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Vers espagnols inédits de Molière

Publiés, d'après un ancien manuscrit de la partition du Ballet des Muses, avec une notice du bibliophile Jacob, dans le tome III, page 138, de la Revue des Provinces (Paris, 1864, gr. in-8). Ces vers, qui composaient la Mascarade espagnole, furent mis en musique par Lully, et chantés à Saint-Germain en Laye en 1666 et 1667, par les comédiens et comédiennes de la troupe espagnole, établie alors à Paris. On les trouve imprimés, avec une imitation en vers françois, dans la grande édition du Ballet des Muses, in-4 de 80 pp., et l'on peut les attribuer à Molière, qui fut le principal organisateur du Ballet des Muses. Benserade ne les ayant pas admis dans le recueil de ses Œuvres, avec les vers qu'il avait faits pour ce ballet, on doit croire qu'il n'était pas l'auteur de ces vers espagnols. M. de Trallage, dans une note manuscrite, dit positivement que Molière a composé des vers espagnols pour être mis en chant.

232. Un Manuscrit de la troupe de Molière, Lettre à M. Edouard Fournier, par P. L. Jacob, bibliophile.

Cette Lettre, imprimée dans le tome VI, pp. 112 à 131, de la Revue des Provinces (Paris, 1865, gr. in-8), est suivie du 3° acte delà comédie de Joguenet, oit les Vieillards dupés, laquelle comédie, alors inédite, nous a été conservée dans un manuscrit contemporain de Molière, et qui n'est autre qu'un premier canevas des Fourberies de Scapin, composé originairement, dit-on, par Cyrano de Bergerac et Molière.

Un de nos plus savants libraires, M. Claudin, ayant rapporté de Toulouse, en décembre 1864, le manuscrit, qu'il avait acheté dans un lot de vieux papiers, nous le confia avec obligeance, lorsque nous lui eûmes appris que c'était bien là un texte primitif des Fourberies de Scapin, dont nous lui proposâmes, à première vue, la somme de 300 francs, au nom de notre ami M. Léopold Double, à qui nous étions heureux de ménager cette surprise. M. Claudin voulut garder son manuscrit et nous pria seulement de constater et de prouver notre découverte. Telle fut l'origine de la publication de la Lettre à M. Ed. Fournier, insérée dans la Revue des Provinces (n° de janvier 1865). Plus tard, M. Claudin, qui avait imprimé dans un de ses excellents Catalogues de livres l'extrait d'une note que nous lui avions fournie sur ce curieux manuscrit, se lassa de ne pas trouver acquéreur à un prix convenable. Il céda donc à M. C. Galuski, moyennant 40 francs {quarante francs!), ledit manuscrit, dont nous lui avions offert 300 francs. M. Claudin fera bien de demander à voir l'objet vendu 40 francs (quarante francs, c'est bien entendu, quarante francs!) et à comparer l'écriture de Joguenet à celle du reçu autographe de Molière, que M. Lacour de la Pijardière a eu le bonheur de découvrir. Nous apprenons aujourd'hui même (14 octobre 1874) que M. C. Galuski vient de se décider, non sans regret, à se dessaisir, moyennant 2,500 fr., du manuscrit de Joguenet ou les Vieillards dupés, qu'il avait acheté pour 40 fr. (quarante francs!), en 1866, à « un très-honorable et très-obligeant libraire, M. Claudin». Voy. la Réponse de M. C. Galuski, dans la Revue critique, à propos des Fourberies de Joguenet.

233. Joguenet, ou les Vieillards dupés, comédie en trois actes, par Molière; première forme des Fourberies de Scapin, publiée, d'après un manuscrit contemporain et qui paraît être autographe, par le bibliophile Jacob. Genève, J. Gay, 1868, pet. in-12 et 149 pp.

Fait partie de la Collection moliéresque, qui s'est trouvée suspendue indéfiniment, après la publication du 17e volume.

Cette comédie, publiée d'après un manuscrit qui pourrait bien être l'autographe de Molière, provenant de la vente après décès du marquis de Bournazel à Toulouse, est précédée d'une Lettre à M. Edouard Fournier, dans laquelle on a essayé d'établir l'attribution de ce premier canevas des Fourberies de Scapin. Cette Lettre

avait déjà paru, en partie, avec le troisième acte de Joguenet, dans la Revue des Provinces (Paris, 1865, tome VI, pp. 112-131), sous ce titre : Un Manuscrit du souffleur de la troupe de Molière.

Ce troisième acte, entièrement différent de celui des Fourberies de Scapin, renferme plusieurs scènes dont Molière n'a pas fait usage, en retouchant cette pièce de son répertoire de province. Il est à regretter que M. Edouard Fournier, si compétent dans toutes les questions relatives à Molière, n'ait pas fait paraître le travail qu'il avait annoncé sur la découverte de ce nouveau texte des Fourberies de Scapin.

L'édition de Joguenet, imprimée à Genève sur une copie fautive et très-incomplète , écrite à la hâte sur les marges d'un exemplaire des Fourberies de Scapin, sans que l'éditeur ait obtenu de revoir les épreuves de cette édition, ne pouvait qu'être bien imparfaite ; mais l'éditeur n'avait eu pour objet que de constater sa découverte et de conserver un texte précieux. La Revue critique fit donc son métier, en critiquant très-vivement cette édition. Ce fut M. C. Galuski qui se chargea de la Réponse, en sa qualité de propriétaire du manuscrit, acheté 40 francs {quarante francs!) à l'honorable et savant (très-obligeant, dit le texte de M. C. Galuski) libraire M. Claudin. A cette Réponse, que nous venons de lire seulement aujourd'hui (5 septembre 1874), et qui est remplie des assertions les plus erronées et les plus étranges, nous répliquerons, en temps et lieu, en prenant pour épigraphe cette citation de Joguenet, que M. C. Galuski doit connaître: Comment, diantre! cinq cents écus! ce n'est pas une petite somme!... Que diable allait-il faire dans cette galère? Voy. ce que nous disons de la brochure de M. C. Galuski, au chap. xxxiv : Jugements particuliers sur les pièces de Molière.

234. Le Docteur amoureux , pièce inédite de Molière, en un acte, en prose, précédée d'un Avis au lecteur et d'un Prologue en vers, par Ernest de Calonne. Paris, Michel Levy, 1862, in-18 de 135 pp.

Avec ce premier titre : Petit complément des Œuvres de Molière.

Il était assez difficile de se prononcer sur l'authenticité de cette pièce, que M. de Calonne n'a jamais voulu reconnaître pour son œuvre, sans toutefois s'expliquer sur l'origine du manuscrit, qu'il prétendait avoir retrouvé, en province, dans les papiers d'un ancien comédien. Quelques journalistes n*ont voulu voir qu'un pastiche assez bien réussi dans cette comédie-farce, quia été jouée avec succès (février 1845) sur le théâtre de l'Odéon, et dont le manuscrit, faux ou authentique, fut exposé alors dans le foyer du théâtre, où un amateur passionné et indélicat eut l'adresse d'en arracher un feuillet. Il paraît certain aujourd'hui que la pièce et le manuscrit n'ont été qu'une ingénieuse supercherie littéraire de M. de Calonne.

Cependant on peut rapprocher de ce fait la note suivante, publiée

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en 1844, dans la. Bibliothèque de l'École des chartes (tome Ier de la 2e série, page 300) : « On annonce que M. A. Guérault, descendant du comédien Lagrange, vient de retrouver, à Rouen, au milieu de papiers laissés par son aïeul, une copie du Docteur amoureux. Depuis longtemps, on cherchait cet opuscule qui, comme on sait, est l'une des premières farces composées par Molière. »

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