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CONTRE MOLIÈRE ET SES OUVRAGES

1140. Les Contemporains de Molière, recueil de comédies rares ou peu connues, jouées de 1650 à 1680, avec This-

toire de chaque théâtre (de Paris), des notes et notices biographiques , bibliographiques et critiques , par Victor Fournel. Paris, Firmin Didot, 1863-1866 , 2 vol. in-8.

Il n'a paru, jusqu'à présent, que deux volumes de cette intéressante collection, dans laquelle Molière est si souvent nommé, et ces deux volumes ne contiennent que le répertoire de l'Hôtel de Bourgogne et le Théâtre de la Cour, c'est-à-dire les ballets et mascarades représentées devant le roi ou chez les princes du sang.

Les volumes suivants doivent renfermer un choix des répertoires du Théâtre du Marais, du Théâtre de Mademoiselle, etc. « Un recueil qui s'intitule : les Contemporains de Molière, dit M. Victor Fournel, contractait, par ce titre, des obligations spéciales : on y trouvera donc toutes les comédies jouées sur les divers théâtres, pour et surtout contre Molière, comme aussi celles qui ne sont relatives à lui qu'accidentellement. Nous n'avons pas négligé non plus les pièces qui fournissent matière à des rapprochements curieux avec ses ouvrages; qui offrent avec eux des rapports de sujet ou des ressemblances de détail; d'où il a tiré quelques scènes ou quelques traits, qu'il a imités ou qui ont été imités de lui. Ces pièces sont assez nombreuses : de 1660 surtout à 1673, le Théâtre comique est plein de Molière ; son nom et son influence sont partout. » De plus, les notices consacrées aux auteurs, dont M. V. Fournel a publié quelques comédies, avec d'excellentes noies historiques, sont très-abondantes en détails sur Molière et sa troupe.

On attend avec une vive impatience le troisième volume de ce recueil, depuis longtemps interrompu, mais qui doit être continué.

1141. Les Véritables Prétieuses, comédie (en vers, par Baudeau de Somaize). Paris, Jean Ribou, 1660, pet. in-12 de 6 ff. prélim. et 72 pp.

Dans le Catalogue des livres rares de M. le marquis de C*** (Cambis), qui possédait une admirable collection dramatique (Avignon, Jean Aubert, 1782, in-8), cette comédie est attribuée au libraire Jean Ribou. Nous croyons que c'est un lapsus du rédacteur.

Le privilège est daté du 12 janvier 1660 et, par conséquent, antérieur au privilège que Guillaume de Luyne obtint lui-même, avec ou sans l'aveu de Molière, pour l'impression de ses Précieuses ridicules.

La seconde édition (Paris, Jean Ribou, 1660, in-12 de 6 ff. prélim. et 72 pp.) parut au mois de septembre de la même année; l'auteur, menacé d'un procès par Molière, avait consenti à retrancher le passage burlesque de la tragédie de la Mort de Leusses-tu-cru, lapidé par les femmes, mais il ajouta un Dialogue de deux Prétieuses sur les affaires de leur communauté, et un Avis final au lecteur.

MOLIERESQUE. 243

Réimprimé en Hollande, mais non par les Elzeviers : Suivant la copie impr. à Paris, 1660, pet. in-12 de 56 pp.

1142. La même comédie, réimpression textuelle de l'édition de Paris, Jean Ribou, 1660 ; augmentée d'une Notice bibliographique, par P. Lacroix, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal. Genève, J. Gay , 1868, pet. in-12 de xii et 56 pp.

Collection moliéresque, tirée à cent exemplaires numérotés.

1143. Le Procez des Prétieuses, en vers burlesques, comédie (par le sieur de Somaize). Paris, Jean Ribou, 1660, in-12 de 8 ff., 74 pp., et 3 If. pour le priv. et Y errata.

Il y a des exemplaires avec l'adresse d'Etienne Loyson ou celle de Jean Guignard, à qui le libraire-éditeur avait cédé quelques exemplaires ; ce qui prouverait que Molière , après avoir intenté un procès à Baudeau de Somaize qui avait mis en vers et fait imprimer sous cette nouvelle forme les Précieuses ridicules, se désista de la plainte et ne poursuivit pas le plagiaire. Ce qui le prouve davantage, c'est que le Procez des Prétieuses ne rencontra de la part de Molière aucune opposition, quoique la pièce lui adressât encore quelques traits de satire assez modérés : elle eut une seconde édition, chez Jean Guignard, en 1661.

1144. La Cocue imaginaire, comédie (en un acte et envers, par le sieur Doneau). Paris, Jean Hibou, 1662, pet. in-12 de 6 ff. et 35 pp.

On a lieu de supposer qu'une première édition, publiée sous le titre des Amours d'Alcippe et de Céphise, a été supprimée, sans doute à la requête de Molière, car on lit au-dessous du privilège dans cette nouvelle édition : « Achevé d'imprimer, pour la seconde fois, le 27 mai 1662. » On ne connaît pas un seul exemplaire de la première édition.

La dédicace à Mademoiselle Henriette *** est signée des initiales F. D. Malgré le sens qu'on a donné à ces initiales : François Donneau ou Doneau, il paraît probable que Jean Donneau de Visé est bien l'auteur de cette comédie, qui n'a pas été représentée. Ce serait après la publication de cette comédie que Molière, prenant intérêt au jeune auteur et à ses œuvres dramatiques, lui aurait donné des conseils pour ses pièces qui furent jouées au théâtre du Palais- Royal.

La préface au lecteur renferme des détails précieux sur les premier res pièces du fameux itf. de Molière i

Réimprimée à Amsterdam par Abr. Wolfgang : Suivant la copie imprimée à Paris (Holl.), 1662, pet. in-12 de 5 ff. prélim. et 26 pp.

Cette édition ne porte point la Sphère, qui caractérise les éditions des Elzeviers, mais on y trouve des fleurons elzeviriens.

1145. La Cocue imaginaire, comédie en un acte et en vers, par le sieur F. Doneau, réimprimée textuellement d'après l'ancienne édition, Paris, Jean Ribou, 1662, avec une Notice par Paul Lacroix. Turin, J. Gay , 1870, pet. in-12 de x et 48 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1146. Panégyrique de l'Ecole des femmes, ou la Conversation COMIQUE SUR LES OEUVRES DE M. DE MOLIÈRE,

comédie en prose, en un acte (par Robinet). Paris, Pépingué, 1663, in-12 de 4 ff. prélim. et 97 pp.

Non représentée. « L'indication du nom de l'auteur de cette pièce, dit M. Taschereau, est fournie par le registre de l'ancienne Chambre syndicale des imprimeurs et libraires, contenant les privilèges, compulsé par M. Beffara, qui nous a laissé cette note. »

Cette comédie avait toujours été attribuée à un sieur de Nouantes, qui n'est pas connu (on ne peut le confondre avec un sieur de Nonantes, auteur de l'Après-dinée des Dames de la Juifverie, conversation comique en trois actes, imprimée à Nantes en 1723) et qui paraît être le pseudonyme du gazetier en prose et en vers, Robinet, lequel a publié ses gazettes sous le nom du sieur du Laurens.

1147. Le Portrait du Peintre, ou la Contre- Critique de l'École des Femmes, comédie en vers, en un acte, par le sieur Boursault, représentée sur le théâtre royal de l'Hôtel de Bourgogne. Paris, Chaires de Sercy ou Guignard, 1663, in-12.

Privilège en date du 30 octobre 1664 ; achevé d'imprimer le 5 décembre.

Cette comédie est dédiée à S. A. S. Monseigneur le Duc, fils du prince de Condé.

Boursault, malgré sa réconciliation avec Molière, n'a pas supprimé un seul mot de cette comédie aristophanesque, qui est restée dans toutes les éditions de ses Œuvres.

L'édition d'Amsterdam, suivant la copie imprimée à Paris (à la Sphère), 1662, pet. in-12, serait sortie des presses d'Abraham Wolfgang, suivant quelques bibliographes; mais M. Alphonse Willems la déclare elzevirienne. On la trouve d'ailleurs indiquée dans le Catalogue officinal de Daniel Elzevier de 1681.

MOLIERESQUE. 245

Réimprimé, avec une notice sur Boursault, dans le t. I des Contemporains de Molière.

1118. Zélinde, comédie, ou la Véritable Critique de l'Escole des Femmes et la Critique de la Critique. Paris, Guillaume de Luyne, 1663, pet. in-12 de 161 pp.

Privilège en date du 15 juillet 1663 ; achevé d'imprimer le 4 août 1663. Il y a des exemplaires au nom de Claude Barbin.

Réimprimé en Hollande {Amsterdam, Raphaël Smith), 1664, in-12.

Cette comédie ne paraît pas avoir été représentée ; elle est généralement attribuée à Jean Donneau de Visé, mais nous persistons à la donner au comédien de Yilliers, qui n'était pas encore tout à fait brouillé avec Molière.

1149. La même comédie, réimpression textuelle de l'édition de Paris, 1663, augmentée d'une Notice sur Zélinde, par le bibliophile Jacob. Genève, J. Gay, 1868, pet. in-12 de xi et 71 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1150. La Guerre comique, ou la Défense de l'Escole des Femmes, par le sieur de La Croix. Parts, PieiTe Bienfait, 1664, pet. in-12 de 6 ff. prélim. et 96 pp.

Le privilège du roi, en date du 13 février 1664, est accordé à P. de la Croix ; on a lieu de supposer que ce sieur de la Croix n'est autre que le romancier Preschac.

Cette comédie, qui n'a pas été faite pour la représentation, est une défense très-spirituelle et très-sensée de F École des femmes; c'est aussi un résumé de toutes les opinions pour et contre.

1151. La même comédie, réimpression textuelle de l'édition originale, Paris, 1664, avec une Notice bibliographique, par P. Lacroix, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal. Genève, J. Gay, 1868, pet. in-12 de vm et 71 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1152. La Vengeance des Marquis, ou Réponse a l'Impromptu de Versailles, comédie. Paris, Estienne Loyson, 1664, pet. in-12.

Cette comédie satirique en prose, représentée avec succès le 13 décembre 1663 sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, ne put obtenir de privilège d'impression, car elle ne parut que dans un volume de nouvelles et de pièces diverses, intitulé : Les Diversitez

galantes, contenant les Soirées des Auberges (Paris, Claude Barbin, ou Gabriel Quinet, 1664, in-12, pp. 79-155). On n'a donc pas les deux éditions séparées, que citent les bibliographes, et qui furent détruites, si elles ont existé.

L'auteur est J. de Villiers, comédien de l'Hôtel de Bourgogne.

1153. La même comédie, réimprimée textuellement d'après l'édition originale; Notice par le bibliophile Jacob. Turin, J. Gay, 1869, pet. in-12 de vm et 35 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés. Réimprimé, avec une notice sur l'auteur, dans le t. I des Contemporains de Molière.

1154. L'Impromptu de l'hôtel de Condé, comédie en vers, en un acte, représentée sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (en janvier 1664), par A.-J. de Montfleury. Paris, Pépingué, 1664, in-12 de 2 ff. prélim., 28 pp. et 3 ff. non chiffrés.

Cette comédie, composée en réponse à VImpromptu de Versailles, est une satire violente contre Molière, comme auteur et comme comédien ; on y trouve beaucoup à apprendre sur la vie de ce grand homme. La première édition se termine par des pièces de vers sur la querelle des deux troupes rivales et des deux théâtres, celui de l'Hôtel de Bourgogne, et celui du Palais-Royal.

Cette pièce, réimprimée dans toutes les éditions des Œuvres de Montfleury, est accompagnée d'une figure curieuse dans l'édit. d'Amsterdam, Adrian Brackman, 1698, 2 vol. in-12.

Réimprimé, avec une notice sur Antoine-Jacob de Montfleury, dans le t. I des Contemporains de Molière.

1155. Les Amours de Calotin, comédie (par Chevalier), représentée sur le théâtre royal du Marais. Paris, Gabriel Quinet, 1664, in-12 de 6 ff. prélim. et 72 pp.

Il y a des exemplaires au nom de huit libraires, entre autres, Jean Guignard le fils et Charles de Sercy, qui avait obtenu le privilège en date du 30 janvier 1664.

« Ce n'est que dans le premier acte de cette comédie qu'il est question de Molière, et ce premier acte forme, en quelque sorte, avec la première scène du second acte, un prologue joué par les spectateurs de distinction, qui avaient leurs places ordinaires, de chaque côté de la scène, sur les banquettes du théâtre. » (Note du Cat. Soleinne.)

1156. La même comédie, en trois actes et en vers, par Chevalier, comédien du théâtre royal du Marais, réimpression textuelle d'après l'édition de Paris, 1664, avec

une Notice par P. L. Jacob, bibliophile. Turin, J. Gay, 1870, pet. in-12 de vm et 74 pp.

Collection moliéresqne, tirée à 100 exemplaires numérotés.

Réimprimé, avec une notice sur Chevalier, dans le t. I des Contemporains de Molière.

1157. La Critique du Tartuffe, comédie en vers, en un acte. Paris, Gabriel Quinet, 1670, in-12 de 4 ff. prélim., y compris le titre, et 52 pp.

Achevé d'imprimer le 19 décembre 1669. Le privilège, au nom du libraire, est du 19 novembre précédent.

Non représentée. Cette pièce est précédée d'une Lettre critique (en vers) sur le Tartuffe, écrite à l'Auteur de la Critique, également anonyme. On a découvert, depuis peu, que l'auteur était l'implacable ennemi de Molière, Le Boulanger de Chalussay. Les bibliographes du Théâtre s'accordent à dire que cette comédie satirique a été représentée seulement chez des particuliers.

1158. La même comédie, réimpression conforme à l'édition de Paris, 1670, augmentée d'une Notice bibliographique par Paul Lacroix. Turin, J. Gay, 1868, pet. in-12 de vu et 49 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1159. Élomire hypocondre, ou les Médecins vengez, comédie (en cinq actes et en vers), par Le Boulanger de Chalussay. Paris, Charles de Sercy, 1670, in-12 de 4 ff. prélim. et 112 pp., fig. gravée par L. Weyen.

Le privilège est daté de Saint-Germain en Laye, premier jour de décembre 1669. Achevé d'imprimer le 4 janvier 1670.

On suppose que cette première édition a été supprimée, à la requête de Molière, qui avait porté plainte contre l'auteur à'Élomire. Une autre comédie, que l'auteur avait annoncée comme prête à paraître, l'Abjuration du Marquisat, n'a jamais vu le jour.

La curieuse estampe, qui manque presque toujours dans les exemplaires mutilés, représente « Scaramouche enseignant et Molière étudiant ».

La seconde édition, qui n'est peut-être qu'une contrefaçon imprimée dans une ville de France, est intitulée : Élomire, c'est-à-dire Molière, hypocondre, ou les Médecins vengez, comédie (suivant la copie imprimée à Paris, 1672), in-12 de 3 ff. prélim., 86 pp. et 1 f. non chiffré. L'Avis au lecteur qui termine cette édition est relatif au procès que Molière avait intenté à l'auteur d'Élomire.

Réimprimé en Hollande, par les Elzeviers, suivant la copie imprimée à Paris (à la Sphère), 1671, pet. in-12 de 3 ff. prélim. et 76 pp.

1160. La même comédie, avec une Notice de M. P. Lacroix. Genève, J. Gay, 1867, petit in-12 de xn et 110 pp., avec un fac-similé de la gravure de L. Weyen.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1161. Le Mariage sans mariage, comédie (en 5 actes et en vers), par le sieur Marcel, comédien, représentée sur le théâtre du Marais. Paris, Piètre Le Monnier, 1672, in-12 de 5 ff. prélim. et 81 pp.

Le privilège du roi est du 17 décembre 1671.

Il y a une contrefaçon hollandaise, suivant la copie imprimée à Paris, 1672, in-12.

C'est une note inédite de Beffara, qui a fait connaître que cette comédie était une satire contre Molière, qu'on y met en scène, sous le nom d'Anselme, comme un mari impuissant.

1162. La même comédie, réimprimée textuellement d'après l'édition ancienne de Paris, P/Le Monnier, 1670. Notice par P. L. Jacob, bibliophile. Turin, J. Gay, 1869, pet. in-12 de xn et 108 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.

1163. L'Ombre de Molière, comédie (1 a. et prol. pr., par Brécourt). Paris, Claude Barbin, 1674, in-12 de 98 pp.

Achevé d'imprimer le 2 mai 1674.

L'auteur, dans sa dédicace, dit au duc d'Enghien, fils du prince de Condé : « Scipion et Lélie honorèrent Térence de leur estime... Souffrez donc que les œuvres de Molière tiennent quelque rang dans votre bibliothèque, et que ma comédie soit une espèce de table pour les siennes. » Il faut se rappeler, pour comprendre l'intention de cette dédicace, que le grand Condé avait été un des plus grands admirateurs de Molière.

Cette pièce a pendant longtemps figuré, comme appendice, dans les éditions de Molière, où elle était bien à sa place.

Réimprimé, par les Elzeviers, en Hollande, suivant la copie imprimée à Paris, pet. in-12, en 1674, 1675, 1678, 1681.

Cette petite comédie, qui ne fut représentée qu'une seule fois sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, sans doute parce que la veuve de Molière en arrêta la représentation, a eu également beaucoup d'éditions en France.

Réimprimé, avec une notice sur Brécourt, dans le t. I des Contemporains de Molière.

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