BULLA HYDATIS
BuiLa uyparTis. Lin., syst , p. 1183. —Gmel., syst, p. 3424, 9. — Chem., conch., ix, t. 118, Ê. 1019.—Pull., cat. Dorset., p. 40.— Guall., t. 13, D. D. — Turt., Lin., IV, p. 390.
BuLLa NAvicuLA. Da Costa, p. 28, t. 4, f. 10.
Buzra. Coquille ovale, subpellucide, mince, fragile, de couleur cornée, verdâtre ou jaunâtre, quelquefois couverte d’un épiderme mince, couleur de rouille : le corps est renflé, sans tour extérieur, mais il est remplacé par un ombilic; ouverture grande à la base, se rétrécissant davantage au sommet et s'étendant plutôt derrière celui-ci ; lèvre extérieure très-mince ; lèvre intérieure un peu épaisse et blanchâtre. Les jeunes coquilles sont parfois très-luisantes et pellucides ; les plus âgées sont généralement opaques, un peu ridées longitudinalement, avec des stries transverses très-fines, qu'on ne peut observer qu'à l'aide d’une loupe; la columelle n'est pas visible à l'extrémité. Longueur, un pouce ; largeur, trois quarts de pouce.
Da Costa mentionne cette espèce comme se trouvant à Weymouth, mais elle est rare, et il a cité la B. ampulla de Pennant pour cette coquille ; il est probable que la seule cause de cette méprise c'est que l'Ampulla ne lui était pas connue comme coquille anglaise.
Eile paraît assez commune sur quelques points de la côte occidentale. Nous l'avons observée dans le cabinet de M. Bryer à Weymouth, et nous sommes informés par ce naturaliste qu'il l’a souvent prise entre cet endroit et Portland.
Le docteur Pultenev l’a trouvée dans le bassin de Poole, où nous l'avons indiquée
aussi; mais nulle part en aussi grande quantité que sur le rivage de Studland, dans le Purbeck : un vent d'est ayant soufflé pendant quelque temps, une grande quantité d'Algues fut jetée sur cette vaste plage sablonneuse, et y apporta des milliers de ces coquilles de toutes les dimensions, depuis la plus grande jusqu'à la plus petite, qui était à peine de la grosseur d'un grain de chenevis ; ia plupart d'entre elles contenaient encore l'animal.
Nous l'avons prise également à la baie de Salcomb, dans le Devonshire et à Southampton ; mais nous n'avons jamais été à même de pouvoir assurer si elle se trouve sur quelque autre partie de l’est ou du nord de notre côte.
On dit que c’est une espèce de la Méditerranée, et elle est décrite par Gmelin pour la B. aperta ; il paraît certain qu'il n'a jamais pu comparer ces deux coquilles; s'il avait rapproché cette coquille de la Bulla naucum, nous partagerions la même opinion.
L'animal qui habite la coquille est une masse informe, dépourvue d'yeux et de tentacules ; la tête ou partie antérieure a une ouverture transverse qui va le long des côtés et forme des espèces de membranes qui se déploient sur une partie du côté inferieur de la coquille: la peau est verruqueuse, rude, et de couleur brun sale. Le gésier ou estomac est d’une structure très-singulière : il est petit en proportion et consiste en trois parties cornées, subovales, réunies à leur bord par des ligaments et entourées d'une forte substance cartilagineuse ou musculaire : sa forme est subtriangulaire avec un canal digestif au centre. Les parties internes sont bien formées pour faciliter l'alimentation : elles sont d’un brun foncé tirant sur le pourpre ou de couleur chocolat, avec un sillon longitudinal et plusieurs sillons transverses sur chacune d'elles ; les parties supérieures se réfléchissent en dehors et ne sont pas couvertes même lorsqu'elles sont unies, de sorte que leur structure est vue en partie, sans ouvrir l'estomac; la partie inférieure du gésier est convexe et musculaire.
Il serait peut-être difficile à un conchyliologiste de mieux décrire ces organes cornés de digestion qu'en disant qu'ils ressemblent à plusieurs petits chitons.