VIII AVANT-PROPOS
trompeuses et trop chèrement achetées par des rapprochements qui choquent ou prêtent à rire, peuvent être compensées amplement par de bonnes tables rangées suivant l'ordre alphabétique.
A la place de cet ordre suranné, j*ai mis des divisions dont j'ai donné l'avant-goût dans un spécimen publié en mars 1870. Loin de prétendre grouper les titres pour donner ces divisions d'après une idée préconçue , j'ai laissé s'enchaîner spontanément tous ceux qui se rattachaient aux ouvrages traitant un même sujet. Écartant toute combinaison systématique, toute tentative de remonter à la philosophie transcendantale, comme je Tai vu faire ailleurs, m'abandonnant au courant paisible du simple bon sens, au lieu de conduire, j'ai été conduit. Je crois être arrivé.
J'ai partagé les arts en deux grandes sections : Etudes générales^ études spéciales,
La première s'adresse aux lecteurs qui, satisfaits d'avoir mesuré de l'œil la masse du monument, s'arrêtent au péristyle ;
La seconde est destinée aux artistes, aux critiques ou historiens d'art, à tous ceux qui veulent connaître la technique ou pratiquer.
On le voit, j'ai tenu compte delà ligne de démarcation qui sépare les études spéculatives des études positives ; je ne pouvais pas oublier cette double tendance de l'esprit humain , dont elles ne sont, les unes et les autres, que la manifestation.
J'ai dit plus haut que c'était une bibliographie raisonnée que je présentais au public. Pour remplir les obligations que ces mots imposent, j'ai joint premièrement à la plupart des titres une appréciation du mérite des ouvrages, parfois une analyse, parfois une notice historique ou biographique ; secondement, je me suis appliqué, autant que possible, à ranger ces mêmes titres, dans chaque division ou subdivision, conformément à la chronologie. Cette méthode, dont l'application aux livres d'art me semble, sauf erreur, entièrement nouvelle, offre au lecteur le grand avantage de pouvoir embrasser d'un coup d'oeil la série des écrits, sur chaque partie spéciale, et cela depuis la découverte de l'imprimerie jusqu'à nos jours. Des titres de livres, même quand on ne les a point annotés, même quand ils ne représentent que des étiquettes, placés dans l'ordre alphabétique, ont déjà beaucoup de valeur comme renseignements et comme points de repère; mais si vous réunissez toutes ces indications scrupuleusement classées dans l'ordre des temps, si vous les ajustez et mettez dans leurs vrais cadres^ vous aurez l'ébauche, le premier crayon d'une histoire générale de l'art.
S'il m'était accordé de choisir dans une gerbe touffue , j'indiquerais au
AVAJNT-PKOPOS.
cteur quels sont les chapitres qui me paraissent plus particulièrement dignes de son attention. Je lui citerais : La Réglementation des beauxarts^ X Art officiel Qi\Q^ Écrits périodiques. Tous trois, V Art officiel nQtamment, ont exigé bien des recherches. Je suis certain qu'on ne trouvera pas les mêmes renseignements ailleurs.
Composé de documents fort peu connus, X Art officiel 2^ tout ce qu'il faut pour attirer l'attention. En outre , — je demande grâce pour une expression familière, mais juste, — il fera coup double, car il est de nature à éveiller à la fois la curiosité des bibliophiles et celle des artistes. Les premiers y trouveront, soigneusement annotée, la liste de la plupart des livres qu'ils s'arrachent à prix d'or, et les seconds de quoi satisfaire amplement le goût le plus délicat. Ces livres si précieux pour l'histoire de la gravure, ces livres qui furent parfois illustrés par de grands artistes, renferment des chefs-d'œuvre : ainsi, pour ne donner qu'un exemple, Albert Durer ne se montre nulle part avec plus d'autorité et de charme que dans ce livre officiel et célèbre : Le Char triomphal de l empereur Maximilien.
Ce même chapitre offre bien d'autres perspectives : il ouvre des jours ur l'histoire du temps passé : mœurs princières, cérémonial des cours, solennités, divertissements, funérailles, voilà ce qu'il nous montre sous des aspects aussi variés qu'imprévus.
r Je n'ai plus qu'un mot à dire, un mot que je me reprocherais d'avoir oublié. Je tiens à remercier ici même un jeune savant , M, Gustave Pavvlowski , secrétaire et bibliothécaire d'un membre de l'académie des inscriptions , bibliophile éminent , helléniste non moins distingué : je parle de M. Ambroise Firmin-Didot. Je n'ai qu'à me féliciter du concours de M. Pavvlowski ; son esprit judicieux, son expérience comme bibliographe , me viennent souvent en aide. Ce n'est pas sans peine que je m'applique depuis plusieurs années à cette sorte de cadastre des domaines de Tart ; aussi, quand je sens mes genoux fléchir sous le poids d|3 fatigue, je me réjouis d'avoir un bras pour me soutenir.