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OU COMÉDIES IMPRIMÉES APRÈS SA MORT

24. Le Malade imaginaire, comédie meslée de musique et de dance (3 a. pr., avec prol. en vers et intermèdes), par M. de Molière. Paris, Estienne Loyson, 1674, in-8 de

. 112 pp.

« Voici une édition qui n'a été citée jusqu'à ce jour par aucun bibliographe et dont l'exemplaire appartenant au baron James-E. de Rothschild est jusqu'à présent le seul connu. Elle est de format petit in-8 et non in-12. Bien qu'elle porte la rubrique de Paris et le nom de Loyson, elle doit sortir d'une presse hollandaise. On y remarque, en effet, comme dans tous les livres imprimés en Hollande, des réclames en bas de chaque page. Il est impossible de dire avec certitude si cette édition a précédé ou suivi celle de J. Sambix, 1674, in-12, qui passe pour être la première édition du Malade imaginaire. »

(Extrait du Catalogue de la bibliothèque de M. le baron James- E. de Rothschild, n° 2,339.)

M. Picot a bien voulu nous communiquer les remarques suivantes : « Le texte est le même que celui de l'édition de J. Sambix, 1674, moins l'indication d'un très-grand nombre de jeux de scène et quelques très-légères variantes. On lit, par exemple, dans le premier couplet du premier intemiède : « Les vieilles cervelles se démentent » ; il y a se démontent, dans l'édition des œuvres de 1674. Acte III, scène vi, 40e couplet : « de l'apoplexie dans la privauté de la vie »; dans l'édition des œuvres, on lit 'privation. Cette édition est, d'ailleurs, plus correcte que celle de Jean de Sambix, qui contient en plus les deux prologues. Certains détails nous porteraient à croire que cette édition d'Etienne Loyson est celle qui a servi à l'édition des œuvres de 1674, et que l'éditeur de cette dernière s'est borné à y faire quelques corrections et additions. »

25. Le Malade imaginaire, comédie meslée de musique et de danses, par Monsieur de Molière. Sans nom de lieu ni de libraire, et sans date, in-12 de 151 pp., verso blanc.

Cette première édition a été imprimée à Paris, sans doute d'après un manuscrit de théâtre, pour faire suite à l'édition des Œuvres de

Molière, en 6 volumes, datés de 1674, qui allaient sortir des presses de Denys Thierry, en vertu du privilège accordé à Molière, en date du 18 mars 1671. Il n'y eut pas de privilège spécial pour le Malade imaginaire, qui figure pour la première fois dans le tome VII de cette édition collective, volume portant la date de 1675. On vit alors circuler seulement quelques exemplaires vendus ou donnés séparément, mais sans titre. Au surplus, la publication de cette comédie en 1675 fut si peu remarquée et si peu connue, que sept ans après on put faire reparaître le Malade imaginaire, comme une nouveauté, dans l'édition de 1682.

Voyez la description de cette première impression du Malade imaginaire dans la Véritable édition originale des Œuvres de Molière (Paris, A. Fontaine, 1874, in-18) , avec la comparaison des textes de 1675 et de 1682.

On doit croire que le Malade imaginaire avait été imprimé à Paris, sinon publié, dès 1674, puisque les Elzeviers en imprimèrent cette année-là une édition, qui reproduit, il est vrai, le texte de la mauvaise contrefaçon publiée sous leur nom (voy. le n° suivant), mais qui porte cette mention : Suivant la copie imprimée à Paris. Il est même permis de supposer qu'ils avaient acheté de Denys Thierry ou de Claude Barbin, sinon de Mme Molière, le droit de faire cette réimpression en Hollande. Mme Molière s'était montrée fort jalouse de conserver le plus longtemps possible ses droits d'auteur sur cette comédie, car des comédiens de campagne s'étant procuré une copie manuscrite de la pièce qu'ils représentaient en province, une ordonnance du roi, du 12 janvier 1674, leur fit défendre de jouer cette pièce, tant qu'elle ne serait pas imprimée : elle l'était peut-être déjà.

26. Le Malade imaginaire, comédie en trois actes, mêlez de danses et de musique (précéd. des intermèdes et ballets). Amsterdam, Daniel Elzevier, 1674, in-12 de 40 et 106 pp., plus 3 ff. non chiffrés.

Ce n'est qu'une plate contrefaçon de la pièce de Molière. Cette espèce de canevas dramatique semble avoir été rédigé de mémoire par quelqu'un qui avait vu représenter le Malade imaginaire, et qui en avait retenu des lambeaux. La publication de ce volume, vraisemblablement imprimé en France, dans quelque ville de province, sous la rubrique d'Amsterdam, par un contrefacteur qui y ajouta les vers de ballet et les intermèdes tirés du programme in-4°, publié par Robert Ballard, décida sans doute la veuve de Molière à mettre au jour la véritable comédie du Malade imaginaire, pour compléter l'édition des œuvres de Molière, que Denys Thierry et Claude Barbin avaient fait imprimer en 1674, et à laquelle ils ajoutèrent un tome VII, contenant cette comédie, qui faisait partie des œuvres posthumes, sous la date de 1675, avec l'Ombre de Molière.

Au reste, cette édition d'Amsterdam, qui porte le nom de Daniel

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Elzevier, n'a rien d'elzevirien ni de hollandais ; on peut présumer qu'elle a été imprimée clandestinement en France , comme la suivante (n° 27).

Dans le Catalogue d'une collection de beaux livres (Paris, E. Tross, 1855, in-12), on trouve indiquée une édition portant aussi le nom de Daniel Elzevier, mais qui paraît différer de la précédente :

« Le Malade imaginaire, comédie en trois actes, meslée de danses et de musique. Amsterdam, Dan. Elzevir, 1674, in-12.

« Bel exemplaire d'un volume très-rare, qui a été imprimé en France. Cette édition, composée de 104 pp., est restée inconnue aux bibliographes, et précède vraisemblablement celle citée par Brunet sous la même date. »

27. Le Malade imaginaire, comédie meslée de musique et de dance, par M. de Molière. A Cologne, Jean Sambix, 1674, in-12 de 2 ff. et 130 pp.

« C'est encore une contrefaçon, mais qui du moins n'outrage pas la mémoire de Molière; on peut l'attribuer à sa veuve ou à quelque comédien de sa troupe, et l'on est autorisé à croire qu'elle fut imprimée en France. « La trouppe de Molière, dit l'éditeur, ayant voulu borner la gloire de cet illustre auteur et la satisfaction du public dans la seule représentation du Malade imaginaire , sans en laisser imprimer la coppie, quelques gens se sont advisez de composer une pièce à laquelle ils ont donné le mesme titre, dont on a fait plusieurs impressions, tant dedans que dehors le royaume, qui ont esté débitées et ont bien abusé du monde. Mais les mémoires sur lesquels ces gens-là avoient travaillé ou l'idée qu'ils croyoient avoir conservée de la pièce, lorsqu'ils l'avoient veu représenter, se sont trouvez si éloignez de la conduite de l'original et du sujet mesme, qu'au lieu de plaire, ils n'ont fait qu'inspirer des désirs plus pressans de voir celle de Molière imprimée. Cette impression que je donne aujourd'huy satisfera à cet empressement, et quoiqu'elle ne soit qu'un effort de la mémoire d'une personne qui en a veu plusieurs représentations, elle n'en est pas moins correcte, et les scènes en ont esté transcriptes avec tant d'exactitude et le jeu observé si régulièrement où il est nécessaire, que l'on ne trouvera pas un mot obmis ny transposé. » Cette déclaration formelle permettrait de croire que la comédie a été imprimée telle qu'elle se jouait et telle que Molière l'avait fait représenter. Mais Yinot et Lagrange, dans leur édition de 1682, annoncèrent qu'ils donnaient pour la première fois cette pièce dans son intégrité, d'après le manuscrit que la veuve de Molière leur avait remis, et corrigée, dirent-ils, sur l'original de l'auteur, de toutes les fausses additions et suppositions de scènes entifres faites dans les éditions précédentes. Leur édition offrait, dans deux scènes (la 7e et la 8e du 1er acte) et dans tout le troisième acte, un texte entièrement nouveau. C'est ce texte qui a été reproduit comme seul authentique dans toutes les éditions suivantes. Mais cependant

nous pensons qu'il faut revenir à l'autre texte, que Vinot et Lagrange disaient n'être pas de la prose de Molière ; ils ont suivi un manuscrit différent de celui qui était resté au théâtre , et vraisemblablement ils n'ont fait que mettre au jour une version abandonnée par Molière lui-même. Notre opinion s'appuie sur un raisonnement infaillible : Comment l'éditeur anonyme de 1674 aurait-il rapporté si fidèlement de mémoire toute la pièce, à l'exception de deux scènes et d'un acte entier? Pourquoi se serait-il trompé seulement pour cet acte et ces deux scènes? N'est-il pas certain que la pièce, telle qu'il l'a publiée, devait être conforme à la représentation, et que la représentation donnait la pièce telle que Molière l'avait laissée? Molière exécuta de deux façons les scènes et l'acte, que les éditeurs de 1682 ont voulu restituer d'après la pensée de l'auteur, en réimprimant un ancien manuscrit que Molière avait refait pour la représentation de sa comédie. Cette différence entre deux manuscrits originaux nous amène à supposer que Molière refaisait ou perfectionnait beaucoup ses comédies pendant les répétitions. » (Note du Catalogue Soleinne.)

Il y a eu certainement plusieurs éditions ou contrefaçons, sous la même date, avec la rubrique d'Amsterdam, Jean Sambix; car l'une d'elles, citée par l'auteur du Manuel, n'a que 2 ff. prélim. et 126 pp. M. Claudin, dans un de ses excellents catalogues officinaux, en cite une autre comme imprimée à Paris, ayant seulement 29 pages; mais cette édition, vu le petit nombre de pages, ne peut contenir que le prologue et les intermèdes, imprimés par Christophe Ballard, dès 1673.

28. Le Malade imaginaire, comédie meslée de musique et de danses, par M. de Molière. Sur la copie imprimée à Cologne. Rouen, Ant. Maury, 1680, pet. in-12, de 130 pp.

M. Potier dit, dans une note du Catalogue H. B***, 1872, que cette édition rare a été donnée d'après le texte de l'édition de Cologne, J. Sambix, 1674, qui offre bien des différences avec l'édition de 1682.

On lit dans l'Avertissement au lecteur, extrait de cette édition de Cologne: « Cette impression... satisfera, et quoiqu'elle ne soit qu'un effort de la mémoire d'une personne qui en a vu plusieurs représentations, elle n'en est pas moins correcte... » On est étonné de trouver cette contrefaçon en vente, chez le libraire ordinaire des deux Corneille, trois ans après que Thomas Corneille eut traité avec Mme Molière pour mettre en vers le Festin de Pierre, que Molière avait écrit en prose, et qui ne se jouait plus, à cause de cela. Quoique le titre annonce cette édition comme une réimpression de l'édition de Cologne, 1674, on pourrait croire que l'imprimeur de Rouen tenait de Thomas Corneille le manuscrit sur lequel fut faite cette édition, peut-être au profit de Mme Molière, qui faisait argent de tout. Il serait donc intéressant d'en examiner le texte et de le comparer avec celui de l'édition originale de Paris, imprimée seulement en 1674.

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29. Les OEuvres posthumes de M. de Molière, imprimées pour la première fois en 1682. Enrichies de figures en taille-douce. Paris, Thierry, Barbin et Trabouillet, 1682, 2 vol. in-12, fîg. de Brissart.

Dans le privilège spécial, accordé à Denys Thierry, en date du 20 août 1682 , pour l'impression des Œuvres posthumes, il est dit que cet imprimeur avait traité, avec la veuve de feu Jean-Baptiste Poclin (sic) de Molière , d'un manuscrit intitulé : Recueil des Œuvres posthumes de J.-B. P. de Molière, contenant le Dom Garde de Navarre ou le Prince jaloux; X Impromptu de Versailles, Boni Juan ou le Festin de Pierre; Mélicprte , les Amants magnifiques, la Comtesse d'Escarbagnas, et le Malade imaginaire, revu, corrigé et augmenté. La désignation de ce manuscrit intitulé: Recueil des Œuvres posthumes de J.-B. P. de Molière nous permet de penser que Mme Molière n'avait vendu, à Denys Thierry, qu'une copie des Œuvres posthumes et non les manuscrits originaux des comédies imprimées, pour la première fois, en 1682.

30. OEuvres posthumes de Monsieur de Molière. Lyon, J. Lyons, 1690, ou 1695, ou 1696, in-12.

Contenant seulement les Amants magnifiques et la Comtesse d'Escarbagnas. On ne s'explique pas pourquoi ces deux pièces figurent seules sous le titre d'Œuvres posthumes, et l'on se demande si elles ont été imprimées d'après l'édition des Œuvres posthumes, publiée à Paris en 1682, ou d'après un manuscrit de théâtre. Ce volume, tout incomplet qu'il soit, a servi à compléter plusieurs éditions de Paris et de province.

Ce volume, sous la date de 1690, forme quelquefois le tome VI d'une édition des Œuvres de Molière, imprimée sous la rubrique de Paris, D.Thierry et Cl. Barbin, 1781, et qui paraît être de Lyon.

M. Potier , dans une note du Catalogue Giraud , dit que cette édition, dans laquelle on ne trouve ni avertissement ni privilège , paraît avoir été imprimée clandestinement à Rouen, à Lyon même, ou dans quelque autre ville de France.

Nous croyons que cette rubrique de Lyon a servi à plusieurs contrefaçons différentes, quelques-unes avec figures.

31. Les Fragments de Molière, comédie (par Champ meslé). Paris, Jean Ribou, 1682, in-12 de 58 pp., non compris le titre.

Première édition, sans privilège, peut-être imprimée en Hollande ou en province.

Ce sont des fragments du Festin de Pierre, qui n'avait pas encore été publié. Champmeslé les aura tirés du portefeuille de son ami

la Fontaine , pour les coudre ensemble , et les arranger tant bien que mal sous la forme d'une petite comédie. Mais, au moment où cette comédie allait être représentée, le Festin de Pierre, dont Champmeslé ne donnait que des fragments, parut dans l'édition posthume des œuvres de Molière, publiée par ses amis Vinot et Lagrange. Il faut remarquer que le texte des Fragments diffère , en bien des endroits, du texte original de Molière ; de plus, il y a deux ou trois jolies scènes, qui ne se retrouvent plus dans la pièce imprimée sur les manuscrits de l'auteur. Il n'en faut pas conclure que ces scènes soient de l'invention de Champmeslé ; bien au contraire, car on y reconnaît la touche de Molière. On sait, d'ailleurs, que le Festin de Pierre n'a pas été mis en lumière tel qu'il avait été représenté , puisque la scène du Pauvre fut supprimée tout entière dans les éditions françaises.

Réimpr. en Hollande, avec le nom du comédien Brécourt, à la place du nom de Molière ; sur le titre : la Haye, Adrian Moetjens, 1682, in-12 de 41 pp. On peut supposer que l'éditeur hollandais aura confondu cette comédie avec l'Ombre de Molière, qui est, en effet, de Brécourt.

32. Le Festin de Pierre, comédie (5 a. pr.), par J.-B. P. de Molière. Édition nouvelle et toute différente de celle qui a paru jusqu'à présent. Amsterdam, 1683, pet. in-12 de 2 ff prélim. et 72 pp., avec 1 figure.

Edition précieuse qui contient la scène du Pauvre, et celle qui précède (scènes lre et 2e, troisième acte), imprimées pour la première fois, dans toute leur intégrité. Les deux scènes nouvelles, que renferme cette édition, offrent des passages qui ne se trouvent pas même dans les exemplaires non cartonnés de l'édition de Paris, 1682.

33. Deux pièces inédites de Molière (la Jalousie du Barbouillé et le Médecin volant). Paris, Desoer, 1819, in-8, de 70 pp.

Viollet-le-Duc fut l'éditeur de ces deux canevas dramatiques, d'après un ancien manuscrit que J.-B. Rousseau avait envoyé à Antoine-François Joly, pour la grande édition de Molière, in-4°, qui parut en 1734, et que cet éditeur eut la négligence de laisser de côté. L'édition des œuvres de Molière, donnée par Auger, est la première dans laquelle ces deux farces ont été admises ; depuis, on les a conservées dans plusieurs éditions complètes.

34. Le Médecin volant, farce (1 a. pr.) de Molière, précédée de Molière à Pézénas, prologue en un acte, en vers, par Alphonse Pages. Paris, E. Dentu, 1866, gr. in-18 de 60 pp.

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