‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 193 sur 500 · BULLA HALIOTOIDEA. PI. 3, fig · texte numérisé non relu

BULLA HALIOTOIDEA. PI. 3, fig

BurLa. Coquille subovale, extrèmement mince, peliucide, blanche, ayant un peu de la forme d'une Haliotide, mais dépourvue des petites perforations qui caractérisent ce genre : elle est lisse et brillante, mais pas complétement dépourvue de rides; ouverture ovale, ne s'étendant pas tout à fait au sommet, qui est petit, obtus, et enroulé obliquement, formant à peine deux tours: le corps de la coquille est très-petit, et tourne seulement un peu en dedans en forme de spirale; la partie interne est visible à l'extrémité. Longueur, trois quarts de pouce ; largeur, un demi-pouce.

Cette espèce diffère de la B. Aperta en ce que l'ouverture ne s'étend pas à l'extrémité supérieure, et en ce qu'elle a le sommet contourné.

Nous avons pris cette nouvelle et rare coquille en pèchant dans la baie de Salcomb ; nous l'avons trouvée d’une taille très-inférieure sur d'autres parties de la côte sud de Devonshire, surtout à Torcross ; et une fois sur le rivage de Studland dans le Dorsetshire. M. Bryer l'a trouvée aussi à Weymouth.

L'animal, de même que celui de l'espèce précédente, s'enferme si complétement dans sa coquille qu'on ne peut pas le voir, qu'il soit mort ou qu'il soit vivant. Il est de forme ovale et de couleur rougeàtre ou brune; quelquefois à peu près blanche: il beaucoup de l'aspect d’une Limace nue, contractée, et semble, en effet, très-voisin de cette famille.

La partie supérieure du corps est très-convexe, couverte d'une peau épaisse, coriace, qui cache la coquille et s'étend en bas sur chaque côté, où les bords sont minces et divisés du corps : à la partie antérieure est un sinus, par lequel l'animal avance un appendice ou bras un peu aplati, dune longueur d'un quart de pouce, et dont l'extrémité est bifide; la partie inférieure se termine par un processus filiformé. Le dessous du corps de l'animal ou plutôt le sustentaculum est oblong et aplati avec une dépression profonde entre cette partie et la peau du bord: la tête est garnie de deux tentacules blancs, à la base desquels sont deux petits veux noirs.

On sent la coquille sous la peau du dos, mais il est difficile de l'extraire sans la casser, à cause de l'extrême dureté de la partie qui la couvre ; le meilleur moyen d'y parvenir est de faire une incision longitudinale sur le dos, avec des ciseaux pointus.

L'animal possède une puissance de locomotion considérable; et, lorsqu'il est en mouvement, il contracte souvent le bord ou peau détachée en rides ou plis, découvrant les côtés du corps.

Il a trois fois la grandeur de sa coquille, et il n'est capable ni de beaucoup de contraction, ni de beaucoup d'expansion ; à la première vue on pourrait le confondre avec l'animal de la B. Aperta ; mais en le comparant avec celui-ci, on trouvera qu'il en diffère essentiellement à l'extérieur, et plus particulièrement en ce qu ñl est dépourvu du gésier testacé, si remarquable dans cet animal.

Lorsque cette planche fut gravée, nous n'avions pas été assez heureux pour obtenir un plus grand exemplaire de la coquille que la figure représente ; mais nous l'avons trouvée depuis de la taille décrite.

La circonstance singulière que la coquille de quelques individus de cette classe est enfermée dans l'animal, présente une grande analogie avec les Laplysies : la L. Depilans

présente sous la peau du dos une matière cornée, flexible, appelée bouclier, et qui ne diffère de celle des espèces de Bullæ, qu'en ce qu'elle n'est pas testacée; celle-ci est de forme ovale, pointue à un bout, tournant en dedans et un peu de côté, légèrement subenroulée; on y remarque des rides concentriques : couleur brun pourpré. L'animal dont il s'agit semble donc être le lien entre les véritables animaux mollusques et les testacés, et 1l est probable que des recherches ultérieures feront découvrir qu'un grand nombre d'animaux que l'on a considérés jusqu'à présent comme appartenant aux mollusques, sont, d'après l'inspection anatomiques, de véritables testacés.

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