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DES BIBLIOTHEQUES PARTICULIÈRES OU SPÉCIALES

1. Les bibliothèques particulières sont à considérer sous un autre point de vue , parce qu'elles sont circonscrites par la fortune, le goût ouïes études de prédilection de ceux qui les forment; mais, par le zèle et par la persévérance d'un propriétaire éclairé , elles peuvent, sans être aussi étendues que lesbibliothèques publiques, acquérir le mérite d'être plus complètes dans certaines parties de la littérature , et de présenter par là plus de ressources aux recherches que ces collections publiques, rmi , malgré leur immensité , ne peuvent posséder un ensemble aussi complet sur chaque spécialité. Plus d'un exemple nous prouve ce que peut la constance d'un lomme qui , pendant toute sa vie , a en vue le but de 'ormer une collection quelconque ; il est rare qu'elle ne Inisse par offrir, dans son genre , des renseignements ît des matériaux que l'on chercherait vainement dans es grandes galeries de l'État. Cependant, il ne suffit pas qu'une bibliothèque particulière se distingue par l' ensemble au grand complet sur une science , on exige en-

core que , par le choix des exemplaires, elle mérite le titre de bonne et belle bibliothèque.

2. Ce goût de tonner des bibliothèques n'est pas également prononcé et répandu chez les gens riches de tous pays , et l'on ne peut contester qu'on le trouve plus chez les Anglais que partout ailleurs. Leurs fortunes leur permettent de ne reculer devant aucune dépense, et les ventes publiques témoignent qu'ils n'hésitent point à payer des ouvrages très-cher pour empêcher qu'ils ne sortent de leur patrie. Les lois et les usages de ce pays conservent, en outre, les propriétés de toute espèce plus long-temps dans les mêmes familles ; aussi l'Angleterre possède-t-elle beaucoup d'anciennes bibliothèques particulières, et sur tout le continent, à l'exception des Etats d'Autriche, il n'en reste que peu, ou peut-être aucune.

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