‹ Bibliothèque bretonne, collection de pièces concernant l'ancienne province de BretagneChapitre 46 sur 46 · HUÉ · texte numérisé non relu

HUÉ

. en détail des types de la période flamboyantCi puisque la forme en est h peu près la même. A part^ en effet, les doucinesen accolade qui y encadrent Tarbre de la croix, ces derniers rétables n'étaient que de fidèles copies de ceux de la période rayonnante.

Enfin, avant de finir la description des autels du XIV« siècle, dans nos contrées, nous ajouterons que de la donation de Saint Charles de Blois à l'église de Guingamp, il résulte que 4è$ lors (1360) les autels les plus illustrés de nos églises étaient décorés de parements, de ciels et de voiles de soie. Les {Mirements déguisaient, en face et des deux bouts, la nudité du coffre et au-deâsus était suspendu le ciel qui laissait tomber en ilottant et avec toutes les grâces de leurs ondulations, des voiles de soie enrichie de franges d'or ou d'argent.

Quant aux sacraires de ces temps, meubles dont l'histoire se relie un peu à celle de nos autels, tout en en ignorant la forme, nous savons toutefois que ce meuble était portatif et mobile au XlVe siècle, car nous lisons dans une charte de 1495 que le sàcraire que l'on voyait alors dans l'église du Baly, à Lannion, y avait été longtemps auparavant transféré de l'église de Kermar ria-an-Draou ou Dro. Cette translation eut sans doute lieu à la fin du XIV^ siècle, lors de l'érection de Notre-Dame-du-Baly en ^lise paroissiale. Plus tard, dans les guerres civiles de la Ligue, plusieurs sacraires ont été pratiqués dans les murs de nos églises et pour garder ce saint lieu des profanations sacrilèges des royaulx ou des ligueurs, l'entrée en était d'ordinaire défendue par un lourd battant de bois garni de massives bandes de fer.

L'autel ^i étaït adossé au mur ou au pilier dans lequel se trouvait le sacraîre, s'appelait toujours l'autel du Sacre ou du Saint Sacrement. Delà, il est remarquable qu'avant le XVIIIe siècle, dans aucune combinaison d'ameublement d'église, on

n'avait vu le Saint Sacrement au maitre-autel. Dans la pins modeste paroisse, le patron de Téglise était au maiire-autel et nous supposons que la prééminence du saint patron ne donnait guère d'ombrage au Dieu qui dans son temple terrestre occupait ainsi une position subalterne^ en acceptant la dédicace d'un autel collatéral .

Enfin, vers le commencement du XVII^ siècle, aux autels à retables de pierres la renaissance fait succéder les autels à retables en bois, décorés de toutes les richesses de Tarcbitecture payenne. Alors, en effet, apparaissent sur nosautels ces lourdes et massives tours en bois, flanquées de tourelles et couronnées de dômes coniques ayant une sorte de ressemblance avec les minarets de l'Orient. Ces tours et ces tourelles, symétriquement distribuées en étages, sont ornées de nombre de niches régulièrement espacées sur les divers pans et, dans ces niches, sont logées nombre de figurines qui donnent de la vie et une expression religieuse à l'autel. Pour déguiser la nudité du plus petit panneau du meuble sacré, on a dressé çà et là descolonnettes torses ou cannelées ou bien on y a semé diverses plantes de notre sol et des fleurs de nos jardins. Des deux cô;és de la tour, des frises, faisant l'oflQce de gradins, s'allongent jusqu'aux deux bouts de l'autel ; et là encore des crosses artistement sculptées ou des guirlandes portées par des cariatides ou de petits amours encadrent des bouquets de roses et des feuillages découpés à jour i»u profondément fouillés.

Nous ne disons rien de ces autels plus modernes encore et dont les rétables, moitié en bois et moitié en toile, s'élèvent, dans nos églises, jusqu'au niveau des corniches de la voûfe et y déguisent, parfois avec un certain bonheur, la nudité d'énormes pans de murs. Ces autels ne sont pas rares de uos jours et tout le monde peut les voir et les étudier dans nos églises. Nous ferons donc seulement observer en passant que

la profusion et le luxe des ornements de là sculpture y font souvent d'impuissants «fforts pour racheter la médiocrité delà toile.

Nous terminons donc, non pas avec la prétention d'avoir épuisé la matière, mais un peu avec celle d'avoir démontré qu*à dater de l'époque des premières émigrations des bretons insulaires en Armorique, c'est-à-dire depuis le Y^ siëde jusqu'à nos jours, l'église catholique a constamment eu dans nos contrées ses autels, ses ministres et ses saints sacrifices, ce qui à nos yeux confirme encore une autre vérité historique qu'on cherchera toujours à dénaturer par des contes militaires, à sa* voir: que l'élément ecclé^astique, et en particulier nos premiers missionnaires, ont souvent dirigé cette émigration.

DANIEL, viGAiM.

Soniiiiaire

du deuxième volume*

ElaU e&traordîiiaîres de BreU^ne, tenas ii St-Drieuc, ^^ f^S^ Niilîcesur Dinan, extraite des manuscrits de U. Maliéo — — CliapcUe de X.-D. de Gomfort^ en Bcrhet, par M* J. de Peojr^uera La princesse Aflénore ^-^«^^^ __^^.«. — Notice liistoriqae et Statistique sur Dîoaii, par M. Slahéo — C bateau de Tonqtiédec — *^,-^.^ — — m.» — * — Afipect de QuÎDtin, Sea chapelles^ — ^^ — — — —

Communauté de la TÎlle deQuintia, .^ — — Notre*Dame de Lamlialle , — — ^^ — ,__^ E^^lisc deTrcvou*Tré^uîgDce, — — ^^ — — — • — .^^ fifouuuieats reJîfpieux de Pcrfo«-Gttîrcc, — ^ — — — Crypte et fontaine de Saîol*Brieuc, par OL Le Gall. <— — Château de Coatélan en Prat, ^ — — — — — —

Le Trcflor delà catkédrale de Tré^uier^ par H. Barthélémy ** Tombeaux de Drtiidetiei (en Guimaëe. Plou^suou, Trégattei) Camp de Ccsarp en Pordic. par M. Renault — »^ .* — Fondation de» Cordclier» de Dinan --• *— — — — —

Bertrand-Dugfuesclin, par M» Luijji Odorîci — — ^ — —

DécouverLe et translûlîon Je son cœur dans Téglise de St>Sauveur de

Dîiian ; Ballades ; Testament de Duguesclln ; Ghanioii de geste du con-

néiable Du Guesclin ; Notice sur un manuscrit de la vie de Du Gués-

clin ; Récit du combat singulier entre Du GuescUn et Thomas do Can-

lorbéry ; Fondation pieuse de Du GuescUn rétablie à Dinan en !R69-

Tiphaine de Bagucnel, épouse de Bertraud Du Guesclia, par

M, De Garaby — ^ — __ — — __

Jalienne Du Guesclin, sœur de Bertrand — ,»*-..» ^^

Entrée et couronnement des Ducs de Br^tagne^ a Rennes^ par

M. Ol.LeGall -^ — — — ^ — __

Bcnuportp par M. Ol Le Gall — — — — — — Voyage et arrestation de la duchesse Anne, en Bretagne — — Forél et château de Cuburien« par H, Ol. Le Gall •«• — — WPommerit-Le-Vicomtei par M. le che?alier de Floyd — —

Egalise de La Roche-Dcrrien» par M. l'abbé Cnroy^ — -^ — C18.

Olivier Perrin, peintre, par M. de Caraby — — — — 621.

Un plaidoyer de Saint-Yves — — — — — ,— — — 625.

Abbaye de Lantenac, près La Ghèze, par H. CN. Le Gall — 028.

Forêt sous-marine de Trcvou-Tréguignec — — — — — G32.

Arcbco1<)g^ie bretonne; tombeaux trouvés en Grozon — — 055.

Château de La Roche- Jag^u — — — — — — r — — 037.

Pèche de la morne à la c6te de Terro-Ncuve, par H. Désury — 059.

Jean Le Gall, légende bretonne» par M. de Garaby ^- — 082.

Inondation de Ghatclaudren, en 1773, par £m. Sonvestre — 083.

Temple de Lanleff, par M, de la Pylaie — — — — — 080.

Les anciens dogues de St-Malo -— — -«— — — — — 088.

Entrée des évéqucs deSt-Pol-de-Léon, par M. P. de Gourcy — 090.

Note pour servir à l'histoire de Dlnan — — — — — 003.

Un duel à Saint-Brieue, eu 1730/ par M. de Keratry — — 00^»

AHciens bains du Porl-Aurèle, en Plérin, par Gh. Le Maout. 000.

Les lutins, nocturne breton, par M. Fouquet, D.-IU. — — 703.

Les Phares de la Bretagne, poésie, par M. Gaillcaux -— «— 70J.

'Promenade à Tlle de SerU — — -^ — — — — 700.

Iles de Ghause; — — r — — — — — — — — 71^.

Notice sur l'incendie de Saint-Malo, en iOOi* par M. Tabbé

Manet —__—__ — — 718.

Documents inédits sur la Ligue, en Bretagne, par M. l'abbé

Daniel — — .-— — — 7;^l.

Gamp de Péran, près Saint-Bricuc, par M. 01. Le Gall — — 7oo. Autels de Saint-JUichcl- en -Grève, Plousané et Plufur, par M.

l'abbé Daniel. — — -- — — ^— , — ji^O.

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