‹ BibliothéconomieChapitre 20 sur 104 · La méthode de disposer une bibliothèque dans · texte numérisé non relu

La méthode de disposer une bibliothèque dans

l'ordre alphabétique ne présente d'autre avantage que celui de pouvoir trouver un livre sans consulter le catalogue ; elle a , de plus, tous les inconvénients dont on vient de parler et que l'on doit toujours chercher à éviter.

5. Une autre manière employée dans quelques bihliothèques d'Allemagne , c'est de donner une place invariable à chaque volume , en indiquant à cet effet , sur son étiquette , l'armoire et la tablette qu'il ne doit plus quitter ; mais elle présente également trop d'inconvénients pour l'adopter, ne serait-ce que par la raison seule que toute intercalation, ou le moindre déplacement d'un seul volume, devient impossible sans le changement complet du numérotage d'un ou de plusieurs corps de bibliothèque.

6. La classification des titres dans le catalogue sysématique ou alphabétique se fait , il est vrai , sans ?gard à la différence des formats , aux dates ou à toute mtre particularité ; mais il n'en est pas de même sur es rayons : là , les livres doivent être réunis par fornat et par classe , division , subdivision , suivant les ocalités et le nombre de volumes. Remplir les corps le bibliothèque, de haut en bas, de volumes d'un même brmat, est incommode pour les recherches et souvent illisible aux livres; car, en plaçant des petits formats iurles tablettes du bas, on oblige a se baisser beaucoup )our lire les étiquettes et pour prendre les volumes. Mettre sur les tablettes supérieures des in-folio est ilus incommode encore , surtout si l'on est obligé , )Our les atteindre , de monter sur une échelle (1). Le nieux est donc de placer les in-folio sur les rayons du )as , ensuite les in-4o , et de continuer ainsi , en dininuant de format à mesure que les rayons sont plus 'levés.

7. Au reste , une étude particulière , que l'on ne >cut faire que par la pratique , est celle de connaître es classes et divisions qui se distinguent par leur

(L) C'est ainsi que le célèbre Eberi flt «ne chute mortelle , en vou-s ,ant prendre un gros volume in-fo placé sur un rayon élevé.

Pibliothêconomiç, S

format. Par exemple , les bibles, les Pères de l'Eglise , les conciles et scolastes, exigent plus de plaee pour les in-f° que pour les in-4<> et in-8« ; les belles-lettres , au contraire , ne demandent presque que des rayons à la hauteur d'in-8o ct in-12 ; l'histoire naturelle, la géographie , les voyages , les antiquités , l'architecture, fournissent, en proportion égale, des in-4« et des in-8», mais demandent une place particulière pour les atlas qui accompagnent ordinairement ces sortes d'ouvrages.

8. Lorsque les localités l'exigent , on peut réunir les formats qui diffèrent peu en hauteur , tels que l'in-8» avec l'in-40 , et l'in-18 avec l'in-12 ; on peut aussi joindre l'in-f.° oblong à l'in-4o , l'in-4<> oblong à l'in-8o , et ainsi de suite. Mais pourquoi éloigner ainsi des volumes de leur format naturel ? Ce n'est convenable que lorsqu'un volume fait partie intégrante d'un ouvrage d'un format inférieur , comme les atlas des voyages , des livres d'histoire naturelle , etc. La grandeur du papier et les marges de certains volumes obligent aussi quelquefois à les mettre avec un format plus grand que celui indiqué par la justification typographique. Dans tous les cas , il est indispensable que les catalogues fassent mention des transpositions de ce genre.

9. Quant aux volumes d'un format qui dépasse l'infolio ordinaire, qui empêche de les ranger à la place que leur assigne leur contenu , l'endroit le plus convenable pour eux est le dessous des tables où peuvent être mis les plus grands atlas , et d'où on les prend facilement pour les ouvrir de suite sans être obligé de les porter quelquefois au bout de la salle pour les poser sur une surface apte à les recevoir.

10. L'aspect agréable de l'ensemble d'une bibliothèque , produit par une certaine recherche dans l'arrangement des livres et par une grande propreté , doit être aussi sensible que lorsqu'on visite une galerie de tableaux, un cabinet de médailles ou une collection d'histoire naturelle. Cette coquetterie , tant qu'elle

n'est pas exagérée , sied tout aussi bien à ces établissements que la mise propre et soignée à un homme bien élevé.

11. Dans le travail du placement des livres sur les rayons , la première règle à suivre est de ne pas y poser un seul volume sans qu'il soit dûment collationné , catalogué , estampillé , étiqueté , et , s'il est possible, relié. Ensuite, on a soin que les volumes d'un même ouvrage , placés sur la tablette , se suivent toujours de droite à gauche , c'est-à-dire que le premier soit à droite et le dernier à gauche. De cette manière , en empilant un ouvrage , le premier volume se trouve toujours en dessus.

Il n'en est point de même pour les numéros d'ordre de chaque livre : on les commence par la plus basse tablette , et on les continue en serpentant jusqu'au haut du corps de bibliothèque. Le dessin n<> 3 des gravures démontrera que les numéros 31 , 32, etc., se trouvent immédiatement au-dessus du n<> 30 , placé sur la tablette inférieure. Si on ne serpentait pas ainsi d'une tablette à l'autre , on serait forcé de retourner à la suivante , et on s'exposerait , sans nécessité , à une fatigue et à une perte de temps aussi désagréables qu'inutiles.

12. Il faut porter le plus tôt possible les nouvelles acquisitions aux catalogues et les mettre à leur place. Par ce moyen , le classement des nouveaux livres se fait insensiblement , et ne présente pas l'effrayant travail d'une grande quantité de volumes à inscrire , à étiqueter et à placer tout à la fois.

L'accumulation est toujours plus grande que l'on ne pense , même dans la plus petite bibliothèque , et devient bien vite encombrement; on redoute d'entreprendre la besogne , on diffère de jour en jour , le nombre augmente , et le premier pas vers le désordre est fait. Rien de tout cela n'arrive quand on exécute le travail au fur et à mesure qu'il se présente.

13. Une chose importante est de ne pas être à l'étroit dans la place destinée aux livres : le manque

d'espace nécessaire aux volumes en rend le placement difficile , l'usage incommode , et fait souvent renoncer à une recherche intéressante. Quel est l'homme, quand même il n'aurait que quelques centaines de volumes , qui n'a pas fait l'expérience de ces inconvénients, lesquels augmentent en proportion de l'étendue d'une bibliothèque ?

Savoir tirer bon parti de la disposition d'un local , c'est un grand avantage quand on manque de place , et souvent on s'étonne de ce qu'on a pu loger un si grand nombre de volumes dans un emplacement qui auparavant n'en contenait que les trois quarts ou les deux tiers. L'expérience seule peut donner cette habileté dans le maniement des livres, ce coup-d'œil juste pour les distances , et la patience de ne pas se laisser décourager par plusieurs essais avant d'avoir atteint le but désiré.

14. La distance à observer entre les rayons se règle d'après les formats auxquels ils sont destinés , mais elle doit être un peu plus grande par rapport à la différence des papiers , ou pour prendre facilement les volumes. Les in-folio se placent sur les rayons les plus bas , et ainsi graduellement les plus petits sur les rayons supérieurs. On doit chercher à acquérir, pour cette besogne , la connaissance spéciale de toutes les localités des salles dans lesquelles une bibliothèque est placée , pour pouvoir en utiliser chaque coin propre à recevoir des volumes.

lo. Outre les ouvrages dont le format excède celui de Tin-folio ordinaire , et que l'on est obligé de placer à part , il y en a encore d'autres qui , par le genre de leur exécution, leur rareté, leur contenu, etc. (des ])reliosa), demandent pour leur conservation à être rangés séparément : tels sont les manuscrits , les livres imprimés sur parchemin , ou dont la reliure est remarquable, ornée d'or, d'argent, de pierres fines, etc.; ceux remarquables par leur perfection typographique , ceux enrichis de gravures , de peintures ou de dessins de valeur , accompagnés de lettres ou de notes auto-

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