Abrégé de la vie de Molière, par Marcel, comédien
Cet abrégé, qu'on peut regarder comme le document le plus authentique qui existe sur la vie de Molière , forme la préface de l'édition de ses Œuvres, publiée à Paris en 1682, par Vinot et La Grange, d'après les manuscrits originaux de l'auteur.
On sait que La Grange, qui a donné ses soins à cette édition, était un des camarades de Molière, et un des comédiens de sa troupe. Quant à Vinot, qui devait être également un ami de Molière, on n'a aucun renseignement sur son compte. Nous supposons que c'était aussi un comédien, dont nous ne savons pas le nom de théâtre ; c'est de lui sans doute que Boursault'a voulu parler, dans le Médecin volant, lorsque Crispin adjure Robert Vinot et Scipion l'Africain, comme deux célèbres médecins, ainsi que Jodelet et Mascarille.
C'est Bruzen de la Martinière qui nous apprend, clans la Vie de Molière mise en tête de son édition des Œuvres, Amsterdam, 1725, 4 vol. pet. in-12, que Marcel est l'auteur de la préface biographique de l'édition de 1682.
979. Éloge historique de Molière, par Charles Perrault, de l'Académie française ; avec son portrait.
Dans les Eloges des Hommes illustres (Paris, Ant. Dezailler, 1696, in-fol, tome I, page 79) ; le beau portrait fut gravé par un anonyme, qui a signé N (Nanteuil?). Cette notice biographique est reproduite textuellement dans les éditions in-12, sans portraits.
On voit, dans la correspondance de Michel Bégon, intendant à la Rochelle, qui contribua de ses deniers à faire dessiner et graver les portraits des Hommes illustres, qu'il fit d'abord quelques difficultés pour admettre dans cette collection le portrait et l'éloge de Molière : « J'estime Molière plus que luy (Scarron), dit-il à M. de
Villermont, son correspondant à Paris, et ny l'un ny l'autre ne doivent passer pour des illustres du siècle. » Mais depuis il changea d'avis, grâce aux observations de Charles Perrault, et il écrivait le 21 mars 1705 : « J'y mettrai le portrait de Molière, que vous m'avez envoyé gravé d'après Mignard, dont je vous suis très-obligé, et j'écriray à M. Dezallier de m'envoyer la vie de cet auteur. » (Un curieux du xvne siècle : Michel Bégon. Correspondance et documents publiés par Georges Duplessis. Paris, Aug. Aubry, 1874, pet. in-8, p. 24.)
980. Notice historique et critique sur la vie de Jean- Baptiste Poquelin, par Bayle.
Cette notice, pour laquelle Bayle a fait ample usage du pamphlet de la Fameuse Comédienne, se trouve dans son Dictionnaire historique et critique, dont la première édition in-fol. est de 1697.
Il est presque certain que l'article Poquelin, qui renferme en peu de lignes les meilleurs renseignements sur la jeunesse de Molière, a été rédigé d'après les notes que l'avocat Mathieu Marais envoyait secrètement à Bayle. Celui-ci, dans une lettre qu'il lui adresse, le remercie de la communication de divers écrits satiriques concernant Molière, qui venait de mourir.
Dans la dernière édition du Dictionnaire historique de Bayle (Paris, Desoer, 1820-24, 16 vol. in-8), Beuchot a joint à l'article Poquelin toutes les notes de l'abbé Jply et d'autres commentateurs, avec les siennes et celles de Beffara.
981. Notice sur la vie de Molière et sur ses ouvrages., par Moréri.
Cette notice, malgré son peu d'étendue, renferme des renseignements précieux ; on la trouve dans toutes les éditions du Grand Dictionnaire historique de Moréri ; elle a été retouchée et augmentée, par l'abbé Goujet, dans la dernière édition de 1749.