MYTILUS STRIATUS
Mytilus striatus, umbonibus productis. Walk., min.. shells, Ê. 75.
Moule striée à crochets allongés. Couleur blanche, pellucide. Elle est assez commune à Reculver et à Sandwich, microscopique.
Nous ne sommes pas tout à fait certain d'avoir jamais examiné cette espèce, décrite par M. Walker; mais nous avons parfois rencontré une coquille qui n'est pas très-différente de la figure que cet auteur en a donnée, sauf l'asbence de stries longitudinales visibles; nous l'avons considérée comme un très-jeune individu du M. Modiolus, ou du M. Curtus.
Nous prendrons la liberté de faire observer ici qu'il faut une grande attention pour distinguer quelques-unes des petites coquilles bivalves et les séparer des bivalves Monoculi.
Le grand rapport que les couvertures ou coquillages de quelques-uns des insectes de cette classe ont avec la tribu des testacés, a fait, suivant toute probabilité, qu'un grand nombre ont été considérés comme de petites espèces de Mytilus où le frai de plus grandes; car plusieurs, telles que les Monoculi, sont capables de fermer entièrement leurs valves et d'enfermer chaque partie de l'animal : elles sont toujours dans cet état, lorsque ce sont des coquilles mortes, de sorte qu'il est difficile de les distinguer.
M. Walker n'est pas le seul qui soit tombé dans cette erreur, dans ses figures 76, 77 et 78, que nous avons reçues toutes de Sandwich, et que nous avons trouvées dans d’autres parties.
La première se trouve dans l’eau douce, et ressemble assez au Monoculus conchaceus, Gmel., syst., p. 3003, mais elle est plus longue, en proportion de sa largeur, que la figure que Donovan a donnée de cet insecte, British Insects, 1, t. 5.
Les deux autres donnés par M. Walker, sont des Monoculi de mer; on les trouve l'un et l’autre sur les huîtres et autres coquilles rugueuses, et ils sont assez communs sur la côte de Devon, spécialement le n° 77, sur le byssus de la Pinna Ingens : ces espèces paraissent ne différer que par la forme, et l'on ne voit pas qu'elles aient ohtenu une place parmi les Znsectes aptères. Lorsqu'on les examine au microscope, on s'aperçoit que ces coquilles sont pointillées sur toute leur surface.
Nous pouvons ajouter à ces moules supposées de M. Walker, le Monoculus concha ceus, qui nous à été envoyé comme tel, et nous pourrions en énumérer d'autres qui habitent à la fois l'eau de mer et l'eau douce, et que l'on prendrait au premier abord pour des coquilles microscopiques : l'une d'elles se trouve figurée par erreur dans la
planche 5, f. 47 de cet ouvrage, parce que nous n'avions pas eu l’occasion d'examiner l'animal avant de faire graver la planche.
On trouve cette coquille et une autre espèce de Monoculus qui lui ressemble sous tous les rapports, mais qui est d'une forme plus longue et plus cylindrique, sur les huîtres de la côte sud de Devonshire, et sur le byssus de la Pinna Ingens, habitat ordinaire des Monoculi et des coquilles microscopiques, surtout des espèces des genres Nautilus et Vermiculum.
Ces deux espèces de Honoculus sont extrêmement lisses et luisantes, de couleur bleue quand elles sont vivantes ou fraîches, et d'un blanc jaunâtre, opaque, lorsqu'elles sont mortes : elles se distinguent de toute autre espèce par le sinus remarquable du bord antérieur dans lequel est une rainure ou canal; mais cette perforation ne s'aperçoit que quand les valves sont ouvertes. Si Gmelin n'eût fait aucune mention de cette singulière structure, nous aurions été porté à penser que ces coquilles étaient son M. Luteus et son M. Flavidus ! : mais comme nous n'avons pas maintenant l'occasion de consulter les figures de ces insectes, données dans Muller, nous devons laisser aux entomologistes le soin de décider la question : nous demandons à nos lecteurs pardon de cette digression.
Nous ne pouvons cependant quitter le sujet sans remarquer que la distinction la plus sûre entre les coquilles des Monoculi bivalves et les bivalves microscopiques testacées, c'est que les dernières ont toujours plus ou moins de rides concentriques ou anneaux d’accroissement, ainsi que quelqu'apparence d'umbo ou crochet, de sorte qu'on peut classer avec confiance, parmi les premières, les coquilles qui sont dépourvues de ces caractères.
Si l’on avait des doutes sur ces caractères, 1l suffirait. pour les dissiper, de mettre la coquille dans l'eau, quand même l'animal serait mort depuis longtemps et desséché ; lorsque le corps est ramolli, il faut ouvrir soigneusement les valves avec la pointe d'une aiguille, et ensuite les placer dans une goutte d’eau sous le microscope ; si c'est un monoculus, les antennes et les pieds se feront bientôt remarquer.