‹ Bibliothèque bretonne, collection de pièces concernant l'ancienne province de BretagneChapitre 35 sur 46 · CANTATE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CANTATE HISTORIQUE

iiiretoée ii lérot iMnaiinais le Jour de la Salnt-Bertraia ( le 3 Jvillft) (a) ,

Par c. a. legourt des perriéres (b }.

De plus grand chevalier ne fut mes chansoa lue Ni dite en nulle court ni sur place ou sur rue. LAMBERT LI CORT, Alexandre, chant IV.

Enfançonneau dans les tourneis Parmi les jeunes gens de Broon,

Déjà favori de Bellone, C'est loi qui Os plus de tapage,

Tu méritas par tes exploits. Et tu fus le plus fier luron

Des damoiselles la couronne ; De tous les garçons de ton âge.

Tu fus l'orgueil de la cilé, Tu Iriomphas, de tout côté,

La fleur de la chevalerie, Par la force de ton génie ;

Tu mérilas de la beaulô Dans l'univers lu fus vanté»

En honorant noire patrie. Partout on te portait envie.

(A) On célébrait jadis pompeusement à Broons et à Dinan la Saint-Bertrand, le juillet. Cette chanson de geste est une de celles que l'on chantait à ces iètes, qui entretenaient le vrai patriotisme et l'amour de nos gloires nationales.

[B] M. E. R. Lecourt des Perrières, né dans le seizième siècle, à Saint-Riîeul, en Plénée-Jugon, ou aux Perrières, en Landehen, est auteur d'une cinquantaine de chansons, rondes, ballades, cantates et romances, dont plusieurs sont enoore popalaireK, comme les Cas de la Rochelle, le Fieux refrain français^ le Cousinage $ etc., d'un poème contenant l'analyse de VAlexandriade, et autres poésies fugitives. ItoQS publierons peut-ôtre quelque jour le recueil complet de ses pRnres de ven> dont un petit nombre seulement u clé imprime dans la collection de Louis.

A Diiian i^uaBi tu combaUis, Af ec l'ardeur qui tout entraîne, Le perflde Cantorberys, Detanl la savante Tliiephainc ; Tu fus riionoeur de ma cité, La fleur de la chevalerie :

11 mérite de la beauté Le cœur qui bat pour la patrie.

Tu jouas tour de ta façon Dans Rennes à la bande anglaise ; En sortant de sous ton talon Lancastre eut la mine bien niaise.

Dans cent combat tu fus vanté :

Tu méritas, toute la vie.

Le souvenir de la beauté Et les respects de la patrie.

Le plus vaillants des bucberons, A Fougcray, par industrie.

Tu sus, avec tes compagnons.

Fonder la belle confrérie (c).

Dans '.ous les lieux tu fus vanté ; Tu meriuis, toute ta vie, Les souvenirs de ta cité Et les doux regards de (a mie.

De chacun tu ii& respecter Les droits, les manoirs ai Ses terres ; Dans totis les lieux lu sus porter Loyauté franche de nos pères ; L'honneur fut ta divinité; Tu fus maître en clievalerie; Tu fus bien cher à la beauté Car tu défendais la patrie.

Tu portas des coups meurtriers A tout ennemi de la France ; Et tu cueillis tous les lauriers Par les hauts feits et ta vaillance ; Dans tous pays Ui fus vanlé.

Et, durant le cours de ta vie, Tu te montras, de toutoôlè.

Fidèle à Dieu, bon pour ta mie.

viu.

Partout tu sèmes le trépas :

Tu cours à grand vol à la gloire ; Par la pesanteur de ton bras.

Tu ùies toujours la victoire.

Tu triomphas de tout c^té.

Kl tu sus plaire à ton amie; Tu fus l'honneur de la beauté Et le soutien de ta patrie.

[C] On lit que Bertrand Du Guesclin se déguisa en bûcheron pour entrer dans la place de Fougeray. C'est t cause de cela qu'il fut regardé comme \e/bndeur ou le créaleur de la Société des Fendeurs ou du compaguonage des uucbeions. On sait que les principaux propriétaires de bois et de forêts tenaient autrefois 4 honneur de salaire recevoir membre de l'associa lion des bûcherons ou fendeurs; plusieurs personnes se rappellent encore les lèlcs brillantes qui eurent lieu au chAteau du Rou- Tre, dans lo dernier siècle, quand M. Lecomte du Bourblanc, ancien conseiller d'Etal, y fut reçu feftdeur ou bdeheron.

La première question adressée à un compagnon ou récipiendaire, est celle-ci : Quelle est ta mère? L'a flidé bais.se les yeux pour désigner hi lerre. — Deuxième ifuesiion: Quel est l'arbre le plus touffU de la forêt? Le compagnon agite la %^o pour indiquer le cuir chevelu, elc.

Ces vieux usages dij»paraisscul comme nos jolis clochers à jour.

Ta sçus bailler par la valeur Aux fanfarons déconvenues Et tu sus même à la laideur Donner des grâces inconnues, Tu merilas de tout côté.

Par la vertu, ta courtoisie, Et le souris de la beauté Et rhommage de la patrie.

Devant Melun, contre l'Anj^lais, On voyantes lances bretonnes Des gascons et des Navarrais Percer les plus fortes colonnes ; On te nommait dans nos cités La fleur de la chevalerie ; Tu te montras de tous côtés Fidèle au roi, bon pour la mie.

Tu te fls redouter^ Bertrand, Tu te montras bon capitaine ; Et sous les remparts de tfeulan Lt dans les plaines de la Seine ; Dans tout combat tu fus vanté ; Et méritas, toute ta vie, Le souvenir de la beauté Et les respects de la patrie.

Tu fus la perle des héros; Et des preux tu fins le plus sage; Tu méritas par tes travaux De nos devoirs le pur hommage.

Tu fus l'honneur de ma dlé ; La gloire de la Templerie ( d ) ; Tu te montras de tout côté Fidèle à Mars et à ta mîe.

Alors que Charles le grand roi, Eut besoin de ta forte épée.

Vers Dinan qu'il mit en émoi Il te fit fïiire une équipée ; Tu vas attrister la cité.

Toi, la fleur de la Templerie, Tu n'es plus cher à la beauté.

Tu te bais contre ta patrie,,,

Mais dans son zèle pour les lys Elle comprit bien ta grande âme Qu'on ne trahit' pas son pays Pas plus que l'amour de sa dame.

Tu fus l'honneur de la cité, La fleur de la chevalerie.

Tu n'attristas pas la beauté Et te souvins de ta patrie.

[D] Bertrand Du Guesclin fut grand-maître des Templiers^ comme on peut le voir dans l'histoire de cet ordre célèbre, en môme temps qu'ifétait le premier chevalier de son époque. C'était à qui obtiendrait l'honneur de combattre avec lui, et Ton semblait toujours adresser à Bertrand ces mots que Lambert Li Cort de Surpont met dans la bouche du brave Anligonon répondant àEmenidus, l'un des douze barons ou pairs-généraux de VAlexandriadc :

Mieux veulx être avec vous en icdle bataille, nu clic ciupcrcur à Rome ou roi de Cornouaille. (L. LI COUT, ^/('.r., iSiê^e de Tyr,)

— ODD —

Vontforl le fit garder sans droits Auprès d'Évran que Rance arrose, Quand du pieux Charles de Olois Tu défendais la noble cause. Des chevaliers tu fus la fleur En bravoure et en courtoisie Tu rehaussas par ta valeur Ta damoyselleetla patrie,

Pourquoi laul-il que tes héros.

Dons le débat de la Brelagne, Aient répandu leur sang à flots.

Et d'Auray jonché la campagne ?

Ton nom dans cent lieux fut vanté, Tu méritas toute ta vie l.es hommages de la cité Et les baisers de ton amie.

Tu fus un puissant paladin.

En E.Hpagnc et en Normandie, Dans le Maine et le Limousin, Enfin durant toute la vie; Tu fus rhonneur de ta cité La ileur de la chevalerie :

Il M, digne de la beauté Le cœur qui bat pour sa patrie.

Wlll.

On vit des dames de rcnon.

Cuind tu fus pris pour Transtamarre* Filer le prix de ta rançon.

Et te délivrer d'un barbare ; Célèbre dans toutes cités, Tu fus maitre en chevalerie, Tu conquis le cœur des beautés Avec rameur delà patrie.

Dans la Guyenne et le Poitou Tu traitas bien ta compagnie.

Dans la Bourgogne, enfin partout La bourse au soudar l fut garnie ; Tu fus vainqueur d« tout côté Et grand maitre en chevalerie.

Il marche à V Immortalité Celui qui sert bien sa patrie !

Devant Château neuf de Uandon Ton cri fait tomber les murailles; Après ta mort, par ton renom.

Tu gagnes encor des batailles.

Tu fus un héros res|)ecté El la fleur de la Tenplerie, L'ence/tè de ia posîétité Est à qui meurt pour sa patrie ! ! !

Rolland LECOURT DES PERRIÈRE^.

— Il est bien à désirer que Ton publie des éludes sur le poëroe cité plus haut, Tépopèe romane d'Alissandre d'Aîier, par îx^tbcr Li Cort de Surpont ou plutôt Lambert de Siirponl, dit Ltcc^t.- (Superponiem, — le Pont-Rodeau), en Landehen, ou Leseourl, en liaroué. Ce poème épique, du 12* siècle, intéressant monumeni de no- Ire littérature primitive, auquel le vers de 12 pieds a emprunté son nom de ters alexandrin, contient de nombreuses allusions à Thistoire de notre province et renferme plus de 60 nomsap|>artenantàla Bretagne, et spécialement à Tarrondissement dcDlnan, comme les noms d'Amiot, Aiglenle, Balan, Bellestrc, Bîgneon, Boschier(noQ de famille de la i;nèrede Tauteur) Bodart, Bogar, Cechu ou Bossu, Bo.sq. Briant, Bodin, Boissclel (lllsde Boissel), Baies, I^ Bart (nom d'un sénéchal de Dinan), Blanchenoe, Caliou, Cuulus, Con^tunlin; Clis^on, Corbin, liilès, Daniel, Dcnays, Elic, de PEscu,

Ferrel, Ferrandiii, Gastinel, Clenays, Grignarl, Coude, Granii«i, Gauvin^ Gratien, Giiinochel ((ils deGuinot)* Ilobex, Jouvenle, LehoDD, de Lairilz« LezîArl, Maladou, Monlauiïi'oy, Morfouace (en Plumaugal), Uonnier, Pinczon, Pînarl, Pioel, Piroa» Percevaux, Ogier, Rehari, U Roche, Richebots, Saladin, Sabioot» SaiNM, Twraiicr», Vaucouleurs, etc., elc.

Notice Historique et Bibliograpliiqiie

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