DES BIBLIOTHÈQUES EN GÉNÉRAL
1 . Que deviendraient ces magnifiques bibliothèques, et à quoi serviraient-elles, si elles n'avaient de ces conservateurs qui, par leurs connaissances et par leur zèle obligeant , les rendent utiles à tout venant et en facilitent tout le service par une organisation méthodique et bien entendue ? Ce seraient des mines d'or sans exploitation !
2. Pour que la réunion d'un grand nombre de livres mérite le nom de bibliothèque, il faut qu'ils soient classés d'après un système quelconque , arrangés de manière que l'on puisse s'en servir, et surveillés avec soin. Le principal moyen pour rendre une bibliothèque vraiment utile , est de pouvoir satisfaire le plus promptement et le plus facilement possible aux recherches littéraires ; et, pour y parvenir, il faut de bons catalogues et une disposition bien raisonnée des livres. Quant à l'étendue, il y a une grande différence entre une biblio-
A. A- Eenouard ; Annales de l'Imprimerie des Estienne , 2 paries. 80. Ibid. 1837-1838.
Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur.
, t toI. 80 Ibid. 1819.
: (1) A.-A. Barbier; Dictionnaire des Ouvrages anonymes et speu-
; ionymes, etc. 4 vol. 80. Paris. 1822-1827.
' Catalogue de la Bibliothèque du Conseil d'Etat.
: vol. in-fo. Ibid. 1803.
I (2) F. A. Ebert; Bibliogr. Lexikon. v. page 6.
Die Bildung des Bibliothekars. 2 vol. 8°. Leipzig.
thèque publique et une bibliothèque spéciale ou particulière : celle-ci a besoin d'un choix de livres ; dans l'autre, au contraire , destinée à répondre aux prétentions du public, dont le goût est aussi varié que les besoins, c'est le nombre, plus important que leur choix , qui ne peut être pris en considération que lorsque l'étendue est proportionnée aux personnes qui la fréquentent.
1. De tous les établissements qui conviennent à un pays éclairé et à un peuple civilisé , le plus distingué, le plus utile est certainement une bibliothèque où tous les matériaux de la science sont déposés de manière à être continuellement à la disposition des hommes studieux. Quelque fortune qu'un particulier puisse posséder, il ne peut avoir qu'une bibliothèque circonscrite, et, eût-il même l'argent et le temps suffisants pour réunir l'immense quantité de livres nécessaires aux étude* qui remplissent la vie des hommes , ce serait encore le place qui lui manquerait pour les loger. Ce sont donc de nobles et généreuses institutions que celles qui metten! des centaines de milliers de volumes à la disposition d( quiconque veut en feuilleter un seul.
2. Le premier mérite d'une bibliothèque publique es dans sa richesse en livres et dans l'ensemble le plus com
1)let de leurs classes ; le second, dans la facilité et dan a liberté pour le public d'en jouir ; et le troisième, c'es sa conservation pour les temps futurs. La beauté de soi local et autres propriétés tant recherchées par les bi bliomanes, sans être à mépriser, ne sont que des accès soires ; l'utilité publique et leur durée, voilà le grand e l'unique but de ces collections ; car les bibliothèques qt appartiennent à l'Etat , ou à un établissement constitu indépendant, ou à un corps savant, sont les seules qu Ton puisse regarder comme permanentes. En remor, tant à leur origine , on trouvera que le plus grand nom bre la doit ou aux anciens couvents, ou au don de quel
DES BIBLIOTHÈQUES PARTICULIERES, li
que amateur, qui, bien avec l'intention que la bibliothèque qu'il a réunie avec soin reste utile pour toujours, la légua à une autre déjà existante , ou comme souche, pour être continuée, étendue et élevée en un grand monument qui maintenant est un sujet d'admiration. Cependant les premières bibliothèques créées dans le but précis d'utilité publique ne datent que de la fin du xvi© ou du commencement du xviie siècle :
La Laurentienne à Florence, de 1571 , La Vaticane à Rome, de 1588-1590, L'Amb roisienne à Milan, de 1604-1609, L'Angélique à Rome, de 1605, La Bodleïenne à Oxford, de 1612, La Mazarine à Paris, de 1648, Celle du Roi à Paris, de 1737.