C. PLANA, Nob., Journ. Acad. nal. se., vol. 11, p
Observations. Cette espèce est remarquable par sa forme déprimée, sans convexité en dessus, et souvent mème recourbée. Afin qu'il y ait place en dessous pour contenir l'animal, le bord de la coquille est verticalement infléchi. La courbure générale varie dans les différents individus, puisqu'elle est modifiée d'après celle de la surface sur laquelle ils se tiennent. Cette espèce habite les côtes des États-Unis et n’y est pas rare, au moins près de New-York à la Floride. La coquille, quand elle est jeune, est généralement orbiculaire et devient par degrés plus allongée à mesure qu'elle se développe.
MODIOLA.
CARACTÈRES GEÉNÉRIQUES. Coquille équivalve, inéquilatérale, obliquement allongée, plus où moins subovale, régulière ; crochets voisins de l'extrémité postérieure, mais non terminaux ; bord antérieur arrondi obtusément; bord postérieur court, arrondi; base postérieure un peu baïllante pour donner passage au byssus ; ligament marginal rectiligne, subintérieur, allongé; charnière sans dents, deux principales impressions mus-
culaires, distantes ; l'antérieure plus large et en forme de hache; impression palléale entière.
Observations. Genre de coquilles bivalves de mer, séparées par Lamarck du genre Mytilus de Linné, parce queles crochets ne sont pas terminaux, comme ils le sont dans ce dernier genre. Il faut avouer cependant que les deux genres sont bien voisins, puisqu'ils se confondent par les autres caractères de la coquille, ainsi que par l'animal, dont l'organisation, selon l'anatomiste Poli, est identique et auquel il donne collectivement le nom de Callitriche. Pour la description de l'animal, voir le genre Mytilus. Plusieurs espèces confondues par Lamarck dans le genre Modiola, en ont été séparées par Cuvier, sous le nom de Lithodomus, en raison de leur habitude de pénétrer et de vivre dans l'intérieur des pierres calcaires et autres corps solides ; leur coquille, si ce n'est une forme plus cylindrique, a beaucoup du caractère des Modioles ; mais il est probable, à en juger par leur manière de vivre, que les caractères de l'animal justifieraient la classification de Cuvier.
Le byssus est un faisceau de fibres filiformes qui se séparent à l'extrémité, de manière à former un petit disque, qui est adhérent par sa base au corps qui le supporte.
Lamarck a décrit vingt-trois espèces vivantes et plusieurs espèces fossiles.
MODIOLA PAPUANA.
PI: xvr, fig. 4, d'a.
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille oblongue, épiderme d'un brun rougeâtre violacé.
MuscuLus PAPUANUS, D'argenv., Conch. (Lam.).
Mop1oLA PAPUANA, Lam., Anim. sans vert., etc.
Coquille oblongue subovale, très-étroite en arrière et largement arrondie en avant; échancrure umboniale obtusément arrondie et proéminente ; surface plutôt profondément ridée ; épiderme d’un brun rougeâtre, sous lequel la surface de la coquille est plus ou moins violacée ; intérieur blanc mat, un peu irisé.
Observations. J'ai reçu plusieurs beaux exemplaires de cette coquille du docteur D. H. Storer, qui les donne comme habitant le cap Elisabeth et Prout's Neck, Maine. C'est le Horse muscle commun des collecteurs anglais, ét cette coquille paraît être abondante dans l'Océan européen et la mer Méditerranée. Leach dit : « Sous l'épiderme la coquille est invariablement blanchâtre, » tandis que Lamarck dit : « Épiderme noiràtre, test lilas. » Il paraît que la coquille devient plus allongée avec l'âge.
La figure d'Adanson (PI. xv, fig. 1), généralement citée pour cette espèce, est probablement tout à fait distincte ; elle est plus largement arrondie antérieurement que postérieurement, et l'angle dorsal est beaucoup plus proéminent. Leach cite le Mytilus Modiolus, Linn., comme synonyme du M. Papuana, mais Lamarck et quelques autres conchyliologistes le citent, avec doute, comme étant le même que la Modiola Fulipa, Lam.
Laskey, dans les Transact. ofthe Wern. Soc., dit que ces coquilles atteignent une loneueur de neuf pouces : la plus grande qui soit dans ma collection à cinq pouces et trois quarts.
HELICINA.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille subglobuleuse, spire déprimée ou seulement peu saillante, ouverture sémi-orbiculaire, modifiée par le tour qui la précède ; base avec une callosité plus où moins sensible couvrant l'ombilic ; labrum aigu où un peu infléchi ; co -
lumelle à base un peu proéminente et jointe au labrum par un angle; opercule corné, concentrique.
Animal terrestre, globuleux, subspiral; tête rostrée ; rostrum bilabié au bout et plus court que les tentacules, qui sont au nombre de deux filiformes, et supportent les yeux proéminents à la partie externe de leur base, sur une tubercule; les organes de la respiration, comme dans les Cyclostomes ; la cavité branchiale s'ouvre par une large ouverture; pied simple, avec une rainure marginale antérieure.
Observations. La coquille, par son aspect général, ressemble beaucoup aux hélices, mais la base de la columelle est un peu proéminente, et la place de l’ombilic est plus visiblement couverte d'un calus. La différence la plus frappante se trouve dans l'animal : les hélices ont les yeux à l'extrémité de la paire supérieure de tentacules, tandis que dans les hélicines ils sont à la base externe de l'unique paire; l’opercule du dernier genre constitue aussi une distinction suffisante.
Lamarck réunissait autrefois dans ce genre plusieurs espèces qu'il a depuis séparées très à propos sous le nom de Rotella, (Pitonillus, Montf.), comme vivant dans l'Océan et ayant un calus basal très-dilaté. Ces rapports m'engagèrent à former mon genre Oligyra pour y introduire l'une des espèces suivantes, sachant bien qu'elle ne pouvait être être naturellement du même genre que le Trochus vestiarius de Linné, le type de ce genre,
Dans le Journal zoologique, pour 1824, M. Gray a décrit quinze espèces qu'il dispose en plusieurs petits groupes, mais Férussac annonce qu'il possède de douze à quinze espèces qui paraissent être inconnues à M. Gray et que quelques-unes d’entre elles ne peuvent être rapportées à aucun des groupes ci-dessus. Malgré les variétés et les nuances des espèces, 11 peut paraître convenable et même naturel de séparer génériquement sous le nom d'hélicina celles dans lesquelles la fissure du labrum est très-distincte. de celles dont le labrum est uni ou à peu près, et à ces dernières on pourrait conserver le nom d'Olygira, sous lequel j'ai décrit l'animal, jusqu'alors entièrement inconnu.
HELICINA ORBICULATA.
PV en Ma 1e;
CARACTERES SPÉCIFIQUES. Coquille vert-pàle ou jaunètre avec une ou deux bandes.
OLYGIRA ORBICULATA, Nob., Nicholson’ s Encycl. (Amer., 3° édit.)
Coquille subglobuleuse; spire peu proéminente, mais plus que convexe; cinq tours croisés de stries peu marquées, régulièrement arrondis; couleur verdâtre pâle, jaunâtre ou légèrement teintée de rouge, particulièrement sur le grand tour, et bordée supérieurement d'une ligne plus claire; sur le milieu du grand tour se trouve une bande plus pâle, qui est souvent bordée d'une nuance foncée, et qui est quelquefois en partie effacée, où manque même tout à fait; base de la columelle s'avancant un peu en angle obtus ; labrum blanchâtre, replié. Animal pâle, rostrum et tentacules noirâtres, les dermers ayant une ligne blanche; les yeux sont très-noirs, saillants, en forme de court tu bercule; longueur égale environ à la largeur de la coquille; le pied n'est pas plus large que le corps; opercule brun jaunâtre, granulé.
Observations. Pendant un court séjour dans la Floride, en compagnie de M. Maclure, je trouvai cette coquille en abondance sur des écailles d'huîtres en tas mêles de terre, qui se forment subitement de tous côtés dans les marais salins près de l'embouchure de la rivière de Saint-Jean.
HELICINA OCCULTA.
PI, xv, fe 210820 214".
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille carénée ; carène presque confondue sur la spire, et obsolète sur le grand tour.
H. OccuzrA, Nob., Transylvania Journal of Medicine, vol. 1, p. 529.
Environ cinq tours, carénés, ou ayant une saillie aiguë qui est presque cachée sur la spire par la suture; elle devient plus obtuse et presque obsolète ou même déprimée sur le grand tour, mais près du labrum elle est de nouveau très-sensible ; sur toute la surface, des lignes assez prononcées et régulières, formant des sillons entre elles en travers dés tours avec une apparence de lignes spirales sur le grand tour, particulièrement en dessous : labrum entier, épais, un peu replié et plus avancé vers la base . mais non anguleux.
Observations. Tous les spécimens que j'ai trouvés jusqu'ici étaient morts et décolorés. On les voit en abondance dans les localités abruptes et rocailleuses, à un demi-mille audessous de New-Hannony, près du bord de la rivière, avec un grand nombre d'Hélices, que l’on trouve communément dans les états de l'Ouest. Ces coquilles sont de la même dimension où même un peu plus grandes que l'Helicina orbiculata, Nob., espèce qui manque de carène et de rides proéminentes ou lignes saillantes, dont le labrum est réfléchi, mais non épaissi, et a un angle distinct près de sa base.
MELANIA VIRGINICA.
PVR Rene
Coquille turriculée, habituellement tronquée, excoriée à l’apex; olivâtre où brun-noirâtre ; environ six tours, un peu arrondis, Croisés par desstries distinctes; une petite bande d'un rouge foncé s’enroule près de la base des tours; on en voit une autre près du centre où au centre ; l'une et l'autre sont quelquefois effacées où manquent; labrum un peu proéminent vers la base.
Animal blanc-bleuàtre en dessous, avec des taches d’un jaune orangé de chaque côté de la bouche; le dessous est orangé pâle, lavé de brun et rayé de nombreuses lignes noires interrompues ; bouche rostrée, de la longueur des tentacuies, qui sont plus foncés à la base et sétacés; contour du pied ondulé.
Var., A. Coquille sans bandes rousses.
Buccnux virGinicuu, Gmel., p. 3505.—Dilw., Descr. catal., p.652.—Lister, Synop., pl. 443. fig. 7.
PALUDINA VIRGINICA, Nob., Nicholson's Encycl. (3° amer., édit.) art. conch., pl. 2, fig. 4.
MELANIA FASCIATA, Menke, Synop. Molluse., p. 82.
Var. A. Lister, Synop., pl. 410, fig. 4.
Observations. Cette espèce est très-abondante dans les rivières Delaware et Schuylkill. La portion basale du labrum dans la figure de Lister, planche 113, citée plus haut, est incomplète ; néanmoins je ne doute pas que cette figure ne soit celle de cette espece et que sa figure #4, de la planche 110, ne soit destinée à représenter la variété.
MELANIA MULTILINEATA.
PL. xvi, fig. 2.
Coquille turriculée, le plus souvent tronquée et excoriée à l'extrémité; d'un brun foncé ; six ou sept tours, très-légèerement convexes, avec de nombreuses lignes spirales filiformes, élevées, subégales, au nombre de dix à vingt sur le grand tour; labrum un peu proéminent vers la base.
M. MuzriineaTA, Nob., Journ. Acad. nat. sc., vol. , p. 308.
M. Curra, Menke, Synop. Mollusc., p. 84.
Observations. Cette coquille se trouve dans les eaux de l'Ouest, particulièrement dans Frankford Creek, près de Philadelphie, et le professeur Vanuxem m'a donné des spécimens recueillis par lui dans une eau courante à New-lersey. Cette espèce est très-voisine de la M. Virginica, Nob., mais elle s'en distingue par ses stries.
MELANIA SEMICARINATA.
Plixvanfisst9 «a; Ab!
Coquille petite, conique turriculée ; spire aiguë à l'apex, les quatre tours supérieurs carénés inférieurement ; environ huit tours, un peu convexes, suture assez déprimée ; surface, celle du grand tour surtout, légèrement striée ; labrum un peu proéminent près de la base ; intérieur légèrement teinté de brun-rougeûtre.
M. SEMICARINATA, Nob., Disseminator of useful knowledge, vol. 3. j
Observations. Cette jolie petite espèce a été trouvée en grand nombre dans une petite rivière du Kentucky. On peut la distinguer de nos autres espèces par sa petite dimensiOn ainsi que par l'existence d’une ligne carénée, qui n’est apparente que lorsque la coquille est toute jeune; lorsqu'elle est arrivée à un développement de quatre ou cinq tours, la carène cesse d'être sensible.
MELANIA LAQUEATA. ‘ Pix ve MGM:
Coquille oblongue, conique ; spire plus longue que l'ouverture, aiguë ; tours assez convexes avec environ dix-sept côtes régulières, élevées, égales, équidistantes, sur la moitié supérieure de chaque tour, s'écartant graduellement d'une suture à l’autre et devenant obsolètes sur le grand tour ; suture assez déprimée ; labrum et columelle un peu étendus à la base.
M. Laqueara, Nob., Disseminalor of useful knowledge, vol. 3.
Observations. Cette espèce a été trouvée par le docteur Troost dans la rivière Cumberland. Les côtes élevées, sans aucune ligne spirale, distinguent cette coquille des autres espèces de notre pays.
RANELLA.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille ovale ou oblongue, plus ou moins déprimée en raison de ce qu’elle a un rang de bourrelets seulement de chaque côté, formant une série longitudinale un peu oblique; ouverture ovale, labium très-arqué; base canali-
culée, quelquefois un peu émarginée; un sinus à l'extrémité supérieure du labrum ; épiderme distinct; opercule corné.
Observations. Ces coquilles sont les grenouilles et les crapauds des collecteurs, genre de coquilles marines bien distinctes, séparées par Lamarck du genre Murex de Linné, à cause du caractère que présente le bord latéral. Montfort a fait une autre division de ces coquilles; à celles qui ont une columelle ombiliquée il a donné le nom générique d’'Apollo, et celles qui n'ont aucune apparence d'ombilic, ont reçu le nom de Buffo; ces désignations, ou plutôt les mots qui v répondent : Apolle et Crapaud, ont été adoptés par Blainville, comme sous-genres des Ranelles. Ces coquilles sont suffisamment distinctes de celles de tout autre groupe et l’on ne peut s'y méprendre, si nous exceptons un petit nombre d'espèces qui approchent des Tritons (ce nom devrait être changé, car il a été précédemment employé par Laurenti, pour un genre d'amphibies), genre qui en diffère par des bourrelets peu nombreux, alternes et inégalement distants l’un de l’autre. Il ne semble pas que l'animal soit connu, mais en jugeant par analogie, il est probable qu'il ressemble à celui des Tritons et des Rochers, et a par conséquent un opercule corné, composé de pieces lamelliformes, se recouvrant en commençant à l'extrémité supérieure. IT doit aussi être carnivore.
RANELLA CAUDATA.
Pliavefe 3,/31a
Coquille d'un rouge pâle, ayant sur le grand tour onze fortes côtes croisées par plusieurs striesefiliformes spirales, et sur le bourrelet de l'ouverture des stries plus saillantes qui s'arrêtent au bord interne et là alternent avec d'autres stries élevées; tours aplatis supérieurement et inclinés vers la suture ; canal étroit, plutôt plus long que la spire, rectiligne, réfléchi à l'extrémité.
RANELLA CAUDATA, Nob., Journ. Acad. nat. sc., vol. p. 236.
Observations. Cette espèce est commune sur les côtes des États-Unis. Ses rapports génériques ne sont pas toujours frappants; car dans quelques exemplaires, le bourreïet de l'ouverture est seul bien formé.
Le nom de ce genre se rapproche trop de celui de Renilla, qui désigne un genre de la classe des Polypes de Lamarck. Le nom de Buffo, donné par Montfort, n'est pas préférable par la même raison, puisqu'il pourrait être confondu avec Bufo, genre de reptiles.