‹ Bibliotheca americanaChapitre 5 sur 14 · XL1V · texte numérisé non relu

XL1V

Franc. Martin, de l’ordre des Cordeliers, dont on conserve le manuscrit k Caen la change seul de son autorité privée et la porte à 1659, en donnant toujours comme lieu d’impression la ville de Rouen. HEpitome de la bibliotheca oriental y occidental de Leon Pinelo, livre qui fut reédité comme on sait par Barcia au XVIIIe siècle, est le seul ouvrage en ce tems où soit mentionné le voyage que nous réimprimons, avec une certaine exactitude, mais la encore, le titre de la relation publiée par notre pauvre missionnaire se trouve si singulièrement altéré par le bibliographe espagnol, qu’on voit dans cette indication erronée l’influence de Denis de Gênes, il est difficile de reconnaître sous un pareil déguisement l’habile continuateur du P. Claude d’Abbeville *).

Nous en avons k peu près la certitude, par les manuscrits que nous a légués le grand couvent de la rue St. Honoré, Yves d’Evreux vécut au-delà de l’année 1629, mais il ne revint pas k Paris, tout indique même, qu’il devait être tombé dans une sorte de défaveur, pareeque l’on avait sans doute k coeur de faire oublier au roi d’Espagne les tentatives qui avaient été faites naguère sur le Maranham. Cela est si vrai, que les anciens chefs de l’expédition ne purent renouer une vaste entreprise, dans laquelle étaient engagés leurs plus chers intérêts. Malgré la faveur dont il semble avoir joui k la cour, l’amiral de Razilly échoua complètement dans ses tentatives sur ce point, et lorsqu’il fut rendu k la liberté, après

1) La première édition de YEpitome, supprimée par ordre de l’inquisition et devenue rarissime, ne porte sur son titre gravé, qui fixe la date de l’impression du livre à 1629, que les noms d' Antonio de Léon , celui de Pinelo est omis. Il n’y est fait nulle mention d’Yves d’Evreux (ce livre fait partie de la bibl. Ste Geneviève), l’édition donnée en 3 vols. pet. in-fol. par Barcia travestît ainsi le titre de notre livre: Fr. Yvon de Evreux , capuchirio. Relacion de su viage al Reino de Marangano , con sus companeros : historia de las Coslumbres de aquellas naciones. Imp. 1654, in-4. frances.

sa captivité dans le château de Belem, le brave La Ravardière, ne retourna jamais dans l’Amérique du sud. Ces deux noms paraissent encore une fois dans l’histoire de notre marine1), et ils apparaissent glorieusement, mais c’est en Afrique, sur ces côtes inhospitalières, où de hardis pirates devaient être châtiés de temps à autre, pour que toute sécurité ne fut pas enlevée à notre commerce.

La Ravardière employa glorieusement et, nous le voyons, d’une façon toute chrétienne, les dernières années d’une vie active, consacrée entièrement à la gloire de son pays; le temps lui manqua pour tracer le récit de ses voyages dans l’Amérique du sud. Nous savons de science certaine que, par ses ordres, une relation détaillée de son expédition sur les bords de l’Amazone avait dû être dressée en 1614. Cette espèce de journal, qui éclaircirait tant de choses, ne nous est pas parvenu, il ne serait pas sans intérêt à coup sûr, de la comparer aux documents qui nous ont été transmis vers le même temps par un autre Français, dont les voyages ont eu les honneurs d’une réimpression. Dix ans auparavant, en effet, le garde des curiosités de Henri IV et de Louis XIII, Jean Mocquet avait parcouru les rives de l’Amazone, vers le milieu de l’année 1604, et s’était efforcé de faire connaître le grand fleuve à ses compatriotes. Malheureusement, ce pauvre chirurgien de campagne, avait plus de zèle que de lumières et ses observations ne pourraient se comparer k celles d’un homme aussi connu par son instruction que par sa loyauté. Le voyage de La Ravardière

1) Isaac de Razilly, chevalier de l’ordre de St. Jean de Jérusalem , premier capitaine de l'Amirauté de France , chef d’Escadre des vaisseaux du roi en la province de Bretagne, est nommé amiral de la flotte royale qu’on expédie sur les côtes de la Barbarie en 1630 et il s’adjoint La Ravardière: le 3 septembre de la même année nous le trouvons devant Safy, où il s’occupe du rachat des captifs.

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