est pas moins très-épais. Sous la plume féconde de Raoul-Rochette, les explications archéologiques sont devenues de véritables thèses où l'atueur expose ses opinions avec un appareil d'érudition vraiment formidable. En voici un exemple : la peinture très-connue sous le nom de la Toilette de f Hermaphrodite, lui a fourni la matière de dix-sept pages in-folio ! Après cela qu'on vienne nous parler des Allemands ! — Cet ouvrage a été mis de nouveau en vente il y a dix ans, toujours incomplet, sous ce titre : Clioix de peintures de Pompéi, lithographiées par M. Roux et publiées avec l'explication archéologique de chaque peinture par M. Raoul-Rncheite, membre de rinstiiut, etc. ire partie, yimours des dieux. 2e partie. Temps héroïques ; Paris, Labitte, 1867, in-folio. — 80 fr.
1735. ZAHN (Wilhelm). Neue entdecJde WandgemaMe in Pompeij. — Peintures récemment découvertes à Pompéi. — Munich, 1828, in-fol., 41 lith., y compris le titre et un feuillet d'explications. = Die Hcli'ônsten Ornamenteund merkiourdigsten (lemalde ans Pompeji, I/erculanum, und Stabiae^ etc.
— Les Plus Reaux Ornements et les Tableaux les plus remarquables de Pom-
péi , d'Herculanum et de Stabiœ , avec quelques plans et vues, d'après les dessins originaux exécutés sur les lieux (texte allemand et français). — Berlin, 1828-29, 1841-45, 1849-59, 3 séries gr. in-fol., de 100 pi. chacune (GOOfr.).
Quand ce grand ouvrage parut, rien de pareil n'avait encore été publié. Il est le premier qui nous ait donné une notion exacte de la peinture décorative des anciens, en nous montrant, comme le dit Quatremère de Quincy, «une suite préa cieusement dessinée d'intérieurs ornés de com- « parti ments arabesques, de petits tableaux repré- « sentant des sujets mythologiques, de bordures « ou de montants en rinceaux. »
Le savant critique remarque que l'auleur a porté la recherche et la dépense pour plusieus de ces représentations jusqu'à les enluminer. La iiauteur du format lui déplaît, mais il reconnaît qu'il a été déterminé par les dimensions d'un certain nombre de planches dont les dessins ont été calqués sur les originaux. L'ouvrage, qui n'en était encore, à l'époque où Quatremère de Quincy écrivait (Bullettino dcgli Annali dell' Instiluto di corrisp. archeolog., oct. 1829), qu'à la septième livraison, lui parait d'un luxe exorbitant. Sa nouveauté et sa belle exécution l'étonnent. Que dirait-il donc de ce qui se fait aujourd'hui ?
1736. ROSSINI (Luigi). Le Anticliîtàdi Pompez delineate suite sco perte faite sino a tutto l'ajino 1830 ed incise do If architetto L.R.., e dal medesimo brevemente illustrate. — Rome, (1830), in-fol., avec 75 pi. (50 fr. et plus).
1737. FAMIN (C). Peintures, bronzes et statues erotiques formant la collection du cabinet secret du Musée royal de INaples, avec leur explication par C. Famin, etc. — Paris, 1832, in-4, avec 41 pi. au trait, grav. par Larée (50 Ir.); — nouv. édit. : Musée royal de Naples, peintures, bronzes et statues erotiques du cabinet secret, avec leur explication par M. C. F., contenant CO grav. coloriées; ibid., 1836, in-4, front, et 60 pi. grav. par Delvaux (60 à 100 fr.).
1738. RONUCCI (Carlo). Le Due Sicilie.
Ercolano. — Naples, 1835, in-4, avec 39 pi. color. (20 à 25 fr.).
1739. RARRÉ (Louis). Herculanum et Pompéi. Recueil général des peintures, bronzes, mosaïques, etc., découverts jusqu'à ce jour et reproduits d'après : Le AnticliHà di Ercolano, il Èuseo Borbonico, et tous les ouvrages analogues, augmenté de sujets inédits, gravés au trait sur cuivre par Roux aîné, et accompagnés d'un texte explicatif par M. L. Rarré. — Paris, Firmin-Didot, 1837-40, 8 vol. gr. in-8, avec 760 pi. (80 à 100 fr.) ; — trad. enallem. par A. Kaiser : Herculanum und Pompeji, etc.; Hambourg, 1838-41, 6 vol.
in-4, avec 716 pi. (60 fr.).
Les titres de ces volumes ont souvent été
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cliangés,afiu d'en rafraîclûr la date. Le 8« volume de ce répertoire renferme le musée secret.
1740. ÏERNITE (VVilhelm). JFandgemalde ans Pompeji nnd Herculaniim noc/i (len Zeicluiinigen und Nac/tbildxuigen in Farben, etc. — Peintures murales de Pompéi et d'Herculanum, d'après les dessins et les copies peintes de Guillaume Ternite. Avec un texte explicatif par Cli.-O. Miller (continué par Fred. Welcker). — Berlin, (1839-) 1845-G0,gr. in-fol.,avec48pl.— 168tr.
Ce bel ouvrage se compose de six livraisons, dont trois avec un texte par Ch.-O. Miiller et trois autres avec les expl'cations en allemand, français et anglais de Frédéric Welcker, le continuateur de Millier; explications assez courtes et point trop cîiarg'es d'érudition. Les sept ou huit j»lanclies en couleur sont de petits chefs-d'œuvre. Il est impossible de mieux rendre le caractère, le dessin, la louclie de ces peintures murales. Je citerai une tête de Méduse, Plirioxus et Hellée, des Danseuses; Satyre et nymplie, etc., etc. Les auties planches ne nous oH'rent que des traits. Les têtes seulement sont ombrées, et reproduites, quand elles en valent la peine, sur^ une plus large échelle. Ce procédé économique pourra paraître bizarre, mais il est pratique et instructif. Par là, on se rend un compte exact de la composition et du faire des peintres de l'antiquité. Avant tout, Ternite a été un copiste de première force. Après s'être perfectionné dans l'atelief de Gros, oîi la guerre de l'indépendance allemande l'avait amené en ISl^i, il copia les maîtres. En 1825 ou 1826, nous le trouvons à Portici peignant à la gouache les peintures antiques. Gœllie, le grand ami de l'antiquité, a vivement apprécié les imitations que Ternite en a faites.
1741. RAOUL -BOCHETTE (Désiré).
Lettre à M. de Salvandy.... Sur l'État actuel des fouilles de Pompéi. — Paris, 1841, in-8.
1742. MASTRACA. Le Vésuve et ses principales éruptions depuis 79 jusqu'à nos jours ; suivi de cent vingt gravures représentant les monuments les plus remarquables de Pompéi, Herculanum et du Musée de Naples. Publie .... par M. Mastraca. Traduction française par H. Sandre (avec un texte ital. pnrE. Pistolesi, et angl., par M'"^ Spry Bartiet). — Lagny, 1844,2vol.in-4 à 3 col., fig.
1743. TKOLLOPE{¥Awairà). Illustrations of ancien t Art, selected , etc. — Illustrations de l'art antique, d'après des objets découverts à Pompéi et à Herculanum. — Londres, 1854, in-4.
1744. INICCOLmi (Fausto e Felice). Le Case ed i momimenti dl Pompej disegnati e descritti. — IVaples, 1855-1876, très-gr. in-fol., avec 120 pi. environ, en lith. color.
Ce magnifique ouvrage touche à son terme : 55 livraisons ont paru ; il n'en reste que 5 à publier.
Les auteurs ont voulu donner un Pompéi com-
plet, et pour cela ils l'oiitétudié dans l'ensemble et dans le détail. Une description générale embrasse la religion, les mœurs et usages, l'industrie, le commerce, le théâtre, tout ce qui constituait la Aie civile des anciens. « Notre livre, disent « les auteurs, et avec raisoii, est d'une éloquence « suprême : surprise à l'improviste par la mort, «Pompéi reHéte, comme dans un clair miroir, la « société antique.» La partie spéciale nous conduit d'édifices en édifices, de maisons en mriisons. Ici, c'est le côté an hitectural et décoratif dont se préoccupent les auteurs plus particulièrement encore. Et ils poussent la recherche jusqu'à reproduire avec une perfection rare les objets trouvés dans les maisons qu'ils décrivent. De temps en temps, la vue d'une rue, d'une place de Pompéi, vue en couleur, nous ramène à l'état actuel.
Il faut le reconnaître, cette publication de luxe est plus finie et pi us perlée que celle de Zahn, et bien plus riche (jue celle de Ternite. Si la reproduction au trait des sujets mythologiques qui occupent le milieu des panneaux ne rappelait un peu trop le style mou et flasque adopté par les graveurs et dessinateurs du Musée liourbon, la publication des frères Niccolini serait parfaite. Il y a là des planches d'un charme et d'une délicatesse à faire rêver.
1745. BRETOIV (Ernest). Pompéia, décrite et dessinée par E. B.., suivie d'une notice sur Herculanum. 1'^*' et 2*^ édit. — Paris, 1855, gr. in-8, fig. et un plan (10 fr.) ; — 3^ édit., rev. et consid. augm. de plus de 1 50 pp. de texte et de 50 grav., ibid., Morgnnd, 1869, gr. in-8, fig. —
Les bois de ce manuel arrivé à sa troisième édition sont au-dessous du médiocre. L'auteur l'a divisé comme il suit : Introduction historique; — aspect général; — temples, autels, tombeaux ; — les deux forum ; — les théâtres et l'amphithéâtre; — murailles et portes ; —maisons et boutiques ; Herculanum. C'est un guide, rien de plus.
1746. Raccolta de' più belli ed interessanti dipinti, mosaici, ed altri monumenti rinvenutl negli scavi dl Ercolano, di Pompéi e di Stabea che ammiransi net Museo nationale. — Turin (Naples), 1865, in-4, avec 157 pi. gr. s. c. et accomp. d'une table des sujets en allem. et en franc. — 26 fr.
1747. OVERBECK (J.). Pompeji in seioien Gebàuden , Altertiiumern und Kunstwerken , etc. — Pompéi révélé par ses édifices, ses ruines et ses œuvres d'art, aux amis de l'art et de l'antiquité. — Leipzig, Î856, in-8, grav.
s. b., lith. et plan ; — seconde édit., augm. et améliorée ; ibid., Engelmann, 1866, 2 vol. gr. in-8, avec 331 illustr.— 11 fr. 25.
Il faut se résoudri! à ne rien comprendre aux divisions établies par l'auteur dans ces deux volumes. Nous ne chercherons pas à les reformer. Ce qu'il y a de plus clair, c'est qu'après une courte introducUon historique, après avoir parlé des restes du Pompéi religieux et municipal, Overbeck entre dans le détail de la vie pri\ée, de la vie industrielle et commerciale de cette cité, cherchant partout des témoignages et les trouvant dans l'aménagement des habitations, dans
EXPLORATIONS ET DUSSIONS SCIENTIFIQUES
les reliques des boutiques, ilans les inscriptions sur les murs. Celte section aurait dû finir par l'exauien des tombeaux ; or c'est par là qu'elle commence. L'architecture, la sculpture, la peinture, la mosaïque remplissent la troisième division : la division arfisiîf, dit l'auteur {artislisc/icr Jlaupttlieil).
Ce manque de méthode ne diminue que bien peu le mérite de ce livre, exécuté avec cette exactitude scrupuleuse, cet esprit de recherche qui caractérisera toujours les travaux de l'Allemngne. L'illustration en est en partie satisfaisante ; les bois que l'on retrouve à chaque page l't qui reproduisent des photographies, donnent bien l'idée de Pompéi, et surtout la vue d'ensemble d'après un modèle en relief. [Malheureusement la partie décorative est bien mauvaise. Les échantillons de peinture muiale que nous offre l'auteur, sont affligeants. Le charmant bronze placé en tète du. premier volume n^ peut les faire oublier. Au lésun.é, ce livre est assez dur à lire, mais il est très-plein, très-instructif, fait avec scrupule. Ce n'est point une entreprise de librairie : il restera.
17-18. DYER{Th.-H.). The Ruins ofPompeii, etc. — Les Ruines de Pompéi.
Série de dix-huit vues photographiques.
Avec un récit de la destruction de cette cité, etc. — Londres, 1866, iu-4. — 46 l'r.
1748 bis. DYER (Th.-H.). Ponipeli, its Historij , Buildings and Antiquities, etc. — Pompéi, son histoire, ses monuments, ses antiquités, le récit de sa ruine, la description complète de ses restes et des fouilles les plus récentes, et un itinéraire pour les visiteurs. — Londres, 1867, in-8, 300 gr. s. h., carte et plan du forum.
J. — EXPLOR.\TIOINS ET MISSIONS SCIEN- TIFIQUES.
1749. SPON (Jacoh) et WHELER (sir
^ Georges). Voyage d'Italie, de Dalmatie,
^L de Grèce et du Levant, fait aux années
^K167Ô et 1676. — Lyon, 1678, 2 vol.
^Bin-12, fig. ; — Amsterdam, 1679, 2 vol.
in- 12, lig. (10 à 30 fr.); — La Haye,
1 724, 2 vol. in-1 2 (5 à 6 fr.) ;— trad. en
ital. par C. Freschot ; Bologne, 1688,
in-12; — trad. en allem. par J. Menu-
dier; Nuremberg, 1681, ou 1690, in-fol.
A son "apparition, ce voyage fit sensation en Europe. On n'avait point encore rien écrit sur la Grèce d'aussi savant et d'aussi judicieux. Chatea'ibri:;nd a résumé cette impression: a Tout le -< monde, dit-il, connaît le mérite de cet ouvrage « oïl l'art et l'antiquité sont traités avec une cri- « tique jus((u'alors ignorée. »
Malgré la supériorité des voyages publiés depuis deux siècles, celui de Spon a conservé son prix. Ardent à la recherche et sagace au premier chef, Spou a pu rapporter trois mille six cents insciiptions grecques et latines et cent cinquante manuscrits. \j\\ liomme d'une haute compétence en ses matières, M. Léon Kenier, a signalé Spou
comme le premier des épigraphistes qu'ait eus la France.
Spon a eu l'instinct de la saine critique, cela est constant, mais ce que l'on ne saurait trop redire, c'est que ce fut un beau caractère, le type du dévouement scientifique et du désintéressement. Protestant zélé, comme Henri Estienne, avec lequel il a di'S points de ressemblance, comme lui il est mort à l'iiôpital, à l'âge de trente-huit ans.
La première édition fut l'objet d'un opuscule de critique par Guillet : Lettres écrites sur witt dissertation cCun voyage de Grèce, publiée par Spon, etc. (Paris, 16'y9, in-12), auquel Spon fit une liéponse à la critique de M. Guillet, etc. (Lyon, lô^t), in 12).
1750. CHANDLER (Rich.). Travels m yisia Minor, etc. — Voyage dans l'Asie Mineure. — Oxford, 1775, gr. in-4, fig. (10 à 12 fr.) = 7ravels in Greece, etc.
— Voyage en Grèce, ou Récit d'un voyage entrepri3 aux frais de la Société des Dilettanti. — Oxford, 1776, gr. in-4, fig. (10 à 12 fr.) — Réimpr. ensemble; Londres, 1817, 2 t. en 1 vol. in-4, 'fig.; — nouv. édit., avec remarques par N. Revett, et une notice sur l'auteur par Ralph Churton ; Oxford, 1825, 2 vol. in-8, fig. (10 fr.); — trad. en franc. : Voyages dans l'Asie Mineure et en Grèce, faits aux dépens de la Société des Diletianti dans les années 1764, 1765 et 1766; trad. de l'anglais et accompagnés de notes géographiques, historiques et critiques par Servois et Barbie du Bocage; Paris, 1806, 3 vol.
in-8, avec 2 cartes et un plan (6 à 8 fr.) ;
— trad. en allem. par J. -H. Voss et II. -C. Boie : Reisen in Kleinasien. — Jieisen in Grieclienland ; Leipzig, 1776- 77, 2 vol. gr. in-8, fig. (2 à 3 fr.).
On l'a dit il y a déjà longtemps, sous le rapport des antiquités et de la géographie, les deux voyages de Chandier ont pris place parmi les meilleurs. L'abbé Harlhélemy, qui a souvent puis-é dans Chandier, le tenait en grande estime. Savant helléniste, habile éditeur des marbres d'Arundel et d'Oxford et des antiquités ioniennes, Chandier était de plus un épigraphiste consommé, comme le prouve surtout le grand ouvrage in-folio qu'il fit imprimer à Oxford, sous le titre suivant: Inscriptiones antiquœ , etc. — Nommé recteur de la paroisse deTilchuist, en Berkshire, Chandier y est mort le 9 février 1810, à l'âge de soixantedouze ans.
1751. LECHEVALIER (Jean -Baptiste).
Voyage dans la Troade, contenant la description de la plaine de Troie. — Paris, 1800, in-8;— 2'-édit., 26/rf., an VII (1801), in 8, pi. et carte (3 fr.) ; — 3« édit., rev. etconsid. augm. : Voyage de la ïroade fait dans les années 1785 et 1786; ihid., an IX (1802), 3 vol. in-8, avec atlas gr. in-4, de 57 pi. de vues, cartes, médailles, etc., etc. (8 à 12 fr., et plus sur pap. de Hoil. ou sur pap. vélin, avec fig. avant la lettre) ; — trad. librement en allem. (sur la 1"-' édit.) par
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K.-G. Lenz : Reise nach Troja, etc.-, Liegnitz, 1800, gr. in-8, fig.
« Ce voyage, dit Quérard, n'était primilive- « ment qu'un mémoire que l'auteur lut, les 21 et « 28 février 1791, îï la Société royale d'Édim- « bourg, mémoire qui fut imprimé en anglais la « même année sous ce litre : Description of tlie Il Plain of Troy, trnnslateU fvovx tlic original Il nnd accompanicd witli notes ami illustrations (I by And. Daizel ; London, 1791, in-/i, » Ce mémoire a été traduit en allemand par K.-F. Dornedden, et ai compagne d'une préface par C.-G. lleyne : BcsiUrcibung cler Ebcnc von Troja (Leipzig, 1792, gr. in-8, avec U cartes).
On tr.juve dans la troisième édition bien d'autres choses que le tableau de la plaine de Troie : elle renferme, en effet, des observations sur toutes les contrées parcourues par Leclievalier, qui a décrit notamment les principales îles du golfe .Adriatique, la ville elles environs d'Athènes et quelques îles de la mer Egée.
Lecbevalier s'est fait une sorte de célébrité par une prétendue découverte de remplacement d'Ilion et en reconnaissant d;ins la plaine de Troie tous leslieuxchanléspar Homère. Miiisen 1813, unami de lord Byron, J.-C. Ilobhouse (lord Hroughlon): Journcy'through Albaniaand otiier pnwinces of Turkcy in Ihirope and Asia , etc. ( London, 1813), a réduit à néant tout le système de Lechevalier. On s'accorde à dire aujourd'hui que quand bien môme on pourrait diriger à sa fantaisie le cours du Simoïs ou du Scamandre, cl transformer ces rivages, on n'arriverait point encore à faire concorder les descriptions (l'Homère avec la topographie et la réalité.
1752. DENON (le baron Dom. Vivant-).
Voyage dans la Basse et la Haute-l^^gypte pendant les campagnes du généralBonaparte. — Paris, impr. de P. Didot l'aîné, an X (1802), 2 vol. gr. in-l'ol., avec 141 pi. (120 à 150 fr. , et plus en pnp. vélin) , ou un vol. in-4 et atlas in-lol. (50 à GOl'r.); — nouv. edit. augm., publiée par J.-Gabr. Pelletier; Londres, 1802, 2 vol. in-4, avec 60 pi.; —autre édit., Paris, 1804, 3 vol. in-12,sans pi.;
— nouv. édit., augm. d'une notice sur l'auteur par M. P. -F. ïissot ; ihid., 1829, 2 vol. in-8 et atlas gr. in-fol. (30 fr.); — trad. en angl. par A. Aikin ; Londres, 1802, 2 vol. in-4, ou 3 vol.
in-8, avec €0 pi.; —par E.-A. Kendal; ihid., 1802, 2 vol. in-8, fig. ; — par F.- W.Blagdon;z7;?G^., 1803,2 vol. in-8, fig.;
— trad. en allem. par D. Tiedemann ; Berlin, 1803, gr. in-8, avec 8 pi.;— par K.Witte; Mayence(Mainz)J803, 2 vol.
in-8; — trad. en holl. par H. Bosscha ; Amsterdam, 1804-5, gr. in-8; — trad.
en ital., avec des augmentations par l'abbé Fontana; Florence, 1808, 2 >ol.
gr. in-lol., avec 144 pi.
11 y a en tète de ce livre si remarqué une dédicace qui nous apprend sous quelle inspiration il a été conçu. Elle nous donne le diapason de l'époque. —«A Bonaparte. Joindre l'éclat de vo- II ire nom à la splendeur des monuments d'É- « gypie, c'est rattacher les fastes glorieux de Il notre siècle aux temps fabuleux de l'histoire. « t'est réchaulfer les cendres de Sésoslris et de
« blondes, comme vous conquérants, comme vou « bienfaiteurs. L'Kurope, en apprenant que je 0 vous accompagne dans l'une de nos plus mé- « inorabk's expédilions, recevra mon ouvrage « avec un avide intérêt. Je n'ai rien négliijé Il i)our le rendre digne du héros à qui je voulais <( l'offrir. »
Il est cerlain que la faveur du général Bonaparie, que Denon avait connu chez M"® de Beauliarnais, n'a pas nui au succès de son livre, livre dont l'exécution n'a été tant vantée que parce qu'il est un des premiers à cette date et dans ce genre. Son principal mérite, c'est d'avoir devancé de treize ans la publication de la grande Description de l'Egypte; c'est d'en avoir donné l'avantgoût; c'est d'avoir été ébauché quand son auteur tenait le crayon d'une main et le fusil de l'autre. Le spectacle des batailles et celui des monuments s'y trouvent côte à côte. Le contraste est piquant et fait pour intéresser.
1753. MILLIN (Louis). Voyage dans les départements du midi de la France. — Paris, 1807-1811, 4 tomes en 5 vol.
in-8, et atlas in-4 de 80 pi. dont plusieurs color. (30 à 40 fr., et plus sur pap. vélin).
La description des monuments laissés dans l'oubli, la richesse d'investigations qui embrassent l'antiquité, le moyen âge et la France moderne, offrent un ensemble qui fait excuser certaines erreurs sans gravité. Quand cette relation parut, elle excita vivement la curiosité et le livre obtint un véritable succès. Du reste, bien qu'ici l'antiquité classique domine, on peut y voir le germe de cette vaste et élégante enquête : le Voyage pittoresque et romantique dans l'ancienne France, par Charles Nodier. Cela seul serait une recominaiidation, un titre.
1754. Description de l'Egypte, ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédition de l'armée française ( ouvrage publié sous la direction de iM.JoAiARD).
— Paris, 1809-28, 10 vol. in-fol. oe texte, et 12 vol. in-fol. de pi. (publié à 4000 fr., et à 6000 fr. sur pap. vélin, se vend 600 à 800 fr., et 800 à 1000 fr.) ;
— 2^ edit., ibid., 1820-30, 24 t. en 26 vol. in-8, et 12 vol. in-fol. de pi. (300 à 500 fr., et plus en pap. vélin).
La Description de l'Egypte a été publiée en trois séries. Elle se compose de : Antiquités- Descriptions, 2 vol.; — Antiquités-mémoires, 2 vol. ; — Etat moderne, 2 vol. en 3 part.; — Histoire naturelle, 2 vol. — Ensemble 9 vol., plus un vol. complémentaire. (Pour les détails bibliographiques, voir Brunet.)
L'Institut d'Egypte fut fondé au Caire au mois d'août 1798, alin de diriger les travaux des commissions scientifiques attachées à l'expédition. Des savants accompagnaient les généraux dans leurs courses et rapportaient ii l'Institut des notes recueillies soit pendant une marche pénible, soit pendant qu'on se battait. C'est de cet institut qu'est sortie la Description de CEgypte, ouvrage conçu sous l'influence de la politique et non, comme ou est disposé généralement à le croire, sous une influence plus pure, celle de la science. En eflet, à cette date, le beau idéal du général Bonapatte était une Egypte bien gouvernée, et. Comme on l'a dit avec esprit, il aurait voulu organiser le désert. Ingénieur et homme d'État, il vit dans l'étude approfondie de ce merveilleux pays, non pas tant le moyen de connaître son his-
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foire, que celui de le bien administrer. Cette pensée ressort clairement de la préface de la Description de l'Egypte par l'illustre Fourier, préface un peu (lôclaniatoire — c'était la mode — mais pleine de détails intéressants sur la création de l'Institut du Caire. Après avoir présenté le général Bonaparte comme l'apôtre de la civilisation en Orient, et cherchant à montrer à ce vieux monde les prodiges du monde moderne, Fourier continue en disant : « On ne pouvait atteindre ce but sans « l'application contiiitielle des sciences et des 0 arts; c'est dans ce dessein que l'auguste chef « de l'expédition française résolut de fonder en « Egypte une institution destinée au progrès de « toutes les connaissances utiles. L'x\cadémie « du Caire se proposait, comme celle de l'Europe, « de cultiver les sciences et les arts, de les per- « fectionner et d'en rechercher les applications « utiles. On devait s'aitacher principalement à 0 distinguer les avantages propres à l'Egypte, et « les moyens de les obtenir ; il était donc néces- « saire d'observer avec beaucoup de soin le pays « qui allait être soumis à une administration « nouvelle : tels furent les motifs qui portèrent « à entreprendre des recherches dont on publie « aujourd'hui les résultats.
a L'intérêt des beaux-arts et de la littérature exi- « geait encore une description fidèle et complète « desmontnnentsqui ornentdepuis tantdesiècles • les rivages du Nil et font de ce pays le plus ri- « che musée de l'univers. On a mesuré toutes « les parties de ces édifices avec une précision « rigoureuse, et on a joint aux plans d'architec- <( turc les plans topographiques des lieux où les a villes anciennes étaient situées. On a repré- « sente dans des dessins particuliers les sculptu- « res religieuses, astronomiques ou historiques « qui décorent ces monuments. »
La publication de la Description de l'Egypte fut entreprise immédiatement après le retour de rarm<'e d'Orient. On invita toutes les personnes qui avaient coo|.éré à ces recherches à proposer les écrits ou les dessins dont cette collection devait être formée. On confia, en même temps, le soin de diiiger l'exécution à une commission de huit personnes désignées par le ministre de l'intérieur, sur la présentation de l'assemblée des auteurs. Cette asseiTihlée choisit ensuite, par voie de scrut n, I-ourier pour composer le discours préliminaire, et comme mend)res de la commission : Bertholet, Conté, Costaz, Desgenette, Fourier, Girard, Lancret et Monge. Plus tard, Conté et Lancret furent remplacés successivement par Jomard et Jollois, et en 1810 on donna pour adjoints aux membres de cette commission Delile et Dcvillicr.
L'absence d'un commissaire spécial chargé de régler immédiatement tous les détails de l'exécution s'étant fait sentir, le ministre nomma Conté. A la mort de Conté en 1805, on choisit Lancret, et, ce dernier étant mort en 1807, ce fut Jomard, ancien ingénieur du cadastre et du dépôt de la guerre, qui vint le remplacer.
L'œuvre s'achevait, mais lentement, quand l'Empire s'écroula. L'argent fit défaut. 11 fallut interrompre. Il y eut même un moment oîi le plus grand souci des rédacteurs fut de sauver les cuivres que l'étranger voulait avoir. Ce ne fut qu'un retard. Les premières livraisons publiées en 1809. furent complétées en 1820. Déjà enl8ia Jomard s'était rendu à Londres pour réclamer des matériaux tombés aux mains des Anglais, et, grâce à sir Jo-epli Banks, il avait réussi.
L'expédiiion scientifique dirigée par un savant égyptologue prussien est partie du Delta pour remonter la vallée du ^il. Tout au contraire, l'expédition française est partie de Syône (ou Assouan) pour descendre le Ml jusqu'au Delta : ainsi la description d'Eléphantine et de Phila; se tiouve dans le premier volume, et celle de Memphis, dans le dernier.
Tout a été dit sur la beauté des planches de l'Expédition d'Egypte, sur l'habileté des graveurs et sur ces solennelles restaurations qui nous vieillissent de quelques milliers d'années en nous transportant au milieu des colonnades de Thèbesou de Luqsor;sur ces gravures nombreuses qui font passer sous nos yeux Apoilinopoiis, Latopofis, Hermantès, Tcntyris, Abydos, Antipolis, Lycopolfs, iMemphis, etc., etc.
L'ordre et la méthode des reproductions ont été de même très-remarques :aux plans topographiques des lieux oîi les villes sont situées, on voit succéder les plans, l'élévation et la coupe des monuments dont elles étaient ornées, suivis à leur tour par les sculptures historiques ou religieuses gravées sur ces mêmes monuments.
Je n'ai pas prétendu faire l'analyse d'un livre célèbre dans le monde entier, et je m'en tiens aux parties de l'œuvre qui rentrent dans mon cadre; je ne parlerai donc ni des mémoires archéologiques, ni des cartes géographiques, ni des études sur les productions naturelles de l'Egypte et sur son état actuel, recherches si diverses, si neuves, si imprévues à cette date, et dont la réunion et la mise en lumière avec une magnificence souveraine ouvrit à l'Europe savante d'immenses perspectives. Je dirai seulement que la Description de l'Egypte, dont les origines aujourd'hui sont presque oubliées, est un des plus beaux livres du xix« siècle, celui de tous qui rappelle avec le plus d'éclat l'énergie française et les témérités u'un grand homme de guerre; un livre que l'on retrouve dans toutes les bibliothèques, car il renferme tout ce qu'il était permis de savoir sur le pays des Pharaons , avant l'effort de génie de Champollion.
1754 bis. G AU (F.-C). Antiquités de la Nubie, ou Monumens inédits des bords du Nil, situés entre la première et la seconde cataracte, dessinés et mesurés en 1819, par F.-C. Gau, de Cologne. — Paris, impr. de F. Didot, 1821-27, gr.
in-fol.,'avec 78 pi. et 13 vign. (publie en 13 iivr., au prix de 234 fr., et le double en pap. vélin ; se vend 80 et 150 fr.); — trad. en allem. : Neuentdeckte Denkmaler von Nubien, etc.; Stuttgart, 1821-28, en 13 Iivr. gr. in-fol.; fig., pap. ordin. et pap. vélin.
Le principal mérite de cet ouvrage — la suite de la Description de l'Egypte — c'est d'être le complément nécessaire de toutes les études sur les anciens habitants de la vallée du Nil ; le second, c'est d'indiquer, avec une précision toute nouvelle, le lien qui unit les évolutions du goût en architecture et la marche de la civilisation chez un peuple: joignez à cela la reproduction de dessins fidèles, accompagnés d'un texte rédigé par deux grands érudits, Letronne et Niebuhr.
Né à Cologne le lU juin 1790, Francisque- Christian Gau vint à Paris en 1809, pour y étudier l'architecture. Ses maîtres furent Debret et Lebas. En 1817, il saisit l'occasion qui lui était olTerie d'aller en Egypte, et, grâce à la protection d'un médecin allemand et de notre consul Drovetti, il trouva moyen de pénétrer en Nubie; là, il put mettre à exécution le projet, conçu depuis longtemps, de donner une continuation aux travaux archéologiques de la commission d'jiigypie, en dessinant les monuments qui bordent le Nil au-dessus de la seconde cataracte.
De retour en France, et après avoir terminé les deux derniers volumes du grand ouvrage de Mazois sur Pompéi, il abandonna la théorie et l'histoire pour la pratique, et, s'étant fait natu-
ARCHEOLOGIE CLASSIQUE.
raliser, il obiim de la ville de Paris d'importants travaux. Nous ne citerons que i'ùglise Sainte- Clolilde,dans le faubourg Saintrierinain, imiiation du style gothique et comme le rcHet de la ralhédrale de Cologne au pied de laquelle il était né. — Gau est mort à Paris en 1853.
1755. D10]NIGI(Marianna)(néeCANDiDi).
yiaggi in alcune citlà ciel Lazio che diconsi fondate dal re Saturno. — Rome, l'809-12(eii 11 livr.),in-foI. obi., avec 30 pi. par Gmelin et Feoli (25 à 40 fr., et plus sur pap. vélin).
Cette étude très-savante des murs cyclopéens de quelques-unes des plus anciennes villes de l'Italie, offre cela de remarquable que l'auteur l'a présentée sous la forme la plus attrayante. I.a vue d'Alairi, par exemple, et celle d'Arpino nous offrent des paysages dessinés par madame Dionigi et gra>és par Gmelin, que le Poussin n'aurait pas désavoués.
Marianna Candidi, une Romaine, a été de cette grande i-ace des Corinne, femmes privilégiées auxquelles rien ne résiste dans les domaines de l'intelligence et du talent. Éiudite, Dieu sait! musicienne excellente , elle peignit le paysage d'une fagon si remarquable que l'Académie de Saint-Luc tint à honneur de l'admettre dans son sein. Mariée à un avocat romain , Dionigi, son salon, oîi l'on vit souvent Viscontietd'Agincourt, iievint le rendez-vous de toutes les notabilités qui se trouvaient à Rome. Marianna Dionigi tst morte en 1826, dans un âge avancé.
1756. GELL (sir William). The Itinerary of Greece, with a Commentary on Pausanias and Strabo, etc. — itinéraire de Grèce, avec un commentaire sur Pausanias et Strabon, et des notes sur les monuments de cette contrée.
— Londres, 1810, iii-4, avec 28 pi. (12 à 15 fr.).
Voy. plus haut, n" 172^, section : Herculanum et Pompéi.
1757. BEAUFORT (Francis). Karamania, or a brief Description of the South coast of Asia Minor , etc. — La Cnramanie, ou description abrégée de la côte méridionale de l'Asie ]M ineure etdesesantiquités,accompagnéedeplans et de vues. Le tout recueilli pendant le relevé de ces côtes ordonné par les lords
, de l'amirauté pendant les années 1811 et 1812^ par Francis Beaufort, capitaine du vaisseau de Sa Majesté le Fredericstein^ frégate de trente-deux canons, — Londres, 1817, in-8, fig. ; — 2e édit., ibid., 1818, in-8, lig. (15 fr.).
Qu'est-ce que la Caramanie ? un immense territoire; la partie méridionale et maritime de l'Asie Mineure, im groupe de ces provinces que les anciens appelaient Lycie, Pamphylie , Phrygie, Cilicie, la petite et la grande, et qui comprenait une partie de 1.» Carie. Avant 1812, presque personne n'avait visité celte terre couverte de ruines grecques ou romaines; ces beaux rivages, si voisins de l'Egypte , restaient ignorés ; on n'avait point de caries marines de la Caramanie. C'était une énorme lacune; les lords de l'amirauté chargeront le capitaine Beaufortde la combler.
On iait avec quelle habilelé Beaufort remplit
sa mission, et, ce qui n'est pas moins remarquable, le savant hydrographe se fit antiquaire. Loin, comme beaucoup d'hommes de sa profession, de témoigner du dédain pour les antiquités, il saisit toutes les occasions durant sa croisière de recueillir des notions précises sur ce qui restait encore des ^ieillos et riches cités dont jadis ces côtes étaient peuplées.
C'est à lui qu'il faut faire honneur de la découverte de Soli ou Pompéiopolis, en Cilicie, située près de la mer, et dont les restes témoignent d'une véritable splendeur ; on lui doit la révélation de cette étonnante galerie allant du port à l'autre bout de la ville : galerie composée de deux cents colonnes , dont quarante-quatre sont encore debout.
Des descriptions d'une grande clarté, rendues p!us claires encore par d'excellentes vignettes, des plans et une carte côtlère; beaucoup de recherches condensées sous un format maniable, expliquent la grande réputation de \diCaraman\e par le capitaine Beaufort.
1758. DODWELL (Edward). A classical and topogj^nphical Tour through Greece, etc. — Voyage classique et topographique à travers la Grèce pendant les années 1801, 1805 et 1806. — Londres, t818(-18i9), 2 vol. gr. in-4, avec 70 pi. (40 à 60 fr.); — trad. en allem. et annoté par F.-R.-L. Sickler : Classische wid topographische lieise, etc. ; Meiningen, 1821-22 (-24?), 2 vol. gr.
in-8, 32 pi. (6 fr.); — et par F.-W. von Schiitz (en abrégé) : Reise .durch Griechenland ; Zerbst, 1822, in-8, fig.
Voyage classique !... C'est bien le mot. On ne pouvait pas mieux qualifier cette savante exploration. Antiquaire très-habile, esprit exact, homme scrupuleux, Dodwell est digne de toute confiance; c'est un guide excellent. On lui doit d'avoir fait connaître le célèbre bas- relief de Corinthe, qui, selon lui, décorait un puléal, et un autel rond, .selon Panofka; bas-relief remarquable par la beauté de l'exécution et par la difficulté d'en interpréter le sujet, Dodwell voulant y voir la RéconcUialion d'Hercule et (C Apollon ; Gerhard, Vénus conduite dans l'Olympe; et Théodore Panofka, llébc amenée par Junon vers Hercule escortée des dieux.
Après avoir voyagé toute sn vie, Dodwell est mort à Rome le la mai 1832, à l'àue de soixantecinq ans, laissant son nom attaché à un beau travail : Vues et description des constructions cyclopéenncs ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie (texte franc, et angl,); Londres, ISSa, in-fol.
1759. POUQUEVILLE (Franç.-Ch.-Hugues-Laurent). Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Epire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine de la Doride
et du Péloponèse, avec des considérations sur Tarchéologie, la numismatique, les mœurs, les arts, etc. — Paris, F. Didot, 1820-21, 5 vol. in-8, fig. et cartes; — 2^ édit., corr. et augm. : Voyage de la Grèce; ibid., 1826-27, 6 vol. in-8, avec cartes, vues et figures (25 fr., et plus en pap. vélin).
f^a seconde édition est beaucoup plus complète que la première; on y a remplacé par une ex-
EXPLORATIONS ET MISSIONS SCIENTIFIQUES
collontc carte do Lapie celle de Barbie du Bociige. Le. Voyage de la Grèce, quoiqu'il renferme des p;irlios bien traitées, a tellement été surpassé par Its voyageurs topographes venus plus lard, par le colàiel Leake notamment, ([ue l'on ne se souvient plus aujourd'hui du succès qu'il obtint à l'époque 011 il parut. Son principal méri'.e, c'est d'avoir é é le point de départ de toutes les recherclies qui ont été faites sur des contrées encore très-mai connues.
Membre adjoint de la Commissiop d'Egypte, puis reçu médecin, ensuite consul à Janina et à Fatras, puis nommé membre de l'Académie des inscriptions, Pouqueville est mort à Paris le 28 décembre 1838 , à l'âge de soixante-huit ans.
1760. PORTER (sir Robert-Ker). Tracels in Georgia, Peisia, Armenia, etc. — Voyage en Géorgie, en Perse, en Arménie, dans l'ancienne Babylonie pcndatit les années 1817, 1818, 1819, 1820, par sir R.K. P.., avec de nombreiises gravures, des portraits, des costumes, des antiquités. — Londres, 1821-22, 2 vol. in-4, avec 58 et 28 pi. (100 à 180 francs).
Ce voyage en Orient est classique. C'est celui d'un artiste distingué qui fut en même temps m\ honnne instruit et plein de zèle. L'étude approfondie des monuments de Nakslji-P.oustam, la 7no/ttcKjne (tes Sépulclires, ou de ceux de Persépolis et les ruines de la Babylonie, nous démontrent en quelle estime sir Roberl-Ker Porter tenait l'archéologie. Pour cela, le voyageur n'a pas négligé d'autres questions également importantes. Sou livre est rempli d'obseï valions sur la religion, l'agriculturr., l'crganisation civile et militaire des contrées explorées. L'ariisie se retrouve dans l'exécution des dessins d'après lesquels on a gravé les planches de cet ouvrage. Son crayon facile rend avec esprit et justesse. De brillarjtes publications survenues depuis n'ont point fait oublier celle de Ker Porter.
Cet homme si bien doué était un Anglais. Né à Duiham vers \llb, il est mort le U mai 18^2, à Saint-Pétersbourg, où l'empereur Nicolas l'avait
iappelf'. Le laient de bien peindre des batailles l'avait lait apprécier par Alexandre I«r, qui le nomma son premier peintre.
17G1. BEECHKY(F.-W.)&(H.-W). Pro-
ceedinç/s of the expédition to explore the northern coas's cf Africa in 1821 and 1822, etc. — Expédition destinée à explorer le littoral du nord de l'Afrique en 1821 et 1822, la Syrte, la Cyrénaïque, les anciennes villes de la Pentapole, et d autres restes de l'antiquité, avec cartes et plans. — Londres, 1824, in-4; — nouv. édit., ihid., 1827, iu-4 (20 à 25 fr.).
Le voyage du capitaine Beechey, bien qu'il ait exploré toute la contrée et qu'il l'ait décrit" avec détails, ne passera jamais pour le voyage d'un antiquaire. Une note domine toute sa gamme : c'est celle du inirin. L'ouvrag»; est sérieux, mais les planchi s sont détestables.
17G2. MINUTOLI (Heinrich Menu, Freiherr von). Reise zum Tcmpel des Jupiter Amman, etc. — Voyage au temple de Jupiter Ammon dans le désert de Libye et dans la Haute-Kgypte pendant
les années 1820 et 1821, par le baron de iMinutoli, lieutenant général au service de Prusse. Publié d'après le Journal de voyage de Son Excellence, avec des documents, p ir le D"" E.-H. Tôlken, professeur d'histoire et de mythologie à l'université de Berlin , avec un atlas de 38 planches et une carte itinéraire. — Berlin, 1824, gr. in-4, et atlas in-fol. =: Supplément {Nachtrdge)', ibid., 1827, gr. in-8, avec 7 pi. (50 IV.). = Abrégé par Aug. Riic'ker; ihid., 1825, gr. in-8, avec 12 pi. et 1 carte.
De tous les voyageurs qui ont visité l'oasis d'Aminon (aujourd'hui Siwah), il n'est personne qui l'ait mieux exploré que le général Minuioli; personne qui soit entré dans plus de détails sur ce coin de terre si bien arrosé et si fertile, au milieu des sables brûlants de la Libye; personne qui ait mieux décrit les ruines de ce temple qui rendit tant d'oracles. C'est au commencement d'uire expédition scientifique en Egypte, expéditit n dont il fut chargé en 1820 par le gouvernement prussien, qrre Minuioli visita cette oasis. Un célèbre naturaliste , Godefroy Ilereniberg, l'ami de ce dernier, le docteur Henîpricht, et l'architecte prussien Liman, qui avait étudié trois ans à Paris dans l'atelier de Pf rcier, formèrent tout le personnel de cette courageuse expédition.
De l'oasis d'Ammon , Miuutoli se rendit au Caire et remonta ensuite la vallée du Nil jusqu'à l'ile Elépbantine et à Syêne. iMais, malgré l'intérêt qrre présente celte longue exploration, la visite de l'oasis constitue la partie la plus importante du vovage et la pins féconde en nouveautés. Les descriptions sprrt illustrées par la reproduction d'un certain nombre des dessins de Linran, que conserve l'Académie de Berlin. Et Tolken, qui se présente ici comme secrétaire et interprète du général, soit qu'il parle des représerrtations religieiisiis de Luqsor et de Thèbes, soit qu'il décrive celles qui sont tracées sur les murs du temple d'Ammon dans l'oasis , n'oublie point qu'il est mythologue de profession.
A la suite de cette r« lati^m très-savante et trèscoirrplèie, on trouve des notes sur les couleurs employées par les Egyptierrs pour peindre à fresque les hiéroglyplies ; sur les \efnis qu'ils appliquaient; srrr les figurines érrraillées; .sur la rareté des mosaïques avec des pâtes de verre, et une étude géirérale du verre chez les Egyptiens et chez les Romains, Les notions qui ne se rattachent pas très-étroitement au terrrple et à l'oasis d'Ammon ne peuvent déplaire ici, puisqu'il s'agit d'une expédition scientifique oi\ l'histoire naturelle a aussi marqué sa place. Expédition coUr rageuse, ai-je dit plus haut, mais expédition malheureuse à beaucoup d'égards, car les fatigues et les privations qui accablèrent ses membres amenèrent la mort du naturaliste Hempricht et de Limarr. Le mauvais génie qui l'avait acompagnée la poursuivit môme au-delà de l'Egyple. Une partie des nombreuses collections recueillies par Minuioli a péri avec le navire qui les transportait en Allemagne. Le reste se voit aujourd'hui au Musée de lîerlin.
Né en 1772, Minrrtoli est mort en Suisse, son pays natal, en 18ÙG, avec le titre de membre de l'Académie de Berlin.
1763. BROJNDSTED (Peter-Oluf). Voyages dans la Grèce, accompagnés de recherches archéologiques, et suivis d'un aperçu sur toutes les entreprises scientifiques qui ont eu lieu en Grèce depuis
ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE
Pausanias jusqu'à nos jours. Ouvrage orné d'un grand nombre de monuments inédits récemment découverts, ainsi que de cartes et de vignettes (GO pi.), dédié à Sa M. le roi de Danemariv, par le chevalier Brôndsted, membre de l'université de Copenhague , etc. , etc. — Paris, 182G-30, gr. in-4 (25 à 30 fr., et plus sur pap. vélin, ou in-fol.,pap. véhn); — trad. en allem. : lieisen. und Untersîi'/inngen, etc.; Paris et Stuttgart, 1826-30, gr. in-4, fig. (20 fr.) ; — trad. en danois et publié par N.-V.
Dorph : Reise i Crxkenland ; Copenhague, 1844, 2 part. in-8.
Sur huit livraisons annoncées, deux seulement ont vu le Jour. Dans l;i premif-re, le savant Danois traite des anîiquités et de la topographie de l'île de Céos, aujourd'hui Zea; dans la seconde, vous trouverez une étude approfondie de l'histoire et de l'arciiéologie du Parthénou. Cette étude est précédée d'une introduction oii l'idée qui domine est que les sculptures du Parthénou sont comme le sommaire et la « représentation ■ figurée des traits les plus caractéristiques — « sous le rapport des sentiments nationaux et de « la localité — de la religion de l'Attique et de 0 la \ie ^ociale de ses habitants» : et la justesse de cette idée est établie — au moins l'auteur cherche à l'établir et non sans succès — par un commentaire sur chacune des trente-deux métopes — le reste des qunlre-vingl-douze qui décoraient l'entablement du temple; — métopes dont les dessins de Carey et les gravures de Stuart et Revett nous ont conservé l'image; dessins et gravures qui nous apprennent que Phidias ne s'était pas borné, dans cette vaste décoration, à faire représenter un éternel combat de centaures, comme on le croit connuunément.
Per^onne n'a été plus enthousiaste que Brôndsted de la (Jrèce des beaux temps. Il aimait, disaitil, à respirer cet air si pur. Cet enthousiasme l'a guidé quand il a illustré son livre : médailles, vases, terres cuites et fragments de statues s'y trouvent reproduits — sans compter les trentedeux métopes du Partliénon — avec un soin, une finesse extrômes, et font regretter plus vivement encore qu'un ouvrage si savant, si riches ti'apcrçus, et si brillamment exécuté, n'ait point eu d'achèvement.
Brôndsted est mort à Copenhague en \^U2, recteur de l'université et directeur du Cabinet des antiques. Il n'avait que cinquante-deux ans.
1764. PACHO(J.-R.). Relation d'un voyage • dans la Marmarique, la Cyrénaïque et les oasis d'Andjelah et de Maradeh, accompagné de cartes géographiques et topographiques, et de planches représentant les monuments et les contrées.
Ouvrage publié sous les auspices de Son Excellence le ministre de l'instruction publique. Dédié au Roi. — Paris, F. Didot, 1827-29, in-4, avec un atlas in-fol. contenant 100 pi, (publié à 140 fr., et 280 fr. sur pap. vélin, avec fig. sur chine).
M. Beulé a prononcé sur cet ouvrage un jugement délinitiï: «Il est encore aujourd'hui, ditail, la source la plus complète des renseigne- « ments sur les ruines de Cyrène. » Mais il a tort quand il donne à Pacho le nom d'artiste. Ce n'était qu'un amateur. Les planches de son allas,
planches très-bien faites, ou pluiôt les dessins qu'elles reproduisent, sont de Courtin et Adam lils, et d'après ses croquis.
Jean-Raymond Pacho, né à i\icc le 28 janvier 179^, est mort à trente-cinq ans, épuisé par le travail et dévoré par une noire mélancolie.
1765. ARUNDELL (Fr.-V.-.T. Rev.). ^
Visit to the seven C hure lies of .Isia , etc. — Visite aux sept églises d'Asie, avec une excursion en Pisidie, renfermant des remarques sur la géographie et les antiquités de ces contrées, et l'itinéraire de l'auteur, ainsi que de nombreuses inscriptions. — Londres, 1828, in-8.
Nous donnons ce titre pour mémoire. Cette Visite n'est autre qu'un journal de voyage sèchement écrit par un dei-gyman, et illustré encore plus sèchement par des inscriptions. Ce livre est fiiit pour les épigrapliistes et les géographes, et non pour les artistes et les gens de lettres. Constater l'étal actuel d'Eplièse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, les si'pt \illes,ou plutôt les sept églises dont il est question dans le 1er chap. de l'Apocalypse, voilà ce que le révérend a voulu faire. 11 est passé par des sentiers déjà battus. Son livre toutefois n'est pas sans autorité : on le cite souvc^nt.
1766. PROKESCH-OSTEIN (Ant.). Erinnerungen ans jEgypten und Kleinasien, etc. — Souvenirs d'Egypte et d'Asie Mineure, par Prokesch, chevalier d'Osten (mot à mot : chevalier d'Orient). — ■Vienne, 1829-1831, 3 vol. in-8.
Nommé, en 1827, chef d'état-major du comte Dandolo, qui commandait l'expédition autrichienne contre les pirates grecs, Prokesch réussit à négocier l'extradition des prisonniers et à améliorer, par un traité avec le pacha de Saint-Jean d'Acre, le sort des chrétiens. En récompense de ces services, Prokesch, à son retour, fut anobli, avec le titre de Rittcr vun Osten, le chevalier d'Orient.
1767. LABORDE (Léon-Emm.-Simon- .Tos., comte de) et LINAINÏ. Voyage dans l'Arabie Pétrée. — Paris, impr. de .T. Didot, 1830 et suiv., gr. in-fol., de 70 pi., et texte avec vignettes sur bois (80 à 100 fr.); — trad. en angl. : Journey through Arahia, Petrxa, etc. ; Londres, 1836, in-8, fig. (10 fr.).
Ce qui rend surtout ce voyage remarquable, c'est la manière dont il est illustré. De très-belles lithographies nous font pénétrer dans des contrées mille fois plus célèbres que connues. L'IIoreb, le Sinai, dont les noms ont frappé nos oreilles dès l'enfance, sont là devant nos yeux, et l'on comprend toute l'horreur de ces solitudes sans arbres et sans eau, et fermées par des murailles gigan-; tesques.
Rurckardt a découvert Petra, mais Léon de Laborde nous le montre. Trente-deux planches sont consacrées à reproduire les monuments, ou pour mieux dire, les ruines étonnantes de cette cité, une autre l'almyre.
1768. LEARE (W^ill.-Mart.). Travels in the Morea, etc. — Voyages en Morée, avec cartes et plans. — Londres, 1830, 3 vol. in-8 (20 à 30 fr.).
L'activité, le savoir du colonel Leake, la saga-
EXPLORA.TIONS ET MISSIONS SCIENTIFIQUES
cit(! qui lui fait découvrir là oii il y eut une ville, le coup d'œil militaire qu'il tient de son premier jnétier, l'iidmirable précision avec laquelle il caractérise les localités, le jugement le plus sain, et le flair si excellent dans la recherche des antiquités, ont placé le colonel Lcake, en dépit des critiques, au premier rang des topographes.
L'auteur a domié un suppKmenl sous ce titre : Pcloponnesiaca ; Londres, 18fi6, in-8.
17G9. BLOUET (Abel) et autres. Expédidition scientifique de Morée ordonnée par le gouvernement français. Architecture, Sculpture, Inscriptions et Vues du Peloponèse, des Cyclades et de l'Attique, mesurées, dessinées, recueillies et publiées par Abel Blouet, architecte, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, directeur de la section d'architecture et de la sculpture de l'expédition..., Amable Ravoisié, Achille PoiROT, Félix Tjrézel et Frédéric de GouRNAY, ses collaborateurs. Ouvrage dédié au Roi. — Paris, Firmin Didot, 1831-33-38, 3 vol. gr. iu-fol., avec 3 front., 78, 85 et 99, en tout 265 pi. (publié à 588 fr., et à 980 fr., avec les épreuves sur chine; se vend 200 à 400 fr.).
La sphère d'action de l'expédition, l'ensemble de ses découvertes nous est indiquée par son itinéraire, dont les savantes étapes ont été distribuées par la commission dans les trois volumes de la manière suivante :
l*r vol. : Pylos (.\avarin\ Melhone (Modon), Colonis, Coron, Petalidi, Messène, Lepreum, Scillonte, Olympie, eic.
2e vol. : Aliphera, Phigalie et son temple, Gorthys. Ira, Lycosura, Mégaiopolis, Sparte, Mank linée, Argos, Mycènes, Thyrinthe, Nauplie, etc.
3« vol. : >yra, Téos, Mycone, Delos, Naxos, Mélos, Suniuni, Egine, Epidaure, Hiero, Trezène, llermione, Nemée, Corinthe, Sycione, Patras, Elis, le cap Ténare, Marathonisi, Gythium, Amiclée, Epidaure-Liméra, Astros, Athènes, etc.
Le point culminant de cette intéressante expédition a été la découverte du temple de Jupiter Olympien, dans la plaine d'OIympie. On savait que la terre recelait ici un temple, mais rien de plus. La gloire de Blouet et de ses collaborateurs n'est pas tant d'avoir retrouvé les restes de ce temple que d'avoir trouvé la preuve irréfragable que c'était celui de Jupiter Olympien. En cela la France a devancé l'Allemagne, qui tourne et retourne aujourd'hui, la sueur au Iront, le soi olympique.
Comment pourrait-on mesurer l'éloge à une commission que les conditions les plus défavorables n'ont point empochée de triompher de toutes I(;s difficultés? Les planches sont excellentes, empreintes du sentiment de l'aniique, et les vues et I s passages qui encadrent les ruines ont l'éclat méridionnl. Parfois d'habiles restaurations, oii la couleur est indiquée, nous rendent quelques monuments importants et par trop dégradés.
Ce n'est donc pas sans fondement que, dans la séance du 30 avril 18:il, le secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts disait : « C'est pour « l'Institut de Irance tout entier, et pour notre « Académie en particulier, l'objet d'une satisfac- « tion bien légitime que de pouvoir proclamer, « dans une occasion aussi solennelle que celle « qui nous lashemble, les titres acquis ;\ la re- « connaissance pul)li(|ue par des artistes français « dans une expédition scientifique sous les aus- 0 pices de l'Institut. »
Combien les éloges de l'éloquent académicien
eussent paru doublement mérités, s'il avait ajouté que les ressources pécuniaires de l'expédition étaient très-bornées; que l'obligation de se hâter dans ses recherches lui avait été imposée, et que là même ofi campait une armée française de dix mille hommes , l'autorité militaire n'avait jamais voulu consentir à donnera la commission, pour l'aider dans ses fouilles, plus de quatre sapeurs du génie !
1770. ROSELLINI (Ippolito). / Mojiumenti delV Egitto e délia Nubia disegnati dalla spedlzione scientificolet ter aria toscan a in Egitto ,• distribuiti in ordine di materie, interprefati cd illustrati dal dottore L. R.. — Pise, 1832-44, 9 vol. in-8, et 3 vol. de pi. in-fol. (publié au prix de 800 fr.).
En 1828, Ilippolyte Rosellini fut chargé par le grand-duc de Toscane d'explorer l'Egypte avec son père, l'architecte Gaëtano Rosellini, et trois naturalistes. A la même époque, Champollion partait pour l'Egypte, sous les auspices d'un protecteur zélé de l'archéologie, du duc de Blacas. Elève de Champollion, qu'il avait ticcompagné dans les musées d'Italie , Rosellini n'eut rien de plus pressé que de se réunir à son maître, et les deux sociétés, fondues en une seule, formèrent ce que les Allemands ont appelé l'expédition franco-toscane, expédition qui, pendant quinze mois, visita fructueusement les monuments de l'Egypte.
L)e retour à Pise, Rosellini employa tout ce qui lui restait de force — sa santé était déplorable — à publier les résultats de l'expédition accomplie en commun avec Champollion, enlevé au monde savant le h mars 1832. Se conformant à la pensée de l'illustre égyptologue, Rosellini s'attacha à retracer, d'après les monuments contemporains', le tableau de la civilisation égyptienne; en conséquence, il forma trois sections: la première, composée de 169 planches, fut consacrée aux inonuinenis historiques; la seconde, de 135 planches, aux monuments civils; la troisième, de 80 planches, aux monuments du culte. Ensemble 390 planches.
Passons la première section , qui nous offre une suite d'épisodes des guerres des Pharaons, série quelque peu monotone, oii le Pharaon Ramsès II, par exemple, est représenté debout sur son char, décochant des flèches aux Africains. Passons également la troisième section, oii se déroulent à l'infini des processions, des purifications, des oiïVandes pieuses, des cérémonies funèbres, pour nous arrêter à la seconde, qui nous fait si bien connaître la vie domestique des anciens Égyptiens. Cent trente-cinq planches nous les montrent a la chasse, en vendange, à table, sur leurs barques. On les voit sculpteurs, menuisiers, charpentiers, musiciens, gymnasies. On entre dans la boucherie, on Ilaire la cuisine, on admire les meubles et la vaisselle, et ce n'est pas sans un vrai plaisir que l'on voit se dissiper le nuage qui enveloppait encore les côtés familiers d'une civilisation vieille de plusieurs milliers d'années.
La bonne exécution de près de cinq cents planches — un assez grand nombre sont en couleur — un texte méthodique, rédigé sous l'inspiration de Champollion, font oublier que l'architecture et la topographie sont absentes. D'ailleurs, Rosellini a parfaitement compris qu'il était inutile de revenir sur ce que la Fiance a fait avec tant d'éclat au commencement ue ce siècle. En possession, grâce à son maître, du don de lire dans le passé de l'antique Egypte, il s'est avancé dans la voie nouvelle. Son livre est aujourd'hui l'un des fondements de l'égyptologie.
Rosellini est mort à Pise en 18^3, épuisé par
ARCHEOLOGIE CLASSIQUE.
SCS travaux. Il (^tait gendre de notie ct'lèljrc Clicrubiiii.
1771. ARUXDELL. Discoverles in Âsia Minor, etc. — Découvertes dans l'Asie Mineure et description dos ruines de plusieurs villes anciennes, spécialement de celles d'Antioehe, de Pisidie, par le Révér. F.-V.-J. Arundell, chapelain an- Rlais à Smyrne. — Londres, 1834, 2 vol. in-8, avec caries et 9 pi. lith. de vues pittoresques. (12 fr.).
L'autrur croit foriiioinenl (|ue les ri( Ij.sses archéologiques de l'Asie Mineure sont inépuisables. Chaque province s'enorgueillissait d'un grand nombre de \ilies; le difficile aujourd'hui, c'est de les retrouver. Quels noms ineitrez-vous sur ces monceaux de ruines ? La géographie ne nous fait connuîtie qu'une petite partie de l'Asie Mineure ancienne. Que ne reste -t -il pas à apprendre !
Dominé par ses idées, Arundell s'est mis une première fois en quête. Clergtjmaii , curieux surtout des choses du christianisme, il s'est appliqué à retrouver les sept villes dont il est parlé dans l'Apocalypse (voy. plus haut, n° 1765). Le livre actuel est le fruit d'une seconde exploration, mais beauc oup plus éiendue. H a visité ou déterminé l'emplacement, ou bien encore retrouvé les noms de : Cassaba, Tahala , Clanadda, Eucarpia, Apamée, Antioche de Pisidie, Lystra, Sagalessus, Apollonia, Cremna on Selge, Cretopolis, Themisonium, Mandropolis, emi)rassant ainsi dans ses recherches Lydie, Phrygie, Pisidie, Pamphylie et Lycie.
De charmantes litliographi» s illustrent ce voyage écrit sans prétention et qui peut être considéré comme un bon guide, mais rien de plus.
1772. CHAMPOLLION le Jeune. Monuments de l'Ejïypte et de la Nubie, d'après les dessins exécutés sur les lieux sous la direction de ChampoU ion IcTeune, et les descriptions autographes qu'il en a rédigées; publiés sous les auspices de M. Guizot et de M. Thiers, ministres de l'instruction publique et de l'intérieur, par une rotnmission spéciale. — Paris, Firmin Didot, 1835-43, 4 vol. gr. in-fol., avec 400 pi. (publié à GOO fr., se vend la moitié de ce prix). = Monuments de l'Egypte et de la Nubie. Notices descriptives conformes aux notices autographes rédigées sur les lieux par M. Champollion. — Ibid., 1844, pet. infol., pp. 1 à 500, avec lith. (40 à 60 fr.).
Hippolyte P.osellini, le chef de l'expédition italienne et française en Egypte, a adressé, dans le t. IX de son texte, les plus graves reproches à cette commission. Sa critique porte surtout sur deux points : d'abord d'avoir reproduit des monuments céjà publiés dans le livre : / Moniwienii dell* Egitto; et, ce qui est plus grave, d'avoir abu»donné le plan tracé par Champollion. c'est-à-dire la distribution des dessins en trois sections : section historique, section civile, section religieuse. « De là, dit Rosellini, une confusion extrême, qui « ne peut que troubler, et surtout ce fâcheux ré- « sultat d'avoir fait d'un ouvrage qui devait sera vir aux progrès de la science, un ouvrage de « pure curiosité. »
1772 bis. PRISSE D'AVENNES (E.). Monuments égyptiens. Bas-reliels, peintures, inscriptions, etc., d'après les dessins exécutés sur les lieux par E. P.d'A... Pour faire suite aux Monuments de l'Egypte et de la Nubie, de Champollion le Jeune. — Paris, F. Didot, 1847, gr. infol., avec 52 pi., dont 11 coior. (publié à 75 fr.).
1773. LEAKE {\Y .-M.). Traveh i?iNorllieni Greeve, etc. — Voyage dans le nord de la Grèce, par feu Martin Leake, lieutenant colonel de l'artillerie royale, de l'Université d'Oxford, un des viceprésidents de la Société royale de littérature et de la Société géographique, etc. — Londres, 1835-41, 4 vol. in-8, avec cartes et 44 pi. (45 fr.).
1774. LABORDE (L. de). Voyage de la Syrie, par JMM. Alexandre de Laborde, liecker, Hall et Léon de Laborde. Rédigé et publié par Léon de Laborde. = Voyage de l'Asie Mineure, etc. — Paris, Firmin Didot, 1837-38 (-1861),
2 vol. gr, in-fol., avec 170 pi. (publié en 39 livr., au prix de 400 fr.; se vend la moitié de ce prix).
Cet ouvrage, connu sous le titre conventionnel de Voxjage en Orient, ilevait p.iraîlre il y a trentetrois ans (1828), dit l'auteur dans la préface du second volume, qui ne fut terminé qu'en 1861. Voyant que le temps lui manquait pour y mettre la dernière main, il te contenta de reprendre ses noies de voyages. Or ces notes sont l'explication naturelle de's dessins ([ui les accompagnent. Ces dessins sont nombreux, bien touchés, et nous font mieux connaître les paysages et les côtes de l'Asie Mineure que tous les ouvrages qui ont précédé cette publication.
1775. ÏEXIER (Charles). Description de l'Asie Mineure, faite par ordre du gouvernement français de 1833 à 1837, et publiée par le ministère de rinstruction publique. Première partie : Beaux-Arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques, par Charles Texier, correspondant de l'Institut. Gravure de Lemaitre. Ouvrage dédié au Roi. — Paris, Firmin Didot, 1839-49,
3 vol. in-fol., avec 241 pi. (publié à 1000 fr., réduit à 500 l'r.; se vend encore moins cher).
Nous sommes en présence de la plus grande exploration de l'Asie Mineure qu'un voyageur seul ait osé tenter jusqu'alors; exploration des plus riches, à en juger par l'immense quantité de matériaux relatifs à i'art et à l'archéologie, réunis pendant quatre années; exploration qui, suivant l'Académie des inscriptions, dans son rapport, a surpassé toutes celles qui l'avaient précédée, Texier ayant embrassé dans trois voyages successifs l'Asie Mineure presque tout entière.
Le premier commence en 18.33 ; Texier visite Nif.omédie, Nicée, la grande Phrygie et, tournant à l'est par Angora, jusqu'à Césarée deCappadoce,
EXPLORATIONS ET MISSIOINS SCIENTIFIQUES
revient à Coiistantinople en longeant le Tauriis, par risaïuie et la Lycaonie. Dans le second, exécuté en 1835, ïexier se borne à parcourir les environs de la Proponlide et de la côte occidentale de l'Asie Mineure. Dans le troisième, il se consacre à l'exploration de la Caramanie jusqu'à Tarse, ei traverse toute l'Asie Mineure eu se rendant de Tarse à Tiébizonde.
Au nombre des résultats de ces trois voyasïes, ■ nous citerons la reproduction, dans vingt dessins, \ des monunienis d'Aizany sur le l'.yndacus, et surtout du beau temple tout en marbre bl.uic ct<lu iliéàire attenant au cirque qui ornaient cette ville; nous citefons la découverte de l'emplacement de Synada, célèbre par ses carrières dans l'antiquité, una visite dans la vallée de Uougoulon, ofi, parmi d'autres tombeaux, on a trouvé celui de Midas; nous citerons une découverte importante, celle de l'emplacement de Pessinunte, vainement cliercli' par d'autres voyageurs; le plan et les principaux détails du temple d'Auguste à Ancyre et la copie de certains fiagnvnts de la traduction grecque du testament d'Auguste, traduction gravée sur une partie dfs murs du temple; nous citerons la découverte en Galatie des sculptures de la vallée de Bogàz-Keiil (la vallée du défdé) , voisine du cbamp de batnille où Crésus fut vaincu par Cyrus: ce monument, surnommé la pierre écrite, est un des plus anciens de l'Asie Mineure. Nous citerons encore li découverte de la ville de Sipylus et du tombeau de Tantale aux • environs de Smyrne; enfin, nous signalerons, parmi les matériaux recueillis dans la Caramanie, de curieuses recherches sur les villes d'Aniiphellus, de Myra, de Phelius, et surtout d'Aspendus et (le Perga, qu'aucun voyageur, avant Texier, irâvait encore visités.
Ce n'est pas tout : s'élant fait une loi de ne rien négliger et de relever tous les monuments qui s'offriraient à lui, n'importe quelle put éire leur date, soit à Constantinople, oii il pénétra le premier dans Sainte-Sophie, interdite ju.-qu'à lui aux infidèles, soit à Trébizonde, Texier s'est appliqué à dessiner les restes de l'architecture byzantine. (A'St par là qu'il a scellé cette grande'exploralion qui semble au-dessus des forces d'un seul homme et pour l'accomplissement de laquelle il a fallu déployer une énergie et une force de volonté peu communes.
Texier a connnis bien des erreurs. Son crayon trop facile est souvent infidèle. De son côté, le graveur en a pris à son aise, et s'est moins préoccupé de la vérité que de la beauté de ses planches ; n'importe, de nombreuses erreurs étaient presque inévitables dans cette course scientifique sur un terrain si vaste et si peu frayé; et ce livre, déjc'i corrigé et même refait en partie par les voyageurs venus après, n'en restera pas moins un livre élémentaire et classique, qu'il faudra toujours consulter quand on voudra s'occuper de l'Asie Mineure et de son archéologie.
1T7G. FELLOWS (Charles). J Journal loritten daring an exciu^sion in Asia Minoi\ etc. — Jouraal d'une excursion dans TAsie Mineure. — Londres, 1839, gr. in-8, avec 32 pi. (12 fr.).
« Pataraest inhabitée; nous n'avons aperçu que « quelques paysans qui gardaient le bétail. Ils « nous ontappiis qu'à une certaine distance de la « côte, on voyait des ruines sur une vaste éten- « due de terrain. Ces ruines sont probablement « celles de la ville de Xanthe, décrite par Strabon « comme une des plus grandes cités de la Lyi ie. « (Heaufort, Karavianie, p. G.) »
Par quelle fatalité le capitaine fJcaufort n'a-t-il pas eu l'idée de déhaïquer et de s'avancer dans les terres ? 11 n'aurait pas laissé à Fcllows l'honneur de faire, vingt ans après (lOa^ril 1838), la découverte de Xanthe. Celte découverle est le
point culminant des voyages de Fellows. D'autres avant lui avaient visité la Lydi'*, la Mysie, la Bithynie, etc., mais il est le premier Européen qui ait" foulé le sol de l'admirable vallée où coule le Xanthus; il est le premier qui ait révélé à l'Europe une adorable variété de l'art grec enfouie depuis des siècles dans une contrée sauvage.
M. Fellows a rapporté de charmantes esquisses des monuments de Xanthe; aussi son livre est-il bien agréablement illustré.
1777. ROSS ([.udwig). Reisen auf den griecliischenln.seln des agCiUcheuMeeres, etc. — Voyage dans les îles de la mer Egée. —^Stuttgart, 1840-1845, 3 vol. in-8, fig. (80 fr.).
Le rôle des îles de la mer Egi'e, si secondaire dans l'histoire politique de la Gièce, devient important dnns l'histoire de la civilisation et des arts; placées entre trois continents, la Grèce européenne, l'Asie Mineure et l'Egypte, elles furent le chemin de grande communication entre les trois parties du monde, l'entrepôt des idées et des productions des arts ; le trait d'union entre le génie de l'Orient et celui de l'Occident.
Très-frappé de l'abandon où le monde des explorateurs savants lésa 1 iiiss^'es, car depuis Tournefort et Choisenl-Gouffier, à l'exception de Brondsted, personne ne s'était avisé de les visiter, Louis Pioss a saisi toutes les occasions d'étudier cet archipel, et de signaler ces découvertes dans les mémoires de l'Université d'Athènes, dans ceux de PAcadémie de Munich et dans les Annales de l'Institut archéologique de home. Or le Voyaçieaux îles grecques, le premier volume notamment, renferme une vue d'ensemble de toutes ses recherches et de leurs résultats. La forme est épistolaire, et sous cette fornjeon trouve de l'érudition et des aperçus sérieux. P.oss reproche à Choiseul-Gouffier d être superficiel et léger; c'est un blâme que personne ne pourra lui inlliger.
1778. TEXIEa (Charles). Description de l'Arménie, la Perse et la Mésopotamie.
Publiée sous les auspices des ministres de lintérieur et de l'instruction publique. Première partie. Géographie, géologie, monuments anciens et modernes, mœurs et coutumes, par Charles Texier, correspondant de l'Institut. Gravure de Lemaître.— Paris, Firmin Didot, (1840-) 1842-52, 2 vol. in-fol., avec 151 pi. (publié en 31 livr. à 20 fr.; réduit à 400 fr., se vend encore moins cher).
Celte description est le complément naturel des explorations de Texier dans l'Asie Mineure. Elle est le résultat du voyage qu'il entreprit en 1839, accompagné d'un capitaine d'état-major, M. de LaGuiche, et M. R.ue La Courdoimaye, et il est juste d'ajouter que jusque-là les travaux de Chardin , de Mebuhr, de lUorier et de Ker Porter n'avaient pas donné une idée suffisante de l'art dans ces contrées. C'était une grande lacune, et elle a été remplie. L'art de la Perse ancienne, examiné, étudie sur place, voilà sans contredit le résultat le plus important du voyage de Texier. Car il ne laut pas tenir compte d'un petit nombre de reproductions des édifices antiques qui se sont tiouvés sur sa route. La monograph e de Persépolis et des tombeaux de Nakslii-Houstam, c'est principaletnent ce qu'il faut chercher dans ce livre. Joignez-y quelques dessins des ruines de Bay;izid, Dileni , Psagard, Schapour, et vous connaîtrez tout ce que Texier a rapporté de la Perse.
D'un caractère inllaminable, Texier n'a pas vu
ARCHEOLOGIE CLASSIQUE.
sans humcm Coste et Flaiulin (voir le n» 1790) explorer à la MiC-me époque ce qu'il croyait ôtre son domaine; mais il suflit de les comparer pour reconn:;Itre que cIil-/, Coste et Fiandin la pliysionomie des monuments est plus vraie, mieux accentuée que chez. Texicr. Ils ont sjisi en artistes ce qui distingue l'architecture persane : or Texier n'a jumais été qu'un dessinateur médiocre. Ce qui lui appartient, c'est d'a\oir soulevé une grosse question sur laquelle Coste est muet; je veux dire l'application de la couleur aux monuments de Persépolis. C'est une découverte dont à bon droit il se glorifie, et, joignant à la démonstration l'exemple, il a reconstitué, non sans quelque témérité, tout un morceau de polychromie persépolitaine. Ue ce côté, il faut le reconnaître, l'horizon a été agrandi, mais c'est le seul point sur lequel le livre de Texier l'emporte sur celui de Cosle. Jl est au-rK ssous pour l'exactitude, au-dessous pour l'abondance des laiis. Ainsi il ne dira rien des ruines sassanides, révélées par les dessins de Coste et Fiandin. Ue tout cela il résulte que si le livre de ïexier est d'une valeur réelle, il ne peut cependant Occuper ici la première place ; celui de Coste et Fiandin le lui défend.
1779. FKLLOVVS (Charles). An Account of Discoveries m Lycia, etc. — Exposé des découvertes faites en Lycie, ou Journal de Fellows pendant sou second voyage en Asie Mineure en 1840. — Londres, 1841, gr. in-8, fig. (35 i'r.); — nouv. édit., sous ce titre : Travels and researches in Âsia Minor, more pai^ticularly in Lycia, etc.; ibid., 1852, in-8;
. — trad. en alleiu. par J.-Th. Zenker : Ein Ausflug nack KUdnasien, etc.:
Leipzig, 1853, gr. in-8, avec 63 grav.
s. c. et 3 cartes (20 à 25 fr.).
Ce voyage est le complément nécessaire du premier (voy. le no 1776) : on ne peut les séparer. Encouragé par une belle découverte et plus convaincu que jamais, par suite de son séjour en Angleterre, que l'Europe ignorait complètement la Lycie, Fellows s'est hâté d'y retourner pour examiner à loisir ce qu'il n'avait vu qu'en passant. Cette fois encore la fortune l'a bien servi. Ce qu'il a trouvé d'important pour l'histoire, la philologie et l'art, l'a récompensé amplement de ses ellorts. Nous mettrons au premier rang la découverte de onze villes oubliées, ou plutôt inconnues des géographes, ce qui forme, en y ajoutant onze autres villes déjà visitées par d'autres voyageurs, et de plus Xanthe et Tlos, les vingt-quatre cités qui florissaient encore du temps de Pline dans ce coin de l'Asie. Des médailles, des inscriptions grecques et lycieinies, de nombreux monuments funéraires, des bas-reliefs — je note ceux de Cadyanda et du monument des Harpyes — presque tous fort bien reproduits, eniichissent cette curieuse relation. De là, un très-beau livre dont une bonne bibliothèque ne pourrait se passer.
1780. HAMILTON (J.-W.). Researches in Asïa Minor, etc. — Recherches dans l'Asie Mineure', le Pont et l'Arménie, accompagnées de remarques sur leur antiquité et la géologie, par J.-William Hamiltou, secrétaire de la Société de géologie. — Londres, 1842, 2 vol. in-8, lig. et 1 carte (25 fr.); — trad. en allem. par O. Schomburgk, avec additions et rectif. de H. Kiepert, et une pré lace de Ch. Ritter : Reiscn in Klein-
aslen, etc.; Leipzig, 1843, 2 vol. gr. in-8, 4 vues et 2 cartes.
Ce voyage est bien plus celui d'un géologue et d'un géogranhe(|ued'un philologue, qualité qu'on ne peut refuser cependant à llamilton, quand on voit avec quel soin il a copié un assez, grand nombre d'inscriptions grecques, et notamment celle «lui est gravée sur les murs du temple d'Auguste à Ancyre. Ce n'est pas tout : le philologue a fait une découverte qui n'est pas sans importance pour l'histoire ancienne de l'art; je parle des ruines d'Evyiik, dans lesquelles M. Georges Perrot u cru pouvoir reconnaître les restes du palais d'un gouverneur assyrien de la Cappadoce. Trèsinstruit, très-exact, très-compétent pour diverses branches de la science, llamilton a fait un bon livre et souvent on invoque son autorité.
1781. MÛLLER (Karl-Otfried). Archeologische Miltheilungen ans Griechenland,ci{i. — Notes archéolojiiques prises en Grèce par C.-O. Miiller, laissées dans ses papiers et publiées par Adolphe Schôll. V^ livr. — Francfort, 1843, in-4, avec 6 pi. (Seule livraison piihllée.)
Antiquités, topographie, inscriptions, telle a été la récolte d'O. JVliiller; classer et publier ces documents, tel a été l'objectif de Schôll. J'ajoute que les inscriptions ont enrichi le Corpus inscriptionum de Boeckh.
En 18'»3, l'éditeur annonçait que la première partie de l'ouvrage serait cornpo>ée de trois livraisons. La première embrasserait dans leur ensemble les antiquités d'Athènes; la seconde, l'architecture et la sculpture; la troisième, deux voyages : l'un en Morée, l'autre en Roumélie.
Ce coup d'œil d'ensemble sur les antiquités d'Athènes, sur la marche de l'art grec depuis l'origine jusqu'à son épanouissement,n'est pas sans importance: tout ce qui sort de la plume d'O. Miiller est si intéressant et si instructif! L'auteur commence par signaler les fouilles faites en Grèce depuis la moitié du siècle dernier jusqu'en 18^0; il indique les colbctions qui en ont profité, et (le là, il remonte aux origines de la sculpture hellénique, réfute l'opinion de ceux qui se sont imaginé qu'un canon égyptien servit de règle .aux artistes grecs, et passe eu revue les évolutions de cet art. Arrivé ici, l'analyse devient impossible. Ce n'est plus un mémoire, un traité, un livre à proprement parler, mais une série d'exemples empruntés soit à la statuaire, soit aux basreliefs, et illustrés par d'assez mauvaises reproductions, il faut bien le dire.
1782. RAVOISIÉ (A.). Exploration scientifique de l'Algérie, pendant les années 1840, 1841, 1842, publiée par ordre du gouvernement et avec le concours d'une commission académique. Beaux -arts, architecture et sculpture, par Amable Ravoisié, architecte, membre des commissions scientifiques de Morée et d'Algérie, etc.— Paris, Firmin-Didot, 1846- 53 et suiv., 32 livr. gr. in-fol. (publié à 514 fr.).
L'ouvrage complet, annoncé en 35 livr., duvait former 3 vol. , consacrés chacun à l'une des trois provinces de l'Algérie. 11 ne sera pas coiitiimé.
Irès-belle publication où brillent le talent de nos graveurs et la grande hab leté des architectes fiançais. On lit dans l'introduction que, parmi tous les voyageurs qui jusqu'ici ont publié des travaux sur l'Afrique, il ne s'en est pas tiouvé un seul qui fût peintre archéologue, et njCme archit' de; que
EXPLORATIONS ET MISSIONS SCIENTIFIQUES
l'étude des monuments romains, si nombreux en Algérie, s'est imposée comme une nécessité pressante, surtout dans les villes où leur mutilation et même leur destruction dépend tout à fait des exigences du service militaire.
Ainsi la nouvelle publication a eu pour objet de reproduire, par des dessins fidèles, complétés par des descriptions minutieuses, et sous la protection d'une armée française, les richesses archéologiques d'un pays qui n'a pas été exploré, pays où le sol renferme dessus et dessous des temples, des théâtres, des amphithéâtres, des cirques, des hippodromes, des arcs de triomphe et les mille reliques de la puissante civilisation romaine. La tâche était lourde, et Ravoisié, le digne collaborateur de Blouet, s'est trouvé de force à porter le fardeau.
1783. LE BAS (Ph.) et WADDINGTON
(\V.). Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure fait par ordre du gouvernement français, pendant les années 1843 et 1844, et publié sous ies auspices du ministère de l'instruction publique,, par Philippe Le Bas, membre de l'Institut, etc., etc., et VV.-H. Waddingtoii, membre de l'Institut, avec la coopération d'Eugène Landron, architecte, ingénieur civil. — Paris, Firmin-Didot, (1847-1876), 85 livr. in-4, et 23 hvr.
de pi. in-fol. — 306 fr.
Cet ouvrage devait former dans son ensemble douze voluinrs, dont onze gr. in-ii, et un gr. infol., composés de quatre parties distinctes, à savoir :
1» Itinéraire, 2 vol. gr. in-fol., dont 1 de planches; 2" inscriptions grecques, 6 vol. gr. in-4, dont 3 de textes épigraphiques et 3 d'explications; 3° MONUMENTS D'ANTIQUITÉ FIGUREE,
2 vol. gr. in-U, dont 1 de planches; W architecture, 1 vol. gr. in-fol. de 90 planches, et 1 vol. de texte gr. in-i.
I.a mort de l'auteur, il y a seize ans, a amené dans Tordre de la publication des modiljcatious, et, d î plus, l'intervention de nouveaux épigraphistes. Voici en quoi consistent ces modifications:
Itinéraire (5 feuilles publiées) : ne sera pas continué.
Inscriptions. T. 1er. Atiique (25 feuilles publiées) : m* sera pas continué. ï. II. Peloponèse et Grèce du nord (68 feuilles publiées). Supplément par M. Foucart, en cours d'impression. T. m. Asie Mineure (complet, en 82 feuilles).
Explication des inscriptions. T. 1«»'. Atii- (\ue {k feuilles publiées) : ne sera pas continué. La publication des inscriptions de l'Altique par lijs soins de l'académie de Berlin, a déiermioé -M. Foucart à ne pas donner suite à son travail. T. II. Peloponèse et Grèce du nord (28 feuilles l)ui)liées) : presque terminé ; sera continué. T. III. Asie Mineure (complet, en 81 feuilles et demie). — Appendice : fastes des provinces asiatiques (11 feuillus et demie) : sera continué.
Le tome III est précédé d'un avertissement, signé de M. Waddiugton, dans lequel il annonce (|u'après la mort de Le Bas il a été chargé de continuer son œuvre ; et c'est dans la partie épigraphique que sa collaboration s'est particulièrement manifestée.
C'est à V Expédition française de Morce que l'on doit le Vorjagc archéologique en Grèce. Le chef de la section d'arcliéologie de celle mission, lîlouet, ayant confié le soin d'expliquer les nombreuses inscriptions qu'il avait rapportées à Piiil. Le Bas, ce dernier, euflaunné pour l'épi graphie, s'empressa d'accepter l'offre que lui fit M. Ville-
main, d'une mission analogue à celle que le savant \illoison avait déjà remplie, et dont l'objet était de recueillir tous les monuments épigraphiques qu'il pourrait rencontrer tant sur le continent que dans les îles de la Grèce.
Le 11 juin 18^:5, Le Bas s'embarquait à Marseille ave'- deux compagnons de voyage, dont l'un M. Eugène Landron, était architecte et bon dessinateur. Le voyage dura vingt-trois mois, pendant lesquels Le Ba's visita Athènes, Epire, Calaurie, la Mégaride, la Corinthie, TElidc, la Messeriie, la Laconie jusqu'au cap Ténare, l'Argolide, Constantinople, la Bithynie, la Mysie orientale, la Phrygie lipitecte, la grande Phrygie, la Lydie, l'Ionie, la Carie, Andros, Tenos, Syros, Delos , Myconos, Parcs, Patmos, la Béotie et la Phocide.
L'art et la science eurent une part égale dans cette magnifique moisson : huit mille inscriptions recueillies dans l'étendue du monde grec, inscriptions savamment expliquées; l'emplacement de plusieurs villes antiques parfaitement déterminé; certaines parties de l'Asie Mineure laissées en blanc sur les cartes, visitées et étudiées, telle est la part de la science.
La topographie illustrée par des vues pittoresques; l'architecture et la sculpture formant ensemble une collection de plus de Û50 dessins; les moulages de statues et de bas-reliefs, moulages dont quelques-uns font aujourd'hui partie des plâtres de l'Ecole des beaux-arts; divers achats pour le Musée du Louvre : bas-reliefs votifs, stèles, fragments de statuetles, etc., etc, voilà la partie de l'art.
La retraite de M. Villemain, remplacé au ministère de l'instruction publique par M. de Salvandy, qui ne prit de décision pour la publication de ce voyage que le \i\ février 18^5, la nécessité de faire graver sur acier près de 200 nouveaux types; l'obligation de graver sur bois leurs signes extraordinaires; la mise au net des nombreux dessins qui devaient être confiés au graveur, tout conspira pour retarder cette publication qui n'est pas encore terminée après une période de trente ans.
784. SPRAÏT (T.-A.-B.) «& FORBES (Ed.). Travels in Lycia, etc. — Voyage en Lycie, Milyas et la Cibyratis, avec feu Te révérend E.-T. Daniell, par le capitaine Spratt, inspecteurhydrographe de la Méditerranée, et le prof. Edouard Forbes, du collège royal de Londres, etc. — Londres, 1847, 2 vol. in-8, avec neuf vues pittoresques, 21 bois, 16 plans de villes et une carte (20 à 25 fr.).
Au mois de janvier 18'i2, un vaisseau anglais, le Jieacon, abordait la côte de Lycie. Ce vaisseau devait transporter en Angleterre les marbres trouvés à Xanthe par sir Ctiarles Fellows. Trois hommes distingués étaient à bord : un hydrographe , le capitaine Spratt, un naturaliste , le professeur Forbes, un antiquaire, le révérend Daniell, qui s'était embarqué à Smyrne en qualité d'amateur.
En mai, le commandant du Jieacon, le capitaine Graves, donna l'ordre de quitter ces parages pour aller se ravitailler à Malte, laissant derrière lui nos trois explorateurs dont le projet était de publier l'histoire politique et l'histoire naturelle de la Lycie. La mort du révérend D.mieil vint arrêter l'exécution de ce projet. Toutefois, en dépit d'uiie perte qui privait MM. Spratt et Forbes d'une direction qui leur était précieuse, les résultats de leur voyage ont dépassé leurs espérances. Voici les plus saillants de ces résultats : huit cités anciennes, dont la position était inconnue des géographes, ont été explorées et leur emplacement déterminé. Grâce à leurs noms
ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE
retrouvés dans les ruines, quinze autres villes ont été reconnues. Trois ou quatre d'entre elles avaient été visitées, mais non dessinées. Ces quinze cités, dont plusieurs d'une grande iniportance, telles que Cibyra, Telmcssus major, Seigé, n'étaient pas marquées sur la carte. Chose singulière ! celte Lycie, si féconde aujourd'hui en belles découvertes, ne fut révélée au monde savant qu'en 1817 et par la publication du voyage du capitaine Bcaufort.
• Les planches do cet ouvrage sont bien médiocres, mais la topographie y est bien riche. On doit à SI. Spratt douze ou treize plans au moins des anciennes villes de Lycie, et, en outre, le tracé et les mesures de dix thiâtres, sans compter un stade et \u^ odéon. Je citerai les théâtres de Latoum, Telmcssus, Cadyanda, Cibyra, Pinara, Antiphellus, œneanda, lîalbura, Rhodiopolis et. Cyaneœ. Il y a là, je crois, des sujets d'étude pour les architectes pensionnaires de Rome en quête d'une restauration. Assis pour la plupai t sur (les roches énormes, ces théâtres permettaient au spectateur d'apcicevoir au-delà de la scène la vaste étendue de la mer. Il jouissait par l'esprit, il jouissait par les yeux.
178.5. BOTTA (P.-E.). I\lonumentde Ninive, découvert et décrit par M. P.-E.
Botta, mesuré et dessiné parlNL E. Flandin. Ouvrage publié par ordre du gouvernement, sous les auspices de M. le ministre de rinstructiou publique et sous la direction d'une commission de Tliistilut. — Paris, 1849-50, 5vol.gr. in-tbl., avec 400 pi. (puhlié en 90 livr. à 20 fr.; se vend 500 à 600 fr.).
Les tomes 1 et II se composent de 1G5 planches, renfermant Varcidteclure ei la sculpture ; — les tomes III et IV contiennent les inscriptions ; — le tome V donne le texte.
C'est à un savant orientaliste, à, M. Mob!, que l'on doit d'avoir poussé Boita à entreprendre te> recherches. Il lui avait démontré l'importance des études sur l'Assyrie, et c'est à Botta, dont le nom ne sera jamais oublié, que revient tout le mérite d'une entreprise conduite avec autant de sagacité et de succès. Les planches, soigneusement exécutées d'après de bons dessins, doiuient beaucoup de prix à ce bel ouvrage et marquent son utilité. Elles concourent supérieurement à la réalisation de l'idée qui a guidé l'autmr; l'idée d'un sage esprit dont le principal objet a été de rassemoler et d'exposer des données pour les recherches futures. Du reste, pouvait-il s'égarer sous l'œil d'une commission composée de Baoul-Bochette, Letronne, Lcnormant, Alohl, E. Burnouf, Guigniaut, Ingres, Lajard et II. Le Bas?
178G. LAYARD (Austen-Henry). Nlnereh and Us remaîm, etc. — iSfinive et ce qui en reste, avec le récit d'une visite aux Chaldéens chrétiens du Kurdistan, et des recherches sur les mœurs et les arts des anciens Assyriens. — Londres,
1849, 2 vol. in-S, avec 98 pi. ou bois; — 2e à 5eédit., ibid., 1850, 51, 52, 53, 2 vol. in-8, fig. (20à25fr.); — trad. en allem. par N.-N.-W. Meissner : Ninivehwid seine Ueberreate, etc.; Leipzig,
1850, gr. in-8, avec 94 illustr., 6 plans et 1 carte; — nouv. édit., avec un appendice : les Antiquités égyptiennes à Nimroud et l'année de la destruction de
Ninive, par G. Seyffarth; ibid.^ 1854, in-8, fig. (4 à 6 fr.j^; — trad. en ital. par le comte E. -INI. Tortorelli : Délie Sco- ' perte di Ninive; Bologne, 1855, in-8. ■I = Abrégé de l'ouvrage original : Po- ïl pular Jccount of Discoveries ai Ninevek. — Londres, 1850, in-8, fig.; — trad. en allem. par N.-N.-W. Meissner:
Populdrer Bericht ûber die Ausgrabungen zu Ninevek, etc. ; Leipzig, 1852, gr. in-8, avec 22 grav. s. c.
Au mois daoût 18'-iO, M. Layard descendait le Tigre sur un radeau allant de Mossoul à Baglad. En passant devant Nimroud, le paysage le frappa. Cette masse, que couvrait de son manteau une verdure luxuriante, semblait émerger d'une mer de prairies émaillées de fleurs; au loin, des mamelons enchaînés, et formant un quadrilatère, faisaient songer aux remparts d'une grande cité. Le radeau était ballotté sur les eaux du Tigre, gonflées par les neiges de l'Arménie. Elles se précipitaient en écumant contre une digue antique, appelée par les Arabes la Barre de .N'imroud. Niniroud, le nom légendaire ! !
A ce moment, l'idée d'explorer Mmroud vint à M. Layard, et cette idée devint de plus en plus maîtresse, quand de retour à Mossoul, il eut connaissance des fouilles de notre con.sul Charles Botia, dont les résultats, médiocres à Koyoundjik, étaient magnifiques à Khorsabad. Maisil lui fallait un aide et il le chercha vainement; l'x\ngleterre faisait la sourde oreille et le temps s'écoulait; enfin, dans l'automne de 18fi5, sir Stratford Canning, ambassadeur du gouvernement britannique à Constantinople, lui annonça qu'il pourvoirait aux dépenses des fouilles de ISimroud jusqu'au moment où, suivant des espérances légitimes, le succès serait assuré. M. Lavard accepta avec joie, et le 8 novembre 18ii5 il s'établissait à Mmroud.
M. Layard ne sait pas écrire, il le confesse luimême avec une bonne grâce parfaite; ta narration est confuse, embarrassOe de détails inutiles ou secondaires, et, ce qu'il y a de pis, la plupart du temps il oublie de dater ses opérations. S'il donne le chiffre (iu mois, il ne marque pas celui de l'année. Il est donc difficile de le suivre, et nous nous bornerons à dire qu'après avoir fait à Mmroud la plus riche moisson, il reprit à Koyoundjik les travaux abandonnés par Botta, et que, grâce à l'expérience qu'il venait d'acquérir, il trouva sous ce monticule les ruines d'un palais. En IS'a?, il retournait en Angleterre, et repariait en 18^8 pour Mossoul, afin de compléter sa découverte.
M. Layard ne brille pas par la méthode; son livre n'en est pas moins précieux. Dans la première partie, on trouve les découvertes; dans la seconde, les résultats. C'est par les sculptures de Koyoundjik et de ISimroud que la civilisation assyrienne est mise en lumière, et non d'après de simples conjectures. C'est tout un monde qu'il nous a révélé.
1787. LEPSIUS (Cari-Richard). Denkmàler aus yEgypten und ALthiopien-, etc. — Monume ils de l'Egypte et de rÉthiopie , d'après les dessins des artistes envoyés dans ces contrées par Sa Majesté Frédéric-Guillaume IV, de 1842 à 1845 : expédition scientifique publiée par ordre de Sa IMajesté et commentée par Ch.-P». Lepsius. — Berlin, (1849- 58), 12 vol. gr. in-fol., de 800 pi. lith. et color. (publié en 90 livr. de 18 IV. 75
EXPLORATIONS ET MISSIONS SCIENTIFIQUES
chacune. = Texie :
richt^ etc. — Ibid.
36 pp.
'orlàufige Nach- 1849, gr. in-4.
La première pensée de ce grand ouvrage remonte à 1838. La rencontre de M. Lepsiiis et de lAI. de Bunsen, à Londres, 5 celte même date, la fit éclore. Plus tard, elle prit corps en Allemagne sous les auspices de AL Eichorn, ministre de l'instruction publique. Encouragé par M. de Ilumboldt et M. de Bunse;), tranquille sur son programme qu'il fit adopter par l'Académie des sciences de Bcilin, et, de plus, fort de l'agrément du roi, AL Lcpsius fut appelé à être le chef de l'expédition.
Le 18 septembre 1842, le personnel de cette expédition se réunissait à Alexandrie. Le 9 novembre suivant, ce personnel s'établissait à Gizeh, et commençait à explorer. Le début fut biillant ; la moisson d'une étonnante richesse. De longues séries de tombeaux, dont un grand nombre remontaient à quatre mille ans, vinrent démontrer, contrairement au système des anciens, que la civilisation est sortie non de l'Eihiopie, mais de la Basse-Egypte. Ce qui le prouve, et l'expédition allemande en a fait l'expérience, c'est que plus on remonte dans la vallée du Nil et moins les monuments sont antiques. C'est dans le Delta que se trouvent les masses énormes élevées par les troisième, quatrième et cinquième dynasties. Mais c'est dans l'Egypte centrale que vous trouverez ceux de la sixième et notanunent de la douzième dynastie. ïhèbes, qui résume pour ainsi dire toute la splendeur de l'Egypte et la perfection de ses arts, Tlièbes qui n'arriva à ce haut degré de splendeur que dans le second ou moyen empire, est située au centre de l'Egypte. Où sont maintenant les monuments élevés sous les Ptolemées et les Césars? Tous, à l'exception d'un seul, se voient au midi du sol thébain. Les monumpnts les plus au sud de la vallée du Nil, notamment ceux de l'île de Meroé , sont postérieurs à l'ère chrétienne.
Suivant M. Lepsius, le champ de l'archéologie égyptienne appelle de nouvelles explorations. Champollion a laissé à ses successeurs l'étude de
k quelques milliers d'années. 11 n'a point abordé les époques primitives, et cette grande période pharaonique de 3900 à 1700 avant l'ère clirétienne. La vallée du Nil jusqu'à la seconde cataracte renferme un grand nombre de monuments égyptiens qui pourraient dissiper les ténèbres de l'antiquité éthiopienne, si étroitement liée à l'antiquité égyptienne.
iVL Lepsius se plaît à noter l'heureux résultat de l'expédition allemande, résultat niagnifif|ue pour peu qu'on veuille l'examiner. 1,300 dessins ont été exécutés sur place, sans parler d'un nombre considérable de moulages sur papier et de relevés d'inscriptions hiéroglyphiques, démotiques, coptes et éthiopiennes. Tous ces matériaux réunis auraient pu fournir la matière de deux mille planches. On s'est borné à 800.
Ce grand ouvrage se compose de six parties, La première, consacrée à la géographie, à la topographie, aux vues pitiorcf-ques et à l'architecture également pittoi esque, n'a pas moins de 100 planches. La reproduction des bas-reliefs de l'Egypte, rangés dans l'ordre des temps depuis les plus anciens jusqu'aux plus nouveaux relativement, forme les trois parties suivantes. Ainsi donc la seconde partie de l'œuvre totale nous montre la sculpture du premier empire : elle est riche de f 170 planches; la troisième partie, composée de
i280 planches, renferme les sculptures du nouvel împire jusqu'à l'époque de l'inva-,ion des Perses ; la quatrième partie, composée de 100 planches, renferme tous les bas-reliefs de l'Egypte soumise lux l'iolémées et aux Césars. Elle descend jusqu'à l'empereur Décius. Les sculptures éthiopiennes, auxquelles on a consacré 80 planches, forment
la cinquième division qui serait la dernière, si 70 planches d'inscriptions ne constituaient point une sixième et dernière division.
Quand on a passé en revue ces six cent trente tableaux gravés sur des murailles, l'Egypte religieuse et sociale, administrative et industiielle, nous est ^^.\\ partie révélée, et c'est dans son ensemble que l'art égyptien nous est apparu. Désormais nous pourrons être mieux fixés sur son histoire. Parmi les résultats que le rapprochement d'un si grand nombre d'œuvres de toutes les époques a dû amener, je noterai la découverte de trois canons, ou règles différentes des proportions du corps humain.
L'exécution des planches est excellente; les vues coloriées — sans parler de magnifiques cartes géographiques — sont de véritables tableaux. Sauf quelques exagérations, elles nous donnent bien l'aspect de l'Egypte, aspect que ne rend pas le grand ouvrage 'français. La partie architecturale est des plus faibles. Je vois bien des pyramides ruinées, des monceaux de pierre, mais je n'aperçois pas un temple. Si je veux me faire une idée des longues colonnaties thébaines, il me faudra aller les chercher dans la Description de l'Egypte. L'art et le goût français se révèlent ici dans la restauration ou la reproduction des monuments élevés par une merveilleuse civilisation.
Ce qui surprend, c'est de voir qu'une telle masse de matériaux manque des éclaircissements nécessaires. Ce voyage scientifique n'a pas de texte explicatif : le commentaire annoncé dans le titre n'existe pas. Un simple avertissement (Vorlaufige Nachviclit i'iber die Expédition, ilive Ergebnisse und deren Piiblikation) ou, si l'on veut, l'exposé très-court et un peu confus, des résultats les plus saillants de l'expédition, ne saurait combler cette énorme lacune, et l'on en est à se demander comment son chef, égyptologue renommé, et en possession de l'admirable instrument inventé par Champ(dlion, loin de donner au monde savant ce qu'on pourrait appeler un livre, s'est contenté d'ouvrir ses portefeuilles et de lui montrer huit cents dessins triés sur le volet.
1788. DELAMARE ( Ad.-H.-Alex. ). Exploration scientifique de l'Algérie pendant les années 1840, 1841, 1842, 1843, 1844 et 1845, publiée par ordre du gouvernement et avec le concours d'une commission académique. Archéologie, par Delamare, chef d'escadron d'artillerie, membre de la commission. — Paris, impr. nat., 1850, 3 vol. gr. in-4, avec un atlas de 193 planches (publié à 320 fr.).
Les planches sont très-bien exécutées et on y remarque surtout d'excellentes reproductions par la lithochromie de plusieurs mosaïques romaines. La publication de ces planches est conforme à l'itinéraire suivi par l'armée. Voici les principales étapes : Bougie, Philippeville, Stora; expédition du général Galbois chez les Ilarakta, retour à Constantine pour aller à Sétif; exploration de Sétif et des < nvirons ; voyage dans l'est de Constantine; expédition de Biskra en 18^i, commandée par le duc d'Aumale.
1789. Archives des missions scientiOques et littéraire?, publiées sous les auspices du ministère de Tinstruciion publique, etc. — Paris, impr. nat., 1855 (.ç/Opour 1850)-1870, 18 vol. in-8, fig. — 9 fr. le vol.
La publication de ce recueil, destiné à marquer toutes les nouvelles conquêtes de la science, a é:é très-accidentée.
ARCHEOLOGIE CLASSIQUE
En 18it9, le niini>lt'ic coiiroil le projet de cette belle et utile entreprise. Ce qu'il veut, c'est de liiirt' connaître, en les reproduisant soit intégralement, soit par extraits ou résumés, les rapports des membres de l'Ecole d'Athènes sur leurs explorations; ceux des personnes chargées de faire en France et h l'étrangjer des recherches sur des points d'érudition ou de science; enfin de signaler les voyages officiels, etc., etc. La publication se poursuit régulièrement et sans interruption de 1850 à 1856, et doiuie 0 vol. in-8. En 1856, elle est supprimée et elle se fond avec la Bévue des sociiUés savantes, qui absorbe les documents réservés aux archives. Le 5 décembre 1860, grand changemeiu! Un décret transporte le service des missions scientifiques et littéraires du ministère de l'instruction publiqui- au ministère d'Etat. De là, obligation pour la lievue des socUUés savantes de cesser la publiotion de ces mêmes documents. Le 23 juin 1863, un nouveau décret ramène le service des missions au ministère de l'instruction publique. Enfin, le lU février 1865, un arrêté, signé : Duruy, ordonne la publication d'une nouvelle série qui s'est continuée jusqu'en 1873; son contingent est de neuf volumes. La dernière série ne fait que commencer (1873-76), 3 vol. la composent, l-e dernier contient : 1° Rapport par xAl. Alexandre Bertrand sur les questions archéologiques, discutées au congrès de Stockholm ; 2" Mémoire sur l'ile de Kos par M. V. Rayet; 3» Inscriptions et Monuments figurés de la Thrace,par M. Albert Dumont; û» Mission au mont Alhos par MAI. l'abbé Duchesne et Rayet. Les résultats de celte mission, qui n'est pas entièrement publiée sont importants; ils forment trois sections: épigraphie, archéologie, paléographie. La section d'épigraphie est riche de 160 inscrip. lions, et celle de la paléographie, de gloses inédites de V Iliade.
1790. FLAINDIN (E.) et COSTE (P.)- Voyage en Perse de MM. Eugène Flandin, peintre, et Pascal Coste, architecte, attachés à l'ambassade de France en Perse pendantlesannéesl840et 1841, entrepris par ordre de M. le ministre des affaires étrangères, d'après les instructions données par l'Institut. Publié sous les auspices de M. le ministre de l'intérieur et de M. le minisire d'État, sous la direction d'un comité composé de MM. Burnouf, Lebas et Leclerc. — Paris, 1851, 2 vol. in-8, et atlas (1843-54) en 6 vol. in-fol. composé de 665 pi. (publié à 1475 fr.).
La belle antiquité persane appartient à deux grandes époques : celle des Achménides et celle des Sassanides. Les restes de cette antiquité se retrouvent principalement à Bi-Sutun, Serpoul- Zohab, iVlader i Souleiman, présumé l'ancienne Pasagardes, Istakhr ( Persépolis), Tschel-Minar, siège du palais des rois achménides, sans parler des localités voisines, tels que Nachshi- Radjah, Nachshi-Roustâm, Chiraz, etc. ; or cette même antiquité a été étudiée sur place, par MM. Flandin et Coste, avec une rare précision et un talent remarquable. « Jamais — est-il dit dans le << rapport lu à l'Académie des Beaux-Arts, au n nom de la commission — jamais les sculptures « de Persépolis, le plus grand monument encore <( debout de toute l'antiquité asiatique, n'ont été « représentées avec autant ds soin, d'exactitude « et de talent que «dans les dessins de M. Vlmu din, » et le rai^porieur ajoute que les gravures de Ker Porter perdront, par la publication des dessins de M. flandin, la confiance et l'estime
dont elles étaient en possession. 11 en est de même des dessins d'architecture de M. Coste. Le soin avec lequel toutes les mesures s'y trouvent relevées, et toutes les formes indiquées lui ont valu les plus grands éloges des architectes de la commission. Depuis Niebuhr, rien d'aussi exact n'a été fait sur les monuments de Persépolis.
Au résumé, ce voyage en Perse, qui a précédé de deux ans les belles découvertes de Charles Botta à Mnive, lient une place des plus honorables parmi toutes les explorations commandées et organisées depuis le conunencement du siècle par notre gouvernement, et elle a servi certainement à prouver une fois de plus, que la France était douée du génie de l'exploration scientifique.
1791. HELLER (B.-K.). Archàologischartistische Mittlieiiungen^ etc. — Documents archéologiques et artistiques sur les fouilles de l'Acropole d'Athènes, en 1835, 1836 et 1837. Dessins et descriptions par Heller, statuaire, professeur à l'école polytechnique d'Athènes,, conservateur (adjoint de M. Ross). — Nuremberg, 1852, in-fol. obi., iv-7 pp., et 22 pi. lith.
1792. SAULCY (Louis -Félicien-Joseph- Caignart de). Voyage autour de la mer Morte et dans les terres bibliques, exécuté de décembre 1850 à avril 1851.
— Paris, (1852-)1853, 2 vol. gr. in-8, et atlas in-4 (publié à 200 fr.).
Ce voyage a donné lieu à une polémique qui n'est point entièrement oubliée. On a contesté les découvertes de M. de Saulcy, qui s'est défendu avec plus d'énergie que de bonheur. De tout ce bruit, qu'est-il resté ? Que M. de Saulcy, malgré les entraînements d'une imagination trop vive, est doué de beaucoun de sagacité; je dirai plus,d'une faculté de divination bien remarquable. Certaines parties de la science et surtout de la numismatique lui doivent des progrès qui ne seront jamais contestés.
1793. LAYARD (Austen-Henry). Discoveries in the i^uins of Nineveh and Babijlon^ etc. — Découvertes dans les ruines de Ninive et de Babvlone; voyages dans l'Arménie, le Kurdistan et le désert, et résultats d'une seconde expédition entreprise à la recommandation des Trustées du British-xMuseum. — Londres, 1853, in-8, ilg., cartes et plans (15 à 20 fr.); — trad. en allem. par J.-ï. Zenker : Niniveh und Babylon, etc.; Leipzig, (1856), in-8, portr., lig. et 2 cartes
Comme le titre l'indique, c'est un complémeilt, la suite de l'histoire des fouilles à Koyoundjik et à Nimroud en 18^8 et 18^9. Celte moiiison fut d'une richesse extrême. Boita, à Khorsabad, avait tiouvé un palais; Layard en a trou\é deux : l'un à Koyoundjik, l'autre à iMmroud, sans parler d'une quantité de sculptures et d'objets de toutes sortes : vases, armes, bronzes, ivoires, briques émaillées, etc., etc. Toutes ces richesses, ma classées, font de ce livre, si intéressant d'ailleurs, une encyclopédie confuse. Les aventures s'y mêlent aux recherches éru;liles. Il fallait une table méthodique; or c'est une table alphabétique
EXPLORATIONS ET MISSIONS SCIENTIFIQUES
que l'auteur nous donne. De nombreuses illustrations (la planches et 28i bois) en rendent la lecture moins pénible. Cette première série n'a pas paru suffisante à l'auteur, et il a réuni tous les dessins qui demandaient une plus grande échelle formant ainsi un magnifique recueil publié à la même date (voy. à V Architecture).
M. Layard, il y a trente ans, a fait faire, conjointement aver. Botta, un pas immense à l'archéologie orientale. Quel malheur qu'il ne se soit pas souvenu qu'il est né à Paris et que ses ancêtres se sont réfugiés eu Angleterre à la suite de la révocation de l'é:iii de Nantes! Comment n'a-t-il pas su mettre au service d'une grande sagacité et d'une rare énergie cette méthode lumineuse qui est le propre de notre langue et de notre génie national?
1794. OU VAROFF (comte Alexis). MacA*- ^OBania o ^peBHOCTiaxTï K),KHoii Poccin, etc. — Saint-Pétersbourg, 1851- 56, in-fol., et atlas gr. in-fol.; — avec un texte français : Recherches sur les antiquités de la Russie méridionale et des côtes de la mer Noire. — Paris, 1855-60, in-fol., avec 34 pi.
Ces planches, exécutées d'après les dessins de M. \Vebel, peintre de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg, et au nombre desquelles on trouve 7 canes, ne sont que des photographies du mérite le plus ordinaire.
Le principal intérêt de cette publication réside dans ce qu'elle a été pour ainsi dire le germe et le noyau d'une autre publication vraiment magnifique Qe parle des Antiquités du Bosphore Cimmérie?i, conservées au Musée de l'Ermitage; voy. le n° lfi83), et dont le comte Ouvaroff a eu la direction. Ce fait ressort de ce qui suit. Dans l'une des séances de la Société impériale en 18^7, quelqu'un demanda quel serait le meilleur moyen de compléter l'étude des monuments qui existent encore sur les rives de la mer Noire, monuments trop peu connus. Frappé de cette observation, le duc de Leuchtenberg nomma une commission chargée de rédiger le programme de cette élude, et à son tour la commission d(^cida qu'il fallait envoyer un membre de la Société impériale sur les lieux. Le comte Ouvaroff s'étant offert, voici les instructions qui lui furent données : Visiter tout le littoral de la mer Noire depuis l'embouchure du Phase jusqu'aux bouches du Danube; — s'informer de toutes les antiquités signalées par les plus anciens auteurs, et dont les vestiges restent encore ; — s'enquérir des tumulus existants, de leur abondance, de leur situation; — savoir s'ils ont déjà été explorés et de quelle manière ; — s'enquérir également des antiquités scythiques, byzantines, ta tares et russes.
1795. LENOIR (Albert). Instructions à l'usage des voyageurs en Orient, publiées sous les auspices du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France. — Paris, 1856, in-4.
1796. OPPERT (Jules). Expédition scien-
Itifique en Mésopotamie, exécutée par ordre du gouvernement de 1851 à 1854, par MM. Fulgence Fresnel, Félix Thomas et Jules Oppert. Publiée sous les , , auspices de son excellence M. le ministre d'Etat, par Jules Oppert. — Paris, ^^Gide, 1857-64, 2 vol. gr. in-4, avec un
12 planches de vues pittoresques. — 125 fr.
Deux parties bien distinctes composent cette publication : la première, particulièrement archéologique , renferme le compte-rendu des découvertes et le journal de voyage; la seconde est consacrée au déchiffrement des inscriptions cunéiformes par la méthode de M. Oppert.
Après deux années de recherches, l'expédition parvint à réunir une quantité assez considérable de statues, de matières diverses, de cylindres, de briques, d'inscriptions, d'urnes cinéraires, de vases peints, d'objeis de toilette, etc., etc. Aujourd'liui tout cela serait au Louvre, sans un véritable désastre : le radeau qui portait ces trésors sombra dans les eaux du Tigre, qui les déroberont pour longtemps. Ce qui reste de cette expédition, ce sont des aperçus sur la géographie et l'histoire de contrées qui nous sont peu connues; ce sont de nouvelles et savantes études sur la topographie et les ruines de Ninive et de Babylone; études auxquelles l'intelligence des textes cunéiformes apporte de nouveaux éclaircissements.
L'honneur d'avoir provoqué cette expédition revient au ministre de l'intérieur, à M. Léon Faucher. Le 8 août 18ii9, il proposait à l'Assemblée nationale de l'autoriser à préparer une exploration de la Médie et de la Mésopotamie, et peu après choisissait pour la diriger un arabisant des plus exercés, M. Fulgence Fresnel, ancien consul à Djeddhah, auquel il adjoignait M. Félix Thomas, architecte grand-prix de Rome, et M. Jules Oppert, déjà connu par ses travaux scientifiques. Ces deux derniers sont revenus en Europe ; mais M. Fresnel est mort à Bagdad le 30 novembre 1855, laissant après lui, dans le Journal asiatique, et dans ses Lettres sur l'histoire des Arabes avant l'islamisme (1837), les témoignages d'une haute sagacité.
Vingt -deux planches forment l'atlas : on y trouve des cartes de Babylone et de Ninive et des plans; plus, douze vues pittore3ques, notamment celles de Babylone, de Bassora, de Bagdad, etc., dessinées et gravées à l'eau-forte par Félix Thomas.
1797. CONZE (Alex.). Reise auf den Insein des Thrakischen Meeres, etc.
— Voyage dans les îles de la mer de Thrace. — Hanovre, C. Rùmpler, 1860, gr. in-4, viii-124 pp., avec 21 lith. — 12 fr. 50.
Un de nos plus vaillants «?rudits, M. Georges Perrot, ancien membre de l'École française d'Athènes, dans un mémoire sur l'île de Thasos {Archives des missions scientifiques , t. I, 2« série, 1864), s'exprime ainsi :
« Ce fut à l'automne de 1856 que je passai un « mois à l'île de Thasos. J'étais alors le premier • voyageur qui eût complètement exploré l'inté- « rieur de l'île, et notamment qui eût décrit et « étudié les antiquités de la partie méridii nale. a Malheureusement, des cii constances indépen- 0 dantes de ma volonté, ont retardé jusqu'à ce « jour la publication de ce travail. Un voyageur a allemand qui visita les îles de la mer de Thrace « en 1858 , deux ans après moi, a pu donner au a public, dès l'année 1860, le récit de son voyage « et la description de ces îles. M. Conzea passé a à Thasos à peu près en même temps que moi : a il a parcouru l'île avec le môme soin, il a exa- 0 miné, comme moi, chaque village, chaque can- « ton, et, plus heureux, il a le premier raconté 0 et décrit ce que j'avais été le premier à voir. »
Cette longue citation offre le double avantage de nous donner la mesure du voyageur allemand, et de revendiquer pour un érudit français la pri-
ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE
mauté d'une remarquable étude enfouie dans les archives scieiitifKiucs.
Ce n'est qu'en 1857 que M. Conze prit la résolution de voyager en (irèce, mettant au premier rang de son programme l'exploration des îles de la mer deTInace: Thasos, Samothrace, Imbroset Lemnos, îles jusque-là fort peu visitées. Par là, il a préludé ù la grande expédition de Samothrace, entreprise sous les auspices du gouvernement autrichien , et dont il a été le chef. M. Conze a du savoir et du zèle ; c'est un entliousiaste de la Grèce. Il décrit bien, son style a de la couleur. Il faut le lire : c'est quelqu'un.
1798. HEUZEY (Léon). Le Mont Olympe et l'Acarnanie. Exploration des deux régions, avec l'étude de leurs antiquités, de leurs populations anciennes et modernes, de leur géographie et de leur histoire, ouvrage accompagné de planches, par L. Heuzey, ancien membre de l'ii^cole française d'Athènes.
Publié sous les auspices du ministre de l'instruction publique et du ministre d'Etat.— Paris, Firmin-Didot, 1860, in-8, avec 16 pi., dont 1 chromolith. —
M. Heuzey, aujourd'hui membre de l'Institut, conservateur adjoint du Louvre, professeur d'archéologie et d'histoire à l'École des beaux-arts, a étél'undes membres les plus distingués de l'École française d'Athènes, et le voyage au mont Olympe à lui seul en serait une preuve. C'est une belle élude que celle de cette montagne sacrée, sanctuaire radieux du polythéisme grec; étude oîi l'histoire, les traditions et la topographie trouvent si bien leur compte. Elle montre un esprit prudent et lin, un érudit de valeur réelle, un écrivain et mèine un artiste, comme le témoignent les planches exécutées d'après des dessins de M. Heuzey. Son style est pittoresque. Voici comment il décrit l'Olympe : « D'abord règne un « plateau montueux, escarpé, fort élevé déjà au- « dessus de la mer, mais qui paraît bas en com- « paraison des hautes cimes qui l'avoisinent : 0 c'est ce qu'on peut appeler le bas Olympe. Puis, « la masse principale et comme le corps de la « montagne s'élance d'un seul coup jusqu'à ses 0 derniers sommets, et, se soulevant ainsi tout a d'une pièce, forme de toute part des pentes « immenses, rapides, continues; c'est l'Olympe « proprement dit. A l'époque oti je visitai la con- « trée, il n'était pas encore couvert de ses neiges; « mais plus d'une fois, par une limpide journée, a couronné de légers nuages qui s'arrêtaient « dans ses plis, et dressant au milieu d'un air pur B ses sommets vivement éclairés, il m'a lait rê- « ver à cet Olympe idéal et tout divin que décrit « Homère. »
1799. DAVIS (Nathan). Carlhage and her remains, etc. — Carthage et ce qui en reste. Relation des fouilles et recherches opérées sur l'emplacement de la métropole phénicienne en Afrique et dans d'autres pays adjacents.
Sous la direction et les auspices du gouvernement de Sa I\Iajesté, par le D'-N. Davis, — Londres, 1861, in-8, fig.
1800. LANGLOLS (Victor). Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du Taurus, exécuté pendant les années 1852-1853, par ordre de l'empereur et
sous les auspices du ministre de l'instruction publique et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. — Paris, B. Duprat, 1861, in-8, avec 28 pi. et 1 carte. — 12 fr.
Aux termes d'un arrêté ministériel en date du 7 mai 1852, qui lui confiait une mission scientifique, Victor Langlois fut chargé d'explorer la Cilicie, de relever la carte du pays, de dessiner les principaux monuments et de transcrire les inscriptions. La Société asiatique et l'Académie des inscriptions lui donnèrent des instructions précises, et le directeur des musées impériaux appela son attention sur les monuments qui pourraient accroître la belle collection d'antiques, exposée au premier étage du Louvre.
Arrivé à Tarse, Langlois se souvint de notre admirable musée ; mis au courant des découvertes d'un voyageur anglais ( Barker, Lares and Pénates, or CUicia and its qovernors; Londres, 1853, in-8), il sonda le sol dans la nécropole de Tarse (le Gtieuzluk-kalali) à 60 mètres des fouilles de M. Barker, et ce sondage lui prouva que la mine était loin d'être épuisée. Du mois de décembre 1852 jusqu'au mois d'avril de l'année suivante, il continua de fouiller, et une magnifique récolte vint le récompenser. Tout le monde a vu dans les vitrines du Louvre ce Panthéon tarsiote, comme il l'appelle, ces déités funéraires, et ces délicieuses statuettes dont les attributs singuliers, ou plutôt l'échange d'attributs entre elles, indiquent à quel point le syncrétisme religieux était entré dans les croyances de la Cilicie. Mais ce qui frappe surtout le visiteur, c'est l'élégance, le style, l'exécution soignée d'un grand nombre de ces terres-cuites, monuments plus précieux encore pour l'histoiie de l'art que pour celle des religions de l'Asie. Cette découverte a donné au voyage de Victor Langlois une véritable importance et lui assure une place à part.
1801. NEV\^TON (C -T.). J History of discoveries at Halicarnassus^ Cnidus, and Branchidse, etc. — Histoire des découvertes à Halicarnasse, à Cnide et aux Branchides, par C.-T. Newton, conservateur des antiquités grecques et romaines au British Muséum, assisté par R.-P. PuLLAN. —Londres, Day, 1862-1863, 2 vol. iu-8, avec un atlas de 87 pi. in-fol., dont un tiers composé de lith. faites d'après des photogr. — 475 fr. (Tiré à 300 exempl.)
Cette histoire est tout simplement le journal des fouilles du tombeau de Mausole, journal illustré par de belles photographies. On y trouve vingt-six vues, dont quelques-unes sont charmantes, plusieurs statues et des terres cuites. Je citerai les planches 55, 5G, 57, 59. Cette publication est fort belle et faite avec le luxe anglais. Nous ne parlerons pas des essais de restitution du tombeau. L'architecture est la partie faible de l'ouvrage, pour ne rien dire de plus.
1802. PERROÏ (Georges). Exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygic, de la Cappadoce et du Pont, exécutée en 1 861 et publiée sous les auspices du ministère de l'instruction publique par G. Perrot... Edmond Guillaume, architecte... et Jules Delbet, docteur en médecine. — Paris, Firmin-
EXPLORATIONS ET MISSIOINS SCIENTIFIQUES
Didot, (1862-) 1872, 2 vol. gr. in-4, dont un de planches. — 170 fr.
Voici ce que j'écrivais dans le Journal des Débats, le 21 février 1873 : « L'exploration a a duré six mois; le 2 mai 1861, M. Perrot et (I ses deux compagnons de voyage mettaient le 0 pied sur la terre d'Asie, et le 17 octobre, ils 0 s'embarquaient à Samsoun, l'ancieiuie Amisus, • pour retourner à Constantinople. Pendant ces a six mois, ils ont visité la Bithynie, la Mysie, la a Phrygie, la Cappadoce et le Pont; recueilli « deux cents inscriptions, fait des découvertes, 0 rectifié les erreurs de ïexier, complété flamil- « ton et Barth, mesuré, dessiné, photographié a assez de monuments pour pouvoir publier «quatre-vingts planches, et rapporté un véria table joyau épigraphique, la copie la plus fidèle e du testament politique d'Auguste, gravé en la- « tin et en grec sur les murs du temple élevé par 0 la ville d'Ancyreà ce rusé demi-dieu. »
De son côté, M. Waddington a exposé devant l'Académie des inscriptions les principaux résultats du voyage et des recherches de M. Perrot. Il a fait ressortir toute leur utilité pour la géographie, la chronologie et l'histoire de l'Asie Mineure; il a fait voir que la liste des légats romains de la Galatie était accrue ; il a signalé l'influence assyrienne en Cappadoce comme étant démontrée, et les monuments de cette province, peu connus jusque-là, se trouvant soumis pour la première fois à une étude approfondie. Ce n'est pas tout. Grâce à son habile restauration du temple d'Auguste à Ancyre, M. Edmond Guillaume nous a fait connaître un des plus beaux spécimens de l'école d'architecture ionienne après la conquête de l'Asie Mineure par les Romains. On lui doit encore une excellente copie des sculptures de la pierre écrite ( /asi/i-A:aïa), sculptures si mal reproduites par Texier, ce qui a donné lieu à de fausses interprétations.
1803. HEUZEY (Léon) et DAUMET (Henri). Mission archéologique de Macédoine, par Léon Heuzey, membre de l'Institut..., et H. Daumet, architecte.
Ouvrage accompagné de planches. Publié sous les auspices du ministère de l'instruction publique. — Paris, Firmin- Didot, (I864-) 1876, gr. in-4, avec 38 pi. et 6 cartes topogr. — Publié en 12 livr. : 168fr.
Les couvertures des premières livraisons portaient ce sous-titre : Fouilles et recherches exécutées dans cette contrée et dans les parties adjacentes de la Trace, de la Thessalie, de rillyrie et de l'Epire, en l'année 1861, par l'ordre de S. M. l'empereur Napoléon III.
Le plan de M. Ileuzey est parfait. Loin d'entreprendre une de ces explorations générales qui embrassent tout un pays, il a choisi d'avance, et pour les étudier à loisir, un petit nombre de points importants, et ne s'est arrêté que là oii le renom d'une ville de premier ordre, le souvenir d'un grand fait historique, l'existence de ruines intéressantes lui promenaient des résultats de quelque valeur. Partant de cetie donnée , il a soumis à une très-savante enquête Philippi, Palatitza, la plaine de lydna, btobi, ApoUonie et Dyrrachium ; enquête dont les fruits ont été plus de deux cents dessins dus au crayon expérimenté (le M. Daumet; un nombre égal d'inscriptions, beaucoup de notes sur la topographie de ces plaines fameuses, oii les destins du monde furent mis en jeu, et une collection de marbres précieux par leur rareté.
Savant, et, de plus, homme de goût, M. Ileuzey a tiré tout le parti possible d'un pays rava-
gé, broyé par la guerre, et oîi les débris de l'antiquité sont bien loin d'égaler les nobles et belles ruines de l'Attique et du Peloponèse. Ce grand ouvrage restera comme une des meilleures études qui aient encore été faites sur le midi de la Turquie, et comme le premier qui nous ait révélé pleinement la patrie de Philippe , d'Alexandre et de leurs successeurs.
1804. RENAN (Ernest). Mission de Phénicie, dirigée par M. Renan, membre de rinstitut, professeur au Collège de France. — Paris, Michel Lévy (impr.
impér.), (I864-) 1874, in-4, avec atlas de 70 pi. in-fol. — 165 fr.
M. Renan se montre trop modeste quand il nous dit que : « Vers la fin du mois de mai 1860, S. M. l'Empereur daigna lui proposer une mission d'exploration en Phénicie. » Cette formule pourrait faire croire que c'est à un caprice impérial et nullement à son beau livre sur Vllistoire des langues sémitiques qu'il doit cette mission.
Au mois d'octobre 1862, nous signalions dans la Gazette des beaux-arts, comme résultats saillants de sa mission, les découvertes suivantes : une série de petits sanctuaires phéniciens dont le style rappelle l'Egypte; — «une traînée de sarcophages » qui nous montrent l'art grec empiétant sur l'art phénico-égyptien ; — la tour du Limaçon {burdj-el-bezzùk),mai\x&o\ée. gigantesque, composé d'un cube surmonté d'une pyramide; — trois monuments fi;néraires, les meghazil, placés sur une colline au milieu des ruines de Marathus (aujourd'hui Amrit), monuments bien étranges, et dont le mieux conservé se compose d'un soubassement circulaire, orné de lions grossièrement sculptés, et sur lequel s'élève une sorte de colonne sous forme de cylindre de sept mètres de haut et terminée par une demie-sphère.
Et nous disions encore, en annonçant un livre qui n'a été terminé que douze ans plus lard : « M. Renan a ouvert ici pour ses successeurs « une véritable voie Appienne. C'est là un titre <i bien sérieux à ajouter à tous ceux qui lui ont « valu déjà tant de considération dans le monde « savant. »
La Mission de Phénicie est illustrée par un très-bel atlas que composent quelques cartes géographiques, et la reproduction des plans et dessins de MM. Gaillardot, Sacreslc, Brouillet, Lockroy, et notamment de M. Thobois, l'architecte de la mission.
1805. SMITH (Robert-Murdoch) & POR- CHER (Edwin-A.). History of the récent Discoveries at Cyrene, etc. — Histoire des récentes découvertes à Cyrène, pendant l'expédition dans U Cyrénaïque en 1860-61, sous les auspices du gouvernement de Sa Majesté. — Londres, 1864, in-fol., avec 60 pi. en lith. et chrom., 16 photogr. et 10 pi. d'inscriptions. — 150 fr.
Quel a été le but de cette entreprise ? L'espoir d'enrichir le Musée britannique. Un jour de printemps, le capitaine Smith, en station à Malte, se (h'cide à explorer la Cyrénaïque et choisit pour compagnon de voyage le lieutenant de vaisseau Porcher. Quatre Nègres et un Arabe, voilà tout le personnel de l'expédition ! Une population perfide les entoure ; les officiers anglais ne s'en préoccupent guère, se mettent à l'œuvre, et, sans parler des temples d'Apollon et de Bacchus, déjà connus, découvrent trois autres temples, trois théâtres, un palais, et emportent pour le musée de Londres dix statues, vingt-neuf sta-
ARCHi:OLOGIE CLASSIQUE.
luettes, trciïe bustes, et vingt-six tûtes séparées. Les belles photographies de ces morceaux, dont quelques-uns sont très-reuiarquables-, soixante et une vues et plans, dix planches d'inscriptions, un texte rempli de d(5tails sur ces fouilles, il n'en fallait pas tant pour faire le beau volume que nous avons sous les yeux, et qui continue si bien l'œu- VI e de notre courageux et savant compatriote Raymond Pacho.
1806. NEWTON fC-T.). Travels and Biscoveries in Ùie Levant. — Voyages et découvertes dans l'Orient. — Londres, Day, 1865, 2 vol. gr. in-8, fig.
1807. SCHLIEMANN (Henry). Ithaque, le Peloponèse, Troie. Recherches archéologiques. — Paris, Reinwald, 1869, in-8, avec 4 photogr. et 2 cartes. — 5fr.
Nous avons ici le journal de voyage d'un enthousiaste de la plus vieille antiquité hellénique; d'un homme qui sait Homère par cœur et qui l'invoque à chaque pas. En 1867, M. Schliemann a \isité la Grèce, et il en est revenu convaincu que tous les voyageurs s'étaient trompés sur la place occupée jadis par la ville d'Jthaque, les étables d'Eumée, l'ancienne Troie, etc., M. Schliemann a confiance en lui. L'Europe entière connaît maintenant son nom et ses heureuses fouilles. Son histoire est curieuse. C'est comme garçon épicier, dans la petite ville de Furstenberg, en Mecklembourg, qu'il a débuté. Enrichi par le négoce, il a pu se livrer à des études pour lesquelles il était né. Fixé à Paris (1868), il veut consacrer le reste de sa vie à l'étude des lettres et des monuments. C'est un type à signaler.
1808. CONZE (Alex.), HAUSER (Alois) & NIEMANN (George). Archaologîsche Untersuchungen auf Samothrake, etc. — Recherches archéologiques en Samothrace, exécutées sous les auspices du ministère des cultes et de l'instruction publique, etc. — Vienne, Gerold, 1875, in-lol., 92 pp. avec 36 grav. s. b., et 72 pi. chromolith., etc. — 125 fr.
Qu'est-ce que la Samothrace? Un bloc de rochers sortant de la mer, au nord-ouest de l'entrée des Dardanelles, rochers dont le sommet, appelé le Saint -George, s'élève à une trèsgrande hauteur. Ce fut sur ce coin de terre stérile que se célébrèrent pendant des siècles certains mystères dont la majesté et l'ordonnance, au dire des anciens, les mettaient au niveau de ceux d'Eleusis. Orphée, Ulysse, Agamemnon, étaient du nombre des initiés. Cyriaque d'Ancône est le premier qui se soit souvenu de la Samothrace, et il la visita en \kUtx, Après lui, nouveau silence : les siècles s'accumulent. En 1822, un touriste allemand, O.-Fr. von Richler débarque en Samothrace. Son voyage a pour titre: Pèlerinage en Orient, Six ans après, un géographe devenu célèbre, Henri Kiepert, visite de nouveau cette île et rapporte des inscriptions. Treize ans se passent, et en 1855, deux hommes instruits, Blau et Schlottman abordent à la côte de Samothrace. Cette relation a été publiée dans les mémoires de l'Académie de Berlin. En 1856, le baron de Behr met au jour un volumineux ouvrage [Les Temps tiéroltiues de la Grèce) où il donne unt; esquisse défectueuse du plan de Pdlœpoli, et la reproduction inexacte des deux portes de l'ancienne ville. Enfin, le livre de Louis Ross achève
de démontrer que l'archéologie des îles est encore très-pauvre, que la Samothrace est peu connue, qu'il y a ici une lacune; or cette lacune, M. Conze a essayé de la combler.
Dominé par cette idée, le 4 juin 1857, il arrive en Samothrace. 11 regarde, il mesure, il dessine, et publie ces premières recherches en 18G0 (voir ci-dessus, le n" 1797). Trois ans après, M. Champoiseau, notre \ice-consul, découvrait une suî)erbe statue de la Victoire, statue maintenant au Lou\re, eten 1866, réveillé parcelle découverte, le gouvernement impérial envoyait en Samothrace un ancien membre de l'Ecole d Athènes, M. Deville, et un ancien pensionnaire-architecte de l'Académie de France à Rome, M. Coquart. On espérait beaucoup de cette association, mais l'attente ne fut pas complètement remplie. Affaibli par des fièvres qui devaient l'emporter peu de temps après, Deville, esprit bien distingué, se trouva diminué; et si M. Coquart brille, ce n'est point par l'initiative et la prestesse, mais par un talent trèsfin.
M. Conze comprit tout ce qu'il y avait à faire et ses efforts tendirent vers le même but. On lui donna satisfaction. Sept ans après l'excursion et les fouilles de Deville et de Coquart, le gouvernement autrichien se décida définitivement à charger *I. Conze d'une mission scientifique en Samothrace, et il lui donna pour collaborateurs deux architectes, MM. A. Hauser et G. Niemann. Un crédit de 6,000 florins fut affecté aux dépenses des fouilles, et l'on mit une corvette, la Zriny, à la disposition des trois explorateurs.
Et mainlenaiit voyons quels ont été les résultats de l'exploration française, restée inachevée, et de l'exploration allemande qui a mis à ses propres recherclies ce qu'on peut appeler la dernière main. L'enceinte de l'unique cité possédée par la Samothrace (enceinte dont l'appareil polygonal et irrégulier annonce une époque reculée); — unttmple dorique en pierre dont les débris couvrent une terrasse également d'appareil polygonal ; — un second temple dorique en marbre, découvert par Coquart et Deville, et complètement déblayé par l'expédition autrichienne; — un édicule intéressant à ce titre qu'on y a retrouvé la statue de la Victoire; — une rotonde, dont l'inscription gravée jadis sur l'architrave, et restituée par Deville, nous apprend que cet édifice a été consacré aux grands dieux par Arsinoé, femme du roi Ptolémee I*' Soter, et du roi Philadelphe P% — tel est, réduit à sa plus simple expression, le bilan de l'architecture en Samothrace.
Les essais de restauration, ou seulement les études du détail que 20 ou 25 pi. au trait nous font connaître, ne sont pas dignes d'un si beau livre. Dans sa fidélité traîtresse, l'héliographie nous montre la sécheresse d'un crayon qui amaigrit des ornements que la photographie, sur la planche à côté, nous montre tout gonflés d'une sève charmante; crayon qui accintue tout d'une égale manière, et qui rend le dorique mesquin. D'autres planches les rachètent; ce sont les photographies qui reproduisent les figures tombées du fronton du temple dorique. Grâce à elles, ces figures, bien qu'a moitié brisées, accusent encore une exécution large et souple. Mais ce qui séduit plus que tout dans cette relation d'une expédition scientifique, ce sont les vues pittoresques. Ici encore l'héliographie joue son rôle : il faut la remeicier de nous avoir conservé une série de charmants tableaux qui nous font pénétrer dans les vallées ombreuses de la Samothrace, qui nous placent en face d'un village d'apparence suisse ou pyrénéenne, et qui étalent à nos yeux, du haut d'un promontoire, la vaste étendue de la mer de Thrace. Cette brillante illustration relève et égayé un texte savant, où justice est rendue, malgré la différence des opinions, aux travaux et à l'ingéniosité de nos deux co.npatrioles.