PINNA, ANIMAL D'ASCIDIE
Coquille bivalve, fragile, bällante à l'une des extrémités, et fournie d'un byssus soyeux où barbe. $ |
Charnière sans dents; valves comme soudées d'un côté, à peu près dans toute la longueur.
Sur l'autorité de Hasselquist, Linné appelle l'animal de la Pinna une limace ou li-
1 En effet, les antennes, de l'espèce figurée dans cet ouvrage n'étaient pas simples, mais com posées de plusieurs filets.
MONTAGU. qi
macon : assurément 1l s'est trompe, car 11 n'y a pas le moindre rapport entre ces animaux; mais il paraît plus voisin de celui des moules.
Cette coquille semble être complétement privée de locomotion, et reste fixée, par son byssus, aux corps étrangers, auxquels elle est si fortement attachée que l'animai ne peut pas s'en dégager ; les soies sont agglutinées au gravier, au sable, aux racines de plantes marines, aux coquilles cassées, et à d’autres corps qu'elle peut atteindre.
La Pinna a été toujours considérée comme donnant asile à une petite espèce de crabe que l'on supposa être tres-utile à l'animal, en l'avertissant de l'approche du danger et du moment propice pour saisir sa proie.
Ces histoires, qui nous viennent des anciens temps, ne sont pourtant pas tout à fait sans fondement, mais il s'y mêle trop de fables pour qu'on puisse de nos jours y ajouter une foi entière. Les Pinnes marines, ainsi que beaucoup d’autres coquilles, donnent asile à quelques petites espèces de crabes qui semblent vivre en bonne harmonie avec leurs hôtes. Il est cependant à remarquer que dans une cinquantaine de Pinna ingens que nous avons ouvertes, nous n'avons pas trouvé un seul crabe, et que dans le seul exemplaire du Mytilus Modiolus pris dans la même localité, nous avons trouvé trois crabes vivants dans l'intérieur de la coquille.
Les anciens recherchaient avec soin cette coquille à cause de son byssus soveux, dont ils faisaient leurs plus riches vêtements : des voyageurs modernes même nous assurent qu'on fait des gants et des bas avec la soie de cet animal, à Palerme, à Naples et à Tarente.