CERITHIUM
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille plus ou moins turriculée, souvent tuberculeuse ; ouverture petite, oblique, ayant à la base un canal court, tronqué ou recourbé, qui n’est pas émarginé ; labium concave, plus ou moins calleux ; rainure plus ou moins distincte à la jonction du labrum avec le tour qui le précède ; opercule petit, arrondi.
Animal très-allongé ; manteau prolongé sur le côté gauche; pied court, oval, ayant une rainure marginale antérieure; tête déprimée, avec une trompe ; tentacules écartés, plus déliés au-dessus des yeux qui sont au centre; bouche terminale, verticale, sans dent labiale et avec une très-petite languette ; une branchie longue et étroite.
Observations. Bruguière a adopté le nom de ce genre d’après Adanson, qui dit que Fabius Columna employait le mot pour désigner une des espèces. Voici le nom descriptif de ce dernier : « Buccinum tuberosum Cerithium parvum. » Toutes les espèces qu'Adanson y rapportait sont correctement classées, à l'exception du Ligar (Turritella terebra, 1.) et du Mesal, deux espèces qu’il savait être génériquement différentes des autres. Il décrit ainsi l'opercule du €: Radula, L. et la figure qu'il donne est d'accord avec sa des-
cripton : opercule exactement orbiculaire, cartilagineux, fort mince, brun transparent et marqué de cinq sillons circulaires concentriques, mais Blainville dit qu'ii est subspiral.
Ces coquilles sont marines et rampent sur la vase ; elles se nourrissent de petits animaux.
Elles sont généralement en cônes allongés, élégamment ornées de séries en spirale régulière de granules, tubercules et autres protubérances symétriques. Linné rangeait les espèces qu'il connaissait dans des genres très-différents, Murex. Trochus et Strombus.* Blainville comprend, comme sous-genres, les Pyrènes, Lam., Potamides, Brong., Pyrazus, Montf., Nerine, Def., et Triphora, Desh. Les ouvertures des espèces des deux derniers genres sont plus compliquées, et les autres sont tout à fait dépourvues de canal.
Beaucoup d'espèces vivantes et un plus grand nombre de fossiles ont été décrites, surtout par Lamarck, qui remarque, que plus nos collections s'enrichissent, plus y à de difficultés à déterminer les genres et surtout les espèces; les lacunes que nous regardions comme des limites naturelles se comblent par degrés. Les difficultés qu'il éprouvait pour fixer le caractère de chaque espèce du genre Cerithium lui fit dire que c’est dans ce genre surtout que ces difficultés se rencontrent, parce que ces coquilles abondent dans les collections. L'étude de ces especes est d'une grande importance pour le géologue qui cherche à déterminer les changements qui ont eu lieu à la surface du globe.
CERITHIUM MUSCARUM.
PI. xvi, fig. 4.
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille blanche, avec des côtes ; stries transversales et series de taches brunes.
Coquille oblongue conique avec des côtes plutôt distantes, longitudinales, proéminentes et des stries spirales, distantes, proéminentes, qui, passant par-dessus les côtes, forment des crénelures sur ces dernières. Ces stries sont au nombre de cinq sur le grand tour et de quatre sur le second ; les intervalles avec des stries parallèles plus petites; environ onze côtes sur le grand tour ; neuf tours un peu convexes; suture dentelée, distincte; ouverture obhique, ovale, orbiculaire ; labium concave; couleur blanc pur, avec des taches d’un brun-rougeàtre sur les stries et déposées de manière à présenter des chapelets en long et en travers.
Observations. Les taches placées régulièrement sur un fond blanc, donnent à cette coquille un aspect très-élégant et très-remarquable. Elle m'a été communiquée par M. Elliott, qui m'apprit qu'elle habite les côtes sud de la Floride.
CERITHIUM SEPTEMSTRIATUM.
PI. xv1, fig. 4 a, 4 c.
CARACTÈRES sPÉCIFIQUES. Côtes longitudinales et stries transversales; les côtes se bifurquant vers la base; tours noïrâtres, blancs à leur partie supérieure.
Coquille turriculée ayant des côtes longitudinales, rendues en quelque sorte tuberculeuses par l'entrecroisement des stries spirales saillantes ; treize côtes sur le grand tour, leurs interstices beaucoup plus profondément creusés près de la suture, et chaque côte partagée en deux sur la moitié inférieure; sept stries spirales sur le grand tour, et entre elles de plus petites stries parallèles; sur le second tour, quatre stries, et trois sur le troisième ; neufs tours ; suture non dentelée ; ouverture oblique, ovale, orbiculaire ; intérieur Jivide foncé sans stries distinetes; labram blanchâtre sur le bord intérieur,
souvent coupé par de petites lignes brunes qui répondent aux stries extérieures ; bord externe un peu épaissi; labium concave, avec un calus à sa Jonction avec le labrum, et avec le canal qui est livide ; couleur foncée ou noirâtre, les interstices des stries, souvent blanchâtres ; le bord supérieur des tours est blanc.
Espèce reçue de M. Elliott. C'est une très-jolie coquille qui habite les côtes du sud de la Floride. Je pense qu'elle se rapproche du C. Zonale, Brug., quoiqu'elle ne réponde pas parfaitement à la description de Lamarck, particulièrement en ce qu'elle n’est pas longitudinuliter obsolete plicata, car les plis de notre coquille sont assez proéminents et assez forts pour mériter le nom de côtes.
Il semble probable que la figure 81, de la pl. mxv de Lister, répond à cette coquille ; Gmelin à donné, pour cette figure, le nom de Murex minimus. Cette habitude de donner des noms aux figures des anciens auteurs, me paraît être une source d'erreurs, et devrait être condamnée par tous les naturalistes de notre époque.
CERITHIUM FERRUGINEUM.
PI. xvi, fig. 4 b.
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille rouille pâle
stries transversales.
Coquille oblongue conique,
; granulée par des côtes en long et des
avec des côtes longitudinales rendues tuberculeuses ou moniliformes par des stries spirales saillantes qui les débordent; sur le grand tour, environ vingt côtes presque interrompues par les interstices des stries, au nombre de sept principales, avec d'autres plus petites intermédiaires, et trois seulement sur le second tour ; sept tours; suture non dentelée : ouverture ovale, oblique, blanchâtre en dedans : labrum légèrement épaissi sur le bord externe, avec des stries peu distinctes au hord interne, et qui répondent aux stries extérieures ; couleur rouille.
Observations. Espèce communiquée par M. Elliot comme habitant les côtes sud de la Floride. Sa forme générale est celle de l'espèce précédente ; mais elle est plus petite, ses sailhes sont plus arrondies, granuleuses, et ses côtes ne sont pas bifides.
MYTILUS.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille équivalve, inéquilatérale , obliquement allongé plus où moins ovale-aiguë, subtriangulaire, ou subcunéiforme, régulière; sommet postérieur terminal aigu; extrémité antérieure obtusément arrondie; base postérieure un peu bâillante, pour donner passage au byssus: ligament marginal situé profondément subintérieur, rectiligne, allongé ; charnière édentée, ou ayant un ou deux rudiments de dents; deux impressions musculaires principales écartées, l'antérieure est grande et allongée ; impression palléale entière.
Observations. Ce genre à été considérablement modifié depuis qu'il est sorti des mains de notre grand maitre Linné, qui réunissait ensemble des coquilles de divers caractères et habitées par des animaux d'habitudes, de formes et d'organisation opposées. Bruguière en sépara les anodontes, les avicules et les modioles, et Leach sépara des avicules la célèbre coquille mère-perle de Ceylan, sons le nom de Margarita, qui fut ensuite changé en celui de Meleagrina par Lamarck. Cuvier forma le genre Lithodomus pour le H. Lithodomus et quelques autres espèces qui percent les pierres calcaires afin de s’ \4
établir. Mais de ces genres, les plus voisins de celui qui nous occupe sont incontestablement les genres Modiola et Lithodomus,
reunis par Lamarck et considérés par Blainville seulement comme des sous-genres ; on peut cependant les regarder comme
distincts parce qu'ils ont le bord postérieur arqué et un peu proéminent, et que les crochets ne sont pas terminaux, comme dans le genre Mylilus. Le dernier de ces naturalistes donne la description suivante de l'animal : Corps oval, large, manteau ouvert, seulement dans sa moitié inférieure, qui est frangée à son extrémité antérieure ; pied linguiforme, sillonné, avec un byssus à sa base et plusieurs paires de muscles rétracteurs ; bouche avec des lèvres simples; deux muscles adducteurs, dont le postérieur est très-petit.
Plusieurs espèces sont bonnes à manger, et la moule commune d'Europe(W. Edulis, L.), est abondamment apportée au marché pour le service de la table. Toutes les espèces sont marines, à l'exception du M. Polymorphus. Gm., où Chemnilzii, qui habite le Danube et les docks du commerce près de Londres, mais qui probablement n'appartient pas, rigoureusement parlant, à ce genre, à en juger par la cavité du crochet. Ces coquilles s'attachent au moyen de leur byssus aux rochers, aux pierres et autres corps fixes, et même les unes aux autres. Les espèces sont nombreuses. Lamarck en compte vingtsept, dont deux fossiles. Plusieurs ont été plus récemment décrites. Quelques espèces sont attaquées par un Pinnothères parasite.
MYTILUS HAMATUS. PI. xvr. fig. 3, 3 a.
Coquille sillonnée longitudinalement . courbée à la base.
M. Hamarus, Nob., Journ. Acad. nat. sc., vol. 2, p. 265.
M. srriATUS, Barnes.
Coquille à base courbée et aiguë; valves ayant à l'extérieur, de chaque côté, des stries saillantes, longitudinales, qui se partagent en deux et quelquefois en trois vers l'extrémité et sont croisées par de nombreuses petites lignes égales ; couleur brun-noiràtre avec un reflet olive ; intérieur pourpre-foncé, subiridescent ; bord crénelé blanchâtre.
Observalions. Espèce très-commune dans le golfe du Mexique, elle arrive sur le marché de la Nouvelle-Orléans apportée avec l'huître commune. On y trouverait difficilement un lot d’huîtres sans qu'il y ait une ou deux et même un grand nombre d'individus de cette espèce à divers degrés de développement. La figure que nous donnons représente un individu beau et grand, dont l'extrémité courbée n'est pas aussi remarquable que dans beaucoup d'individus plus petits, et dont la forme est un peu plus allongée et moins triangulaire. Notre coquille semble se rapprocher du M. Decussatus, décrit par Lamarck, mais dans cette dernière espèce les stries transversales sont inégales, et on ne dit pas que le bord antérieur soit d'une couleur difiérente ; caractère qui, dans notre coquille, est très-frappant. Barnes en lut une description au Lycée d'histoire naturelle de New-York en 4823. (Voir Silliman’s Journal, vol. 6, p. 364.)
Cette coquille n’atteint pas la dimension attribuée au 47. Crenulatus, Lam., espèce que cet auteur supposait habiter les côtes de la Caroline ; mais si quelqu'une des différentes figures données par Lister, par Sowerby, ou par l'Encyclopédie méthodique, en est une représentation un tant soit peu correcte, je ne l'ai certainement jamais ren-
contrée.
TABLE DES MATIÈRES
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