‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-arts. Esthétique et histoire de l'art, archéologie, architecture, sculpture, peinture, gravure, arts, industriels. Accompagnée de tables alphabetiques et analytiquesChapitre 143 sur 167 · Antiquités et monuments · texte numérisé non relu

Antiquités et monuments

1715. COCHIN le fils et BELLICARD.

Observations sur les antiquités de la ville d'Herculanum [par Bellicard], avec quelques Réflexions sur la peinture et la sculpture des anciens [par Cochiu] et une courte description de quelques antiquités des environs de Naples [par Bellicard].— Paris, 1754, in-12, avec 40 pi. ççrav. à l'eau-forte par Bellicard (2 à 3 fr.); — 2eédit., ibid., 1757, in-8.

On ne peut voir dans ce petit ouvrage autre chose qu'un chapitre détaché et amplifié du voyage de Cochin en Italie ; voyage dans lequel, avec Souflot et l'abbé Le Blanc, il accompagna le directeur ordonnateur des bâtiments du roi, le marquis de Marigny. Ce voyage a été publié sous le titre suivant: Voyage d'Italie, ou Recueil de notes sur tes ouvrages de peinture et de scutp^ titre qu'on voit dans les principales villes d'Italie; Paris, 1751, in-12; 1756, in-ft ; 1758, 3 vol.

HERCULAiNUM ET POMPÉI.

pet. in-8; 1769, 2 vol. in-12; Lausanne, 1773, 3 vol. in 8.

Herculanum sortait du cadre, aussi Cocliin a cru devoir lui consacrer une publication spéciale, avec Bellicard, architecte, un prix de Rome; et, dans ce cercle étroit, il a pu intéresser. Cochin était un esprit aimable, un artiste plein de verve, et Bellicard avait du talent. Or le style de Cocbin elles eaux-fortes qui ornent l'ouvrage vont bien ensemble. Cela est léger, facile, assez près de la vérité; je ne parle que des croquis d'après les peintures. Coclilu n'a rien compris à la brillante architecture peinte sur les murs d'Ilerculanum, la même que celle dePompéi. C'est du mauvais gothique selon lui, et les arabesques mêlées à celte architecture sont aussi ridicules que les dessins chinois.

Dans la préface des Obseivalîons^ Cochin s'adresse à M. de Vandières, ordonnateur des bâtiments du roi. Il se loue de l'avoir accompagné en Italie. Mais qu'est-ce donc que M. de Vandières ? Personne autre que le marquis de Marigny ! Vandières était le nom sous lequel madame de Pompadour avait présenté son frère à la cour.

1716. Le Antichità di Ercolano esposte.

— Naples, 1757-1792, 8 vol. gr. iu-fol., fig. (200 à 000 fr., selon la condition);

— trad. en aliem. par Ch.-G. INlurr :

Jbbildungen der Gemàlde und Allert humer in d. k'ônigl. neapolitan. Musen zuPoriici, ivelche seit 1738 sowohl in der, im J. Ch . 79 verschuttetenStadt Herculanum^ ah aiich in Pompeij u. in d. umliegenden Gegenden an das Licht gebracht worden , etc.; Augsbourg, 1777-1805, 9 vol. in-fol., fi.i;. (y compris 2 vol. de suppl., par B.-F. Leizelt).

En tête de cette collection, se place un Catalogue général des monuments d'Ilerculanum, publié en 175ÎI ou 1755 ; on le désigne souvent comme le 9e volume.

Les cinq vol. suivants (1757-79) sont consacrés aux peintures {U portr , 1 carte, 32J» pi. et nombre de vign.).— Les vol. 6 et 7 (1767-71): bronzes (2 porir. et 178 pi.) ; — le vol. 8 (1792) : lainpeset candélabres (1 portr., 3 et 93 pi.), total : 7 portraits et 598 pi. Chaque partie a un titre spécial.

Ouvrage classique, ouvrage célèbre, royalement exécuté et dont les planches, à une époque où le sentiment de l'antiquité était si peu développé chez les artistes, ne méritent que des louanges. Pour le texte, on pourrait faire des réserves. Winckelmann l'a critiqué avec liberté et liumour. Ce texte a son histoire : nous devons en dire un mot. En 1747, Charles III, roi de Naples, chargea ().-A. Bajardi, un abbé paruK san, de décrire les monuments recueillis dans les fouilles d'iler- ;ulanum. L'abbé travailla cinq années, au bout lesquelles il livra à la publicité un catalogue des Intiquités d'Ilerculanum (rapporté plus haut) vu Bn seul vol. et sous ce titre : Catalogo dcgli (wtliclii monumenti clxssollerrali dalla .. città di ïrcoUmo. Ce catalogue était précédé d'un Pro- Iromo dt'.lle anticinlà d'Ercolano (tapies, 1752, ■ vol. in-ii, fig.), dans lequel le savant abbé, enimmé pour la gloire de la cité reconquise sur Vésuve, établissait qu'elle devait son origine à lercule. Ce débordement d'érudition épouvanta roi qui partagea les explications fi donner sur lerculanum entre plusieurs antiquaires napoli- Jins. De là, l'Académie d'Ilerculanum dont le )rolixo Baj.irdi fut nommé président avec une i-nsionde six mille ducats. Le trop savant abbé n'a collaboré qu'.ujx deux premiers volumes de de ce grand et superbe ouvrage.

1717. DAVID (François-Anne). Les Antiquités d'Herculanum, avec les explications par Sylvain Maréchal. — Paris, 1780-1803, 12 vol. in-4 (et aussi in-8), fig. (100 à 200 fr.).

Né à Paris en 1741, mort dans celte ville en 1824, David fut l'un des meilleurs élèves de Le Bas.

1718. PIRATSESI (Fr. caval.). // Teatro d'Ercolano, alla Maestà di Gustavolll, lie diSuezia — FrancescoPiranesi architetto umilia e consagra. — Rome, 1783, in-fol., 10 pi. (c'est le tome XIX de la grande collection Piranesi.)

Pour se rendre coiTjpte de cette dédicace, il faut savoir que François Piranesi fut le chargé d'affaires du roi de Suède, Gustave III, auprès du pape. Plus tard, en 1798, le gouvernement républicain établi à Rome chargea Francesco Piranesi de le représenter à Paris.

Graveur très habile, comme son père, et, comme lui, admirable dans la reproduction de l'architecture pittoresque, François Piranesi est un guide moins sûr dans d'autres domaines. Les planches du Théâtre d'Herculanum sont fort belles, mais est-ce bien cela?

1719. PIROLÏ (Th.) & PIRANESI. Antichità di Ercolano copx>iate da Tommaso Piroli. — Rome, 1789-1807, 6 vol. in-4; — édit. franc. : Antiquités d'Herculanum gravées par Thomas Piroli, avec une explication, publiées par François et Pierre Piranesi; Paris, an XII (1804-1806), 6 vol. gr. in-4 (40 à 50 fr., et plus en pap. vélin).

1720. Gli Ornali délie pareti ed i Pavimenti délie stanze de/T antica Pompei. — Les Décorations murales et les pavés des chambres de l'antique Pdmpéi. — Naples, 1796, 2 vol. in-fol., fig.

1721. MAZOIS (Charles-François). Les Ruines de Pompéî, dessinées et mesurées par F. IM,., architecte, etc. — Paris, Firmin Didot, (1812-)1824-38, 4 vol. gr. in-fol., avec 208 pi. et 1 plan (publié à 700 fr., et à 1000 fr. sur pap. vélin; se vend 200 à 300 fr.).

Cet ouvrage est divisé en quatre parties : lo voies publiques, tombeaux, murailles, portes de villas (38 pi.); — 2" maisons (55 pi.); — 3° forum, monuments honorifiques, portique, etc. (53 pi.) ; — 4» théâtre, etc. (49 pL, et un plan général détaillé, avec un appendice explicatif de tous les édifices découverts (iepuis 1755 jusqu'en 1821.

Le frontispice du t. I*r porte un titre spéciale! la date de 1812.

Mazois, l'un des plus brillants élèves de PiTcier, a commencé son livre en 1809. Murât régnait alors à Naples. Chargé par ce dernier de restaurer le palais de Portici, bâti, nous le savons, par Charles III, il se trouva trop près de Pompéi pour échapper à la teiUation d'étudier sérieuse!n(nt une des plus grandes merveilles de l'Italie. Après bien des tentatives inutiles, il obtint, par la protection toute spéciale de la reine Caro'ine, de pouvoir dessiner h Pompéi en toute liberté. Ce fut l'origine d'un beau livre, oii, pour la première fois, l'architecture de Pompéi devint

ARCHÉOLOGIE CLASSIQUE

l'objet d'iin sérieux examen. Dessinateur plein de linesse, esprit culiivé, ('•crivain suffisant, Mazois a su faire le meilleur emploi de toutes ces belles qualités pour révéler Pompéi à l'Europe savante. Son livre est devenu classique et il est défendu de parler de Pompéi avec quelque compéionce sans avoir étudié Mazois.

Cet hounne si distingué est mort à Paris le 31 décembre 1826. Son ouvrage a été continué par l'architecie Gau, dont le nom ligure aux titres des deux derniers volumes. Le litre du t. IV porte en outre : Précédé d'une notice sur F. Matois, par M. le Clvr Artaud... et de l'explication (le la grande viosnïquc découverte à Pompéi en 1835, par M. Quairemère de Quinry... Le texte de la quatricvxc partie « été rédigé par . M. Barré, professeur de philosophie .

1722. MILLIN (A.-L.). Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompeï l'année 1812. — Naples, 1813, in-8, 7 gr. pi. gr. sur cuivre (2 à 3 iV.).

1723. CLARAC (le comte de). Fouille faite à Pompéi, en présence de S. M. la reine desDeux-Siciles^ le 18 mars 1813.

— S. I. n. d. (Naples, 1813), in-8, avec 15 pi. et un front, gravés par F. Mori, à Naples, sur les dessins de l'auteur (2 à 4 fr.).

1724. GELL (sir William) & GANDY (John). Pompeiana. The TopografJiy , Edifices and Ornaments of Pompeîi, etc. — La Topographie, les édifices et le système décoratif de Pompéi , etc. — Londres, 1817-1819^ gr. in-8, avec 5 et 77 pi., par Cooke, Heath et Pye (la pi. 67 n'a jamais été publiée) (25 tr., et 150 fr. ou plus les exempl. en gr. pap., m-4, avec les premières épreuves et les eaux-fortes sur chine); — 2« édit., ibid., 1821, gr. in-8, fig. (10 à 15 fr.); — 3^ éd., ibid., 1852, gr. in-8, avec 83 pi. (15 fr.). =: Le même ouvrage : seconde sévlè.—Ibid., (1830-31-1832 (ou 1835), 2 vol. gr. in-8, avec plus de 100 pi. (50 à 60 fr. ; les exempl. ^ en gr. pap., gr. in-4, 200 i'r., avec les premières épreuves, et le double ou plus, avec les épreuves sur chine et les eaux-fortes, dont il n'a été tiré que 25 exempl.). — La première série a été publiée en français : Vues des ruines de Pompeï; Paris, impr. de F. Didot, 1828-32, 25 livr. in-4, fig. (15 à 20 fr., et plus sur pap. de Chine).

Ces planches sont bien exécutées. Ce qu'elles repiésentent particulièrement, c'est l'extérieur des maisons et des édifices, les murs, Its portes, et, pour ainsi dire, la carapace de la ville. Vous n'y trouverez point ces délicieuses décorations si bien reproduites par la cliromoliihographie dans les grands ouvrages publiés plus tard, mais vous apprécierez un texte bien fait, à la fois instructif et sobre. Gell est de la famille des Leake et des Millingen.

11 était chambellan de la irop c'Kbre Ciroline, et c'est à sa suite qu'il vint en Italie. 11 voulait s'y fixer, loisqu'il lut rappelé en Angleterre pour déposer comme témoin dans le scandaleux pt ocès de cette princesse.

1725. ROMANELLI (Domenico). Fiacjgio a Pompéi, aPesto, e di rîtorno ad ErcoLano ed a Pozziioli. — Naples, 1817, iu-12; — 3^= édit.. Milan, 1831, 2 vol. in-8, avec carte.

1726. WILKINS (H.). Suite de Vues pittoresques des ruines de Pompéij, et un précis historique de la ville, avec un plan des fouilles qui ont été faites jusqu'en février 1819. — Rome, 1819, infol. obi., 31 pi. grav. par L. Caracciolo et un plan (10 à 15 fr.).

Ce livre mérite une mention particulière. On se demande comment un auteur a pu se résoudre à le signer et un éditeur à le produire. Les gravures à Vaqiia-tinta qu'il étale ne sont que d'abominables barbouillages.

1727. HURER (J.-W.), peintre. Vues pittoresques des ruines les plus remarquables de l'ancienne ville de Pompéi, dessinées et gravées à l'aqua-tinta. — Zurich, 1824, in-fol., 24 pi. en couleur, avec texte (20 à 30 fr.).

1728. GOLDICUTT (John). Spécimens of ancient Décorations from Pompeii. — Spécimens de décorations antiques tirées de Pompeï. — Londres, 1825, gr.

in-8 et gr. in-4, fig. (10 à 15 fr., et 15 à 20 fr.).

Architecte et dessinateur anglais, Goldicutt a travaillé avec Cook aux planches du Pompeii iUuslraled de Donaldson (voy. ci-dessous).

1729. RONUCCI (Carlo). PompH descritta . . . Terza ediz-ione, con nuove osservazioni ed aggiunte. — Naples, 1827, in-8, fig.; — trad. franc. : Pompéi décrite, etc.; ibid., 1828, in-8, fig.; — seconde traduction de la 3^ édit. ital., par C. J. ; ibid., 1830, in-8, fig. (2 fr.).

1730. JORIO (Andréa de). Notizîe su gli scavi di Eîxolano. — Naples, 1827, in-8.

1731. DONALDSON. Pompeii illustrated, with picturesque Views^ etc. — Pompéi illustré, avec des vues pittoresques gravées par Will.-R. Cook, d'après les dessins originaux du lieutenantcol. CocKBURN, de l'artillerie royale, et avec des plans et des détails sur les édifices, soit publics, soit domestiques, par (Thomas Leverton) Donaldson. — Londres, 1827, 2 vol. gr. in-fol., avec 100 pi. environ, dont plusieurs en couleurs (70 à 80 fr., et plus avec les premières épreuves, soit sur pap. ordin.,

soit sur pap. de Chine, dont il n'a été »■ tiré que 25 exempl.). Hj

On a beaucoup vanté ce livre; il faut en rabat- ^"' tre. Les gravures n'ont rien de bien remarquable. Zalm et Nicolini nous donnent une autre idée de Pompéi. A vrai dire," la grande notoriété

Page 1