‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 192 sur 500 · BULLA APERTA · texte numérisé non relu

BULLA APERTA

BuLLA APERTA. Lin., syst., p. 1183.— Gmel., syst., p. 3424, S.—Martini., conch., 1, p. 266, vig. 13, £. 3.—Chem., conch., x, t. 446, Ê. 1354-1355.—Pult., cat. Dorset., p. 40. — Turt., Lin., à1v, p. 350. — Gualt., t. 13, E. E. — Don., br. shells, 1v, t. 120, f. 4.-1.

BuLLA. The Bubble. Da Costa, p. 30, €. 2, f. 3.

Buzz. Coquille blanche, suborbiculaire, mince, pellucide, fragile ; sans spire externe ni ombilie ; columelle on plutôt lèvre interne très-petite, légèrement enroulée, visible à l'extrémité; l'ouverture occupe à peu près toute la longueur de la coquille: l'extérieur est un peu rugueux, mais lustré.

On a généralement considéré cette espèce comme rare sur nos rivages. Da Costa fut le premier qui la donna comme espèce anglaise, et il dit qu'on la pêche à Weymouth et nulle part ailleurs, qu'il sache, sur la côte britannique.

Cependant cet auteur semble avoir confondu la B. Aperta avec la B. Patula de Pen-

nant (qu'on n'a trouvée jusqu'aujourd'hui, croyons-nous, que sur la côte de Dorsetshire), car il a cité cette coquille-là pour celle-ci ; tandis que cette espèce n'est pas mentionnée dans la Zoologie britannique, et qu'elle n'était pas connue de Da Costa. Gmelin et Chemnitz ont commis la même erreur que Da Costa.

La taille ordinaire de cette coquille n'excède pas un demi-pouce de longueur; mais sur la côte nord de Devon, aux environs de la baie de Biddeford (où elle est en grande abondance), il n'est pas rare de la trouver de la longueur d'un pouce, et de la largeur de trois quarts de pouce.

Nous l'avons trouvée aussi d'une taille inférieure sur les rivages opposés du pays de (Galles, particulièrement près de Laugharne; rarement dans le Cornouaille, au sud de Devon ct dans le Devonshire, près de Weymouth, ainsi que sur le rivage de Studland, entre Swanage et Poole. Elle n’est pas rare sur quelques parties de la côte de Kent, à Sandwich et dans la baie de Whitstable, d’où nous l'avons reçue avec l'animal, mais là elle est petite.

Les animaux de beaucoup de Bullæ sont plus grards que leurs coquilles, de sorte qu'ils ne peuvent s'y relirer entièrement. Dans cette éspèce et dans les deux suivantes, l'animal a toute l'apparence d'être un vrai Mollusque, se renfermant si complétement dans la coquille qu'on ne peut en voir aucune partie.

Martini a mal dessiné plusieurs figures de l'animal séparé de sa coquille ou v étant attaché, dans la planche citée plus haut, ainsi que les parties testacées trouvées dans l'intérieur du corps, et qui constituent l'estomac ou le gésier.

Planchus a décrit aussi l'animal et a donné la figure de la coquille. Appendix, tab. XL, ol

L'animal est plutôt une masse informe, subovale; d'un blanc pellueide, avec des taches nombreuses, délicates, opaques : les veux ou tentacules non visibles ; l'extrémité antérieure arrondie, mais variable. Une cuirasse avec un bord membraneux sur le devant couvre la moitié antérieure, divisée longitudinalement par une raie pellucide; une autre sorte de cuirasse couvre la partie postérieure et s'étend en bords membraneux formant quatre lobes; de chaque côté, le corps se termine en arrière par un angle près de la cuirasse postérieure. En dessous, l'animal est divisé en deux parties, l'antérieure est le sustentaculum, derrière lequel est la membrane qui forme l'extrémité lobée et qui peut s'étendre latéralement, et se développer également, les lobes n'étant formés que par des plis; sur la partie supérieure de la cuirasse postérieure on remarque quelques raies d'un blanc opaque.

La longueur des plus grands individus examinés est d'un pouce et demi; la largeur, d'un pouce. La longueur de la coquille est communément de plus d'un demi-pouce.

Le gésier ou estomac est d'une grandeur proportionnée, de forme prismatique, composé de trois surfaces testacées, dont deux sont subtriangulaires inéquilatérales et exactement semblables; l’autre est plus petite, de forme oblongue, ovale, presque losangique, avec des angles arrondis ; celles-là sont concaves à l'extérieur et unies par de forts cartilages.

Le fait que quelques animaux habitant ce genre de coquilles sont pourvus d’estomacs testacés, a été mentionné par d'autres, et semble avoir porté quelques personnes à croire qu'aucune coquille ne peut être une Bulla, à moins que l'animal qui l'habite ne possède ce même organe testacé.

Nous prendrons cependant la liberté de remarquer que cette exclusion ne s'accorde pas bien avec le système de conchyliologie, qui classe les coquilles et non les animaux. Si nous examinions l'animal habitant chaque espèce de coquille, nous trouverions que dans la classification dont nous parlons quelques individus dans chaque genre diffèrent du caractere générique. Mais comme il est présumable que nous n'aurons jamais l’occasion

d'examiner qu'un très-petit nombre de coquilles ayant leurs animaux vivants, les systèmes doivent se réduire encore à la classification par la coquille et non par l'animal. On ne peut nier qu'il ne soit d'un grand avantage pour la distinction des espèces d'accorder beaucoup d'attention à l'animal qui habite la coquille, mais nous devons nous renfermer dans les distinctions spécifiques et non dans les génériques.

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