Les Petits-maîtres. Satire
— Paris, CL Burbin, 1694, în-4, 17/). [Carn.,5376.]
63. — Aventures secrètes. ParMonsieur De G***. — A P'im, chez Jacques Le Febvre, 1696, petit in-8, 2 A, 259 p. et 2 A de table, [Carn., 17668.]
Contient vingt-quatre anecdotes ou aventures que l'auteur, dans sa préface, assure être véritables. Plusieurs d'entre elles contiennent des traits de mœurs parisiennes qui méritent d'être signalés. Barbier ne cite pas cette édition, mais il en mentionne trois autres, dont deux sous la même date que celle-ci. et la troisième, ^ous la date de 1706. Il indique le nom de l'auteur, Db GaAArr, d'après une note manuscrite de l'abbé Lenglet-Dufresnoy.
64. — Les Sœurs rivales. Histoire galante. — Paris, chez Michel Brunet, Grand' Salle du Palais, au Mercure Galant, 1698, m 16, i /. de lit., 4 pour la Préface. I pour le privilège W296/). [Carn., 11877.]
Hitttoire (sous des noms supposés) des demoiselles Loison, dont la beauté et les agréments agitèrent beaucoup les galants de Paris à la fin du règne de Louis XIV. (Note d'un rédacteur de catalogue.)
65. — A Journey to Paris in the year 1698. By D' Martin Lister. — London^ prinled for Jacob Tonson, at thejudges-head near thelnner-Temple- Gâte in Fleet-ntreet, and at Gray's- Inn-Gate in Gray's-Inn-Lane, 1699, m-8. 3 f.j 245 p.; 6 planches. [Garn., 12196.]
Quoi qu'en aient dit Lowndes et Brunet, cette édition est bien l'édition originale du fameux ouvrage de Lister: je suis convaincu qu'il ne faut pas croire à l'existence d'une édition publiée en 1698. Voyez les articles suivants.
66. — A Journey to Paris in the year 1698. By D»" Martin Lister. The second édition. — London, printed for Jacob Tonfion at the judges-head^ near the Inner-Temple-Gate in Fleetistreety and at Gray's-Inn-Gatey in Gray'ii-lnn-Lane, 1699, in-S, 3 f, 245 p.; 6 pi. [Bibl. nat., Lk' 6005.]
Au point de vue du texte, cette seconde édition m'a semblé ne pas ufTrir de difTércnces avec celU qui est citée sous le n'^ précédent. Les variantes et addition;) n'apparaissent que dans la troisième édition, dont voici la description.
67. — AJourneyto Paris in the vear 1698. By D'MARTi.N'LisTKR.Thethird édition. — Lomlon, printed for Jacob Tonson^ at Gray^n-Inn-Gatc, next Gray's-In7î-Lane,'\()99, m-8. 3 A, 248 p. et G plunches.
Je possède le seul exemplaire que j'aie jamais vu (le cette troisième e<lition. Klle a «ur ses devancières l'avantage de contenir, en seize endroits dilTérents, des passages plus ou moins importants dunt je vais donner, pour les uns, la simple indication, pour les autres la traduction intégrale, traduction qu'il sera utile de reproduire ici puisque les traducteurs de l'édition française clc la Société des Bibliophiles (voy. le n^ 70) n'ont pas connu cette troisième édition, et que cette troisième édition n'a été elle-même reproduite dans son intégrité que par un traducteur allemand (voy. le n^ G8) ; elle avait déjà échappé à Henning (voy. le n^ 60), ainsi qu à Pinkerton.
Voici l'énumération de ces additions.
1". — Page 5 de l'édit. originale, avant le dernier alinéa de trois lignes qui termine \'Avis au lecteur, il manqueun passage de dix-sept lignes qui se trouve dans la troisième édition, page 5, et qui trouverait ^a. p'are dans la traduction de la Société des Bibliophiles, p:<ge 19- Ces dix-sept lignes comro>Micent par : « There was nolbing...» et finissent ainsi : « ... for the fowls and hares.»
En Toici la traduction : « Sur la route de Paris, rien ne m'enchanta plus, à ce triste moment de l'année, que les plaines splendides qui environnent Chantilly, la résidence du prince de Condé. Ces plaines sont entourées d'un côté par de petites collines boisées, et, de l'autre, par une vallée profonde et d'un bel aspect. Cette vallée, de quelques milles d'étendue, est plantée de taillis et de petits bois espacés où te trouvent beaucoup de perdrix, de faisans et de gibier de toutes sortes que nous vîmes vers le soir, par grandes compagnies, çà et là dans la plaine, prenant leur nourriture comme s'ils avaient été apprivoisés. De place en place, entre les taillis, sont des champs cultivés et ensemencés en vue de la chassr: : on ne les récolte jamais : on les réserve, au contraire, aux oiseaux et aux lièvres. »
2^. — Page 18 de l'édition originale, après le dernier alinéa du paragraphe intitulé : • Boati upon the River », il manque un passage de seize lignes qui se trouve dans la troisième édition, p. i*.)-20, et qui trouverait sa place dans la traduction de la Soc. des Bibl., p. 3i. (It is a wonder... quantity of fuel before hand.)
« Il y a lieu de s'étonner que, pendant des hivers longs et rigoureux, tels qu'on les a souvent dans ce pays, une ville aussi grande et au^si populeuse (que Paris) puisse être approvisionnée suffisamment de comoustiblc, cela en bois de chauflTage seulement, et en n'usant, comme moyen de transport que de la voie de terre et de la rivière; tandis qu'à Londres, c'est par mer aussi que nous arrivent le bois et le charbon. Il est certain que sans le canal de Briare qui traverse le pays sur une étendue de quelques cent milles, on aurait peine à arriver a ce résultat. C'est qu'aussi on a grand souci de cette aflfaire à Paris : les marchands de bois sont assujettis à un règlement constant et strict, et sont obligés d'avoir en magasin une quantité déterminée de combustible. »
Je remarque en passant que Lister était mal renseigné sur la longueur du canal de Briare. Ce canal n'a que 55 kilomètres, soit environ 35 milles anglais.
3<>.— Page 5.*% de l'édition originale, entre l'alinéa qui traite des pierres à bâtir et celui dans lequel il est question des h ruines romaines de la rue de la Harpe », il manque un passa^ de douze lignes qui se trouve dans la troisième édition, p 57, et qui trouverait sa place dans l'édition de la Soc. des Bibl.. p. 61-62. (1 was oflen . . . will be something exiraordinary.)
• Je suis allé souvent à l'hôpital des invalides parce qu'il était proche de notre logement ; il ne répondit pas à mon attente : les galeries et la jplupart des pièces destinées au aervice sont étroites et trop petites pour la grande quantité de ses hôtes; à mon avis, la situation de ce monument et les avenues qui v conduisent ne forment pas un ensemble aussi "beau que ce que nous possédons à Chelsea ; notre hôpital, en effet, sous le rapport du nombre des habitants, du bon air et de la propreté (pour ne pas parler du monument lui-même) est de beaucoup audessus de celui de Paris. Il est vrai de dire que le dôme et la chapelle, une fuis leur construction terminée, serontquelquechose d'extraordinaire. • 4®.— Page 72 de l'édition originale, avant le paragraphe consacré aux collections du P. Plumier, du couvent des Minimes, il y a une lacune de vingt-neuf lignes qui se trouvent dans la troisième édition, p. 74, et qui trouveraient leur
place dans rédiiîon de la Soc. des Bibl., p. 7b. {m. Du Pes, surgeon... every man his just praisc.) Mais je ne veux parler de ce passage, consacré à une dissertation scientiHque, que pour indiquer que Lister y nomme • MoiiMeur Du Pes. chirurgien interne de l'Uôlel-Dieu », qui lui communiqua le crine d'un individu décédé dans son hôpital. -Notre voyageur fait aussi mention de « Monsieur Poupart », membre de l'Académie royale, au sujet de la dissection d'une sangsue.
5**. — Page 79 de l'édition originale, aTant le paragraphe où il est question de l'abbé Bignon, lacune de cinq lignes qui sont dans la troisième édition, p. 81, et qui trouveraient leur place dans l'édition de la Soc. des Bibl. p. 81 . (The monthly Register... of thcm neither.) « Le Rcgistremensuel, ou Transactions philosophiques [Mémoires de l'Académie] est un des plus beaux ouvrages qui ait été imprimé de notre temps; on le vend actuellement 13 livres sterling, et il est presque épuisé. »
6^. — Page 136 de l'édition originale, après le paragraphe relatif à une vente de livres cfans *.a rue Saint- Jacques, lacune de dix lignes qui sont dans la troisième édition, pa^el38, et qui trouveraient leur place dans l'édition de la Soc. des Bibl..p . 127(lhad itfrom... their manufactures.) « J'ai entendu dire par un des meilleurs libraires de Paris que la cherté du papier et des livres provenait non seulement des impMs, mais aussi du manque d'ouvriers, ainsi que de la fermeture d'un certain nombre de moulins; il ajoutait que, tandis qu'avant la guerre, on fabriquait habituellement 120.000 rames de papier par an en Saintonge seulement, on n'en fabrique actuellement pas même 15,000 rames. Il paraît qu'il en est de mémedans un grand nombre d'autres fabriques. »
7®. — Page 140 de l'édition originale.le passage relatif à la manufacture de porcelaine de Saint- Cloud est incomplet de deux lignes; édition de la Soc. des Bibl., p. 130. Ajoutez : « Moi et d^autres personnes, nous emportâmes quelques uns de ces vases avec nous ». (Troisième édition, p. 142.^
8**.— Page 145 de l'édition originale, à la Gn du
fiaragraphe sur le plâtre, il y a une lacune de dix ignés. Edition de la Soc. deit Bibl., p. 134. — Troisième édition, p. 147. (The pla>ter hère gives... to make it tough.) «i Le plâtre donne ici de grandes facilités pour les constructions parce qu'il se travaille aisément; on en lait des mottes que l'on place les unes sur le^ autres et l'on élève ainsi une cheminée ou un mur de plusieurs pieds de haut; mais cette con!«truction se dégracie facilement et il n'est pas aisé de la réparer. Ce plâtre sèche et se durcit si promptement qu'il semble impossible de le mélanger avec du sable pour le faire prendre . »
9^. — Page 148 de l'édition originale, avant le paragraphe consacré à des observations sur Pusage des légumes secs, il y a une lacune de dixhuit lignes. Edit. de la Soc. des Bibl.. p. 136. Troisième édition, p. 150(1 hâve heard of the old fishermen... the King's slaughter house.) Il n'est question dans ce passage que du sel employé par les pécheurs de Scarborough.
10®. — Page 155 de l'édition originale.édition de la Soc. des Bibl.. page t4.{, paragraphe relatif aux champignons ; la troisième édition contient, p. 158, six lignes de plus, sans intérêt.
1 1®. - Page 164 de l'édition originale.à la suite des mots m anised water » qui terminent la ptge, ajoutes vingt et une lignes qui manquent dans
redit, delà Soc. des Bibl., p. 151, et se trouvent dans la troisième édition, p. 167. (1 must not forget... excellent brandy.)
• Il ne faut pas que j'oublie Teau-de-vie ordinaire ou braiiay de Nantes qui n'était autrefoi^ que la boisson du matin des crocheleurs, mais qui maintenant, de beaucoup améliorée^ est considérée comme un des meilleurs spiritueux de l'Europe ; et cependant elle n'est fabriquée qu'avec un raisin blanc de Bretagne, pauvre, à moitié mûr et aigrelet. ..»
12®. — Page 169 de l'édition originale, après le mot « palatable ** ajoutez douze lignes (éd.
de la Soc. des Bibl., p. 154) qui se trouvent dans la troisième édition, p. 172. (Monsieur Geofrvs hath this caution . . . particularly well descri'bed.)
m Monsieur Geofrys [Geoffroy] qui, en raison de ses fonctions de magistrat, possède une conduite d'eau dans sa cour, prend certaines précautions au sujet de l'eau de Seine et ne la boit que quand elle a été filtrée au travers d'une couche de sable épaisse de trois pieds disposée dans un grand réservoir; de cette façon, on boit de l'eau claire, fraîche et sans doute plus salubre. Les citernes de Venise sont construites en ce genre ; Sir (forges Wheeler les a très bien décrites dans ses Voyages. »
13®. — Page 173 de l'édition originale : édition de la Soc. des Bibl., p. 159, lacune de treize lignes qui se trouvent dans la troisième édition, p. 177. (We may add. . . of crimson velvet.)
m Je dois encore parler des grands bals qui se donnent à la cour et ailleurs. Monseigneur l'ambassadeur est allé au bal chez monsieur de Montargis le mardi eras ; les déguisements étaient nombreux et charmants ; il v avait au moins six cents dames. Les rues étaient tellement encombrées par les carrosses que celui de l'ambassadeur ne put bouger jusqu'à sept heures du matin, de sorte que sa seigneurie fut, par l'autorité du suisse, contrainte de faire un certain chemin a pied avant qu'on pût le faire avancer. Parmi les masques, on remarauait le duc d'Elbeuf, M"** de Pnrthsmouth, et plusieurs autres personnes, en robes de velours cramoisi. »
14®.— Page 174 de l'édition originale, à la suite du paragraphe où il est question des sermons ledit, delà Soc. des Bibl., p. 160), lacune de vingt-six lignes qui se trouvent dans la troisième édition, p. 178-179. (I cannot say... school of good breeding.)
• Je ne puis dire que notre qualité de protestants ait été pour nous la cause de quelque ennui dans nos conversations, même quand nous avons rencontré le Saint - Sacrement, ce qui nous est arrivé souvent, soit à pied, soit en voiture, je ne me suis pas aperçu qu'il nous ait été fait le moindre affront. J'ai pu observer aussi que. quant à la religion, le caractère des Français diffère beaucoup de ce qu'il était il y a quelques années. Je dois dire quechez la noblesse ou au milieu des savants je ne me suis aperçu de rien, à cause de leurs bonnes manières, mais dans les classes inférieures c'était beaucoup plus visible : je veux parler d'un certain air d'animosité contre tous les protestants, mêlé de dédain et de mépris pour eux. Si cet esprit de bigoterie, qui ne provient sans doute que de la persécution que les Français ont fait subir à leurs frères et à leurs voisins, prend racine chez eux : et si des relations intimes ne sont pas renouées de façon à ce que ce mal grandissant vienne à
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