Les Embarras de Paris
(Satire par Boileau-Despréaux.)
<i Bien que les œuvres de Boileau soient dans les mains de tout le monde, dit M. P. Lacroix dans son Paris ridicule et burlesque au dixseptième siècle (p. 2'.U), et quoique cette satire sur les embarras de Paris, composée en IGGï, présente un grand nombre de passages imités de juvenal. d'Horace et de Martial, nous avons cru devoir l'admettre dans un recueil spécial où sa place semble marquée à la suite du Traeas de Paris de François Colletet. On y retrouve d'ailleurs les mêmes tableaux rendus en meilleurs vers : en lisant ce morceau plus littéraire, mais moins riche de détails que le poème burlesque, on est forcé de reconnaître que le grand satirique se ressouvenait des naives et verbeuses descriptions du pauvre crotté ».
Ce qu'a si bien dit il. Lacroix au sujet des motifs qui l'ont engagé à insérer cette satire bien connue dans Sim recueil, je ne pouvais que le répéter à mon tour à propos de mon travail. Je n'y joindrai qu une seule remarque ; c'est que je ne m'explique pas pourquoi M. Lacroix a dit que ce morceau avait été composé par Boileau en 1005. Brossette dit positivement que cette satire a été composée en 1060 et qu'elle faisait primitivement partie de la première satire du poète, dont il se décida plus tard à la détacher.
52. — Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle par Claude le Petit, Berthod, Scarron, François Colletet, Boileau, etc. Nouvelle édition revue et corrigée avec des notes par P. L. Jacob, Bibliophile. — Paris, A. belahays, 1859, in-iè, 2 f.-xxiv- 370 p. et i /'. de tabl. [Carn., 1798.]
Papier vergé. Le faux-titre porte en plus : (I Bibliothèque gauloise ». Ce volume a été réimprimé depuis en papier ordinaire.
Lis pièces que contient cet intéressant recueil ont déjà élé citées ci -dessus à leur date respective de composition. Les titres de ces anciennes éditions sont très détaillés, excepté pour le poème de Cl. le Petit, mais il faut avouer que ces morceaux perdr.iient toute leur saveur à une analjse qui ne pourrait être que bien imparfaite. Je me contenterai donc de renvoyer aux articles particuliers.
Vovuz pour Scarron, le n" 30 : pour Berthod, les n"' 38 et suivants ; pour Le Petit, le n" 40 : pour F. Colletet. le n" 50; pour Boileau, le n» .SI.
J'ajouterai que le volume de M. P. Lacroix se termine (p. -i'.l0-:)7li) par une réimpression des (1 Cris de Paris », dont la première édition a paru vers 1320. Tout curieux et intéressant que soit ce document je suis obligé, en raison de la classification que j'ai adoptée pour la Bibliographie
B 1 lî L I O (, R A P 1 1 1 K PARISIENNE
parisienne, de le laisser pour le moment de côté. Cf. le II» 57.
53. — Voyage au royaume de coquetterie, par François Hédelin. .Nouvelle édition. — Paris, chez Clawle Mercier^ 1793, m-12, 53 p. [Carn., H 6 14.]
L'édition oiigiiiale a paru, sous le voile de l'anonyme, en 1660. Cette réimpression est précédée d'une courte notice sur l'auteur qui naquit à Paris en liîOl. fut d'abord avocat, puis ecclésiastique. M"° de Scudéry reprocha à Hédelin de s'être inspiré de sa « Carte du Tendre » pour son « Voyage au royaume de coquetterie >■.
54. — Premier Divertissement de la muse de la cour, contenant la déroute et l'adieu des filles de joie de la ville et fauxbourg de Paris, qui s'en vont aux iles éloignées. Avec leur nom, leur nombre, les particularités de leur prise et de leur emprisonnement ; ,de plus, la réforme des habits delà basse bourgeoisie, la recherche générale des voleurs, lîloux vagabonds, receleurs, receleuses et autres gens de mauvaise vie. Le tout exactement observé suivant les nouveaux règlements de police. — A Paris, chi;z Alexandre Lessc Un, imprimeur-libraire,, au coin de la rue Dnuphine, oii, il se distribue aussi tous les jeudis au matin de chaque scmaincla. « Mu^e de la cour », r/alante et divertissunte, 1G06. m-4, H p.. avec privilège du roi. [Carn., 10376.]
Cette pièce de vers, très curieuse, a été réimprimée dans le format in- 12, sans date, sous le titre de « La déroute et l'adieu des filles de joie... » [Carn., lU37fl A.]
55. — Le Uoman bourgeois, ouvrage comique. — Paris, chez Guillame de Luyni , marchand libraire au Palais, dans la Galerie des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes, à la Justice, 1666, avec privilège du Roy, in-S, 6 f. et 700 p. Front, gravé. [Carn., 6747 Rés.]
Par Antoinr KuBKxiiinB. On tiouve des exemplaires qui portent sur le tilre le nom d'autres libraires. Voye/C Brunet, Manuel, 11, 1420, où sont cités plusieurs noms, à l'exceptiim de celui que nous indiquons ci-dessus, ("e même liliof^raplie donne l'indication de plusieurs réimpressions dont les unes portent le nom de l'auliur et les autres ne le portent pas. Je ne citerai ici que celle de Nancy, Cusson, iU'A, in- \ i, fig. Carn., -jSSnl, la seule édition vraiment intéres-
sante étant l'édition définitive qui a été donnée de nos jours et qui est décrite dans l'article suivant.
56. — Le Roman bourgeois. Ouvrage comique par A.ntoi.ne Furetière. >iouvelle édition avec des notes historiques et littéraires par M. Edouard FouRMER, précédée d'une notice par .M. Charles Asseli.xeau. — Paris, P.
,Jannet, 1854, y/i-16, 350 p. [Carn., 2838. j
Ce roman célèbre (pour l'édition originale voy. l'article précédent), peinture aussi exacte que vive des habitudes et des travers de toute une classe de la société «st un véritable tableau. On y trouve caricaturés les types les plus variés : cens de lettres et de robe, plaideurs et pédants, bourgeois et marquis, chacun est l'objet d'une analyse détaillée, et les critiques les plus compétents sont d'accord pour rendre justice à l'exactitude et à la fidélité de description du satirique.
57. — Korte Beschrijvinge van Parys; en de manieren en zeden van die haerdaeronthouden. — Tôt Viissinqhe, gedruckt by Abrahamvan Lu ■ ren,... S. D. [167..?]pcf. /»-4 de 42/". [Carn., 6779.]
« Courte description de Paris. »
Ce petit poème hollandais est rare et contient des paiticularités curieuses sur les mœurs parisiennes au xvii" siècle. Sa date de publication est sûrement postérieure à IGOfl.
La brochure contient deux pièces de vers : la I''" a pour titre : « Korte Beschrijvinge...» (2l) pages, en vers alexandrins). La 2' est intitulée: (I .\.f-scheyt ofVaer-wel van Parys. »,( Adieux à Paris), elle est écrite en vers de 8 syllabes (4!' pages). Ce sont évidemment des imitations d'opuscules en vers, relatifs aux mœurs de la ville de Paris, au milieu du xvii» siècle, et qui ont été publiés par le Bibliophile Jacob dans son Paris ridicule et burlesque [n" 52 ci-dessus).
58. — L'Illustre Parisienne, histoire galante et véritable. Nouvelle édition revue et corrigée. — A Nancy, et se trouve à Paris chez Pierre WMe, 1714, in-iG. Frontisp. gravé, 1 f. de titre et 209 p. [Carn., 15666.]
Ce roman est de PnKciiAC. d'après Rarbier qui cite une autre édition, Amsterdam. S. D. (1754), ni-/2 et .ijoute que l'édition originale, Paris, 107!', contient le nom de l'auteur.
59. — Les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les caractères ou hss mœurs de ce siècle.
— A paris, chez Kslienne Mirtmltet, premier imprimeur du Boy, rueSl-Jac- (jues, à l'image Saint-Paul, H')^^, avec
TABLEAUX DE MŒURS
privilège de Sa Majesté, în-12, 30 f.
non paginés {y compris le titre), 360 p. et 2 f. non paginés, l'un poitr le privilège, l'antre pour l'errata.
Edition originale des « Caractères » do J. de La BuuïiîRE. Nous ne devons naturellement pas nous permettre d'entrer ici dans le détail des différentes éditions de cette œuvre célèbre. Tout n'a-t-il pas été dit — et par des auteurs beaucoup plus autorisés que nous — sur l'ouvrage du « Théophrastc moderne » ".' Nous nous contenterons de renvoyer le lecteur aux bibliographies suivantes : Barbier, Dictionn. des anonymes, I, 409: Brunet,lll. Af 0111161,5° édition, 111,719 ; Notice sur la personne et les écrits de la Bruyère(i~i>\ ,\n-ii, par Suard), etc. : enfin aux travaux deMJl.>Valckenaer. Destailleurs et Asselineau..
Pour l'amour de la précision bibliographique, nous avons cité l'édition originale du moraliste; si celle-ci e!.t digne des recherches des bildiophiles et des collectionneurs, disons que les véritables travailleurs doivent se servir soit de l'édition donnée par M. Chassang {Paris. Garnier frères, ISTii, t vol. î/i-8), soit mieux cncori: de l'édition publiée par M. G. Servois, dans la collection des grands écrivains de la France (Paris. Hachette, 181)5-1878, ;i vol. in-S]. Le 1. 111, p. li9-20-, contient une importante notice bibliographique.
60. — Lettre d'un Silicien [Sicilien] à un (le ses amis, contenant une agréable critique de Paris et des Français. Traduite de l'italien. — Ckanibéry, P. Maubal. 1714, in-i'l. 48 p. [Bibl. nat., Li^ 3.] [Carn., 11924, édition de 1710?]
L'auteur de celte lettre. Jean-Paul Marana. résidait à Paris en 1692. Les matières qu'il traite ne sont qu'effleurées, mais en revanche elles sont des plus variées. En voici un aperçu ; — .Manière de vivre de l'auteur à Paris. — Bruit des carrosses et des cloches. — Cris de Paris. — Aveugles. — Maisons. — Hôtelleries. — Le peuple. — Le l'ixe. — Les femmes. — Légèreté des Français. — Fripiers. — La langue.
— K quoi on connaît un Français. — Le loyer des maisons. — Les fruits. — Le vin. — Les marchands. — La variété du temps. — Les théâtres. — Le palais. — Avocats. — .Médecins.
— Filoux. — La dévotion. — Ajustements. — Académies. — Alchimistes. — Libraires. — Galanterie. — Civilité. — Foire Saint-Germain.
— Lanternes. — Les Tuileries. — Abbés. — Charlatans. — Liberté de Paris.
Cette lettre a été publiée pour la première fois dans le « Saint-Evremoniana » (Poris, 17(10, in-8, p. ^85). Il en a été fait ensuite deux éditions à l'état isolé. L'une, Chambéry, P. Maubal. 1710, in-8, 46 p.; l'autre en l714, dont Ir titre est reproduit en tète de cet article.
61. — Jea.n-Paul Marana. Lettre d'un Sicilien à un de ses amis. Introduction et notes par l'abbé Valen- TiN DuFOUR. — Pari.s, A. Quantin, 1883, p<'fit ?/?-8. xxiii-14'i- p.
Cette intéressante réimpression (voy. l'art, précédenti fait partie de la Collection ^nominale) des anciennes descriptions de Paris. M. l'abbé Dufour l'a fait précéder d'une notice très substantielle dans laquelle il étudie les raisons qui lui ont fait attribuer la <i Lettre d'un Sicilien » à J.-P. Mabasa. Il a su réunir d'intéressants renseignements sur son auteur, avec des indications bibliographiques, dont quelques-unes m'ont été utiles pour la rédaction de la note précédente, Il a placé en tète de sa réimpression un sommaire qui coriespond à peu près à l'aperçu des matières donné par moi dans cette même note, d'après l'édition originale, mais il est fâcheux qu'il ait supprimé les manchettes de l'ancien texte, dont la disposition facilite les recherches.
Ce volume, publié avec un certain luxe, a été tiré à 'S'iO exemplaires, dont 3u sur Chine et 300 sur papier veigé.
L'édition que je crois être de 1710 se trouve à Carnavalet ; malheureusement dans cet exemplaire, le titre a été refait à la main; mais M. l'abbé Dufour qui a étudié à fond cet opuscule m'a assuré que cette date de 1710 devait être exacte. Ce qui est certain, c'est que ces deux éditions, celle de 1710 et celle de 1714, sont absolument semblables quant au texte, mais qu'elles sont absolument différentes quant à la disposition typographique. Toutes deux cependant portent la faute Silicien pour Sicilien. Ni l'une ni l'autre n'ont de filet sous le titre courant; ni l'une ni l'autre ne portent à la fin la datedu 20 août l692queM. l'abbé Dufour a imprimée dans la publication qu'il a faite de ce document intéressant.
La 11 Lettre d'un Sicilien >' a été trois fois réimprimée de nos jours : d'abord en 1840, dans la Collection (;imber et Danjou. i' série, tome XI; puis en 1860, dans 1' " Annuaire du département de la Seine », publié par M. Louis Lacour, et enfin en 1883, par les soins de M. l'abbé V. Dufour.