OFFICIERS SECONDAIRES
Orat.'. adj.\, .... Cordemans, Guill., officier du génie, à Gand. Secret.'. adj.\, . . . Farcy, François, receveur ordinaire des
droits d'entrée et de sortie, et des accises,
à Namur.
Maît.'. de Cérém.'., . . Rigano, Louis, officier d'artillerie, à Namur. Écon.'. et Arch.'., . . Ortmans, Guill., négociant, à Namur.
Aum.'.-H.' Defoux, J.-J.-J., avoué licencié, à Namur.
Gard.', des T.'. et S.'., Augustin, Dieud. -Franc, garde magasin, à
Namur.
1er Exp.'., De Sépulcre, ....
2e Exp.'., Sancliez, Antoine, docteur en médecine, à
Namur.
1er Dia.* Wolweber, Ch.-Aug.-Guill., capitaine d'in
fanterie, à Namur.
2e Dia.*., Boon, Henri, capitaine d'infanterie, à Namur.
La loge de la Bonne Amitié fut constituée à Namur, le 9 février 1770, par le frère Marchot, avocat à Nivelles.
Supprimée par édit de l'empereur Joseph II, le 5 mai 1786, elle fut reconstituée par le Grand-Orient de France, le 24 mai 1808. Depuis cette époque jusqu'en 1818, elle fut comme « en sommeil; »
mais depuis lors jusqu'en 1830, elle se réveilla sous l'action du régime hollandais, favorable au développement de la maçonnerie belge. — Acad. de Bruxelles.
1600. — Catalogue d'une belle collection de livres, Délaissée par feu Mr N. Gobert, Contrôleur des Contributions Directes, qui aura lieu le jeudi 11 Avril 1822, chez M1' Capelle-Michaux, Directeur de ventes, sur le Marché au Beurre...; — A Namur, De V Imprimerie de J.-J. Legros, rue de V Ouvrage, n° 269.
In-8°, de 11 pp. - S. A.
1601. — Mémoire dans lequel on examine quelle peut être la situation des différents endroits de l'ancienne Belgique, devenus célèbres dans les Commentaires de César, par les événemens mémorables qui s'y sont passés. Par M. Dewez. Lu dans les séances (de l'Académie de Bruxelles) du 16 octobre 1820, 14 avril et 16 juin 1821.
In-4°. Extrait des Nouveaux Mémoires de L'Académie royale de Bruxelles, Bruxelles, De Mat, 1822, t. II, pp. 233-266.
Voici les questions que l'auteur cherche à résoudre : 1° Où faut-il placer le champ de bataille contre les Nerviens, défaits par César, sur la Sambre, dans sa première campagne? 2° Où était situé le camp de Q. Cicéron, au pays des Nerviens? 3° Quel est, dans la géographie moderne, l'endroit correspondant à la ville ou forteresse appelée par César oppidum Atuaticorum, où ce conquérant força les Asiatiques, qui s'y étaient retirés au nombre de 57,000? 4° Quel est l'endroit appelé Atuatica, dans la plupart des éditions des Commentaires, au 6e livre, chapitre 32? 5° L'Escaut se jetait-il dans la Meuse au temps de César? — S. A. — B. R. -U. G. -U. L.
1602. — Bapport de l'état des travaux et des opérations de
l'Académie Royale des Sciences et Belles- Lettres de Bruxelles depuis son institution jusqu'en 1822; par M. Dewez. Lu dans les séances du 29 octobre et du 11 novembre 1822.
In-4°. Ce rapport est inséré dans les Nouveaux Mémoires de l'Académie de Bruxelles, Bruxelles, imp. De Mat, 1822, t. II, pp. 1 et suiv. Il est divisé en deux parties : la première expose l'état des travaux de l'Académie depuis sa fondation en 1769, sous la dénomination de Société littéraire et celle d'Académie en 1772 jusqu'à sa dissolution en 1794; la seconde, depuis sa restauration en 1816 jusqu'en 1822. Cet exposé est précédé d'une introduction présentant le progrès des sciences et des lettres en Belgique avant le xvme siècle. — S. A. — B. R. — U. G. — U. L.
1603. — Mémoire sur cette question : A quelle époque les comtes et les ducs sont-ils devenus héréditaires dans la Belgique? Par M. Dewez. Lu à la séance (de l'Académie de Bruxelles), du 3 novembre 1821.
In-4°. Extrait des Nouveaux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences et des Belles-Lettres de Bruxelles, Bruxelles, impr. De Mat. 1822, t. Il, pp. 269-278.
La véritable époque où l'on peut dire que les comtes et les ducs devinrent héréditaires de droit, est, suivant l'auteur, le règne de Charlesle-Simple (vers 912), qui, pour s'attacher plus étroitement les grands, dont l'appui lui était nécessaire pour se maintenir dans sa nouvelle souveraineté, leur fit cette large concession. Sur ce mémoire de Dewez voy. la Thémis, Bibliothèque du Jurisconsulte, année 1825, t. V, pp. 60-67. - S. A. — B. R. - U. L. — U. G.
1604. — Mémoire sur cette question : A quel titre Baudouin, surnommé Bras-de-Fer. premier comte de Flandre, a t-il gouverné cette province? Est-ce comme comte héréditaire,
ou comme usurpateur'! Par M. Dewez. Lu à la séance (de l'Académie de Bruxelles) du 3 décembre 1821.
In-4°. Extrait des Nouveaux Mémoires de L'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles, Bruxelles, imp. De Mat, 1822, t. II, pp. 279-288.
L'auteur de ce mémoire, se fondant sur de nombreux motifs qu'il allègue, soutient que Baudouin doit être considéré comme premier comte légitime et souverain héréditaire de Flandre. — S. A. — B. R. -U. G. — U.L.
1605. — Recherches sur la découverte du charbon de terre dans la ci-devant principauté de Liège; vers quel temps et par qui elle fut faite. Par de Villenfagne d'Ingihoul.
Ces Recherches sont imprimées dans les Nouveaux Mémoires de V Académie des Sciences et Belles- Lettres de Bruxelles, t. II, pp. 289 et suiv.
L'auteur n'hésite pas à se prononcer sur le véritable auteur de la découverte du charbon de terre, qui était un nommé Hullos de Plainevaux, et non un étranger, quel qu'il soit. — S. A.
1606. — Histoire du Pays de Liège, par M. Dewez.... — Bruxelles, Imprimerie royale des frères Delemer. 1822.
In-8°. 2 volumes, le premier, de XIII-346 pp.; le second, de 356 pp. — B. R. - U. L.
1607. — Juris Givilis Ecloga qua, cum Justinaneis InstitutionibusNovellisque 118 et 127, continentur : Caii Institutionum commentarii IV, Ulpiani Regularum liber singularis, Pauli Sententiarum libri V, Et breviora qusedam veteris prudentiae monumenta; Prasmissis Caii et Pomponii fragmentis quibus constat Pandectarum titulus de Origine juris
tribusque de jureconsultorum auctoritate Gonstitulionibus. Ad usum Praelectionum. — Parisiis, Typis Cellot, in via vulgo dicta du Colombier, n° 30, 1822.
In-8°, de lim. 3 ff., 364 pp. L'auteur de cet ouvrage est H. Blondeau, natif de Namur, professeur et doyen à la Faculté de droit de Paris. Il le composa avec la coopération de Jourdan et de Du Caurroy, puis avec ce dernier seul, après la mort de Jourdan arrivée en 1826. Une seconde édition fut publiée à Paris en 4857 et une troisième en 1832 en la même ville. Après la publication de cette dernière édition, Blondeau ne s'étant plus trouvé d'accord avec son collègue, le Juris civilis Ecloga est devenu le Juris Civilis Enchiridium, sous la direction exclusive de Du Caurroy.
Ce sont d'anciens textes : Règles d'Ulpien, Sentences de Paul, Institutes de Caïus, Fragments du Vatican. Les Institutesde Caïus, découvertes à Vérone en 1816, par Niebuhr, et imprimées en 1820 et de nouveau en 1824, furent publiées pour la première fois en France dans le Juris Civilis Ecloga. Voy. dans Thémis ou Bibliothèque du Jurisconsulte, t. 1er, pp. 265-271, le Rapport fait à l'Académie de Berlin sur la découverte d'un manuscrit de Caïus, par Goeschen, professeur à Berlin. — S. A.
Il existe du Juris Civilis Ecloga une édition publiée à Bruxelles, chez Walhen et Cie, en 1837, in-12°, de VI-238 pp. Cette édition est suivie de Vaticana juris romani fragmenta nuper ab Angelo Maio détecta et édita, gallicis mandaverunt Ephemeridum quœ Themidis nomine publicantur, editores. In-12°, de 92 pp. Sur la découverte à Rome des manuscrits palimpsestes contenant ces fragments, voy. Thémis. Bibl. du Jurisconsulte, t. IV, pp. 159, 160 et t. V, p. 285. — S. A.
1608. — Justiniani Institutiones cum novissime repertis Gaii Institutionibus Collatae; Originibus ac probationibus distincte et plurimis textibus ex recention jure decerptis auctse. Ad usum Prœlectionum. Un professeur enseignera tous les ans, les Institutes de Justinien. D. 4e eomp. an 12 (21 sept. 1804), art. 10. — Parisiis ex Typis Cellot in via
vulgo dicta du Colombier, u° 30. Venit, via vulgo dicta Christine, n° 3. 1822.
In-8°, de lim. 2 ff., 344 pp. Cet ouvrage est le complément du précédent et du même auteur. — S. A.
1609. — De la Mort apparente, du danger d'être enterré vivant et des moyens de le prévenir. Ouvrage publié par la Société pour YUtilité Publique et traduit du Hollandais au nom du Département de cette Société, établie à Namur, par S. Willeumier, membre de ce Département. — A Namur, de V Imprimerie de J.-J. Legros, rue de l'Ouvrage, n° 269. 1822.
In-8°, de 27 pp. Ce dialogue, nourri de faits, expose d'une manière claire le danger d être enterré vivant. L'original a pour auteur J. De Kanter, secrétaire de l'Académie des Sciences de la province de Zélande. Dès 1816 ce corps savant se mit en relation avec la Société pour L'Utilité publique en vue de la publication de cet ouvrage, qui parut en 1818. — S.A.
1610. — Histoire des troubles des Pays-Bas sous Philippe II, par Vandervynck ; Ouvrage corrigé quant au style, et augmenté d'un discours préliminaire et de notes, ainsi que de pièces inédites, par J. Tarte, cadet, avocat. — Bruxelles, tJublou, 1822.
In-8". 4 vol., le 1er, discours et notice biographique sur l'auteur, 248 pp.', texte sans la table 111 pp., le IIe, 494 pp., le IIIe, 529 pp., le IVe, 348 pp.
Quoique le IVe vol. porte, comme ses aînés, la date de 1822, il n'a paru qu'à la fin d'octobre 1824.
Ce fut à la demande du ministre comte de Cobentzel que Vandervynck composa l'histoire de nos troubles : il la commence au mariage de Philippe le Beau, en 1495, et ne la termine qu'à la paix de Westphalie.
Cet ouvrage, dont il parut une traduction allemande du professeur Schloeser, de Gœttingue, en 1774, n'avait été tiré qu'à cinq exemplaires en 1765. Marie-Thérèse le destinait à l'Instruction des archiducs, ses fils. Quoique très précieux sous le rapport des recherches et de l'enchaînement des faits, il était écrit avec une incorrection qui donna à son éditeur l'idée de le retoucher, quant au style. Pour exécuter son travail de retouche, J. Tarte s'est servi d'un exemplaire de l'édition originale que possède la bibliothèque royale de Bruxelles, et que de Reiffenberg a publié de nouveau, aussi en 1822, Bruxelles, Arnould de la Crosse, 3 vol. in-8°.
Au jugement du baron de Stassart, Tarte « s'est acquitté avec mesure et sagesse de la tâche difficile qu'il s'était imposée. Son style annonce une plume exercée : à la correction, au naturel, à la facilité se trouvent jointes l'élégance et la chaleur. Quant aux notes, elles sont, en général, fort judicieuses, et elles jettent beaucoup de lumière sur les faits discutés par l'historien belge. T.e discours préliminaire est écrit avec chaleur et énergie. Il suppose des connaissances très variées, bien qu'on les désirât plus approfondies. L'imagination et l'enthousiasme y remplacent trop souvent l'esprit de critique et de discussion, et le plan n'est pas assez suivi, parce que l'attention est détournée par trop de digressions étrangères et de faits qui se rattachent aux circonstances du moment, etc. » De Stassart, Œuvres complètes, pp. 874, 875. — S. A. — B. R.
1611. — Observations sur un Essai de carte géologique de France, des Pays-Bas et des contrées voisines, — Notice accompagnant Y Essai d'une carte géologique de la France, des Pays-Bas et de quelques contrées voisines, dressé par J.-J. d'Omalius d'Halloy, d'après les matériaux recueillis de concert avec M. le baron Coquebert de Monbret .
Ce savant mémoire, composé en 1813, ne fut publié qu'en 1822. Il parut dans les Annales des Mines de cette année, t. VII, pp. 335 et suiv., et fut réimprimé, en tète d'autres Mémoires géologiques du même auteur, en 1828.
Les terrains, d'après la carte, sont groupés en six grandes divisions
ainsi dénommées : terrains primordiaux, terrains pénéens, terrains ammonéens, terrains crétacés, terrains maslozoïques, terrains pyroïdes.
C'était, dit M. Ed. Dupont, une nouvelle classification, dont deux termes sont restés dans la science : les terrains crétacés et les terrains pyroïdes. Le nom de terrain pénéen fut employé jusqu'en 1840. Marchison lui substitua sans raison, à la suite de son exploration de la Russie, la dénomination de terrain permien, et elle fut même adoptée.
L'œuvre de d'Omalius créait le canevas géologique de l'Europe occidentale, assurant à son auteur le rôle de l'un des principaux fondateurs de la géologie sur le continent.
La carte s'étendait, en effet, à la partie du continent comprise entre l'Océan, les Pyrénées, le méridien de Munich et la mer du Nord. Quand cette carte parut à la fin de l'année 1822, on fit queue chez le libraire pour l'obtenir. Il y avait lieu de s'y attendre, car un immense intérêt s'attachait à la coordination géologique encore inconnue de l'Europe occidentale. Ed. Dupont, Notice sur ta vie et Les travaux de J.-J. d'Omalius tfHalloij, pp. 79-86, où se lit une analyse du savant mémoire du grand géologue belge.
1612. — Das œsterreichsche Kaiserthum mit betrâchtlichen theilen der angrenzenden Staaten....
Cette carte de l'empire d'Autriche par le générai Louis-Auguste Fallon, né à Namur en 1776, décédé à Vienne le 4 septembre 1828, a eu plusieurs éditions. Elle est bien gravée, mais elle n'est pas toujours correcte surtout pour les montagnes. D'une grande valeur à l'époque où elle fut publiée, elle peut encore être consultée avec fruit comme carte synoptique, particulièrement pour les Alpes orientales; telle est l'appréciation de l'état major général prussien, mentionné dans la Notice biographique sur le général Fallon, par le colonel Guillaume, p. 9.
1613. — Essai sur le Blasphème, Par J. Marguet, curé de Bouillon. — Namur, de l'imprimerie de Dieudonné Gérard. 1822.
In-12°, de VIII - 104 pp. et 1 f. § de table.
Approbation du vie. -géo. Medard, conçue en ces termes : « Vu et approuvé par nous et permis d'imprimer avec privilège. » Quel privilège?
Cet ouvrage parut, la même année, à Anvers, chez Janssens et Van Merlen, imprimeurs de la Société catholique pour le royaume des Pays-Bas. In-8°, de IX-92 pp., table comprise. — S. A.
1614. — Traité sur la Sanctification des dimanches et des fêtes; par J. Marguet, curé de Bouillon. — Namur, de l'Imprimerie de Dieudonné Gérard. 1822.
In-12°, de 171 pp. et 1 f . \ de table.
1615. — Xaverio Lelièvre, constanter eteminenter Laureato. Ode. - S. 1. (1821).
In-8°, de 2 ff. Petit poème à l'adresse de M. X. Lelièvre, pour le féliciter sur ses constants succès scolaires, avec cette épigraphe caractéristique : Inter currentes gloria prima Lepus. M. — S. A. — Acad. de Bruxelles.
1616. — Oratio de Mediciiise forensis historia ejusque dignitate.
Ce discours est imprimé dans les Annales de l'Université de Liège, 1822. Il fut prononcé par N.-G.-A.-J. Anciaux, de Ciney, déposant les insignes du rectorat à l'Université de Liège, la même année; l'auteur le reproduisit à l'ouverture de son cours en 1824, sous le titre : Discours sur la Médecine légale. Liège, 1825.
1617. — La Dewezade. — S. I. n. d.
In-8°, de 8 pp., sans nom d'auteur, avec la devise : Honni soit qui mal y pense.
Sujet du poème. M1 Dewez, inspecteur des Athénées et Collèges, devait depuis longtemps accorder une visite à l'Athénée de Namur; il arriva enfin. Grande rumeur dans ces murs consacrés à la pédan-
terie. On députe des professeurs pour aller le complimenter.... Mais hélas! quel est leur désappointement quand on leur annonce que la visite, si longtemps désirée, est encore remise à quinzaine.
Dans une note, rédigée en 1846, qui se trouve écrite de la main d'Ad. Borgnet sur un exemplaire de la première édition de la Dewezade, on lit ce qui suit :
« C'était en 1822. J'avais alors dix-huit ans, et je terminais ma rhétorique à l'Athénée de Namur, ma ville natale.... L'idée me vint, — une de ces idées maudites, comme il en arrive à tout homme une fois au moins dans sa vie, — de chanter mes maîtres, si chanter il y a. Devvez, l'historien Dewez, Namurois comme moi, avec qui j'ai cet autre point de conformité : d'avoir plus d'une fois endormi mes lecteurs, Dewez, dis-je, devait, en sa qualité d'inspecteur des Athénées, inspecter notre établissement A cette époque, il était de mode que les inspecteurs inspectassent. Tout était en l'air pour cette visite, et notre professeur nous avait donné l'événement pour texte d'une amplification latine. J'y puisai, moi, le sujet du poëme (ci-dessus), qui me demanda quelques jours seulement, tant j'étais en verve, tant la matière aussi offrait des ressources.
» Par charité sans doute, quelques-uns de mes condisciples se laissèrent attribuer l'œuvre. Je tiens à réhabiliter leur mémoire et je déclare ici, devant Dieu et devant les hommes, être le seul coupable. J'en excepte l'épigramme finale qui est de mon ami J. Demarteau, en ce moment notaire à Gembloux....
» J'avais donc achevé mon œuvre. Des copies en avaient circulé. Mais ce n'était pas tout; il fallait l'imprimer. Hélas ! celui qui n'a pas éprouvé le plaisir qu'on goûte à voir reproduire en lettres moulées l'acte de son intelligence, ne sait pas ce que c'est que le bonheur sur la terre!
» Ce résultat, pour moi, n'était pas aisé à obtenir. Je n'ai jamais roulé sur l'or, Dieu m'en garde! surtout à cette époque.... L'imprimeur à qui je m'étais adressé était Legros, depuis imprimeur de l'évèché, ce qui ne peut manquer de lui valoir une place en paradis. Depuis, il s'est fait riche, et moi pas; c'est la règle.... Il me demandait seize francs. J'eusse autant aimé qu'il m'en demandât 16,000.
» Toutefois, il était dur de renoncer à la douce perspective de voir mon œuvre imprimée, et je me décidai à m'adresser à la sympathie de
mes condisciples.... L'un souscrivit pour un exemplaire; l'autre, pour trois ou quatre, et j'en conservai quelques-uns pour moi; ils étaient tarifes à cinquante centimes. Je pus donc contracter avec mon Plantin, pour seize francs ; il convint de tirer trente-deux exemplaires.
» La Dewezade parut en juillet 1822. Il faut avoir habité une petite ville, connaître l'importance qu'on y attache aux caquets, pour comprendre l'effet de la publication. Le fait s'éleva à la hauteur d'un événement. Des fustigés, quelques-uns se mirent à rire de l'incartade; M. Perin, entre autres, directeur du collège, qui avait trop d'esprit pour se fâcher des mauvaises plaisanteries que je m'étais permises sur son compte. D'autres prirent la chose au sérieux; ce fut le plus grand nombre : les imbéciles auront toujours le privilège de former la majorité. Grâce à eux, la Dewezade fut sur le point d'obtenir les honneurs d'une poursuite judiciaire. On se ravisa néanmoins, et j'en fus quitte pour comparaître devant mes juges naturels, non comme auteur, mais comme propagateur. En cette même qualité, se trouvait avec moi sur la sellette Adolphe Mathieu, mon condisciple.... Mathieu, ayant déjà à sa charge quelques peccadilles littéraires, était plus que moi soupçonné d'être le père du malheureux enfant....
» Une procédure s'instruisit donc devant le corps professoral, et le résultat fut une dénonciation au conseil d'administration établi par la loi près de chaque athénée.... Le délit était flagrant.... Nous fûmes priés, Mathieu et moi. de nous considérer comme n'appartenant plus à l'Athénée. Nous étions tellement endurcis, que la chose nous toucha peu, et que nous nous dîmes, comme certain cocher de fiacre, que cela n'empêcherait pas de faire marcher nos chevaux....
» Quelques mots encore sur la Dewezade. J'ai dit qu'il en avait été tiré trente-deux exemplaires. Une moitié environ tomba dans les mains des cuistres qui y étaient maltraités, et qui se donnèrent la jouissance d'un auto-da-fé en miniature. La destinée du restant est facile à deviner.... Pour moi, je n'en ai conservé qu'un seul exemplaire, et c'est celui-ci....
» Cette œuvre a eu les honneurs d'une réimpression, chose assez rare en Belgique. Il y a quelques années, Mathieu s'est avisé de la publier de nouveau chez le libraire Hoyois, à Mons. Cette édition, sans nom d'auteur ni d'imprimeur, n'a pas été mise dans le commerce.
La Dewezade y est accolée à deux productions de même espèce, Tune de Lebrun, l'autre de Mathieu. Le titre général du volume est : Poésies de Collège.... »
La bibliothèque de la Société archéologique de Namur possède un exemplaire de ce volume in-8°. S. 1. n. d.
La Dewezade, qui y figure en tète, est de 12 pp. et porte cette date : 14 août 1822; puis vient le Jugement des auteurs de la Dewezade, 1822, (par Ad. Mathieu), 8 pp.; enfin, La Pigeriade, 1823. A Messieurs les Régents du Collège de Mons (par Firmin Lebrun), 8 pp.
Des bibliographes distingués ont attribué à Ad. Mathieu la Dewezade, entre autres, M. Jules Delecourt, dans son Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes, et M. Alph. Wauters, dans sa Notice sur Adolphe Mathieu, insérée dans X Annuaire de l'Académie royale des Sciences, des Belles-Lettres et des Beaux- Arts de Belgique, 1880, pp. 219-224.
La principale raison qu'allègue M. Wauters pour attribuer la Dewezade à Mathieu, c'est que le style de cette pièce est en tout, dit-il, semblable au style des autres œuvres du poète montois.
Cette ressemblance est réelle, surtout avec le Jugement des auteurs de la Dewezade, qui est certainement de Mathieu. Mais ne peut-on pas dire que Borgnet et Mathieu, condisciples, formés l'un et l'autre à la même école, d'après les mêmes modèles, par les mêmes maîtres, ont pu avoir, dès le principe, un style à peu près le même? En ce qui concerne la Dewezade, Mathieu n'a-t-il pas pu fournir des réflexions, des traits d'esprit à Borgnet? N'a-t-il pas fait subir à l'œuvre de ce dernier, avant d'être livrée à l'impression, une revision sévère et des corrections, de manière à lui donner un air de famille avec ses propres œuvres?
Dans la note transcrite ci-dessus, rédigée en 1846, Borgnet se déclare formellement l'auteur du poème. Franchement, peut-on supposer qu'un homme d'esprit, de la trempe de Borgnet, ose ainsi, sans pudeur, s'attribuer une œuvre littéraire dont il ne serait pas le père?
Borgnet, dit encore M. Wauters, était incapable d'élaborer une fiction poétique comme celle dont il se déclare l'auteur.
- Borgnet était un homme d'un esprit caustique, d'une imagination vive et ardente, comme le prouvent quelques-uns de ses écrits. Ce sont là, il faut en convenir, des dispositions essentielles pour créer une œuvre poétique. Ses maîtres, qui devaient le connaître, le crurent aussi
bien que son condisciple Mathieu, capable d'avoir fait le Dewezade, puisqu'ils les firent comparaître l'un et l'autre devant eux comme coupables d'avoir commis « ce méfait. » Voici comment Mathieu raconta plus tard l'interrogatoire de son camarade :
Approchez- vous, Borgnet, et, d'un esprit tranquille, Prêtez à mes discours une oreille docile; Vous pourrez après vous expliquer aussi. Répondez-moi d'abord sur cet article-ci : Sans doute, c'est bien vous dont t'esprit satirique Enfanta cet écrit, (hélas ! trop véridique !) Où de vils jeunes gens, érigés en docteurs. Sur leurs mœurs ont osé critiquer leurs censeurs, Et du profond Dewez, le soutien des collèges, Saper, sans le savoir, les plus beaux privilèges?
— Monsieur, ce n'est pas moi. — C'est vous, du moins, c'est vous Qui l'avez apporté, distribué chez nous ?
— Monsieur, ce n'est pas moi. — Combien il faut d'audace Pour m oser soutenir pareil mensonge en face !
— Monsieur ce n'est pas moi. — Soit, mais vous savez bien Le nom de son auteur? — Monsieur, je ne sais rien.
— Bon, bon; mais vous saurez, fourbe adroit, sot poète, De quel lieu partira la foudre qui s'apprête ;
Oui, vous serez banni, le collège purgé Bénira l'heureux jour qui vous donna congé. La prudence l'ordonne, allez, pliez bagage ; Tel est le juste arrêt de notre aréopage. »
En 1822, c'est-à-dire en l'année que parut la Dewezade, parut également le Jugement des auteurs de ta Dewezade, avec cette indication : « Par A.-C.-J. Mathieu, » et cette adresse : « Bruxelles, chez les marchands de nouveautés 1822, » in-8° de 40 pp. (imprimé à Mons, chez Nicolas-Joseph Capront), avec cette épigraphe :
Un écrit clandestin n'est pas d'un honnête homme, Quand j'attaque quelqu'un, je le dis et me nomme,
Et signe hardiment mes vers accusateurs.
Cette épigraphe n'est-elle pas une indication claire que Mathieu se reconnaît ne pas être l'auteur de la Dewezade? Et, comme le dit M. Wauters lui-même. « en apposant son nom à cette nouvelle production, le jeune poète ne répudiait-il pas la première? » — Nous le pensons.
Par tous ces motifs, nous croyons pouvoir affirmer que la Dewezade est l'œuvre exclusive d'Adolphe Borgnet.
1618. — Articles du docteur Fallot insérés dans les Annales de Médecine physiologique. (1822-1824).
1. Resolution complète d'un squirrke. (Année 1822, t. Ier, pp. 285- 286.)
2. Observations de Gastro-entérites aiguës promptement guéries par l'application des sangsues. (Ibid., t. II, pp. 344-352.)
3. Considérations nouvelles sur la manière dont l'opium agit sur l'économie vivante. (Ibid., t. II, pp. 29-51.)
4. Laryngo-pharyngite chronique guérie par les saignées locales. (Année 1823, t. III, 423-431.)
5. Dilatation avec hypertrophie au ventricule gauche du cœur. (Ibid., t. IV, pp. 325-338.)
6. Observation de gastro-duodénite chronique reportée à l'état aigu et devenue subitement mortelle par l'ingestion de liqueurs fortes. (Année 1824, t. V, pp. 115-123.)
1619. — Mandements, Ordonnances, Lettres pastorales ou circulaires de M^r Pisani de la Gaude, évêque de Namur. — A Namur, chez F. J. Lafontaine, Imprimeur de Monseigneur ï Évêque. 1823.