‹ Bibliographie parisienne, tableaux de moeurs (1600-1880);Chapitre 21 sur 160 · Les Caquets de l'accouchée · texte numérisé non relu

Les Caquets de l'accouchée

Nouvelle édition, revue sur les pièces originales et annotées par M. Edouard FouRxtKR, avec une introduction par M. Le Roux de Lincy. — Puris, P. 3 annet, I80D, m-16, XLvn-300 p. [Carn., 2837.]

Cette réimpression (voy. l'article précédent) ne laisse rien à désirer et est absolument complète. On a même joint aux huit » aprèsdînées » ti'ois pièces qui en sont un complément nécessaire et dont les originaux sont aussi introuvables que ceux des Caquets. L'introduction de M. Le Koux de Lincy est, comme tous les travaux de cet éminent amateur, des plus intéressantes. Elle contient des détails bibliographiques que je ne veux pas reproduire en entier, puisque chacun pourra les y trouver.

En ce qni concerne le nom probable de l'auteur, M. Le Roux de Lincy ne pense pas que les Caquets puissent être attribués ainsi qu'on l'a cru, au comédien DESLAuniEUS, qui, sous le nom de Drusrambille, a publié plusieurs ouvrages facétieux.

Il serait porté à croire que c'est plutôt dans la magistrature parisienne qu'il faut chercher l'auteur anonyme ; peut-être même cet auteur se rencontrerait il dans l'entourage du ministre d'alors, le célèbre Richelieu. Quoi qu'il en soit, il nous suffit à nous que cette satire soit essentiellement parisienne; elle l'est en ellct ; et l'on y trouve, sur l'histoire physique et morale de Paris, des détails nombreux. Tels sont ceux qui ont rapport au Pnnt-Neuf et au Charlatan (p. 1(1). au feu de la Saint-Jean (p. 23), à l'Ao'pital Saint Germain (p. 2:)). à la construction du Pont-nu-Double (p. il), à la canoidsation de Sainte-Thérèse tp. 48), à l'incendie du J'oni-au- Change et lachertédu loyerdes maisons (p. 58),

aux voleurs (p. 70), .à la statue de C.érès du couvent des Carmélites (p. 7-i), aux Pères de \' Oratoire (p. 78) et -.uw Jéiuites (p. 82). Au reste, l'édition qui nous occupe ici contient un très bon index alphabétique qui medispense d'entrer dans les détails, et les notes de M. Edouard Fournier, le célèbre fureteur parisien, complètent un ensemble du plus haut intérêt.

30. — La Promenade du Cours. — A Paris, 1630, pet. in-S, 14 p. et 1 f. blanc. [Carn., 11890.]

Cette pièce de vers octosyllabiques est des plus importantes à cause des détails minutieux qu'elle contient sur la Promenade du Cours « hors la porte Saint-Antoine », ainsiqu'il se nommait pour le distinguer du (,ours-la-Reine, et surla société qui le fréquentait. Elle a été réimprimée avec d'excellentes notes de l'éditeur, dans les» Variétés historiques et littéraires » d'Edouard Fournier, tome IX, p. 125. Il est intéressant de rapprocher de cette pièce curieuse un autre morceau qui n'est pas moins digne d'être signalé et qui a pour titre : « Vers faits sur le sujet du Cours, adressés à un Prince, en l'année 1653». Quoique publié vingt-trois ans plus tard que le précédent, ce morceau se rapporte aussi au Cours de laporte Saint-Antoine. Il aété réimprimé par les soins de M. E. de Barthélémy, dans le « Bulletin du Bibliophile» de Téchener, année )86il. p. 1184. L'original se trouve à la Bibliothèque nationale n''4725 du Supplément français, fol. 328.

31. — Le Bréviaire des courtisans, enrichi d'un grand nombre de ligures, par le S"" De La Serre, historiographe de France. — A Paris, chez Mathurin HenaiiU..., 1630, pet. in-8. 7 f. et 304 p., plus 1 frontisp. gravé et 8 pi.

Cet ouvrage a été réimprimé à Bruxelles en 1671 (Voy, Brunet, 111,851). L'auteur, paraphrasant l'office religieux, passe en revue les défauts et les vices des courtisans, ce qui lui donne l'occasion de fournir plusieurs détails assez curieux pour l'histoire des mœurs.

32. — Thom.e Erpemi, V. G. De Peregrinatione Callica utililer instituenda tractatus ; item brevis adinodum totius Galliœ descriptio... — Linjduni Batavonim, apud F. lle'ierum, 1631, '/n-24. 8 f., i2S p. et i f. de table. [Bibl. nat., L^^ 5.]

Ce volume ne contient qu'une description très sommaire de la France ; Paris, lui-même, ne fait le sujet que de quelques lignes: aussi cet ouvrage ne mériterait- il pas d'être signalé, s'il n'était précédé de quelques conseils relatifs au voyage de France; à un point de vue général, ceux-ci offrent quelqu'intérèt.

33. — Le Bourgeois poli. Oii se voit l'abrégé de divers complimenls selon les diverses qualités des per-

It I B LT O (1 R A PHI E P A U I SI EN NE

sonnes. CËuvre très utile pourla conversation. — • A Chartres, chez Claude Peigné, imprimeur, rue dea Trois Mailets, 1631 [Chartres, imprimerie Gnrnier, 1847), in-i2, 3 f. limin., 59 p. et 2 f. non chiffrés. [Carn., 17525.J

Les documents relatifs aux habitudes domestiques do nos aïeux sont assez rares, pour que je me sois cru autorise à mentiont.er ici celte réimpression, quoique l'original ne soit pas une publication particulièremenl parisienne. On peut cependant trouver des renseignements curieux dans ces dialogues naïfs, et c'est à ce titre que j'ai cru devoir les signaler.

Une note du nouvel éditeur, dit que cette pièce a pourauleurun chanoine de Chartres, nommé FniNCOis PÉDOUE. qui jouit dans la région d'une certaine notoriété. Il parait que l'édition de liiol avait été précédée d'une autre, publiée en 1026. Cette réimpression, faite en 1S47, est fidèle et soignée ; elle n'a été tirée qu'à 7(i exemplaires.

La courte notice <lont elle est suivie est signée G. 1)., c'est-à-dire Georges Gratet-Duplessis.

34. — Le Tableau des piperies des femmes mondaines, où par plusieurs histoires se voient les ruses et arti- (ices dont elles se servent. (1G32.) Texte original avec une notice par lé Bibliophile J.\cob. — Paris, L. Willem., 1879, in-S. xx-244 p. [Carn., 15978.]

Réimpression à 375 expl., dont 25 sur Whatman et 350 sur Hollande, d'une curieuse et rare satire contre les femmes, qui, sous un titre bizarre, fut publiée à Paris, chez Jean Denis, rue Neuve- Saint-Louis, près le Palais, à la Fortune, en \()'i'l. La notice historique et bibliographique qui l'accompagne est pleine d'intérêt tant au point de vue de la publication elle-même qu'au point de vue de publications analogues et de la même époque.

L'auteur du ■■ Tableau des piperies » est sévère pour les dames, aussi sévère que s'était déjà montré le canoniste .lacques Olivier qui publia en 1CI7 son opuscule célèbre « Alphabet de l'imperfection et de la malice des femmes ». On a peine à croire que le tableau qu'ils nous ont l'un et l'autre tracé des mœurs des Parisiennes ne soit pa.-; chargé plus que de raison et seulement pour le besoin de la bonne cause.

35. — Facétieuse adventure (le deux bourgeois de Paris, nouvellcincnl arrivée dans les Marais du Temple de ladite ville; avec ce qui s'est passé en icelle le jeudy 3 février 1033.

Ensembli' les étranges rencontres ([u"ils tirent, et les dangers où ils se sont trouvez. Le tout pour passer le caresme-prenant. — Paris, 1633, pet. in-S, 16 p.

A'oyez sur relie piècf une longue notice dans

le II Bulletin du Bibliophile » de Téchener, année IS6i', p. 875.

Il II résulte de cette facétie, y lit-on. qu'en 1033 le sieur Morel était le directeur privilégié des ballets dansés au Jeu de Paume du Petit Louvre: et que ce spectacle avait lieu dans l'après-midi, puisqu'on en sortait avant sept heures du soir. La toilette de la courtisane est un envieux spécimen des modes du temps: et les infortunes de ces deux bourgeois prouvent que, sous le règne de Louis XUl, la police de la ville de Paris ne s'inquiétait guère de la sécurité publique ».

36. — La Foire de Saint-Germain. — Purix, Jouas Brequiyny, 1643, in-i, i9p.

Par p. SciBROJi. — );dition originale, excessivement rare, de ce petit chef-d'œuvre du genre burlesque, qui a été plusieurs fois réimprimé avec le nom de l'auteur (voy. par exemple les n" 40 et 41). puis en dernier lieu par les soins du Bibliophile Jacob dans son n Paris ridicule et burlesque au xvii= siècle » (voy. le n" 52).

37. — Les DitTérents Caractères des femmes du siècle. Avec la description de l'amour-propre. Contenant six caractères et six perfections. — Paris, chezla veuve de Charles Coignard, au milieu du quai des Aitgustins, à la première chambre, dans son imprimerie; et Claude Cellier., rue Saint- Jacques, au Grand Navire, 1694, ?7i-12,l f. de tit., 5 pour la dédicace, 2 pour la préface, 2pour la table, 1 pour le privilège et 310 p. [Carn., 11137.1

Les coquettes. — Les bigottes. — Les spirituelles. — Les économes. — Les joueuses. — Les plaideuses.

Par SI""" de Pringv. — La première édition [La Haye, in-\i) est sans date, mais a paru vers lOoO. Vue édition, Paris, Brunet, iH99, in-li, porte le nom de l'auteur. (Voy. Barbier.)

38. — Paris burlesque, par le sieur Rkrthod, où est coulcnu les iilouteries du Pont-Neuf; les discours de la galerie du Palais; l'entretien de la Grande-Salle; le (h''Sordredes embarras devant le Palais; une rue en rumeur contre un homme ((u'ou |iieii(| pour un autre; le haut style (les secrétaires de S. liuiocent; l'adresse des servantes qui fei'r(Mit la mule; l'inventaire de la i'ii|>eri('; l'éloquencedesharangères delà Halle et quantité d'autres choses de cette nature. — A Paris, chez la veuve Guillaimie Loxjson, au Palais, en la galerie des pri.somriers, au nom de

TABLEAUX DE MŒLP. S

Jésus; et Jean-Baplii^tc Loyi^on, au Palais, sur le Perron royal, près la porte de la Grande -Salle, à la Croix d'or, 1652, avec privilège du Roy-, in-i, 3/'. iimin. et 97 p. [Bibl. nat., Y 4- 5028] [Carn., i0795 Rés. Edit.

de 1635].

Le privilège est daté du 5 août IGoO. — L'exemplaire de la Bibliothèque nationale ne contient pas de planche.

A la bibliothèque Carnavalet [107flï Réserve], un exemplaire en tous points identiques, mais avec la date de 1655, contient une planche par François ("hauveau.

M. P. Lacroix a réimprimé ce poème dans son « Paris burlesque ». (Voy. ci-dessous le n° 52.) On trouve dans l'introduction de cette réimpression (p. xvi) quelques détails sur l'auteur et surses ouvrages. Le Bibliophile Jacob avait, ditil, d'abord supposé que le nom de Beiithod (qu'on trouve aussi écrit Derthaud Berthauld et Bertaut) n'était qu'un pseudonyme; celui de François Colletet; mais il a renoncé à cette opinion sans arriver pourtant à percer les ténèbres qui couvrent l'individualité de ce poète.

Renvoyant à l'étude du Bibliophile .Taeob et au « Manuel du libraire >> de Brunet (t. I, cul. 818). je ne citerai pas ici toutes les éditions du u Paris burlesque». Elles ont été très nombreuses. Voici seulement l'indication de celles que j'ai eues entre les mains.

39. — La Ville de Paris en vers burlesques, contenant toutes les galanteries du Palais, la chicane des plaideurs, les filouteries du Pont-Neuf, l'éloquence des harangères de la Halle, l'adresse des servantes qui ferrent la mule, l'inventaire de la friperie, le haut style des secrétaires de S. Innocent, et plusieurs autres choses de cette nature. Par le sieur Berthaud. — A Pa7is, chez Jean Promé, en sa boutijiuc proche les Augustins, au Cheval de bronze, 1660, pet.

in-i2, 99 p. [Carn., 17464].

40. — La Ville de Paris en vers burlesques, contenant les galanteries du Palais... [comme dans le n" suivant]. — A Paris, chez Charles Haugrain, sur le quay de Gèvres, au Perroquet, 1665, i.n-\(i, 84 p. [Carn., 1803 *.]

A la Bibliothèque Carnavalet (5187 Réserve), se trouve un exemplaire sous la même date, identique sous tous rapports, mais avec l'adresse ii' Ant. Baf/li-.

41 . — La Ville de Paris en vers burlesques, contenant les galanteries du Palais. La chicane drs j)Iai-

deurs. Les tllouteries du Pont-.Neuf.

L'éloquence des harangères de la halle. L'adresse des servantes qui ferrent la mule. L'inventaire de la friperie. Le haut style des secrétaires de S. Innocent, et plusieurs choses de cette nature. Par le sieur Berthaud. Augmentée de la Foire S. -Germain, par le sieur Scaron. — A Paris, chez Antoine Rafflé, rue du Petit-Pont, à l'image S. Antoine, S. D. ( ),

avec Permission, m-12, 96 p. [Bib.

nat., Y -\- 5028 A.]

Edition difl'éronte de la précédente, mais donnant le même texte.

42. — Une Promenade dans Paris en 1650, avec un poète burlesque. Lecture faite à la Société des Beaux- Arts de Caen par Emile Travers, archiviste paléographe... — Caen, typographie F. LeBlanc-Hardel. 1877, in-S, U p. [Bibl. nat., Lk^ 19457.]

Tirage à part, à 100 exemplaires, des Mémoires de la Société des Beaux-Arts de Caen. Réimpression, avec notes et commentaires, d'un passage du « Paris burlesque », de Berthod (voy. les n- 38, 39, 40, 41 et ai), relatif à Guérineau, graveur et marchand d'estampes au Charnier des Innocents.

43. — A Survey of the estate of France, and of so'me of the adjoining ilands; taken in the description of the principal cities, and chief provinces; -vvith the temper, humor and afTections of the people generally...

By Peter Heylyn... — London,printed by E. Cotes for Henri Selle..., 1656, pet. in-i, 24 f. Iimin. et 424 p.

[Carn., 12478 (in-8).]

Cet ouvrage parait avoir eu plusieurs éditions. Vovez Lowndes, « Bibliographer's Manual », II,

Les pages 33-121 du Voyage de Heïlyn sont seules intéressantes pour nous. On y trouve d'abord des considérations sur les mœurs, puis, p. oO : La vallée de Montmorency. Montmartre, Saint-Denis, le château de Madrid, Rueil. Saint- Germain, Vincennes et Bicétre. — Page 04 : Paris, ses remparts, ses rues; les habitants. — Page 73 : Les i'auxbourgs en général. L'abbaye de Saint-Germain. Le Prévôt des marchands. Les armes de la Ville. L'Hôtel de Ville. Le Grand Chàtelet. L'Arsenal. La Place royale, etc. — Page 80 : L'Université et les Collèges. — Page 00 : La Cité. Les Ponts. Notre-Dame. LePont-ai'- Cbange. Le Petit Chàtelet. — Page 104 : Le Parlement. Le Palais. La justice. — Page 113 : Le Louvre. L'Hôtel de Bourbon, les Tuileries, etc

On trcniviM-a un article sur Hevivn danslelome

il660

III. de la <( Rétrospective Review », p. i2-Sl. Vovez aussi Babcau ■< Les Vovageursen France »,

p. "loe.

44. — Journal d'un voyage à Paris en 1637-1658, publié par P. Faugère.

— Paris, Benjamin Duprat, 1862, m-8, XVI- 518 p. [Bibl. nat., Lk'' 6474.] [Garn., 2842.]

Publication intéressante et curieuse; elle est devenue rare et mérite d'être recherchée. C'est le Journal de messieurs de Villiers, deux jeunes fçens appartenant à une des premières familles lie Hollande, venus en France pour compléter leur éducation. Sans pailer des détails pleins (l'intérêt que contient ce volume sur la cour de Louis XIV et l'histoire de notre pays en général, il faut signaler ceux qu'il renferme sur la physionomie, les monuments, les mœurs, la société et les habitudes du Paris de cette époque. La matière est, on le voit, pleine de variété : c'est au point qu'il nous faut, à notre grand regret, renoncer à donner une analyse de ce vol'irae, à la fin duquel se trouve, du reste, un index alphabétique suffisamment détaillé.

4o. — GallifB accurata descriptio, ejusdem delineatio per vias, sive itinera; cui .... adjectae sunt vicinae proviiiciœ Belgicœ... Item iter Bruxella Lutetiam et lege.s peregrinantibus observand.-E. — Trajecti ad Rhenum, E Typis Gisberii aZyll et Theodorl ab Ackerdick, 1650, in-i2. Fronlisp. gravé. [Bibl. nat., L-^ 7.J

La description de Paris et de ses environs occupe les pages 8-:;0.

46. — La Chronique scandaleuse, ou Paris ridicule de Cl. Le PEtit. — Cologne, P. de la Place, 1668, pet.

in-i2, 47 p. (A la Sphère.)

Edition originale de ce poème qui est très remarquable i:t très intéressant. On pense qu'elle fut imprimée à Amstirdam parU. EIzevier. Elle est très rare. « Le Paris ridicule a dit M. P. Lacroix, était, comme l'auteur le disait lui-même, une pièce du temps de ses anciennes folies; on peut donc supposer avec certitude qu'elle avait étéécrite versl'annéc IG5a ou IG.HO... Elle reproduit avec beaucoup de vérité (en faisant la part de l'hyperbole) la physionomie physique et morale de Paris avant lOGO. Il y a dans ce poème, entaché de négligence et d'incorrections, une verve, une énergie, une couleur qu'on ne trouve que chez les poètes de l'école de Saint- Amant. C'est Saint-Amand que Claude Le Petit a voulu imiter, en opposant son Paris ridicule à \h Borne ridicule de son maître.. . Mais Claude Le Petit est allé plus loin que Saint-Amant, et l'on doit même supposer que les passages les plus hardis de son ouvrage furent supprimés ou adoucis dans les impressions qui ont été faites après sa mort. . . »

Je ne pouvais mieux faire, on le comprend, que de reproduire ici ces quelques lignes du célèbre et regretté Bibliophile Jacob.

Cette citation, que j'ai été, contre mon gré, obligé d'écourter. est extraite de la préface du volume publié par ses soins en 18.50 sous le titra de Paris ridicule et burlesque au dix-septiéme siècle. iVoy. ci-de-sons le n ai.)

Claude Le Petit fut. dans son temps, un pamphlétaire acharné; son impiété et ses penchants au libertinage lui valurent une fin cruelle et terrible. 11 était fils d'un tailleur de Paris. Boileau a dit au deuxième chant de VArt poétique :

Toutefois n'allez pas. goguenard dangereux. Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux ; A la fin tous ces jeux que l'alhéisme élève Conduisent tristement le plaisant à la Grève.

« Quelques années avant la publication de ce poème {\ Art poétique], dit Brossette dans son commentaire, un jeune homme fort bien fait, nommé Petit, fut surpris faisant imprimer des chansons impies et libertines de sa façon. On lui fit son procès et il fut condamné à être pendu et brûlé nonobstant de puissantes sollicitations qu'on fit agir en sa faveur. »

Il était né en I6:!8; son supplice eut lieu en tG6^. Je n'entrerai ici dans .aucun d.itail sur les pièces « impies » qui valurent à leur auteur un châtiment si terrible. Ceux qui en voudront connaître les titres plus que licencieux les trouveront avec des particularités très étendues sur la biographie de Cl. Le Petit et sur la bibliographie de ses œuvres dans les ouvrages suivants :

1» La Préface déjà citée du Bibliophile Jacob et placée en tête de son volume. (Voy. le n" ^i.)

•2" Clnude Le Petit, sa fin tragique en place de Grève à Paris, et ses ouvrages; par Edouard Tricotel. — Paris, J. Tcchencr, I8li3. in-8, 10 p.

X" Manuel du libraire de Brunet. t. 111, col. 901-92, et dans \i: Supplément, t. 1, col. 830-

4° Dans le Bulletin du Bibliophile, de Téchencr, année ISùi, p. 1IG5 se trouve aussi une note courte et intéressante rédigée par M. Paul Lacroix à l'occasion d'une édition de 1G7I.

Je ne veux point énumérer ici toutes les éditions du Paris ridicule : la seule à consulter — je ne parle pas pour les collectionneurs — est celle du Bibliophile Jacob citée ci-dessous (n".ï-2); c'est la plus complète, puisqu'elle reproduit les variantes de toutes les édillons anciennes.

Cependant je crois devoir donner la description des éditions qui se trouvent à la Bibliothèque Carnavalet. Voyez les articles qui suivent celui-ci.

47. — Paris ridictilo par Petit, oi'i il y a cent vingi-six tlizaiiis, c'est-àdire 1260 vers. Pièce satvrique. — S. L., 1672, ??2-l2. 70 V- [Carn., 1801.]

Consulter l'arlicle précédent et le suivant.

48. — Rome, Paris et Madrid litlicules, avec des remarques historiques et un recueil de po([^sies choisies, par M"" DE B*** [de Blai.nville], en Espagne. — A Paris, chez Pierre le

TABLEAUX DE MŒURS

Grand, 1713, in-\2, 2 ff. limin..

222 pages et 1 f. tabl. Figure. [Carn., 1800*.]

En outre de la « Rome ridicule » de Saint- Amant, cii volume contient le « Paris ridicule » de Petit, qui en occupe les pages 47-102. 104 stances.

llans une autre édition (1714?) [Carnavalet ISQO AJ, cotte pièce occupe les pages 220-:?S4. t04 stances.

On trouve aussi à Carnavalet [1700] une copie manuscrite qui semble du xvii' siècle, mais qui m'a paru sans intérêt particulier. Voyez encore l'article suivant.

49. — Paris ridicule de Petit, suivi d'un recueil de [censées rimées, sur les affaires du temps et autres. — A Londrea, 1748, pet. in-S. 48 pages.

[Carn., 16643.]

Voyez les articles précédents.

Cette édition contient 104 stances qui occupent les pages 1-40. Le reste du volume consiste en chansons assez insignifiantes.

50. — Le Tracas de Paris, ou la seconde partie de la ville de Paris en vers burlesques. Contenant la Foire Saint-Laurent. Les mainonnettes. Les subtilités du Pont-Neuf.

Le départ des coches. L'intrigue des servantes. Le pain de Gonesse.

L'afféterie des bourgeoises de Paris.

Le vin d'Espagne. Les mauvais lieux qu'on fait sauter. Les crieurs d'eaude-vie. Les aveugles. Les Gobelins.

Les étrennes. Et divers autres descriptions plaisantes et l'écr'éatives. — A Paris, chez Antoine Rafflé, rite de [sic] Petit-Pont, entre le Pelit-Chastelet et la Fontaine Sainct-Severin , à l'enseigne du Chaudron, 1666, m- 10, 6/". et 84 p. [Carn., :il87 A* Rés.]

Edition originale du poème de François Col- LKTET, dont le nom se lit à la Qn de la dédicace. On la trouve presque toujours reliée à la suite des éditions de même foimat du u Paris burlesque » de Bertbod. (Voy. les n°' 40 et 41.)

Dans cette édition, dont l'achevé d'imprimer est du i mars Kiliti, se trouve un privilège en date du 10 avril IG5S ; ce qui assigne à la composition <le cet ouvrage une date bien antérieure à celle de sa publication.

« Le tracas de Paris » a été réimprimé en 1850 parM. P. Lacroix (voy. ci-dessous le n" Si); la poésie en est pitoyable ; mais il est excessivement curieux. On se rappelle que Boileau (Sa tire l) a ridiculisé la misère de Colletet, le pauvre priète « crotté jusqu'à l'échiné >>.

On trouve à la Bibliothèque nationale une éditon dont l'intitulé est identique à celui de l'édi-

tion originale; mais on lit au bas du titre : A Parts, ctiez Antoine Rafflé, rue du Peixt-Pont, à l'image Saint- Antoine, 1692, avec privilège du Roy. Cette édition est de format iii-U', de S f. linun. ut 86 p.; elle est reliée i la suite de l'exemplaire du « Paris burl-^sque n de Birtliod que j'ai cité sous le n" 41 .

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